Rozz

Par Chloe von Fyredörff et Krist Morningstar (2011).

 

Nuit. Hiver. Les radiateurs font un boucan du diable, penser à les purger. La poussière crame sur les ventilos du PC, odeur qui se mêle à celle de la sueur, de la clope et de la tonne et demie de rage enfouie entre mes neurones crasseux. Caresse de la main la cicatrice sur mon épaule, souvenir de connerie adolescente, dépression de chair entre deux lèvres urticantes. Souvenirs. Le froid éthéré de la lame, la chaleur sensuelle de la coupure. Je voudrais tant dormir.

 

Testostérone, internet, sites pornos. Ça ne suffit plus. Frustration. Toutes ces filles se ressemblent, toutes ces bites aussi. Les endorphines semblent s’anesthésier elle-même. Fatigue. Je joue de la pointe de la langue avec les rebords émoussé d’un chicot qui a perdu son plombage. Ferme les yeux. Les rouvre. Un visage inattendu, inespéré, inatteignable a illuminé de sa douceur ovale et de son sourire interdit l’obscurité de mes paupières closes. Je ne veux plus le voir, ce visage. Me relève du fauteuil pour me resservir une vodka.

 

Toujours la même histoire, le même plan. Toujours ce malaise. L’impression que les gens attendent de moi de finir médaille d’or au cent mètres des JO alors que je suis unijambiste. Ça a l’air facile, pour eux, d’être sociable. Ils m’agressent. Je me sens abêti par la stupidité de la plupart de mes congénères. Et je ne vaux pas mieux qu’eux. Je n’ai jamais réussi à me battre. C’est le meilleur moyen d’échouer que le refus du combat. Je suis lâche, et donc je suis seul.

 

Elles finissent toutes par se barrer. C’est devenu une pancarte mentale au-dessus de la tête de toutes les femmes que je rencontre. Elles finissent toutes par se barrer.

 

Du feu dans le crâne, bouche pâteuse. La nuit ne porte pas d’étoiles, ce soir, le ciel promet la neige.

Le sommeil me fait peur, non pas à cause des rêves qui flottent sur les ruisseaux calmes du sommeil, mais des pensées qui le précèdent, engluées dans la torpeur de ce non-éveil qui n’est pas encore le coma négligemment espéré.

 

Les corps lointains de mes anciennes amantes et de celles que je n’aurais jamais se succèdent dans le vide de mes bras glacés, se lovent dans les replis des draps, s’échappent dans un souffle au cœur. L’apnée émotionnelle. La suffocation lente d’un cœur. L’asphyxie. Et toujours et encore ce feu dans mes reins, ce désir lubrique, cet appel de la chair qui envahit et pourrit tout.

 

Clope sur clope sur clope sur clope sur clope sur clope sur clope. Où est le cendrier ? Vodka. Tuer cette rage, endormir ce manque. Se raccrocher à l’air, retrouver un cheveux sur une vieille chemise pas encore lavée, depuis ce temps. Ongles noirs sur peau blanche. Se livrer au néant pour ne faire plus qu’un avec lui. Annihiler le rêve inaccessible. N’aspirer plus à rien. Se raccrocher au meilleur, et espérer demain.

 

De vieilles photos s’affichent sur l’écran et illuminent la pièce, c’est sa seule lumière. Je repense à cette fille que les hasards amicaux ont mis sur mon chemin. Hasard, mon cul… Il n’y a rien de pire que des amis bien intentionnés. Jolie. Vraiment. Oui, elle m’attire. Oui, ses yeux occupe mon esprit et ma libido blessée. Mais à quoi bon. Elles finissent toutes…

 

On passe sa vie à chercher des réponses, mais seules compte les questions. On à parfois tort d’apporter des réponses, mais on n’a jamais raison de ne pas essayer. Mais j’ai eu trop souvent tort. Je suis fatigué. Laissez-moi dormir. Allez-vous en.

À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

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