Crash-test #2

Krist Morningstar

Les mioches, c’est comme la lèpre. C’est plus rigolo chez les autres.

 

La clairière est plongée dans la nuit. Tous les premiers nés sont réunis. La femme projette son corps nu en une danse frénétique autour du feu. Adam se tient les côtes. Ce qui se passe dans son abdomen le dépasse. Le fruit sur l’arbre attend.

 

Le marin respire et se demande où a bien pu passer la mer. Le cri des mouettes lui manque. Les navires échoués gisant sur le sol boueux ressemblent à des cathédrales après un séisme.

 

Oh ! Un précipice ! Ça tombe bien, ça fait longtemps que je m’étais pas cassé la gueule.

 

Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance. On devrait écrire ça dans les services de néonatologie, si seulement les bébés savaient lire.

 

Je mordrais sa peau comme un fruit d’été longtemps désiré quand l’hiver mangea les mois d’ordinaire dévolus au printemps.

 

Je l’imagine toujours en prêtresse d’Ishtar, incendiant les carcasses mâles d’un simple regard.

 

Parfois, mon plus grand désir serait de simplement m’étendre sous un frêne un jour de soleil et de laisser Yggdrasil me raconter le printemps.

 

« It’s OK if I can watch.

Everything went black.

It’s OK if I can stay with you for a while.

It doesn’t matter anymore,

The game is over,

We both know what’s the score.

It’s over when we decide it is…

Stuck in here together now…

Testosterone kills. »

 

Donc ça doit aller avec le dimanche, je vois que ça.

 

Elle écrasa mal sa cigarette à demie fumée qui continua à se consumer péniblement dans le cendrier et se tourna vers son amie :

« Il faut que tu comprennes, ce mec, Dieu le fout sur mon chemin à des moments bien précis de ma vie, à des croisements. Il doit un peu être le diable, pour se retrouver systématiquement à des carrefours de ma vie. Il est systématiquement un piège séduisant, une tentation dangereuse. Et toi, t’es arrivée au milieu de tout ça, et t’as foutu ton grain de sel dans un merdier qui te regarde absolument pas. T’as compliqué un bordel qui l’était déjà bien assez. Je sais bien que t’en avais pas l’intention, mais tu l’as fait. Bon, maintenant, c’est fait, et puis, j’ai ma part de responsabilités. Je crois qu’il va falloir que je me résigne à passer une nuit avec lui. Au moins, ce sera fait. Et puis, ça fait des années que j’en ai envie. »

 

Si j’avais vécu au XIXème siècle, ouais, il y a de grande chance que j’ai fini par mourir de la tuberculose ou de la syphilis. J’aurais préféré la syphilis, à tout prendre.

 

Homme, 30 ans, en relative bonne santé physique (analyse de sang récente sur demande disponible), non fumeur, 180 cm, 75 kg, propose son corps pour chef-cuisinier avant-gardiste aimant les expériences inédites, sous réserve que l’abattage se fasse sans douleur. Écrire au journal.

 

Mouais. Ça m’a quand même l’air d’un sacré piège à cons.

 

Sans déconner, mais ils ont rien d’autre à foutre de leurs minables petites vies de gamins pathétiques, à part se foutre sur la gueule pour des raisons aussi ridicules ?

 

Le vieillard borgne reposa bruyamment sa choppe sur la table de bois brut.

 

Ce fut encore une journée parfaite pour perdre son temps.

À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

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