Archive | mai 2011

Dialogue intérieur

29 mai 2011

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« HEY ! CONNAAAAAAAAAARD !

- Hein, quoi ?

- HOOOO ! TU M’ÉCOUTES ?

- Arrête de gueuler, déjà…

- Ouais ben quand je te parle normalement, tu m’écoutes pas.

- Oh, ta gueule, hein, vu le week-end de merde que tu m’as fait passer, je crois avoir plutôt bien saisi ton message, enculé.

- Descend d’un ton, s’il te plait, si tu m’écoutais plus souvent, j’aurais pas eu à te faire chier.

- Qu’est-ce que j’ai fait encore ?

- Tu le demandes ? T’as vu comment tu me nourris ? Comment tu me maltraites ?

- Plains-toi ! Il me semble que je t’ai mis au sport, récemment.

- Ouais, une petite demie-heure deux fois par semaine, ouaaaah, bonne perf.

- T’es de mauvaise foi, c’est quand même toi qui peut pas en faire plus.

- Admettons.

- Putain ouais, t’as intérêt à admettre.

- C’est pas pour ça que t’as arrêté de fumer… Et tu picoles bien un peu de temps en temps.

- Ouais, bon, si bien te traiter signifie me faire chier, je vois pas l’intérêt.

- Parce que tu t’es pas fait chier, peut-être, ce week-end, juste parce que j’étais mal en point, à gueuler pour réclamer un peu de respect et de repos ?

- Bonne remarque.

- Je ne mens jamais. En tout cas, rarement.

- Je dois le reconnaître. Mais quand même.

- Quand même quoi ?

- C’était obligé d’être ce week-end ? Précisément celui-là ?

- Je choisis pas.

- Mais merde, ça m’a couté un road-trip avec des potes pour aller voir mes vieux lotois que je vois une fois tous les mille ans. Et le lendemain, une teuf d’anniv’ d’un gars que j’aime bien, avec des gens avec qui je passe pas tant de soirées que ça, à mon grand regret.

- Ben assume.

- Pfff…

- Ah mais, merde, c’est quand même pas ma faute si tu me considère comme quantité négligeable. À part quand il s’agit d’être opérationnel pour un plan cul. Ah ça, tu m’aime, quand il s’agit d’obtenir cette fameuse décharge d’endorphine !

- Oh la mauvaise foi ! Comme si t’appréciais pas ! J’y crois pas, là !

- Bon, ok, je reconnais.

- Et puis arrête de croire que t’es le seul à être pas bien. Moi-même, tu sais, je suis pas particulièrement en bon état.

- Et alors, ça t’oblige à me foutre en l’air ?

- Non, bien sûr. Mais… Laisse tomber.

- Non, vas-y, je t’en prie…

- Non…

- Quoi ?

- Pas envie d’en parler.

- Allez…

- C’est pas contre toi, tu sais?

- Je me doute, mais ça n’empêche pas.

- Bon, je te promet d’essayer de faire gaffe.

- Encore…

- Ouais, je sais, c’est pas la première fois.

- Non.

- Mais bon.

- Oui

- Bon, ce soir, on va rester cool, déjà.

- Merci.

- De rien. Moi aussi j’en ai besoin.

- Ça fait plaisir de t’entendre reconnaître tes conneries. Mais essaie de pas les faire, dèjà, enfin, pas trop et pas des trop grosses, ce sera déjà pas mal.

- Ok, promis. Ça te dis qu’on aille geeker ? Histoire de se vider la tête ?

- D’accord, Esprit, faisons ça.

- Allons-y, Corps. Mais avant, je vais aller poster ce qu’on vient de se dire sur le blog.

- Hé hé ! »

Crise de foi

22 mai 2011

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Encore un texte de milieu de nuit, on va essayer, pour une fois, de pas taper dans le nihilisme le plus systématique. C’est autre chose. Le nihilisme suppose un intellect fonctionnel, une pensée claire. Ce qui en ressort peut tenir de l’erreur, de la connerie la plus débile, mais le cerveau fonctionne. Ce dont il s’agit, ici et maintenant, ressemble plus à de la lassitude.


Ça ne va pas être long. Je traverse une petite zone de turbulence. Temporaire, du moins, c’est à espérer. Et puis, ça a toujours finit par passer. C’est quelque chose qui me tombe dessus de temps en temps, assez régulièrement. Disons-le tout net, je ne suis pas un scribouillard prolifique. J’ai du mal à me caler devant le clavier ou la feuille de papier. Je peux éventuellement sortir quelque chose en me lançant dans un processus d’écriture automatique, comme en ce moment, mais les nouvelles plus longues, qui demandent plus de structure, plus de travail, avouons-le, me posent plus de problème. Ce qui me fait remettre en cause, donc, ma « vocation » d’écrivain, si vocation il y a effectivement.


Non que je me cache derrière de la fausse modestie, bien que je sois la personne la moins bien placée pour en juger, il semblerait néanmoins que je possède ce qu’il va bien falloir que je me décide à appeler un certain talent d’écriture. C’est même une des seule chose dans ma vie que je fait à peu près correctement. D’où l’idée, naturelle, d’essayer, sinon d’en vivre (tout le monde ne peut pas être Stephen King ou Amélie Nothomb), du moins d’en faire quelque chose. Ça tient peut d’être d’une certaine vanité, la volonté de laisser quelque chose, une trace. Mais pour ça, il faudrait peut-être que je parvienne enfin à écrire régulièrement des textes de plus de deux pages. Il faudrait arriver à écrire plus de longues nouvelles, ou même des nouvelles courtes. Plus de poèmes, plus d’articles, plus de… Plus de vrai travail.


C’est la raison pour laquelle j’ai passé la journée en ermite, sans même tenter d’écrire ou de réfléchir au problème. Pause.


Ça me tient et m’obscurcit le cerveau depuis quelques jours. Cette idée que je n’y arriverai pas, que toute tentative restera stérile. J’ai tout envisagé. M’assoir à mon bureau à heure fixe, garder sur moi un bloc de feuilles et un stylo en permanence… Tout ce que je sors dans le domaine du construit me paraît inexploitable. Les idées, les thèmes sont là. Les intrigues aussi. Mais les mots refusent de se mettre dans le bon ordre. Ils mentent. Je crois qu’il leur manque la conviction d’un auteur qui croit en ce qu’il fait, qui n’est pas gâché par ce sentiment tenace que rien n’en vaut la peine. La conscience du caractère vain de toute action.


Mais justement, il faut bien faire quelque chose. Ne serait-ce que pour passer le temps en attendant sa dernière heure.


Le problème, c’est que, je le répète, je ne sais faire que ça. J’ai peur que ce blocage procède de quelque chose en moi que je ne contrôle pas. Que seule des mois ou des années de psychanalyse pourrait régler. Mais en attendant, je fais quoi ?


Je sais bien ce qui va se passer. Je vais continuer à essayer, de temps en temps quelques bonnes pages viendront enfin au monde, et peut-être qu’une certaine habitude naitra et me permettra d’écrire plus, et mieux.


De toute façon, je ne sais faire que ça.

EGO

16 mai 2011

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Bas les masque. Qui suis-je ? On peut passer sa vie à tenter de répondre à cette question, et il me semble à présent que ce serait en vain. Mais il en est de la vie comme des voyages, le trajet est plus important que la destination. Celui qui ne se pose jamais cette question est un piètre être humain.

 

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Je suis un homo sapiens mâle, de type caucasien.

Je suis un hétérosexuel plus croyant que pratiquant.

Je suis un occidental judéo-chrétien.

Je suis européen, français, occitan, limousin/lotois.

Je suis fatigué, là.

Je suis un littéraire.

Je suis éternellement insatisfait.

Je suis amoureux de l’idée d’être amoureux, ce qui ne suffit pas, au contraire.

Je suis dépressif et bipolaire.

Je suis un écrivain, en tout cas j’essaie.

Je suis bassiste dans un groupe de punk. Donc pas vraiment musicien, hé hé.

Je suis attiré par les gens intéressants, et donc potentiellement dangereux pour moi.

Je suis émotionnellement perturbé.

Je suis accroc à mon mal-être.

Je suis attiré par l’auto-destruction, mais je me soigne.

Je suis seul, comme vous tous.

Je suis trop maigre.

Je suis en relative bonne santé, mais bon, hein, n’est-ce pas ?

Je suis souvent insomniaque.

Je suis un irrécupérable gauchiste de cœur.

Mais en fait, profondément, je suis nihiliste.

Je suis un mystique.

Je suis encore amoureux de toutes mes ex. Et oui.

Je suis un handicapé administratif.

Je suis bordélique.

Je suis un sale con, quand je m’y met.

Je suis réfractaire à toute autorité.

Je suis un contemplatif.

Je suis profondément écoeuré par la façon dont le monde fonctionne.

Je suis déçu de l’être humain. Des êtres humains. De tous les êtres humains, moi y compris.

Je suis un type bien, il paraît.

Je suis de passage, uniquement.

Je suis un sale punk.

Je suis fataliste.

Je suis relativement cultivé.

Je suis un bon coup, il paraît, mais bon, j’ai aussi appris à ne plus croire les compliments.

Je suis décevant sur le long terme.

Je suis intelligent, original et mystérieux. Ça, ou alors psychotique, bizarre et asocial. Mais c’est pareil.

Je suis pas du matin.

Je suis tolérant. Sans doute trop, d’ailleurs.

Je suis anti-tout.

Je suis en dérangement.

Je suis très, mais alors très pâle.

Je suis encore plus con que ce vous croyez.

Je suis pas un connard, mais je commets des erreurs, donc, c’est pas une excuse.

Je suis trop indulgent avec les cons, ça me perdra.

Je suis un faux calme.

Je suis un vrai anxieux.

Je suis dans le doute.

Je suis tout ça.

Et bien d’autre chose encore.

C’est comment qu’on freine ?

7 mai 2011

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C’est ce genre de journées improductives au possible, quand la démotivation le dispute au rejet global de toute tentative de même essayer de se motiver à quelque action que ce soit. Au départ, j’étais parti, je voulais, j’avais l’intention de rédiger un article sur le nihilisme, le pessimisme et le cynisme. J’avais rassemblé la doc, étayé mes argument, préparé mes exemples, mais en fait, non. Je le garde sur l’oreille, je le fumerai plus tard. L’idée était justement de prouver que ce n’est pas parce que l’on adopte des options philosophiques qu’on pourrait qualifier de pessimistes, voire de morbides, qu’on ne peut pas en dégager un chemin de vie finalement pas si noir que ça. L’abandon de l’espérance n’est-il pas un des premier pas essentiel de la démarche bouddhiste vers le nîrvana ?


Enfin, c’était l’idée, vous voyez le genre.


J’ai passé la nuit à me réveiller toutes les heures, tiraillé par un malaise non-identifié encore, mais bel et bien présent, sinon réel. J’étais tiraillé entre l’envie de dormir et celle de griller un bon gros fusible. Je n’ai finalement fait ni l’un, ni l’autre.


Et je me traine depuis ce matin, depuis ce moment où les idées noirâtres (si encore elles avaient pu se décider à s’obscurcir complètement ! Mais non…) occupèrent trop de mon esprit pour ne pas y macérer en un magma gluant de conneries oiseuses à peine dignes d’un ado en pleine crise pseudo-lautréamontaise. Je me traine, mon corps refuse de s’éveiller, mais mon esprit ne veut pas se décider à s’endormir. J’ai faim, mais j’ai la gerbe. J’ai envie de voir du monde, mais je pressens que la présence d’un autre être humain dans mon entourage me serait potentiellement insupportable. En tout cas pour l’instant.


Il me reste l’écriture. Je n’ai rien à dire. J’ai essayé de continuer la lecture de ce bouquin de Stefan Zweig que j’ai commencé hier, mais non, mon cerveau refuse de s’intéresser à quoi que ce soit. Ouvrons les vannes.


J’ai envoyé ma psy se faire foutre. J’ai encore les médocs sur le bureau qui me regardent fixement au moment où j’écris. Sur une échelle de 1 à 10, 1 étant le moment où on se retrouve, par exemple, à se taillader le bras avec un couteau, ou pire, à regarder des séries AB en bouffant des bretzels à longueur de journée sur le canapé, et 10 représentant ces moment de grâce où le monde entier vous appartient, où la femme que vous aimez depuis deux ans en secret s’abandonne enfin dans vos bras, où que vous soulevez la coupe d’Europe devant des milliers de spectateurs ; sur une échelle de 1 à 10, donc, mon humeur avait un peu trop tendance à varier de 2 ou 3 à 7ou 8, et les oscillations commençaient à devenir dangereuses. D’où la psy. Mais là, ça fait un peu trop longtemps que je me traine à un niveau de 5 perpétuel. Et je m’emmerde. Et j’ai donc envoyé la psy se faire foutre. Je sais pas si c’est la décision la plus intelligente ou la plus stupide que j’ai prise récemment. En tout cas, c’est soit l’un, soit l’autre.


Parmi les changements qui se sont produits en moi pendant la période où elle me suivait, il en est un qui me laisse dubitatif. Je crois avoir totalement abandonné l’idée de faire fonctionner un jour un couple dont je serais l’un des deux éléments. Ça m’apparait aujourd’hui comme une impossibilité scientifique. Je me sens comme un alchimiste qui, après avoir lu un traité de Lavoisier, aurait enfin compris qu’il ne changerait jamais le plomb en or. Il y a encore quelques mois, ce constat, vrai ou erroné, m’aurait plongé, au mieux, dans d’interminables débats intérieurs et inspiré une profonde tristesse, voire une révolte sincère. Aujourd’hui, à l’extrême limite, je me demande si j’en ai vraiment quelque chose à foutre. Ça n’arrivera pas, point-barre. Je ne sais pas si c’est un signe de sagesse ou de stupidité.


Je me suis pris en pleine gueule l’absolue inutilité de toute tentative de faire quoi que ce soit de sa vie. Est-ce que j’aurais trop lu Cioran et Schopenhauer ? Mais bon, tant que je suis pas mort, il faut bien passer le temps.


Le suicide n’est pas une option. Ça, c’est une certitude. Dans un monde aussi pourri que celui dans lequel nous vivons, je ne m’oppose pas à l’auto-annihilation radicale d’un point de vu moral ou éthique. Non. C’est juste que si je me flingue, c’est eux qui gagnent. Je serais bien emmerdé pour définir ou nommer ces « eux », mais je ne vois pas comment mieux l’exprimer. Le monde est dégueulasse, mais je ne vois pas en quoi le laisse entre « leurs » mains et en me foutant en l’air pourrait le rendre meilleur. Et puis, il y a tellement de cons heureux de leur petits bonheurs satisfaits de connards bouffis de leurs certitudes que ça me fait plaisir de rester là, et de leur balancer mes doutes, mon éthique et ma tristesse en pleine gueule, même si ça ne sert, finalement, à pas grand chose. Mais rien ne sert à rien.


Qu’est-ce que je vais faire de mon samedi soir ? Il est prévu que je vois certaines personnes, mais ça devrait aller. Celles-ci, tout comme moi, portent le signe de Caïn sur le front. Nous serons entre nous. Je vais sans doute me faire engueuler d’avoir arrêté la psy. Ou peut-être pas. On verra.

Je vais sans doute avoir envie de tenter d’oublier ma solitude métaphysique dans les bras d’une petite. Et, comme d’habitude, je vais sans doute rentrer chez moi seul avant même le coup d’envoi officieux de la soirée, trop misanthrope pour supporter longtemps les apparences de joie et de bien-être affichés par les noctambules. Trop timide et asocial pour ne serait-ce qu’oser offrir un verre à qui que ce soit. Mais on ne sait jamais.


Je repense à une chanson de Bashung. « C’est comment qu’on freine ? J’voudrais descendre de là… »

Ouais. Si seulement il étais possible de descendre de la planète juste cinq minutes, histoire de souffler, de savoir ce qu’on y fout, avant de remonter. Mais bon. Ça ne marche pas comme ça.

L’antre, où le chaos déborde de ma tête.

6 mai 2011

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Thomas Mann, Lambrusco, feuille d'impôtCoca, chaise, rangers.Bureau, café, clopes.Fringues, télé, Metallica.Bouquins, carton, petite monnaie.Vestes, cartons, étagère.Sonic Youth, portrait, Björk.Skeuds, où est le chien ?

Sweet Mary

1 mai 2011

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Je rêve de toi.


Je sais que TU n’es pas une bonne idée. Trop paumée, trop perdue, trop jolie pour moi.


Je rêve de toi.


Si parfaite… Je te revoie, ce jour-là… De bas en haut, comme si je me relevais enfin de ma position de victime. Des rangers noires, punkette idéale ! Des bas effilés, usés aguichants. La naissance d’une cuisse pleine de promesse… Une jupe trop courte pour être honnête. Un corset… Oh, ce corset ! Salope ! Comment poitrine pourrait-elle être si attirante, si désirable ? Ton visage, tes yeux, ton désespoir. Toi.


Je t’ai rêvé si souvent, dans tant de positions, dans tant de refus… Je t’ai tellement fait l’amour en rêve que mes muscles sont douloureux. Nous n’avons ensemble aucun avenir, aucun rêve à partager. Mais je te veux. Je te veux tellement que j’en ai mal à l’âme.


Perdue comme tu l’es, tu en es d’autant plus belle. Je ne te sauverai pas. J’ai déjà du mal à me sauver moi-même… Mais, putain de merde, je te veux. Je te désire. Je te convoite. Ne pas t’avoir est une souffrance. Ne pas t’avoir eu est encore pire.


Je crève de ne pas avoir senti la brulure de tes lèvres sur ma peau fatiguée, les coupure de tes mains sur mes désirs enfouis. Je meurs de ne pas connaître ton désir. Je veux te posséder, l’espace d’une seconde, d’un souffle, d’un rêve. Jamais je ne t’aimerais comme tu le voudrais, jamais tu ne me possèderas comme tu le désires.


Je sens nos corps absents, nos souffles emmêlés. Je sens tes mains avides, je sens ta tristesse, tes attentes. Je n’y répondrai pas. Je n’en suis pas capable. Je ne pourrai t’aimer que le temps d’une erreur.


Mais quelle belle erreur.


Je voudrais en commettre tellement, des erreurs comme toi. Je voudrais tant déboutonner ton chemisier, embrasser ta poitrine, passer ma main sous ta jupe, sentir la chaleur de ton désir ardent, attendre que tu veuilles, espérer que tu brûles.


J’ai tant rêvé de toi, que je ne peux même plus imaginer une nuit entre nous. Ce serait décevant, et pourtant… Et pourtant ! Ah ! Je te revoie, l’autre jour, attendant je ne sais quoi. Un baiser ? Une étreinte ? Ton décolleté parasitait tes paroles, j’en suis désolé ! Tu es tellement perdue… J’en aurais des scrupules, de me laisser aller. De me laisser aller à t’aimer, rien qu’une nuit, rien qu’un instant, rien qu’un souffle. Je ne peux te promettre plus. J’ai encore sur la langue le goût de la tienne, quand nous fautions ensemble, tellement trop pour nous le permettre, tellement peu pour en être satisfaits. C’était tellement agréable. C’était tellement idiot.


Je… Je … Je. Toi… J’ai l’odeur de ta peau dans les narines, même après tout ce temps. J’ai le goût de ta sueur sur la langue. Je crève de ne pas en avoir eu plus. Mais je sais que le mal que je peux te faire n’en vaux pas la peine. Je t’aime, mais pas comme tu voudrais. Je hais la testostérone. Je ne te veux pas de mal, mais c’est tout ce que j’ai à t’offrir…


Je ne t’aimerai pas comme tu le voudrais. Si tu me hais pour ça, j’en ferai un linceul.

 

Ce texte date déjà de quelques semaines, avant la création de ce blog, mais comme il m’a valu quelques félicitations par ailleurs, et que de plus son thème et son contenu trouvent un écho assez étrange à l’heure actuelle dans ma vie, pour d’autres raisons, que lors de sa composition (encore que…), je le reposte ici.

Le Père, le Fils, Le Saint- Esprit. La Raison, le Corps et l’Âme. Drugs, Sex, Rock n’Roll

1 mai 2011

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Mon esprit fonctionne mal. J’ai toujours été le genre de gars à trop réfléchir. Ma raison, en ce moment, est en roue libre, du genre à me pousser à faire des erreurs de débutant ou à m’empêcher de commettre celle qui me seraient profitables plus tard. Elle s’est mise au service de ma dépression. J’ai l’impression d’appréhender mieux que les autres les réalités profondes de l’existence, et elles sont toutes assez pessimistes. Je n’ai jamais eu besoin de personne, ni de rien, pour me sentir plus intelligent et éclairé que mes semblables. Appelez-ça de l’arrogance, de la psychose ou du génie, je me plante et je le sais, mais… Je peux voir la Matrice.


Mon corps est brisé. J’en ai jamais pris trop soin. Je manque de sommeil, de nourriture saine. Mes poumons travaillent trop à filtrer les atmosphères viciées que j’inhale quotidiennement. Les muscles de mon dos sont déchirés des cervicales aux lombaires (et pas à cause d’activités physiques impliquant une promiscuité propre à dérégler les productions de dopamine et d’endorphine de mon organisme avec un spécimen de mon espèce de sexe opposé au mien, à mon grand dam). J’ai beaucoup vomi, hier. Je devrais en prendre plus soin, de ce corps. Après tout, c’est le seul que j’ai.


Il me reste mon âme. Au moins, quand sa voix se fait entendre, quand je daigne enfin l’écouter, elle fonctionne plutôt bien.


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Et maintenant, un peu de culture. Merci Wikipédia.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonctions_tripartites_indo-européennes :


Le concept des fonctions tripartites indo-européennes fut développé par Georges Dumézil. Ses travaux montrent que les schémas mentaux de tous les peuples indo-Européens, qu’ils soient Grecs, Arméniens, Celtes, Indo-iraniens, Baltes, Germains, Slaves ou Latins, présentent un trait commun : l’organisation de la société selon trois fonctions primordiales. On retrouve cette structure essentiellement dans les mythes, mais également dans les structures narratives, et dans l’organisation sociale – théorie des ordres : « ceux qui prient » (oratores), « ceux qui combattent » (bellatores) et « ceux qui travaillent » (laboratores) d’Adalbéron de Laon.

  • La première fonction, dite fonction sacerdotale, est liée au sacré.
Aussi nommée fonction souveraine, on la retrouve avec les druides celtes, la caste des brahmanes indiens, ou encore les flamines romains. Cette fonction correspond aux divinités liées à la magie.
  • La deuxième fonction, dite fonction guerrière, est liée à défense du peuple.
On peut la considérer comme regroupant ce que l’on appellerait la noblesse d’épée, représentée, par exemple, par les chevaliersmédiévaux, les guerriers, les soldats. On retrouve cette fonction dans la seconde caste en Inde : les kshatriyas (aussi – râjanya). C’est au sein de cette fonction que l’on retrouve aussi le principe du Chef, du roi, du râja. D’ailleurs, découlant de cela, dans la Rome antique, pour être empereur, il faut avoir été sénateur, et pour cela être citoyen romain — ce qui ne signifie pas forcément être habitant de Rome, mais surtout jouir du statut d’homme libre de l’Empire romain, donc avoir le droit de vote. Pour être citoyen, il faut avoir été soldat, donc guerrier. Cette fonction correspond aux divinités liées à la force physique.
  • La troisième fonction, dite fonction productrice, est liée à la fécondité.
Elle regroupe les agriculteurs, éleveurs, artisans, et les commerçants. Elle correspond à la troisième caste de l’Inde : les vaisya (aussi – ârya), et aux divinités liées à la paix, à l’amour et la prospérité.

C’est par le biais de la mythologie comparée que Dumézil a mis en lumière l’existence d’un tel schéma. Par exemple, il est notable que la plus vieille triade (ensemble de trois dieux supérieurs) de la mythologie romaine, dite triade précapitoline, comprend Jupiter, MarsQuirinus, lesquels occupent clairement chacun une des trois fonctions.


Fin de la parenthèse culturelle. Il n’y en aura pas d’autre. On est pas sur Arte.


Je rajouterais personnellement :


La fonction guerrière, de nature apollinienne, cerveau gauche, correspond également à l’idée d’un certain dépassement de la condition humaine. C’est l’épée qui repousse et détruit ce qui est considéré comme néfaste. Ce n’est pas que le muscle brutal, c’est aussi la violence de l’intellect contre l’illogique et le mystérieux. La science contre l’obscurantisme, mais aussi la raison contre l’émotion. Regardez Sheldon dans « The Big Bang Theory ».

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Son organe est le cerveau, « Au nom du Père… », le signe de croix touche le front. Les drogues, alcools et substances peuvent la transcender ou la détruire.


La fonction productrice, de nature dionysiaque, cerveau droit. Le corps. La (pro-)création, la sensation, l’émotion. C’est la coupe, le Graal, qui reçoit, contient la vie avant de la donner. Ce sont aussi les tripes, le labyrinthe de nos intestins et de nos circonvolutions cérébrales où nous attends le minotaure de l’auto-destruction. Les mystères du corps et sa formidable puissance de jouissances et de douleurs contre la rationalisation excessive de nos vies. Ouais, j’en vois dans l’assistance qui comprennent de quoi je parle.

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Ses organes sont le sexe et les tripes, « … et du Fils… », le signe de croix touche l’abdomen. Les rapport sexuels et la gastronomie peuvent lui donner son vrai sens comme le vider de toutes substances.


La fonction sacerdotale est liée à notre âme. C’est celle de la quête de sens (alors qu’il n’y en a pas), de la recherche intérieure. C’est ce qui, pris entre les deux aspirations opposées de la guerre et de la fertilité, d’Apollon et de Dionysos, du cerveau et du sexe, cherche à créer un lien. C’est ce qui nous fait sortir de Nous , et qui nous Y enfonce le plus profondément. C’est le domaine de l’éthique, du sacré, de l’empathie, du rapport au monde et à l’Autre. Du rapport à Soi-même. C’est ce qui nous donne une vrai place en ce monde. Il semble qu’il y ait pénurie d’âme, de nos jour.

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Son organe est le cœur, « … et du Saint-Esprit. », le signe de croix traverse le cœur. Chacun donne un nom, ou pas, à ce qui se cache derrière son cœur. Personnellement, pour le jeu de mot, je l’appelle rock n’roll, mais c’est parce que je suis un sale punk irrécupérable. Comme de juste, cela, quel que soit son nom, peut tout autant nous tuer que nous révéler.



Et donc ?


Et donc, me voilà, punk crasseux, marinant dans le même T-shirt depuis trois jours, victime d’un dérèglement systémique de ces trois fonctions. Je pose mon corps négligé comme un rempart entre moi et l’agression permanente du monde extérieur. Je suis trop fatigué ou malade pour sortir, trop soucieux pour me réjouir du bien qui se présente, trop blessé pour résister à la tentation de le repousser.


Je m’en voudrai, plus tard.


Il y a du mieux à l’horizon. Je n’arrive pas, pour le moment, à convaincre ma raison de se réjouir totalement d’une opportunité éventuelle de mettre mes aptitudes créatives et intellectuelles au service de ma vie professionnelle et sociale.

Mon corps s’effraie, s’excite et s’interroge à l’idée de possibles aventures hédoniques. Il a faim, soif, il veut s’enivrer. Mais la fatigue, le malaise et les douleurs le saisissent, le paralysent comme le froid mordant cloue au sol, dans la neige, celui qui rampe, épuisé, vers le feu qui pourrait le sauver et qu’il voit, si proche et si loin.

Mon âme s’est repliée sur elle-même.


Mais ce n’est que passager. Il est un carburant commun au trois organes. La rage. C’est la rage que je vais mettre au service de ma sainte trinité personnelle. La rage fera de mois un guerrier, un amant et un prêtre. La rage. Je crois que la rage, c’est tout ce qui reste quand on est sur le point de céder à la tentation de tout perdre. Car le peu que l’on a encore est alors inaccessible. Sauf la rage. Toujours la rage.


La rage.

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