Dialogue intérieur

Posté par Durf667 le 29 mai 2011

« HEY ! CONNAAAAAAAAAARD !

- Hein, quoi ?

- HOOOO ! TU M’ÉCOUTES ?

- Arrête de gueuler, déjà…

- Ouais ben quand je te parle normalement, tu m’écoutes pas.

- Oh, ta gueule, hein, vu le week-end de merde que tu m’as fait passer, je crois avoir plutôt bien saisi ton message, enculé.

- Descend d’un ton, s’il te plait, si tu m’écoutais plus souvent, j’aurais pas eu à te faire chier.

- Qu’est-ce que j’ai fait encore ?

- Tu le demandes ? T’as vu comment tu me nourris ? Comment tu me maltraites ?

- Plains-toi ! Il me semble que je t’ai mis au sport, récemment.

- Ouais, une petite demie-heure deux fois par semaine, ouaaaah, bonne perf.

- T’es de mauvaise foi, c’est quand même toi qui peut pas en faire plus.

- Admettons.

- Putain ouais, t’as intérêt à admettre.

- C’est pas pour ça que t’as arrêté de fumer… Et tu picoles bien un peu de temps en temps.

- Ouais, bon, si bien te traiter signifie me faire chier, je vois pas l’intérêt.

- Parce que tu t’es pas fait chier, peut-être, ce week-end, juste parce que j’étais mal en point, à gueuler pour réclamer un peu de respect et de repos ?

- Bonne remarque.

- Je ne mens jamais. En tout cas, rarement.

- Je dois le reconnaître. Mais quand même.

- Quand même quoi ?

- C’était obligé d’être ce week-end ? Précisément celui-là ?

- Je choisis pas.

- Mais merde, ça m’a couté un road-trip avec des potes pour aller voir mes vieux lotois que je vois une fois tous les mille ans. Et le lendemain, une teuf d’anniv’ d’un gars que j’aime bien, avec des gens avec qui je passe pas tant de soirées que ça, à mon grand regret.

- Ben assume.

- Pfff…

- Ah mais, merde, c’est quand même pas ma faute si tu me considère comme quantité négligeable. À part quand il s’agit d’être opérationnel pour un plan cul. Ah ça, tu m’aime, quand il s’agit d’obtenir cette fameuse décharge d’endorphine !

- Oh la mauvaise foi ! Comme si t’appréciais pas ! J’y crois pas, là !

- Bon, ok, je reconnais.

- Et puis arrête de croire que t’es le seul à être pas bien. Moi-même, tu sais, je suis pas particulièrement en bon état.

- Et alors, ça t’oblige à me foutre en l’air ?

- Non, bien sûr. Mais… Laisse tomber.

- Non, vas-y, je t’en prie…

- Non…

- Quoi ?

- Pas envie d’en parler.

- Allez…

- C’est pas contre toi, tu sais?

- Je me doute, mais ça n’empêche pas.

- Bon, je te promet d’essayer de faire gaffe.

- Encore…

- Ouais, je sais, c’est pas la première fois.

- Non.

- Mais bon.

- Oui

- Bon, ce soir, on va rester cool, déjà.

- Merci.

- De rien. Moi aussi j’en ai besoin.

- Ça fait plaisir de t’entendre reconnaître tes conneries. Mais essaie de pas les faire, dèjà, enfin, pas trop et pas des trop grosses, ce sera déjà pas mal.

- Ok, promis. Ça te dis qu’on aille geeker ? Histoire de se vider la tête ?

- D’accord, Esprit, faisons ça.

- Allons-y, Corps. Mais avant, je vais aller poster ce qu’on vient de se dire sur le blog.

- Hé hé ! »

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Crise de foi

Posté par Durf667 le 22 mai 2011

Encore un texte de milieu de nuit, on va essayer, pour une fois, de pas taper dans le nihilisme le plus systématique. C’est autre chose. Le nihilisme suppose un intellect fonctionnel, une pensée claire. Ce qui en ressort peut tenir de l’erreur, de la connerie la plus débile, mais le cerveau fonctionne. Ce dont il s’agit, ici et maintenant, ressemble plus à de la lassitude.


Ça ne va pas être long. Je traverse une petite zone de turbulence. Temporaire, du moins, c’est à espérer. Et puis, ça a toujours finit par passer. C’est quelque chose qui me tombe dessus de temps en temps, assez régulièrement. Disons-le tout net, je ne suis pas un scribouillard prolifique. J’ai du mal à me caler devant le clavier ou la feuille de papier. Je peux éventuellement sortir quelque chose en me lançant dans un processus d’écriture automatique, comme en ce moment, mais les nouvelles plus longues, qui demandent plus de structure, plus de travail, avouons-le, me posent plus de problème. Ce qui me fait remettre en cause, donc, ma « vocation » d’écrivain, si vocation il y a effectivement.


Non que je me cache derrière de la fausse modestie, bien que je sois la personne la moins bien placée pour en juger, il semblerait néanmoins que je possède ce qu’il va bien falloir que je me décide à appeler un certain talent d’écriture. C’est même une des seule chose dans ma vie que je fait à peu près correctement. D’où l’idée, naturelle, d’essayer, sinon d’en vivre (tout le monde ne peut pas être Stephen King ou Amélie Nothomb), du moins d’en faire quelque chose. Ça tient peut d’être d’une certaine vanité, la volonté de laisser quelque chose, une trace. Mais pour ça, il faudrait peut-être que je parvienne enfin à écrire régulièrement des textes de plus de deux pages. Il faudrait arriver à écrire plus de longues nouvelles, ou même des nouvelles courtes. Plus de poèmes, plus d’articles, plus de… Plus de vrai travail.


C’est la raison pour laquelle j’ai passé la journée en ermite, sans même tenter d’écrire ou de réfléchir au problème. Pause.


Ça me tient et m’obscurcit le cerveau depuis quelques jours. Cette idée que je n’y arriverai pas, que toute tentative restera stérile. J’ai tout envisagé. M’assoir à mon bureau à heure fixe, garder sur moi un bloc de feuilles et un stylo en permanence… Tout ce que je sors dans le domaine du construit me paraît inexploitable. Les idées, les thèmes sont là. Les intrigues aussi. Mais les mots refusent de se mettre dans le bon ordre. Ils mentent. Je crois qu’il leur manque la conviction d’un auteur qui croit en ce qu’il fait, qui n’est pas gâché par ce sentiment tenace que rien n’en vaut la peine. La conscience du caractère vain de toute action.


Mais justement, il faut bien faire quelque chose. Ne serait-ce que pour passer le temps en attendant sa dernière heure.


Le problème, c’est que, je le répète, je ne sais faire que ça. J’ai peur que ce blocage procède de quelque chose en moi que je ne contrôle pas. Que seule des mois ou des années de psychanalyse pourrait régler. Mais en attendant, je fais quoi ?


Je sais bien ce qui va se passer. Je vais continuer à essayer, de temps en temps quelques bonnes pages viendront enfin au monde, et peut-être qu’une certaine habitude naitra et me permettra d’écrire plus, et mieux.


De toute façon, je ne sais faire que ça.

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EGO

Posté par Durf667 le 16 mai 2011

Bas les masque. Qui suis-je ? On peut passer sa vie à tenter de répondre à cette question, et il me semble à présent que ce serait en vain. Mais il en est de la vie comme des voyages, le trajet est plus important que la destination. Celui qui ne se pose jamais cette question est un piètre être humain.

 

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Je suis un homo sapiens mâle, de type caucasien.

Je suis un hétérosexuel plus croyant que pratiquant.

Je suis un occidental judéo-chrétien.

Je suis européen, français, occitan, limousin/lotois.

Je suis fatigué, là.

Je suis un littéraire.

Je suis éternellement insatisfait.

Je suis amoureux de l’idée d’être amoureux, ce qui ne suffit pas, au contraire.

Je suis dépressif et bipolaire.

Je suis un écrivain, en tout cas j’essaie.

Je suis bassiste dans un groupe de punk. Donc pas vraiment musicien, hé hé.

Je suis attiré par les gens intéressants, et donc potentiellement dangereux pour moi.

Je suis émotionnellement perturbé.

Je suis accroc à mon mal-être.

Je suis attiré par l’auto-destruction, mais je me soigne.

Je suis seul, comme vous tous.

Je suis trop maigre.

Je suis en relative bonne santé, mais bon, hein, n’est-ce pas ?

Je suis souvent insomniaque.

Je suis un irrécupérable gauchiste de cœur.

Mais en fait, profondément, je suis nihiliste.

Je suis un mystique.

Je suis encore amoureux de toutes mes ex. Et oui.

Je suis un handicapé administratif.

Je suis bordélique.

Je suis un sale con, quand je m’y met.

Je suis réfractaire à toute autorité.

Je suis un contemplatif.

Je suis profondément écoeuré par la façon dont le monde fonctionne.

Je suis déçu de l’être humain. Des êtres humains. De tous les êtres humains, moi y compris.

Je suis un type bien, il paraît.

Je suis de passage, uniquement.

Je suis un sale punk.

Je suis fataliste.

Je suis relativement cultivé.

Je suis un bon coup, il paraît, mais bon, j’ai aussi appris à ne plus croire les compliments.

Je suis décevant sur le long terme.

Je suis intelligent, original et mystérieux. Ça, ou alors psychotique, bizarre et asocial. Mais c’est pareil.

Je suis pas du matin.

Je suis tolérant. Sans doute trop, d’ailleurs.

Je suis anti-tout.

Je suis en dérangement.

Je suis très, mais alors très pâle.

Je suis encore plus con que ce vous croyez.

Je suis pas un connard, mais je commets des erreurs, donc, c’est pas une excuse.

Je suis trop indulgent avec les cons, ça me perdra.

Je suis un faux calme.

Je suis un vrai anxieux.

Je suis dans le doute.

Je suis tout ça.

Et bien d’autre chose encore.

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C’est comment qu’on freine ?

Posté par Durf667 le 7 mai 2011

C’est ce genre de journées improductives au possible, quand la démotivation le dispute au rejet global de toute tentative de même essayer de se motiver à quelque action que ce soit. Au départ, j’étais parti, je voulais, j’avais l’intention de rédiger un article sur le nihilisme, le pessimisme et le cynisme. J’avais rassemblé la doc, étayé mes argument, préparé mes exemples, mais en fait, non. Je le garde sur l’oreille, je le fumerai plus tard. L’idée était justement de prouver que ce n’est pas parce que l’on adopte des options philosophiques qu’on pourrait qualifier de pessimistes, voire de morbides, qu’on ne peut pas en dégager un chemin de vie finalement pas si noir que ça. L’abandon de l’espérance n’est-il pas un des premier pas essentiel de la démarche bouddhiste vers le nîrvana ?


Enfin, c’était l’idée, vous voyez le genre.


J’ai passé la nuit à me réveiller toutes les heures, tiraillé par un malaise non-identifié encore, mais bel et bien présent, sinon réel. J’étais tiraillé entre l’envie de dormir et celle de griller un bon gros fusible. Je n’ai finalement fait ni l’un, ni l’autre.


Et je me traine depuis ce matin, depuis ce moment où les idées noirâtres (si encore elles avaient pu se décider à s’obscurcir complètement ! Mais non…) occupèrent trop de mon esprit pour ne pas y macérer en un magma gluant de conneries oiseuses à peine dignes d’un ado en pleine crise pseudo-lautréamontaise. Je me traine, mon corps refuse de s’éveiller, mais mon esprit ne veut pas se décider à s’endormir. J’ai faim, mais j’ai la gerbe. J’ai envie de voir du monde, mais je pressens que la présence d’un autre être humain dans mon entourage me serait potentiellement insupportable. En tout cas pour l’instant.


Il me reste l’écriture. Je n’ai rien à dire. J’ai essayé de continuer la lecture de ce bouquin de Stefan Zweig que j’ai commencé hier, mais non, mon cerveau refuse de s’intéresser à quoi que ce soit. Ouvrons les vannes.


J’ai envoyé ma psy se faire foutre. J’ai encore les médocs sur le bureau qui me regardent fixement au moment où j’écris. Sur une échelle de 1 à 10, 1 étant le moment où on se retrouve, par exemple, à se taillader le bras avec un couteau, ou pire, à regarder des séries AB en bouffant des bretzels à longueur de journée sur le canapé, et 10 représentant ces moment de grâce où le monde entier vous appartient, où la femme que vous aimez depuis deux ans en secret s’abandonne enfin dans vos bras, où que vous soulevez la coupe d’Europe devant des milliers de spectateurs ; sur une échelle de 1 à 10, donc, mon humeur avait un peu trop tendance à varier de 2 ou 3 à 7ou 8, et les oscillations commençaient à devenir dangereuses. D’où la psy. Mais là, ça fait un peu trop longtemps que je me traine à un niveau de 5 perpétuel. Et je m’emmerde. Et j’ai donc envoyé la psy se faire foutre. Je sais pas si c’est la décision la plus intelligente ou la plus stupide que j’ai prise récemment. En tout cas, c’est soit l’un, soit l’autre.


Parmi les changements qui se sont produits en moi pendant la période où elle me suivait, il en est un qui me laisse dubitatif. Je crois avoir totalement abandonné l’idée de faire fonctionner un jour un couple dont je serais l’un des deux éléments. Ça m’apparait aujourd’hui comme une impossibilité scientifique. Je me sens comme un alchimiste qui, après avoir lu un traité de Lavoisier, aurait enfin compris qu’il ne changerait jamais le plomb en or. Il y a encore quelques mois, ce constat, vrai ou erroné, m’aurait plongé, au mieux, dans d’interminables débats intérieurs et inspiré une profonde tristesse, voire une révolte sincère. Aujourd’hui, à l’extrême limite, je me demande si j’en ai vraiment quelque chose à foutre. Ça n’arrivera pas, point-barre. Je ne sais pas si c’est un signe de sagesse ou de stupidité.


Je me suis pris en pleine gueule l’absolue inutilité de toute tentative de faire quoi que ce soit de sa vie. Est-ce que j’aurais trop lu Cioran et Schopenhauer ? Mais bon, tant que je suis pas mort, il faut bien passer le temps.


Le suicide n’est pas une option. Ça, c’est une certitude. Dans un monde aussi pourri que celui dans lequel nous vivons, je ne m’oppose pas à l’auto-annihilation radicale d’un point de vu moral ou éthique. Non. C’est juste que si je me flingue, c’est eux qui gagnent. Je serais bien emmerdé pour définir ou nommer ces « eux », mais je ne vois pas comment mieux l’exprimer. Le monde est dégueulasse, mais je ne vois pas en quoi le laisse entre « leurs » mains et en me foutant en l’air pourrait le rendre meilleur. Et puis, il y a tellement de cons heureux de leur petits bonheurs satisfaits de connards bouffis de leurs certitudes que ça me fait plaisir de rester là, et de leur balancer mes doutes, mon éthique et ma tristesse en pleine gueule, même si ça ne sert, finalement, à pas grand chose. Mais rien ne sert à rien.


Qu’est-ce que je vais faire de mon samedi soir ? Il est prévu que je vois certaines personnes, mais ça devrait aller. Celles-ci, tout comme moi, portent le signe de Caïn sur le front. Nous serons entre nous. Je vais sans doute me faire engueuler d’avoir arrêté la psy. Ou peut-être pas. On verra.

Je vais sans doute avoir envie de tenter d’oublier ma solitude métaphysique dans les bras d’une petite. Et, comme d’habitude, je vais sans doute rentrer chez moi seul avant même le coup d’envoi officieux de la soirée, trop misanthrope pour supporter longtemps les apparences de joie et de bien-être affichés par les noctambules. Trop timide et asocial pour ne serait-ce qu’oser offrir un verre à qui que ce soit. Mais on ne sait jamais.


Je repense à une chanson de Bashung. « C’est comment qu’on freine ? J’voudrais descendre de là… »

Ouais. Si seulement il étais possible de descendre de la planète juste cinq minutes, histoire de souffler, de savoir ce qu’on y fout, avant de remonter. Mais bon. Ça ne marche pas comme ça.

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L’antre, où le chaos déborde de ma tête.

Posté par Durf667 le 6 mai 2011

Thomas Mann, Lambrusco, feuille d'impôtCoca, chaise, rangers.Bureau, café, clopes.Fringues, télé, Metallica.Bouquins, carton, petite monnaie.Vestes, cartons, étagère.Sonic Youth, portrait, Björk.Skeuds, où est le chien ?

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