Sweet Mary

1 mai 2011

Archive, Nouvelles

Je rêve de toi.


Je sais que TU n’es pas une bonne idée. Trop paumée, trop perdue, trop jolie pour moi.


Je rêve de toi.


Si parfaite… Je te revoie, ce jour-là… De bas en haut, comme si je me relevais enfin de ma position de victime. Des rangers noires, punkette idéale ! Des bas effilés, usés aguichants. La naissance d’une cuisse pleine de promesse… Une jupe trop courte pour être honnête. Un corset… Oh, ce corset ! Salope ! Comment poitrine pourrait-elle être si attirante, si désirable ? Ton visage, tes yeux, ton désespoir. Toi.


Je t’ai rêvé si souvent, dans tant de positions, dans tant de refus… Je t’ai tellement fait l’amour en rêve que mes muscles sont douloureux. Nous n’avons ensemble aucun avenir, aucun rêve à partager. Mais je te veux. Je te veux tellement que j’en ai mal à l’âme.


Perdue comme tu l’es, tu en es d’autant plus belle. Je ne te sauverai pas. J’ai déjà du mal à me sauver moi-même… Mais, putain de merde, je te veux. Je te désire. Je te convoite. Ne pas t’avoir est une souffrance. Ne pas t’avoir eu est encore pire.


Je crève de ne pas avoir senti la brulure de tes lèvres sur ma peau fatiguée, les coupure de tes mains sur mes désirs enfouis. Je meurs de ne pas connaître ton désir. Je veux te posséder, l’espace d’une seconde, d’un souffle, d’un rêve. Jamais je ne t’aimerais comme tu le voudrais, jamais tu ne me possèderas comme tu le désires.


Je sens nos corps absents, nos souffles emmêlés. Je sens tes mains avides, je sens ta tristesse, tes attentes. Je n’y répondrai pas. Je n’en suis pas capable. Je ne pourrai t’aimer que le temps d’une erreur.


Mais quelle belle erreur.


Je voudrais en commettre tellement, des erreurs comme toi. Je voudrais tant déboutonner ton chemisier, embrasser ta poitrine, passer ma main sous ta jupe, sentir la chaleur de ton désir ardent, attendre que tu veuilles, espérer que tu brûles.


J’ai tant rêvé de toi, que je ne peux même plus imaginer une nuit entre nous. Ce serait décevant, et pourtant… Et pourtant ! Ah ! Je te revoie, l’autre jour, attendant je ne sais quoi. Un baiser ? Une étreinte ? Ton décolleté parasitait tes paroles, j’en suis désolé ! Tu es tellement perdue… J’en aurais des scrupules, de me laisser aller. De me laisser aller à t’aimer, rien qu’une nuit, rien qu’un instant, rien qu’un souffle. Je ne peux te promettre plus. J’ai encore sur la langue le goût de la tienne, quand nous fautions ensemble, tellement trop pour nous le permettre, tellement peu pour en être satisfaits. C’était tellement agréable. C’était tellement idiot.


Je… Je … Je. Toi… J’ai l’odeur de ta peau dans les narines, même après tout ce temps. J’ai le goût de ta sueur sur la langue. Je crève de ne pas en avoir eu plus. Mais je sais que le mal que je peux te faire n’en vaux pas la peine. Je t’aime, mais pas comme tu voudrais. Je hais la testostérone. Je ne te veux pas de mal, mais c’est tout ce que j’ai à t’offrir…


Je ne t’aimerai pas comme tu le voudrais. Si tu me hais pour ça, j’en ferai un linceul.

 

Ce texte date déjà de quelques semaines, avant la création de ce blog, mais comme il m’a valu quelques félicitations par ailleurs, et que de plus son thème et son contenu trouvent un écho assez étrange à l’heure actuelle dans ma vie, pour d’autres raisons, que lors de sa composition (encore que…), je le reposte ici.

À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

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