Crise de foi

22 mai 2011

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Encore un texte de milieu de nuit, on va essayer, pour une fois, de pas taper dans le nihilisme le plus systématique. C’est autre chose. Le nihilisme suppose un intellect fonctionnel, une pensée claire. Ce qui en ressort peut tenir de l’erreur, de la connerie la plus débile, mais le cerveau fonctionne. Ce dont il s’agit, ici et maintenant, ressemble plus à de la lassitude.


Ça ne va pas être long. Je traverse une petite zone de turbulence. Temporaire, du moins, c’est à espérer. Et puis, ça a toujours finit par passer. C’est quelque chose qui me tombe dessus de temps en temps, assez régulièrement. Disons-le tout net, je ne suis pas un scribouillard prolifique. J’ai du mal à me caler devant le clavier ou la feuille de papier. Je peux éventuellement sortir quelque chose en me lançant dans un processus d’écriture automatique, comme en ce moment, mais les nouvelles plus longues, qui demandent plus de structure, plus de travail, avouons-le, me posent plus de problème. Ce qui me fait remettre en cause, donc, ma « vocation » d’écrivain, si vocation il y a effectivement.


Non que je me cache derrière de la fausse modestie, bien que je sois la personne la moins bien placée pour en juger, il semblerait néanmoins que je possède ce qu’il va bien falloir que je me décide à appeler un certain talent d’écriture. C’est même une des seule chose dans ma vie que je fait à peu près correctement. D’où l’idée, naturelle, d’essayer, sinon d’en vivre (tout le monde ne peut pas être Stephen King ou Amélie Nothomb), du moins d’en faire quelque chose. Ça tient peut d’être d’une certaine vanité, la volonté de laisser quelque chose, une trace. Mais pour ça, il faudrait peut-être que je parvienne enfin à écrire régulièrement des textes de plus de deux pages. Il faudrait arriver à écrire plus de longues nouvelles, ou même des nouvelles courtes. Plus de poèmes, plus d’articles, plus de… Plus de vrai travail.


C’est la raison pour laquelle j’ai passé la journée en ermite, sans même tenter d’écrire ou de réfléchir au problème. Pause.


Ça me tient et m’obscurcit le cerveau depuis quelques jours. Cette idée que je n’y arriverai pas, que toute tentative restera stérile. J’ai tout envisagé. M’assoir à mon bureau à heure fixe, garder sur moi un bloc de feuilles et un stylo en permanence… Tout ce que je sors dans le domaine du construit me paraît inexploitable. Les idées, les thèmes sont là. Les intrigues aussi. Mais les mots refusent de se mettre dans le bon ordre. Ils mentent. Je crois qu’il leur manque la conviction d’un auteur qui croit en ce qu’il fait, qui n’est pas gâché par ce sentiment tenace que rien n’en vaut la peine. La conscience du caractère vain de toute action.


Mais justement, il faut bien faire quelque chose. Ne serait-ce que pour passer le temps en attendant sa dernière heure.


Le problème, c’est que, je le répète, je ne sais faire que ça. J’ai peur que ce blocage procède de quelque chose en moi que je ne contrôle pas. Que seule des mois ou des années de psychanalyse pourrait régler. Mais en attendant, je fais quoi ?


Je sais bien ce qui va se passer. Je vais continuer à essayer, de temps en temps quelques bonnes pages viendront enfin au monde, et peut-être qu’une certaine habitude naitra et me permettra d’écrire plus, et mieux.


De toute façon, je ne sais faire que ça.

À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

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