Dialogue intérieur

« HEY ! CONNAAAAAAAAAARD !

- Hein, quoi ?

- HOOOO ! TU M’ÉCOUTES ?

- Arrête de gueuler, déjà…

- Ouais ben quand je te parle normalement, tu m’écoutes pas.

- Oh, ta gueule, hein, vu le week-end de merde que tu m’as fait passer, je crois avoir plutôt bien saisi ton message, enculé.

- Descend d’un ton, s’il te plait, si tu m’écoutais plus souvent, j’aurais pas eu à te faire chier.

- Qu’est-ce que j’ai fait encore ?

- Tu le demandes ? T’as vu comment tu me nourris ? Comment tu me maltraites ?

- Plains-toi ! Il me semble que je t’ai mis au sport, récemment.

- Ouais, une petite demie-heure deux fois par semaine, ouaaaah, bonne perf.

- T’es de mauvaise foi, c’est quand même toi qui peut pas en faire plus.

- Admettons.

- Putain ouais, t’as intérêt à admettre.

- C’est pas pour ça que t’as arrêté de fumer… Et tu picoles bien un peu de temps en temps.

- Ouais, bon, si bien te traiter signifie me faire chier, je vois pas l’intérêt.

- Parce que tu t’es pas fait chier, peut-être, ce week-end, juste parce que j’étais mal en point, à gueuler pour réclamer un peu de respect et de repos ?

- Bonne remarque.

- Je ne mens jamais. En tout cas, rarement.

- Je dois le reconnaître. Mais quand même.

- Quand même quoi ?

- C’était obligé d’être ce week-end ? Précisément celui-là ?

- Je choisis pas.

- Mais merde, ça m’a couté un road-trip avec des potes pour aller voir mes vieux lotois que je vois une fois tous les mille ans. Et le lendemain, une teuf d’anniv’ d’un gars que j’aime bien, avec des gens avec qui je passe pas tant de soirées que ça, à mon grand regret.

- Ben assume.

- Pfff…

- Ah mais, merde, c’est quand même pas ma faute si tu me considère comme quantité négligeable. À part quand il s’agit d’être opérationnel pour un plan cul. Ah ça, tu m’aime, quand il s’agit d’obtenir cette fameuse décharge d’endorphine !

- Oh la mauvaise foi ! Comme si t’appréciais pas ! J’y crois pas, là !

- Bon, ok, je reconnais.

- Et puis arrête de croire que t’es le seul à être pas bien. Moi-même, tu sais, je suis pas particulièrement en bon état.

- Et alors, ça t’oblige à me foutre en l’air ?

- Non, bien sûr. Mais… Laisse tomber.

- Non, vas-y, je t’en prie…

- Non…

- Quoi ?

- Pas envie d’en parler.

- Allez…

- C’est pas contre toi, tu sais?

- Je me doute, mais ça n’empêche pas.

- Bon, je te promet d’essayer de faire gaffe.

- Encore…

- Ouais, je sais, c’est pas la première fois.

- Non.

- Mais bon.

- Oui

- Bon, ce soir, on va rester cool, déjà.

- Merci.

- De rien. Moi aussi j’en ai besoin.

- Ça fait plaisir de t’entendre reconnaître tes conneries. Mais essaie de pas les faire, dèjà, enfin, pas trop et pas des trop grosses, ce sera déjà pas mal.

- Ok, promis. Ça te dis qu’on aille geeker ? Histoire de se vider la tête ?

- D’accord, Esprit, faisons ça.

- Allons-y, Corps. Mais avant, je vais aller poster ce qu’on vient de se dire sur le blog.

- Hé hé ! »

À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

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