Pèlerinage

30 juillet 2011

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J’étais parti. Pause. J’étais parti sans but précis, à part peut-être celui de me trouver moi-même, ou du moins une partie significative.

Je n’ai pas trouvé.

En tout pas, pas celle que je cherchais, inconsciemment ou non.

Mais je reviens avec une carte, un plan, un mode d’emploi. Pas forcément très exact, mais c’est déjà un début. C’est un peu comme une notice de montage IKEA, ou le manuel de Photoshop. Du genre où ceux qui les ont écrit partent du principe que celui qui serait susceptible de s’y référer n’en a aucun besoin.



Et me revoilà dans ce coin. J’y ai trainé mes docs un paquet de temps, mais là, faut reconnaître que ça faisait un bail.

Retour sur les lieux d’une adolescence, d’un passage, du seuil entre inconscience et réalité.

Un sacré bail, donc.

Je me retrouve adossé à cette souche, au bord de la route. J’ai deux heures à tuer. J’attends la suite des événements.

L’ombre des feuilles joue sur le papier de mon bloc. Il y a une légère brise. L’air est assez pur pour physiquement me fatiguer, mais même cette lassitude est agréable. Presque suave.

J’attends, seul, heureux de l’être, perdu en moi-même.

La chaleur du soleil sur ma nuque, le bruit du stylo sur le papier. Une odeur d’herbes coupées.



Je ne sais pas.

Ce que je sais, ou crois savoir, c’est ce que je ne suis pas. Ou plus.

Ces « archives » qui prennent la poussière dans ma chambre d’ado. Traces. Paroles de chansons. Poème.

Très teenage.

C’est moi, ça ? C’était moi ?

À l’époque, j’y croyais.

Cette piaule est comme un quartier abandonné, déserté, d’une ville quelconque. Les maisons tombent en ruine, mais la municipalité y est trop attaché pour les abattre et reconstruire autre chose.

C’est encore un peu ma piaule, Cobain partout sur les murs est encore là pour en témoigner. Certains posters ont perdu leurs punaises, murs usés près à s’abattre sur les décombres d’un passé.

Des bouquins poussiéreux trainent encore sur des étagères conquises par quelques araignées.

Ce n’est pas encore une pièce récupéré pour un nouvel usage. Pas entièrement. On sent bien qu’elle sert un peu d’entrepôt, de placard.

Mais il y a beaucoup de moi, encore. Un moi issu du passé ? Que restent-il de moi ici ?

 

photo0002.jpg

 

Des fantômes.


Des reflets de jadis.


Moi, ou un autre, ou les deux à la fois.


Il y a trop de fantômes, ici.


Ou pas assez.



Les gens changent, mais pas tant que ça.

Les sculptures sont différentes, mais l’argile restent identique. Se modelant elle-même sans s’en rendre compte.

Elle accuse les autres des fêlures qu’elle s’inflige.

Elle s’accable toute seule de se blesser autant.



J’étais parti.

Je suis revenu.

Pas de réponse, donc.

Pas de discernable, en tout cas.

Peut-être de meilleures questions.

J’étais parti à la recherche de moi-même ?

J’ai trouvé autre chose.

Quoi ? Je n’en sais encore rien.

Ce qui est sûr, c’est que je l’ai trouvé.

À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

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