Dans l’oeil du cyclone

Au centre du cyclone, au cœur de son œil, il n’y a plus de vent.


Les vents de la confusion rugissent. Rien n’est sûr, rien n’est garanti.

Tout est mouvant, en devenir, tout se construit puis pourrit.

La voix d’une femme m’enjoint de ne pas confondre bonheur et plaisir.

Le corps d’une autre échappe à mes doigts mais s’accroche à ma testostérone.

Des bonheurs qui s’imposent, des joies qui m’insupportent.

Une infinité de « moi » potentiels se disputent les uns les autres le droit d’exister.

Rien n’est réel. Tout est vrai.


Une ballade irlandaise résonne. La voix porte en elle mille ans de solitude. La guitare est désaccordée et le violoniste n’est pas très juste, mais qu’importe ?


Des corps tatoués. Des besoins impérieux. Des jeux interdits. Des regrets. Des larmes. Des râles de plaisir. Une femme aux milles visages.


Le signe de Caïn sur son front, es-tu sûr de l’avoir vu ? Parfois, on se trompe. L’erreur est humaine, indispensable, douloureuse.


Gâche tout, gamin, gâche tout et soit en fier. Porte ça comme un drapeau à la gloire de la Grande Inutilité Métaphysique de nos Êtres.


Dans l’œil du cyclone, les images et les sons se déforment. On entends des odeurs, on touche la saveur du café. On goûte l’image des amants enfuis.


Tout arrêter. Recommencer. Reboot. Nettoyage du disque.


Une maison à la campagne se prélasse au soleil comme un lézard géant. Un jardin sauvage descend de la terrasse jusqu’au bord d’un ruisseau. Je lis au soleil, allongé dans un hamac, une canette pas bien loin. Le vent emporte tout.


Quel but ? Avoir un but est arrogance.

Quel plan ? Avoir un plan est puéril.

Quel idéal ? Pour quoi faire ?

Quelle raison ? Il n’y en a pas.


JE trouve un sens. Il n’y a pas d’autre sens que celui que JE trouve. Encore faut-il savoir ce que JE veux en faire.


Et ça bouge, et ça rampe, et ça court. Partout, dans les rues sales comme dans les avenues chics, dans les maisons usées par la pollution, dans les placards, dans les temples.


Certains meurent. D’autres naissent. Certains sont juste en vie. Allez trouver un sens à tout ça !


Au centre de l’ouragan, les visages se succèdent et se mêlent.

Les futurs avortés s’envolent avec les débris de souvenirs perdus, d’histoires non-racontées.

Dans l’œil du cyclone, je ne sais plus rien.

Et c’est reposant.

À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

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