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Je et Moi

Posté par Durf667 le 26 septembre 2011

Qu’écrire quand on a rien à dire ?


Chaque jour ressemble au précédent. En pire, en mieux, qu’importe ? Je a trop fouillé dans la boue, Je a trop remué la merde.

Je en apprends un peu plus. C’est une exhumation. Ce n’était pas mort, ça a à peine vécu. Mais c’est enterré quand même.


Archéologue de soi-même. Chercher le trésor enfoui, les ruines, les fondations.


Je est Moi.

Je n’est pas ce que Je croit être.

Je est perdu en Moi comme dans un temple oublié..

Je ne trouve pas Moi.

Alors que Moi est partout autour de Je.


Je aime, désire, veux, Je aspire, Je cherche et cherche encore.


La constante schizophile d’un esprit. Scinder ce qui n’est pas appréhendable tout d’un bloc. Transformer Je en Nous. Pour le comprendre. Pour lutter.

Pour se disputer, pour perdre, pour vaincre.

Pour se perdre, pour se vaincre.


La crasse. Vautrée dans la poussière, cuisant au soleil.

Mouches, cafards.

Évier plein de vaisselle, lit défait, sol moutonneux.

Cendriers pleins.

Demain.

Nous a choisi ce que Je serait aujourd’hui.


Abandonner une lutte pour une autre, laisser faire, laisser crever.

Essayer.

Dire adieu. Remplacer un désir, une aspiration par un désintérêt global. Y croire.

Pour un temps.


La vérité, quelle vérité ? Je n’est que réalités changeantes et précaires, contradictoires, éphémères.

Une cicatrice par réalité.

Choisir.

Je est dubitatif.

Moi sait.

Mais Moi ne dit rien.

Moi est.


Plus de sucre pour le café.


Je s’esquisse.

Je s’aperçoit.

Je est Nous est Moi.

Nous se déchire.

Je observe.

Moi attend dans sa tombe obscure et froide.


Moi a tout son temps.

Je fais aussi vite qu’il peut.

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Fièvre et tempête

Posté par Durf667 le 19 septembre 2011

La fièvre l’avait emmené plus loin qu’il ne l’aurait cru.

En des temps et des lieux révolus ou non encore existant, dans des cryptes oubliés de son âme, dans des aspirations non assumées.

Il se souvenait de tout, mais la loupe avait un défaut, amplifiant le détail, occultant l’essentiel.


Les démons revenaient, aussi.

Des voix à son oreille murmuraient des culs-de-sac, lui promettaient des aubes d’après la pluie, à l’atmosphère fraiche et enivrante, alors que la tempête était loin d’être terminée. Le beau temps reviendrait, mais le démon mentait. Pas encore. Pas tout de suite.

Le diable sur son épaule droite lui présentait des scènes non-vécues, des futurs impossibles, des passés idéalisés.

Sur l’épaule gauche, le néant s’infiltrait dans ce cerveau bouillant, rappelait les blessures, promettait la douleur, proposait l’inévitable, ou le présentait comme tel.


Les draps étaient trempés, la sueur portait en elle l’odeur du combat de ce corps exténué, de cet esprit à terre. De ce combat gagné.

Une bataille.

La guerre, encore.

Les nuages s’écartaient. Les questions restaient posées, mais le besoin de réponse se faisait moins impérieux.


Un cerveau se réveillait enfin, apte à la suite.

Le corps renâclait encore un peu. Le combat encore faisait rage.

Mais les armes émoussées retrouvaient leur tranchant.

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Éthique

Posté par Durf667 le 13 septembre 2011

Qu’est-ce que l’éthique ?


Il me semble souvent que notre époque en manque.

Chacun a la sienne propre, différente de celle des autres, unique, personnelle, sacrée.

Elles se contredisent, s’opposent, ces éthiques concurrentes.

La question n’est pas là, la mienne n’est pas forcément meilleure que la tienne.


Car chacun a la sienne.

Et chacun la trahit.


Oh, bien sûr, tout un chacun s’imagine en parangon de vertu ! On s’excuse à soi même ce qu’on condamne chez autrui.

On trouve des raisons. On atténue, on rejette ailleurs la faute qui nous incombe pourtant. On trouve toujours quelque chose ou quelqu’un sur qui déverser l’opprobre qui nous revient.


Si on sait que c’est mal, si c’est trop évident, et bien… qu’importe ! Est-ce si grave ?


L’individualisme de notre temps, son égocentrisme exacerbé nous conduit à nous masquer l’évident, à créer des mensonges qui nous abusent nous-même, à dépraver nos âmes.


« Je l’ai fait, c’est mal, mais bon, tout le monde le fait ! »


C’est pas une raison.

Nos actes sont immortels.

Chaque ride de nos visages, chaque cicatrice de nos âmes en est la preuve.

Dorian Gray.

Chaque regard détourné du miroir.


Le monde est dégueulasse.

L’être humain est vil.

OK.

Bien.

Et alors ?

Est-on obligé de le pourrir encore plus ?


Des explications à nos erreurs, d’accord.

Des excuses à nos péchés, jamais.

L’erreur assumée fait avancer.

Le péché sans contrition nous enchaine.

On est toujours seul à en payer le prix, à la fin.


J’en connais, moi le premier, qui perpétuent sans cesse un crime unique, sous divers déguisements. Tous le font, à un degré ou un autre.

Quelque chose de contraire à soi-même, mais toujours pardonné avant même d’être commis.

Sommes-nous donc tous forcés de nous conformer à certaine image que nous et/ou les autres avons de nous-même ?


« Je suis comme ça, j’y peux rien. »


Et on change d’éthique.

On s’accommode.


C’est pourtant faux.

Mais tellement plus facile.

Éthique ?

Trouve la tienne.

Tiens-y toi.


Et ferme ta gueule.

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Debout et seul

Posté par Durf667 le 12 septembre 2011

Dans la lumière, en face

Dans la joie d’un silence

En arrière, en retrait, caché, pourtant là

Dans la foi portée haut

Si loin, mais si proche


Debout mais seul


Dans la gêne ou la grâce

Dans le manque et l’absence

Cette peine, en secret portée, cache-la

Tu la planques, il le faut

Un refus s’accroche


Debout mais seul


Ne laisse aucune trace

Ne crois pas en la chance

Prend ta plume et, ancré dans ta fierté, combat !

Blessé, las, vivant, beau

Le destin s’approche


Seul, mais debout

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W.

Posté par Durf667 le 10 septembre 2011

Encore un vieux truc que je ne me souvenais même plus avoir écrit avant de tomber dessus à l’arrière d’un cours de Littérature comparée (je sais, c’est pas bien…) Retravaillé un poil ce soir, et posté dans la foulée, c’est un peu maladroit, mais j’aime bien le thème quand même.

Il regarde la Terre de son œil unique, et il contemple une étrangère.

Trop de choses ont changé, ce n’est plus sa Terre. Il sais pourtant que son devoir sera de la défendre une dernière fois et d’y perdre sa trop longue vie.

Il est seul, à présent, ils sont tous partis. Tous.

L’ennui.

Lui seul reste dans son majestueux palais désormais bien vide et poussiéreux. Prêt à tomber en ruine quand il en partira. Un palais désormais rempli seulement par le vol des corbeaux, souvenirs bruissant dans un battement d’ailes, réminiscences d’un temps passé où sa cour de guerrier faisait résonner les halls et les couloirs de chants paillards et d’invectives festives. De défis et de disputes, d’exclamations avinées et de bruyants exploits contés pour la millième fois.

Tous, ils sont partis.


Il se souvient encore du départ de son fils, le brutal, le fier, l’impétueux, un matin d’hiver.

Son fils aussi regagna cette Terre étrange qui ne voulait plus d’eux.

Il se rappelle les temples en flammes de cet étrange dieu crucifié, qui lui rappelait tant son autre fils, Baldr, le lumineux, le beau, le doux.

Des siècle de haine coulant dans les veines de cet autre fils empli de violence, le tonnerre dans la voix, les éclairs dans les yeux.

Il se rappelle les pillages qu’il observait de ce palais, de ces guerres et de ces massacres sans buts. Il se rappelle le crime impardonnable commandé par cette haine, résumé en deux lettre jumelles sur un uniforme. SS.


Il se souvient aussi du fier combattant, le gardien du pont menant à l’entrée de sa forteresse.

Des siècles d’attente. Plus personne ne venait.

La folie.

Le saut dans le vide sous le soleil couchant, éclairé par l’arc-en-ciel.

La chute fut longue, mais son esprit était déjà tombé depuis longtemps bien plus bas.


Il se souvient des anges de la guerre, les vierges sacrées, à présent prises au piège de trop de batailles, tombant une à une sous le feu d’armes qu’elles ne comprenaient pas.

La plus belle d’entre elle, la meilleures, la dernière, était tombée loin à l’est, sous un feu gluant et nauséabond tombant du ciel.


Il se souvient aussi de son armée de héros qui, fatigués d’attendre, s’étaient éparpillés sur la surface de cette planète pour y mourir une seconde fois, en lâches. Certains s’étaient suicidé, d’autre étaient tombés dans l’alcool ou la drogue.

Cette Terre-là n’avait pas besoin d’eux.


Mais lui, il attend toujours.

Les corbeaux s’assurent qu’il n’oublie pas, qu’il pense encore à ce qu’il a à faire.


Ils lui ont murmuré à son oreille sans âge que même le petit peuple était parti, décimé par un monde qui ne croyait plus en eux.

Pourtant, lui, il attend.

Il était le plus grand d’entre eux, il était leur roi.

Il ne règne plus que sur des couloirs vides.

Il pense à ses ennemis, qui n’ont pas pris les formes auxquelles il s’attendait.

Rien ne s’est passé comme il était écrit.


Il se souvient de ce mot ancien, devenu avec le temps synonyme de délivrance.

Ragnarok.


Et il attend.

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