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Petit lexique non-exhaustif du précataclysmisme

Posté par Durf667 le 28 octobre 2011

Absurde : Le monde, l’univers, tout, absolument tout est absurde. Vos proches ne comprennent jamais vraiment ce que vous voulez dire. 99% de la vie sociale est construite sur des malentendus. Le sens qu’on trouve est donné par nous-même, il en est d’autant plus important (voire Contrôle.)


Anarchisme : Ne reconnaître aucune autorité autre que celle issues de sa propre éthique.


Combat : Le précataclysmiste est toujours un combattant, comme un Jacob luttant perpétuellement avec l’ange, symbolisant sa propre vie, sa propre personne.


Contrôle : Toute tentative de contrôler quoi que ce soit est inutile. Le battement d’aile, le papillon, tout ça. Mais nous sommes tous des papillons.


Destin : « On ne veut jamais que son destin » (Thomas Mann). Chacun a son destin, qu’il se construit lui-même, tout comme il choisit le sens des choses et des événements.


Dionysiaque : Face aux sociétés humaines, profondément apolliniennes (pleine d’ordre, croyant au progrès, professant l’idée de la perfection personnelle comme but à atteindre pour chacun), le précataclysmiste se réclame du pessimisme dionysiaque. Il en appelle à sa propre imperfection pour se découvrir lui-même, il espère les erreurs qui le font avancer. Il oublie l’absurde au travers de la joie.


Éthique : Et même, « éthique amorale ». Une trace d’idéalisme apollinien appliquée à sa propre personne. C’est bien beau de trouver le monde dégueulasse, encore faut-il prendre la peine de ne pas le pourrir encore plus de par son propre comportement. C’est à chacun de trouver sa propre éthique et d’essayer au maximum de l’appliquer. C’est pas facile.


Exil : Le retrait du monde temporaire, quand il se fait trop dur, trop agressif, trop mauvais. Il peut être physique (l’ermite dans la forêt), mais aussi et surtout mental (alcool, drogue, sexe, par exemple). L’exil est une situation, la joie en est une forme, la plus apaisée et la plus belle.


Gnose : Le matériel est mauvais, le spirituel est bon, disaient les cathares. Voilà. Le monde EST mauvais, aucune société humaine ne pourra le rendre bon. La salvation ne peut être qu’intime et personnelle.


Hédonisme : Pour atteindre la joie, le plaisir et la recherche du plaisir peuvent aider. Le piège étant dans le désir qu’ils peuvent provoquer dans une âme, cause de souffrance (Dionysos n’a pas toujours raison). Mais l’hédonisme n’est pas mauvais en lui-même. C’est un cheval sauvage qu’il faut dompter en permanence, en tenant compte de l’éthique.


Idéalisme : C’est ça justement : une idée de ce que le monde et nous-même pourrions être, tenter de l’établir, échouer, mais progresser humainement en essayant. Car Apollon n’a pas totalement tort.


Joie : Le moment parfait où l’humain est pleinement dans la situation, où l’absurde est oublié, où la rage et l’éthique l’ont amené à enfin être réellement et absolument lui-même. La joie est éphémère mais justifie tout le reste, elle est une promesse, un aperçu, un rappel.


Nihilisme : L’absurde dit que rien n’a de sens. La gnose dit que le monde est mauvais. Le précataclysmiste est donc forcément nihiliste, ce qui ne veut pas dire qu’il voudrait forcément tout détruire. C’est juste qu’il ne croit pas en les idéalismes politiques, religieux ou autres qui tiennent la plupart des êtres humains. Il sait que la joie est ailleurs.


Précataclysmisme : La fin du monde doit toujours être prévues pour le soir même.


Rage : Une façon de transformer les émotions négatives destructrices en quelque-chose de positif. La rage empêche de se résigner et de baisser les bras. Elle peut porter loin. La colère, le désespoir, ne peuvent que vous aider à vous détruire. La rage peut vous aider à construire quelque chose.


Réalité : Il n’existe pas de Vérité objective, seulement d’innombrables Réalités subjectives.


Situationniste : Il n’y a pas de passé ou de futur, il n’y a qu’aujourd’hui. Il n’y a que la situation présente, riche de potentiel, pleine de ce qui fait l’humain. Le précataclysmite peut donc être vu comme un situationniste.


Souffrance : Le prix à payer pour avoir droit à la joie, si tant est qu’on utilise la rage que la souffrance engendre à bon escient, qu’on ne se laisse pas submerger par la négativité et l’anti-vie qui l’accompagne.

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Rien n’est vrai, chanson situationniste

Posté par Durf667 le 21 octobre 2011

 

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Rien n’est vrai ! Tout est permis !

Dieu est mort ! Tout est sacré !

Quand l’Ennui est l’Ennemi,

Résister, c’est transgresser.


Il n’y a rien de vraiment sauvable en ce monde

Rien de ce qu’il offre n’a de valeur.

Humain/marchandise, ici-bas, tout abonde.

Égoïsme, hypocrisie, peur.

Écris sur les murs ! Vomis sur la Joconde !

Fais du bruit et pisse sur les fleurs !


Rien n’est vrai ! Tout est permis !

L’Art est mort ! Tout est gagné !

Quand l’Ennui est l’Ennemi,

Résister, c’est essayer.


Tout est dans l’instant, rien d’essentiel ne dure

Jamais. Le plus beau est un souvenir.

Errer dans les rues, pleurer sur les ordures,

Ne jamais se laisser endormir.

Pas besoin du succès et de ses parures.

Vivre ? Mourir ? Pleurer et rire ?


Dieu est mort ! Tout est permis !

Rien n’est vrai ! Tout est foiré !

Quand l’Ennui est l’Ennemi,

Échouer c’est résister.


Oublier sa faim dans la chaleur d’un corps,

Hier et demain mentent, mais leurs cris portent.

La Vérité rampe dans les désaccords,

Ne pas attendre que l’on nous apportent

Une raison, un mobile, ils ont tous tort.

Le Réel est derrière la porte.


Rien n’est Vrai !

Dieu est mort !

Rien n’est vrai !

L’Art est mort !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

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Crash-test #9

Posté par Durf667 le 20 octobre 2011

Je dors.

Je dors même beaucoup.

Parfois, je me demande s’il me reste encore quelque chose à dire, à faire, à espérer.

Alors je dors.

Dans le sommeil, il n’y a plus de questions. Il n’y a plus de réponses non plus, mais peu importe.

La fatigue est toujours présente, acérée. Plus vivante que moi.

Mon esprit réfléchit mal.

Je dors pour ne plus penser.


La cage d’escalier est poussiéreuse. Les marches craquent sous mes pas. Des centaines d’étages se succèdent. La lumière est ocre. Derrière chaque porte, sur chaque palier, quelque chose attend.


N’y pense pas. C’est mieux.


« Qu’est-ce qu’elle attend ? Qu’est-ce qu’elle veut ?

 - Qu’es-tu prêt à donner ? Qu’es-tu prêt à perdre ? »


Non.


Le problème, avec le principe du carpe diem, c’est cet inévitable moment où, pour quelques instants, minutes, heures, jours, il n’est plus possible de l’appliquer.


Quand je ferme les yeux, je vois du feu.


« Elle me manque.

 - Qui ça ?

– Je sais pas. Mais elle me manque. »

 

Pour se trouver soi-même, le mieux est encore de suivre les traces de sang.


Le loup s’était réveillé. Il l’avait affronté déjà mille fois, l’avait blessé à mort parfois, lui avait offert sa gorge souvent. Toujours, il revenait, rôdant prêt de la clairière, fuyant le feu et la lumière, jetant la nuit sur son regard. Toujours. Le combat était sans fin. La victoire était pourtant improbable. Mais abandonner le combat, c’était mourir, de toute façon. Il passa la main sur les cicatrices, hésita une nouvelle fois à empoigner son arme. Mais il la prit et s’élança, poussant un hurlement millénaire.


Les mots sont des traitres.


Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui…


C’est pas ce que j’ai fait de mieux. Mais voilà.


Quoi ?


Fuir. S’exiler. Partir, loin. Ne plus voir que l’ombre des arbres ou l’écume sur les vagues. Ne plus sentir que la chaleur du soleil où la piqûre du crachin. Ne plus rien avoir à faire avec tout ça. S’allonger, et enfin se reposer.


Toujours. Jamais. Peu importe.

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Petites morts

Posté par Durf667 le 15 octobre 2011

Ça aurait pu être différent,

Ça aurait dû.

Mais ce qui peut ou doit être n’est pas forcément.

Les choses sont

Ou ne sont pas, rien de plus,

Rien de moins

Ce n’est la fin que parce que tu le décides

Ou le désires.

Ce qui revient au même.

Je suis le deuil,

La mort,

La résurrection.

Je suis le choix

Et l’absence de choix.

Je suis la chute qui précède l’ascension

Et inversement.

Je suis le coût.

Je suis le printemps,

Je suis l’hiver.

Je suis les petites morts dans vos vies.

Je suis l’Éros de Psyché,

L’Eurydice d’Orphée.

Je suis dans le premier regard,

Je suis dans la dernière étreinte.

Je suis dans les baisers, je suis dans les griffures,

Je suis dans tous les cris.

Je suis le désespoir.

Je suis les larmes d’hier

Et le rire de demain.

Je suis la raison

Pour laquelle tu es vivant.

Je suis les petites morts

Qui engendrent ta vie.

 

Je continue à faire les fonds de tiroirs. Ce texte a quelques années, mais il résonne d’un écho particulier dans ma tête en ce moment.

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Recueil de citations anti-appoliniennes, ou La fin du monde est pour ce soir depuis 2000 ans (au moins).

Posté par Durf667 le 10 octobre 2011

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« Pouvez-vous résister à de si doux penchants,
Et, dans ces tristes lieux, consumer vos beaux ans? »

Pétrone, Le satyricon (Ier siècle.)

 

 

 

« Si la chair est venue à l’existence à cause de l’esprit, c’est une merveille ; mais si l’esprit est venu à l’existence à cause de la chair, c’est une merveille de merveille. Et moi, je m’émerveille de ceci : comment cette richesse s’est-elle mise dans cette pauvreté ? »

Le logion 29 de L’Évangile selon Thomas (Texte chrétien gnostique du IVème siècle.)

 

« D’eux il en fut ainsi

que du chèvrefeuille

qui s’était pris au coudrier.

Lorsqu’il y est bien enlacé

et roulé autour du bois,

ensemble ils peuvent bien durer ;

mais si on les sépare,

le coudrier meurt bientôt

et le chèvrefeuille également.

Belle amie, il en est de même de nous :

ni vous sans moi, ni moi sans vous. »

Marie de France, Lai du chèvrefeuille à propos de Tristan et d’Iseut (XIIème siècle.)

 

« La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil nous a séchés et noircis;
Pies, corbeaux nous ont crevé les yeux,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais un seul instant nous ne sommes assis;
De ci de là, selon que le vent tourne,
Il ne cesse de nous ballotter à son gré,
Plus becquétés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre! »

François Villon, La ballade des pendus (XVème siècle.)

 

« Je veux m’allier au noir désespoir contre mon âme et devenir l’ennemie de moi-même ! »

William Shakespeare, Richard III (1593).

 

« De quelle espèce sont donc tous ces gens, dont l’âme n’a pour assise que l’étiquette, dont toutes les pensées et tous les efforts ne tendent pendant des années qu’à avancer d’un siège vers le haut bout de la table ?»

Goethe, Les souffrances du jeune Werther (1774).

 

« Et si je ris de toute chose ici-bas,

C’est afin de n’en pas pleurer. »

Lord Byron, Don Juan (1819).

 

« Je suis le Ténébreux, le Veuf, l’Inconsolé. »

Gérard de Nerval, El desdichado (1854).

 

« Il est bon d’apprendre quelquefois aux heureux de ce monde, qu’il est des bonheurs supérieurs aux leurs, plus vastes et plus raffinés. »

Charles Baudelaire, Le spleen de Paris (1869).

 

« Les hommes chantent parce qu’ils ont goûté à la mort. »

Tristan Tzara (début du XXème siècle.)

 

« L’Emissionniste n’est pas un être humain. Il est le Virus Humain. (Tout virus procède de cellules détériorées menant une existence parasitaire : il éprouve une affinité spécifique avec la Cellule Mère, et c’est ainsi que les cellules hépatiques délabrées se dirigent vers le berceau de l’hépatite et autres maux. Il en résulte que chaque espèce a son Maitre Virus : l’image pervertie de l’espèce elle-même.)
L’image pervertie de l’Homme évolue de minute en minute, de cellule en cellule… la misère, la haine, la guerre, gendarmes et voleurs, la bureaucratie, la folie, tout les symptômes du Virus Humain. »

William S. Burroughs, Le festin nu (1959).

 

« Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. »

Guy Debord, La société du spectacle (1967).

 

« Oh we’re so pretty

Oh ! So pretty

Vacant ! »

Johnny « Rotten » Lydon, Pretty vacant (1976).

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