Crash-test #9

20 octobre 2011

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Je dors.

Je dors même beaucoup.

Parfois, je me demande s’il me reste encore quelque chose à dire, à faire, à espérer.

Alors je dors.

Dans le sommeil, il n’y a plus de questions. Il n’y a plus de réponses non plus, mais peu importe.

La fatigue est toujours présente, acérée. Plus vivante que moi.

Mon esprit réfléchit mal.

Je dors pour ne plus penser.


La cage d’escalier est poussiéreuse. Les marches craquent sous mes pas. Des centaines d’étages se succèdent. La lumière est ocre. Derrière chaque porte, sur chaque palier, quelque chose attend.


N’y pense pas. C’est mieux.


« Qu’est-ce qu’elle attend ? Qu’est-ce qu’elle veut ?

 - Qu’es-tu prêt à donner ? Qu’es-tu prêt à perdre ? »


Non.


Le problème, avec le principe du carpe diem, c’est cet inévitable moment où, pour quelques instants, minutes, heures, jours, il n’est plus possible de l’appliquer.


Quand je ferme les yeux, je vois du feu.


« Elle me manque.

 - Qui ça ?

– Je sais pas. Mais elle me manque. »

 

Pour se trouver soi-même, le mieux est encore de suivre les traces de sang.


Le loup s’était réveillé. Il l’avait affronté déjà mille fois, l’avait blessé à mort parfois, lui avait offert sa gorge souvent. Toujours, il revenait, rôdant prêt de la clairière, fuyant le feu et la lumière, jetant la nuit sur son regard. Toujours. Le combat était sans fin. La victoire était pourtant improbable. Mais abandonner le combat, c’était mourir, de toute façon. Il passa la main sur les cicatrices, hésita une nouvelle fois à empoigner son arme. Mais il la prit et s’élança, poussant un hurlement millénaire.


Les mots sont des traitres.


Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui…


C’est pas ce que j’ai fait de mieux. Mais voilà.


Quoi ?


Fuir. S’exiler. Partir, loin. Ne plus voir que l’ombre des arbres ou l’écume sur les vagues. Ne plus sentir que la chaleur du soleil où la piqûre du crachin. Ne plus rien avoir à faire avec tout ça. S’allonger, et enfin se reposer.


Toujours. Jamais. Peu importe.

À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

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