Petit lexique non-exhaustif du précataclysmisme

Absurde : Le monde, l’univers, tout, absolument tout est absurde. Vos proches ne comprennent jamais vraiment ce que vous voulez dire. 99% de la vie sociale est construite sur des malentendus. Le sens qu’on trouve est donné par nous-même, il en est d’autant plus important (voire Contrôle.)


Anarchisme : Ne reconnaître aucune autorité autre que celle issues de sa propre éthique.


Combat : Le précataclysmiste est toujours un combattant, comme un Jacob luttant perpétuellement avec l’ange, symbolisant sa propre vie, sa propre personne.


Contrôle : Toute tentative de contrôler quoi que ce soit est inutile. Le battement d’aile, le papillon, tout ça. Mais nous sommes tous des papillons.


Destin : « On ne veut jamais que son destin » (Thomas Mann). Chacun a son destin, qu’il se construit lui-même, tout comme il choisit le sens des choses et des événements.


Dionysiaque : Face aux sociétés humaines, profondément apolliniennes (pleine d’ordre, croyant au progrès, professant l’idée de la perfection personnelle comme but à atteindre pour chacun), le précataclysmiste se réclame du pessimisme dionysiaque. Il en appelle à sa propre imperfection pour se découvrir lui-même, il espère les erreurs qui le font avancer. Il oublie l’absurde au travers de la joie.


Éthique : Et même, « éthique amorale ». Une trace d’idéalisme apollinien appliquée à sa propre personne. C’est bien beau de trouver le monde dégueulasse, encore faut-il prendre la peine de ne pas le pourrir encore plus de par son propre comportement. C’est à chacun de trouver sa propre éthique et d’essayer au maximum de l’appliquer. C’est pas facile.


Exil : Le retrait du monde temporaire, quand il se fait trop dur, trop agressif, trop mauvais. Il peut être physique (l’ermite dans la forêt), mais aussi et surtout mental (alcool, drogue, sexe, par exemple). L’exil est une situation, la joie en est une forme, la plus apaisée et la plus belle.


Gnose : Le matériel est mauvais, le spirituel est bon, disaient les cathares. Voilà. Le monde EST mauvais, aucune société humaine ne pourra le rendre bon. La salvation ne peut être qu’intime et personnelle.


Hédonisme : Pour atteindre la joie, le plaisir et la recherche du plaisir peuvent aider. Le piège étant dans le désir qu’ils peuvent provoquer dans une âme, cause de souffrance (Dionysos n’a pas toujours raison). Mais l’hédonisme n’est pas mauvais en lui-même. C’est un cheval sauvage qu’il faut dompter en permanence, en tenant compte de l’éthique.


Idéalisme : C’est ça justement : une idée de ce que le monde et nous-même pourrions être, tenter de l’établir, échouer, mais progresser humainement en essayant. Car Apollon n’a pas totalement tort.


Joie : Le moment parfait où l’humain est pleinement dans la situation, où l’absurde est oublié, où la rage et l’éthique l’ont amené à enfin être réellement et absolument lui-même. La joie est éphémère mais justifie tout le reste, elle est une promesse, un aperçu, un rappel.


Nihilisme : L’absurde dit que rien n’a de sens. La gnose dit que le monde est mauvais. Le précataclysmiste est donc forcément nihiliste, ce qui ne veut pas dire qu’il voudrait forcément tout détruire. C’est juste qu’il ne croit pas en les idéalismes politiques, religieux ou autres qui tiennent la plupart des êtres humains. Il sait que la joie est ailleurs.


Précataclysmisme : La fin du monde doit toujours être prévues pour le soir même.


Rage : Une façon de transformer les émotions négatives destructrices en quelque-chose de positif. La rage empêche de se résigner et de baisser les bras. Elle peut porter loin. La colère, le désespoir, ne peuvent que vous aider à vous détruire. La rage peut vous aider à construire quelque chose.


Réalité : Il n’existe pas de Vérité objective, seulement d’innombrables Réalités subjectives.


Situationniste : Il n’y a pas de passé ou de futur, il n’y a qu’aujourd’hui. Il n’y a que la situation présente, riche de potentiel, pleine de ce qui fait l’humain. Le précataclysmite peut donc être vu comme un situationniste.


Souffrance : Le prix à payer pour avoir droit à la joie, si tant est qu’on utilise la rage que la souffrance engendre à bon escient, qu’on ne se laisse pas submerger par la négativité et l’anti-vie qui l’accompagne.

À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

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