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Un sonnet

Posté par Durf667 le 26 novembre 2011

 Parfois, en fouillant dans des vieux papiers, on tombe sur des trucs qu’on a oublié avoir écrit. Voici donc un sonnet sorti de je sais pas où, que j’ai quand même un chouïa retravaillé.

 

J’ai vu les belles âmes dévorées par la faim.

J’ai entendu les rires des imbéciles heureux,

Bâtissant leurs empires et gavant les peureux

avec rien. Les infâmes dansent, chantent et crient « Enfin ! 


Les héros sont tous morts, nous pouvons donc dormir ! »

Mais qui restent éveillés, debout, tremblant de froid ?

Pas ceux qui cèdent aux laids messagers de l’effroi.

Pas ceux qui ont peur, pas ceux qui craignent et admirent


Les hérauts de la boue, de la médiocrité.

Nous nous levons encore, ivres, tristes et mourants.

Nous ne sommes pas forts, mais nous serrons les rangs


Contre ces nombreux morts. Notre crime a été

D’espérer à voix haute. Le délit est flagrant :

Le Beau est dans les marges de la société.

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Historique du précataclysmisme

Posté par Durf667 le 26 novembre 2011

Le précataclysmisme est né d’une blague. 2004, ma dernière année d’étude, cours de littérature comparée sur Volodine et le post-exotisme. Je me souviens d’une heure de cours où sont abordés les thèmes des courants littéraires, le post-modernisme, les genres, etc.

Bref, j’aimais bien l’idée de l’écrivain qui crée, en quelque sorte, son propre genre, parce qu’il ne se reconnaît dans aucun genre pré-existant. Ça induit une certaine liberté. Et puis, j’avais l’habitude de ne pas me sentir à l’aise dans les cases. Suis-je un grunge, un punk, un situationniste, un intello, un petit con ? Je suis tout ça à la fois, et en même temps, je ne suis rien de tout cela, en un sens.

J’avais sorti dans un article de fanzine l’idée de la génération Y2K (pour year 2K, c’est à dire années 2000), piquée et détournée d’après un essai de Poppy Z. Brite. En gros, pour moi, la génération Y2K, c’est celle qui avait vingt piges, ou peu s’en faut, en l’an 2000. C’était un écho de la génération X, quoi.

J’ai développé. J’ai sorti de mon crâne, à partir de là, le précataclysmisme. L’idée de base était que ma génération était peut-être la première qui verrait de son vivant s’effondrer l’hégémonie de la civilisation occidentale sur le globe, et qui le savait. Elle attendait une catastrophe mal identifiée, politique, écologique, sociale ou autre. Ou tout ça en même temps. S’en suivait toute une série de constats visant à mettre en place un « mouvement » littéraire et philosophique fictif, basé un peu sur les surréalistes ou la Beat generation. Critiques sociale, artistique, tout ça.

Mais à la base, c’était quand même une grosse connerie. Rien de tout ça n’était très sérieux. Mais les divers auteurs précata sont un à un sorti de mon crâne, j’ai commencé à plancher sur recueil qui ne devait jamais voir le jour (j’aurais dû me taper un trip DIY, les photocopies, c’est le bien, mais qui sait…)

Sept ans plus tard, j’ai évolué, et cette idée avec moi. Elle est toujours aussi peu sérieuse. Mais à présent, je me rends compte qu’à force de chercher à définir cette vanne, à mettre au jour ce concept foireux, à réfléchir dans le vent pour expliciter ce truc bizarre, il s’est passé un phénomène étrange et inattendu.

C’est moi-même que je cherchais derrière ce masque de l’escroquerie littéraire. La philosophie précataclysmique, c’est la mienne. Les conflits fictifs entre les auteurs (Demian et Chloe s’engueulent fréquemment), ce sont mes batailles intérieures. C’est justement parce que je n’ai jamais pris tout ce délire trop au sérieux que ça s’est passé comme ça.

Les interrogations précataclysmiques sur le monde, la politique, la société, le rapport à l’autre, sont les miennes. Tout comme les réponses éventuelles que j’y apporte.

Et le fait que certains ailleurs que dans ma tête semblent s’y intéresser ne cesse de m’étonner.

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5 – Google translate experience

Posté par Durf667 le 24 novembre 2011

Petite explication préliminaire : Ce texte est le résultat d’une expérience dadaïste menée sous le traducteur de Google. Le poème « 5  » (dont vous trouverez l’original ici) a été passé successivement par le filtre du traducteur dans cet ordre : du français à l’anglais, puis de l’anglais à l’allemand, de l’allemand au danois, et enfin du danois au russe, avant de terminer par la traduction google du texte obtenu du russe au français. Je dois dire que je trouve le résultat non dénué d’une certaine beauté étrange, assez poétique par moment, du fait des limitation propre au traducteur.

Ou alors, c’est juste une grosse connerie.

 

 

Je vois les lemmings sauté son rocher.
Je vois des images couleurs de la décoloration.
Je vois que disparaître de la vue les rend beaux.
Je vois encore tous les jours, les rides autour des yeux dans le monde.
Je vois des jeunes se saouler, ne sachant pas pourquoi je pense que pour vivre, de penser qu’elle connaît.
Je vois la division des esprits sont rigides, des plaies ouvertes.
Je vois le sang qui coule.
Je peux voir la nuit tombe.

J’entends les cris dans la nuit des fous ivres dans leur brume perdu dans la région.
J’entends le murmure de crainte que personne ne les écoute.
Je vous entends pleurer parfois.
J’entends les gémissements de l’amant temporaires inutiles.
J’entends des déclarations au sujet des personnes vaines qui ne s’attendaient pas qu’ils vont se rencontrer.
Je veux dire la certitude, où seul doute n’est pas permis.
Je peux entendre mon coeur battre, mais chacun à son propre rythme.
J’entends tomber la pluie.
J’entends les cris étouffés de chacun: «Mais écoutez-moi! »

Je peux sentir l’asphalte après la tempête.
Je me sens draps sales sur le diplôme le dimanche matin.
Je me sens le festival de sueur, de sang et de bière dans les arcades ouvertes impitoyable.
Je sens la poudre de voler dans les airs.
Je sens que je suis sur le plancher d’un étranger avant qu’elle se réveille, restant après le rasage.
Je me sens une pizza froide dans la boîte sous le canapé oublié.
Je peux sentir l’odeur de l’arrière foulard dans l’armoire.
Je sens la cendre froide.
J’ai l’impression que l’odeur de moisi d’une pièce vide.

Je goûte le sel des larmes.
Je goûte la sueur de deux corps nus.
Je goûte l’oubli dans les deux feuilles de papier à cigarette.
J’aime la paix et la tranquillité dans mon souffle nouveau à travers mâche.
Je goûte la salive pour la nicotine et autre chose.
Je goûte l’euphorie de malt.
J’aime le chaos, le fer, l’hémoglobine.
Je suis gré de la seconde peau.
J’ai du sable de l’autre côté.

Je touche une nouvelle cicatrice, gratter l’écorce.
Je touche le doigt sur la racine du problème.
Je touche le bac en feu.
Je me sens, mais ne s’applique pas aux chocs.
Je touche, ou du moins j’essaye.
Je touche, mais mes doigts dans ma fuite.
Je touche et qui ont été mordus, meurtris, coupés, brûler.
Je reçois trop de plaies ouvertes.
Je touche l’eau bénite.

Je vois ce que c’est.
Je n’entends rien.
Je sens l’odeur familière.
J’aime l’ironie de la situation.
Je touche au but.

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La complainte anhédoniste de l’anti-philosophe

Posté par Durf667 le 19 novembre 2011

Je ne reçois plus les mails de

Dieu, que la chair me manque, avilie par

ce qui reste de ton image a été floutée par le

photoshop mental d’un masque ébréché qui ne cache plus

rien du néant interne, explosé par

l’envie d’être quelque chose l’a quitté

avec elle.

Rassembler les brisures du miroir

éclaté sur le sol boueux, fantasmes de faciales.

Un autre visage, un autre

masque mon visage du soleil,

voulez-vous bien le faire taire ? Sa voix

m’éblouit, j’ai trop de chose à faire, par

exemple, le train est en retard

de paiement. Le ticket paraît trop cher

pour ce qui reste d’énergie dans

le corps démembré du loup bouge encore, je crois

que je ne crois plus en

la Foi reste une idée intéressante en

ces temps jaunissent comme

les photos mentent, je ne ressemble

plus à

ça m’interpelle.

L’interrogation le saisit, l’appelle et

les oiseaux s’enfuient à son

approche-toi de ce qui s’

éloigne-toi de moi, c’est pour ton

bien que tout le monde finisse par s’en

aller de là à de là.

Ce n’est pas de la douleur si tu la

partage le pain et le vin.

Et je ne reçois plus les mails de

Dieu merci !

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Le Bois

Posté par Durf667 le 14 novembre 2011

 

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Tout comme la Cité est le rêve collectif de toutes les villes du monde, porteuse de tous les fantasmes et terreurs urbains, le Bois est la version onirique de toutes les Forêts du globe. On y trouve aussi bien des clairières enchanteresses où le rêveur peut se reposer que d’impénétrables bosquets de ronces qui s’enfoncent loin sous les arbres noueux, au cœur des terreurs. Tout le monde, après tout, se perd parfois.

 

Le Bois sert de résidence à certains des rêves les plus anciens. Des sylvains y tiennent leur cour, les pixies insouciant s’y amusent. Des loups colossaux y attendent le voyageur apeuré, des ents dévoyés y meurtrissent les chairs.

 

Le Vieil Homme Arbre, à jamais immobile, attends ceux qui sauront le trouver, et payer le prix de la connaissance qu’il porte au sein de sa sève antique.

 

On dit que l’Essence personnelle de chaque rêveur, de chaque être repose dans une clairière perdue, bien cachée, enfouie derrière les ronces et les arbres millénaires, où la lune et le soleil ne sont que des souvenir dans l’obscurité créée par des branches agressives qu’on croirait douées de vie.

 

Plus on s’enfonce dans le Bois, plus la progression se fait ardue. Le bois ne vous aide pas à trouver ce que vous êtes venu y chercher (même si vous l’ignorez, vous êtes venu y chercher quelque chose. Sans doute vous-même).

Le Bois ne vous veut pas de mal. S’il vous perd, c’est que vous étiez déjà perdus en y entrant. Le Bois sait que vous retrouverez votre chemin au moment où vous croirez être irrémédiablement égaré. S’il vous offre un rayon de soleil au bord d’un ruisseau, bercé par les chants des oiseaux, c’est que vous avez juste besoin d’allonger votre âme dans l’herbe, en attendant de trouver quelque part en vous-même ce lieu qui y ressemble.

 

En attendant, quand vous irez dans le Bois, n’ayez pas peur. Chaque griffure des branches, chaque racine qui vous fait trébucher, est le signe que la récompense est à venir. Une nuit, après avoir traversé un océan de ronce dans l’obscurité, vous arriverez, en sang, épuisé et perclus de douleurs dans une clairière que nul ne peut trouver, votre clairière. En son centre il y aura les réponses aux questions que vous ignoriez vous poser.

Vous vous effondrerez, et pour la première fois de votre vie, vous dormirez en sachant que le Bois ne vous fera plus jamais aucun mal, à moins que vous ne perdiez à nouveau le chemin de votre clairière.

Mais ça, c’est votre affaire.

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