Le Bois

Posté par Durf667 le 14 novembre 2011

 

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Tout comme la Cité est le rêve collectif de toutes les villes du monde, porteuse de tous les fantasmes et terreurs urbains, le Bois est la version onirique de toutes les Forêts du globe. On y trouve aussi bien des clairières enchanteresses où le rêveur peut se reposer que d’impénétrables bosquets de ronces qui s’enfoncent loin sous les arbres noueux, au cœur des terreurs. Tout le monde, après tout, se perd parfois.

 

Le Bois sert de résidence à certains des rêves les plus anciens. Des sylvains y tiennent leur cour, les pixies insouciant s’y amusent. Des loups colossaux y attendent le voyageur apeuré, des ents dévoyés y meurtrissent les chairs.

 

Le Vieil Homme Arbre, à jamais immobile, attends ceux qui sauront le trouver, et payer le prix de la connaissance qu’il porte au sein de sa sève antique.

 

On dit que l’Essence personnelle de chaque rêveur, de chaque être repose dans une clairière perdue, bien cachée, enfouie derrière les ronces et les arbres millénaires, où la lune et le soleil ne sont que des souvenir dans l’obscurité créée par des branches agressives qu’on croirait douées de vie.

 

Plus on s’enfonce dans le Bois, plus la progression se fait ardue. Le bois ne vous aide pas à trouver ce que vous êtes venu y chercher (même si vous l’ignorez, vous êtes venu y chercher quelque chose. Sans doute vous-même).

Le Bois ne vous veut pas de mal. S’il vous perd, c’est que vous étiez déjà perdus en y entrant. Le Bois sait que vous retrouverez votre chemin au moment où vous croirez être irrémédiablement égaré. S’il vous offre un rayon de soleil au bord d’un ruisseau, bercé par les chants des oiseaux, c’est que vous avez juste besoin d’allonger votre âme dans l’herbe, en attendant de trouver quelque part en vous-même ce lieu qui y ressemble.

 

En attendant, quand vous irez dans le Bois, n’ayez pas peur. Chaque griffure des branches, chaque racine qui vous fait trébucher, est le signe que la récompense est à venir. Une nuit, après avoir traversé un océan de ronce dans l’obscurité, vous arriverez, en sang, épuisé et perclus de douleurs dans une clairière que nul ne peut trouver, votre clairière. En son centre il y aura les réponses aux questions que vous ignoriez vous poser.

Vous vous effondrerez, et pour la première fois de votre vie, vous dormirez en sachant que le Bois ne vous fera plus jamais aucun mal, à moins que vous ne perdiez à nouveau le chemin de votre clairière.

Mais ça, c’est votre affaire.

Une Réponse à “Le Bois”

  1. Kae Leen dit :

    Génial !
    Il règne dans ce texte une atmosphère de calme et de mystère.
    C’est agréable à lire, et tout simplement reposant.
    Le côté féerique est très bien rendu et la métaphore bien suivie.

    Bravo, donc. ^^

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