Historique du précataclysmisme

Posté par Durf667 le 26 novembre 2011

Le précataclysmisme est né d’une blague. 2004, ma dernière année d’étude, cours de littérature comparée sur Volodine et le post-exotisme. Je me souviens d’une heure de cours où sont abordés les thèmes des courants littéraires, le post-modernisme, les genres, etc.

Bref, j’aimais bien l’idée de l’écrivain qui crée, en quelque sorte, son propre genre, parce qu’il ne se reconnaît dans aucun genre pré-existant. Ça induit une certaine liberté. Et puis, j’avais l’habitude de ne pas me sentir à l’aise dans les cases. Suis-je un grunge, un punk, un situationniste, un intello, un petit con ? Je suis tout ça à la fois, et en même temps, je ne suis rien de tout cela, en un sens.

J’avais sorti dans un article de fanzine l’idée de la génération Y2K (pour year 2K, c’est à dire années 2000), piquée et détournée d’après un essai de Poppy Z. Brite. En gros, pour moi, la génération Y2K, c’est celle qui avait vingt piges, ou peu s’en faut, en l’an 2000. C’était un écho de la génération X, quoi.

J’ai développé. J’ai sorti de mon crâne, à partir de là, le précataclysmisme. L’idée de base était que ma génération était peut-être la première qui verrait de son vivant s’effondrer l’hégémonie de la civilisation occidentale sur le globe, et qui le savait. Elle attendait une catastrophe mal identifiée, politique, écologique, sociale ou autre. Ou tout ça en même temps. S’en suivait toute une série de constats visant à mettre en place un « mouvement » littéraire et philosophique fictif, basé un peu sur les surréalistes ou la Beat generation. Critiques sociale, artistique, tout ça.

Mais à la base, c’était quand même une grosse connerie. Rien de tout ça n’était très sérieux. Mais les divers auteurs précata sont un à un sorti de mon crâne, j’ai commencé à plancher sur recueil qui ne devait jamais voir le jour (j’aurais dû me taper un trip DIY, les photocopies, c’est le bien, mais qui sait…)

Sept ans plus tard, j’ai évolué, et cette idée avec moi. Elle est toujours aussi peu sérieuse. Mais à présent, je me rends compte qu’à force de chercher à définir cette vanne, à mettre au jour ce concept foireux, à réfléchir dans le vent pour expliciter ce truc bizarre, il s’est passé un phénomène étrange et inattendu.

C’est moi-même que je cherchais derrière ce masque de l’escroquerie littéraire. La philosophie précataclysmique, c’est la mienne. Les conflits fictifs entre les auteurs (Demian et Chloe s’engueulent fréquemment), ce sont mes batailles intérieures. C’est justement parce que je n’ai jamais pris tout ce délire trop au sérieux que ça s’est passé comme ça.

Les interrogations précataclysmiques sur le monde, la politique, la société, le rapport à l’autre, sont les miennes. Tout comme les réponses éventuelles que j’y apporte.

Et le fait que certains ailleurs que dans ma tête semblent s’y intéresser ne cesse de m’étonner.

Une Réponse à “Historique du précataclysmisme”

  1. Cmoué dit :

    Vraiment excellent !
    J ‘ aime ça
    DF.

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