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Je sais pas/Je sais.

Posté par Durf667 le 29 décembre 2011

Je sais pas.

Je sais pas.

Je sais pas si tu te rends compte.

Je sais pas.

Je sais pas si je me rends compte.

Je sais pas.

T’es pas dans la merde.

Je suis quand même vachement compliqué, paumé, à l’ouest.

Je ne sous-estime pas ta paumitude.

Mais bon.

Tu vas en chier.

Je sais pas.

Je vais en chier aussi, remarque…

J’ai pas envie de te faire du mal.

Je veux pas.

Je veux pas.

Je sais pas.

Je veux pas.

Mais ça pourrait bien arriver.

Quoi ?

Tu me dis que t’es paumée aussi ?

Que je vais en prendre plein ma gueule ?

Mais c’est moi qui suis venu te chercher.

Sans savoir ce qui se passait dans ton crâne.

Sachant à peine ce qui se passait dans le mien.

En m’en foutant, à la limite.

J’assume.

J’assume.

Je sais pas.

J’assume.

Quinze, ou quatorze jours, c’est trop peu.

Ou pas assez.

On s’en fout.

On s’en fout.

JE m’en fous.

Je sais pas.

Je veux.

Je veux.

Je veux.

C’est l’essentiel.

Ça me suffit.

Et toi ?

Es-tu sûre ?

Je sais.

Tout ceci est profondément narcissique.

Je me soigne.

Je sais.

Je veux pas de faire du mal.

Je veux pas.

Mais je prends le risque que ça arrive.

Je prends aussi le risque de me faire du mal, à moi.

Et toi ?

Et moi ?

Je sais.

Je sais.

Je sais.

Je sais.

Je veux.

Je veux essayer.

Je sais.

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Crash-test #13

Posté par Durf667 le 28 décembre 2011

Soyons désinvoltes, oh, putain, oui, soyons désinvoltes.

La bête s’était tue. Toujours assoiffée, on l’entendait grogner et gratter à l’extérieur. Mais les murs étaient à présent solides, l’entrée barricadée d’une lourde poutre de bois massif, les fenêtres laissaient uniquement entrer le soleil. Alors l’abomination, perverse, intelligente, déterminée, bien qu’affaiblie, chercha et trouva une solution. Le jour suivant, s’infiltrant par les fissures du plancher, le jour sous les portes, les cafards, grouillants et innombrables, apparurent.

Heureusement, j’ai du café.

Il était retombé dans cette vieille malle dont il avait tant eu de mal à sortir. Oh ! Pas de souci, il en ressortit aisément. Mais couvert de poussière et aveuglé par la lumière.

La crasse. La sueur séchée. La poussière accumulée. Les peaux mortes.

« Une dernière requête ?

- Tue moi rapidement, cette fois-ci. »

Tu vois, quand tu reviens d’un concert, les acouphènes ? Un putain de bourdonnement qui ne te lâche qu’avec le temps. Ben lui, c’est pareil, sauf que c’est pas d’origine acoustique. Un sale larsen de merde qui résonne en permanence contre les parois de son crâne.

C’est complètement idiot. Mais qu’est-ce que c’est bon, bordel !

Des fois, la vie, ou certain des éléments qui la constituent, se met en pause. Quelques jours ou semaine de statu quo. Faudra bien ré-appuyer sur play un de ces quatre.

Ça, c’est fait.

La plupart des gens, quand ils sont au bord d’un précipice, ne pense qu’à s’en éloigner. Ils préfèrent ignorer ce qu’il y a au-delà. Ils ont trop peur de tomber. D’autres sont fascinés, hypnotisés, sans doute par l’idée-même de la chute. Oh ! Je vais tomber ! ». Et ils tombent. Une poignée réalise que la chute n’est pas obligatoire. Il suffit d’apprendre à voler quand vous vous sentez prêt.

(Dépêchez-vous de lire ce paragraphe, il faut que je le rende à Neil Gaiman, après.)

Je vote, et je dis qu’il bluffe.

« Chères âmes, vous êtes priées de ne pas vous précipiter vers votre prochaine incarnation. Chaque Vie entamée l’est définitivement. Elles ne seront ni reprises, ni échangées. »

Quand j’étais petit, je voulais être Kurt Cobain ou Jim Morrisson. Et puis un jour, sans prévenir, j’ai eu 27 ans. Après, j’ai voulu être David Bowie ou Iggy Pop. Ou même Johnny Cash. Il m’en aura fallu, du temps, avant de me décider à essayer de devenir moi-même.

Ce n’est qu’un combat, continuons le début.

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Crash-test #12

Posté par Durf667 le 18 décembre 2011

Ben merde, alors.

Apollon et Dionysos sont posés à une terrasse. Apollon boit un thé vert, Dionysos en est à sa troisième pinte. La discussion est cordiale, mais les deux interlocuteurs ne se comprennent absolument pas. Ça ressemble plus à deux monologues superposés et imbriqués qu’à un réel échange verbal.

C’est à peu près aussi jouissif que se balader dans un marché de noël avec un lance-flamme.

Quand la vie sociale est manifestement un terrain sur le quel on est mal à l’aise, la tentation de la fuir est forte. Et puis, qui a besoin d’une vie sociale quand on a sa page facebook, son twitter, son tumblr…

La bonne blague !

« Incroyable ! Y a des couilles qui ont dû lui pousser entre les jambes pendant la nuit, je vois que ça… »

« Travaille ! Consomme ! Crève !

- Non merci, monsieur. »

Hi ki !

Demian avait enfin trouvé un coin de la Cité où il se sentait bien. Une petite maison avec un jardin dans les faubourgs, on distinguait l’orée du Bois à quelques centaine de mètres.

Il se posait régulièrement au soleil, dans un fauteuil élégamment vétuste, un verre de liqueur sur une table basse.

Il y avait des rats dans les combles, mais ce n’était pas grave, ils avaient formé un groupe de rock, ce qui évitait à Demian de mettre de la musique. Il n’avait qu’à les inviter à partager une mousse de temps en temps et les relations de voisinage établies restaient parfaites.

La recrue s’en sort très honorablement, et laisse entrevoir un potentiel prometteur quant à ses performances à venir.

Ce cerveau est encore en travaux, prière de ne pas gêner le travail des ouvriers.

Joyeuse fête de Yule, joyeuses saturnales, bref joyeuse fête païenne du solstice d’hiver honteusement récupérée par les chrétiens pour pouvoir continuer en s’empiffrer de dinde, de mousseux et tout vomir après s’être offert tout un tas de cadeaux inutiles sans avoir à culpabiliser du gâchis occasionné par la sur-consommation et faire semblant de ne pas remarquer qu’on est passé d’une célébration somme-toute universelle du retour des jours dont la durée croit au profit d’une ode au capitalisme le plus éhonté, mais je veux bien des cadeaux quand même et le foie gras, c’est bon, et putain, c’est moi, ou elle est vachement longue, cette phrase ?

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Crash-test #11

Posté par Durf667 le 12 décembre 2011

C’est facile à dire, « carpe diem ». Le passage du concept théorique à une réalité pratique, néanmoins, pose quelques problèmes d’ordre logistique.

Et pourquoi pas, après tout.

Pourquoi ? J’en sais rien. Enfin… j’ai tout un tas de raisons qui me viennent, depuis certains patterns psycho encore très actifs bien qu’identifiés jusqu’à de basses explications purement physiologiques. Pourquoi ? Ben… à l’arrivée, de toute façon, la seuls chose qui compte, je l’ai déjà dit, c’est pas « pourquoi » tu fais les choses, mais « comment ».

Yipee-Kay, pauvre con.

« Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. » Il doit être méchamment balèze.

On y arrive. Un cerveau, ça peut être une arme particulièrement puissante. Peut-être la plus puissante de toutes. Encore faut-il ne pas la retourner contre soi.

Je te préviens si jamais par hasard il me poussait une paire de couilles.

« Bonjour. Tout d’abord, en tapant « étoile » sur votre clavier, vous certifiez être majeur et avoir compris les conditions d’utilisation de notre service, disponible en tapant à tout moment sur la touche « dièse ». Veuillez ensuite indiquer de quelle façon vous souhaitez mourir, ainsi que votre numéro de téléphone après le bip. Un de nos opérateurs vous recontactera dans les minutes à venir. Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip»

Et puis merde.

« Non, parce qu’après, tu comprends, si ça se passe comme ça, y a des chances que je réagisse pas bien, ou alors comme d’hab, quoi, tu vois ce que je veux dire. Alors que, bon, si je la joue comme ça, au moins, voilà, mais bon, hein, c’est pas non plus… bref. Ou alors, c’est qu’il y a encore un autre truc que j’identifie pas, et dans ce cas, je veux dire, je fais quoi, hein ? Parce que bon…

 - Mec ?

 - Ouais ?

 - Ta gueule.

 - OK. »

POOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOGOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!

Je pense quand même qu’au bout du compte, tu risque de l’avoir dans le cul, camarade.

Faudrait éventuellement arrêter de compter sur les autres en permanence, tout en leur interdisant de faire quoi que ce soit pour t’aider. Je dis ça, je dis rien.

Mais non, t’es pas un connard. Un con, par contre…

En vérité, je vous le dis, le royaume des cieux appartient à ceux qui… Non, je déconne. Il appartient à personne, ou alors, tout le monde l’a déjà et s’en rend même pas compte.

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Clope sur clope

Posté par Durf667 le 5 décembre 2011

Il fume clope sur clope sur clope sur clope sur clope. Il ne les finit même plus, à présent. Le cendrier est rempli de mégots difformes, on pourrait récupérer assez de tabac dans trois d’entre eux pour en faire une nouvelle. Mais il en rallume toujours une dans les minutes qui suivent la mort de la précédente.

Comme d’hab’, les questions. Il a pourtant les réponses, mais elles lui semblent contradictoires, se repoussant l’une l’autre comme des pôles identiques. Non, le problème doit donc venir des questions.

Encore une clope.

Ce qui était dans sa tête n’aurait jamais dû en sortir. Ça aurait sans doute fini par disparaître avec le vent. Mais c’est sorti. Il l’a rendu réel.

C’est un combat entre deux identités opposées, mais pas clairement différenciées. Deux visages protéiformes qui se volent mutuellement leur traits.

Encore une clope.

Il a agit. Pour une fois, sans réfléchir. Il en a tellement pas l’habitude que ça le met mal à l’aise. Il identifie mal les raisons de cet acte. S’il y en a. Il n’est pas certain de vouloir savoir. Il pense que ça pourrait ne pas lui plaire.

Tout va si lentement. Et si vite aussi, en un sens.

Encore une clope.

Il aurait envie d’écrire quelque chose sur le concept de Foi, mais il ne sait pas par où commencer. Certains parlent d’espoir, lui, le mot qui lui vient, c’est foi. Il a peur de plus être athée.

Il s’est sauvé lui-même, temporairement. Un autre acte impulsif. Des décibels pour faire fuir la Bête. Si seulement il pouvait être impulsif plus souvent. Mais quand ça lui arrive, c’est tellement rare que ça lui paraît hasardeux, bancal, dangereux. Parfois, ça l’est.

Encore une clope.

Est-ce que c’est trop tôt ? Mais ça pourrait durer indéfiniment… Qu’est-ce qu’il veut, au juste ?

Et puis… Et puis il se dit que finalement, ça n’a pas d’importance. Ça fait partie du deal. Il tâtonne, il cherche, il fouille. Et c’est quand il lâche prise que les choses intéressantes se passent. Intéressantes, pas forcément intelligentes.

Alors, il écrase sa clope, passe par un exercice d’écriture automatique pour se vidanger le crâne, et va se coucher.

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