Crash-test #14

Posté par Durf667 le 19 janvier 2012

Accélère, accélère,
Quitte à rater le virage.

Pourquoi ? Comment ?

Il n’y a pas de sens à ce que vous lisez.
Il n’y a de sens à rien.

J’ai bien peur d’être un peu distrait, ces temps-ci. Les questions sont des leurres, ces temps-ci, là Bête ne rate aucune occasion. Alors, pas de réponse. Carpe Diem, on l’oublie trop souvent, implique un désespoir positif. Rien de pessimiste ou de triste, juste l’absence de toute attente vis à vis de l’avenir.

Des tomates géantes. Des vieux désespérés. Des pesticides.

Il n’a jamais été aussi libre qu’en ce moment. Est-ce que ça ne le rend pas dangereux ? Il a l’arrogance de ceux qui s’en foutent. Il a le sourire du chat du Cheshire. Il a dans les yeux une flamme froide, un regain de désintérêt, une joie combattive. Il est.

Rien.

0 – Le Mat ou Fou.
Matt prend un élan bancal, chancelant sous les effet cumulés de l’alcool, de la chaleur, du manque de nourriture et de l’adrénaline. Il tombe, perdant progressivement pied et l’espace d’une délicieuse seconde, plus rien n’existe. Soudain, le corps de Matt est retenu par d’invisibles forces, matelas de mains qui retienne un corps laissé à l’abandon. Le groupe continue son punk sur trois accords, la carcasse de Matt est soulevée et déplacée par l’énergie suante de la fosse. Elle passe de mains en mains, portée par une masse mouvante d’individualités indifférentes mais attentives. Puis, déséquilibre. La partie supérieure du futur cadavre de Matt est abandonnée, sans force, et le basculement qui s’en suit le sort de la douce torpeur dans laquelle il s’était plongé en sautant de la scène. Matt tend les bras et se raccroche à ce qu’il peut, un bras, une épaule, quelque chose. Une jeune punkette freine la chute en l’attrapant par le bras, ce qui lui arrache une grimace. Sous son T-shirt à manches longues, la peau est encore à vif, lacérée de cicatrices encore fraîches. Souvenir. La veille, soirée morte, rien à faire, personne à voir, solitude. Le baiser du cutter sur l’avant-bras. Une douleur physique pour remplir le vide, pour chasser la langueur mentale. Un petit quelque chose pour chasser le Rien. Matt est en voie de disparition de la surface de la planète, il est de moins en moins important dans la vie de moins en moins de personnes. Mais ce soir, il s’est jeté au milieu d’autres vies que la sienne, noyées dans le bruit des guitares, les vapeurs d’alcool et la fumée de cigarette. On n’est jamais aussi seul qu’au milieu d’une foule. Mais dans cette amas gluant de corps en nages, se balançant, se frottant, se cognant au rythme primitif de la grosse caisse, tout le monde est seul et Matt, s’il vit un peu plus fort que d’habitude, en existe d’autant moins. Ça le repose.

Ils croient vraiment avoir tout compris. C’est désolant.

Profite. Tout peux s’arrêter. Tout peut mourir. En général, tout finit par mourir. Tout n’est rien. Profite.

En vérité, je vous le dit, vive les brocolis.

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