Improvisation 29/3/12, 3:21

Posté par Durf667 le 29 mars 2012

Petit poème de circonstance.

Les yeux brûlés, les tempes enflées

Le cœur battant dans les oreilles

Insomnie

Encore une fois te retourner

Couché ou debout, c’est pareil

Insomnie

L’esprit qui part, puis qui revient

Flux et reflux de pensées vaines

Insomnie

Manger un bout, s’allonger, rien

Le néant assiste à la scène

Insomnie

Te recoucher, recommencer

Et t’efforcer de pas penser

La liste de ce que t’as à faire

Personne pour t’écouter, te taire

Avoir ou trop chaud, ou trop froid

Se retourner, froisser les draps

Insomnie

Trop fatigué pour t’endormir

Attendre, ne plus attendre, attendre

Trop désœuvré, bâillement, soupir

S’y faire et se dire qu’à tout prendre…

Insomnie

Insomnie

Insomnie

Insomnie

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Crash-test #16

Posté par Durf667 le 12 mars 2012

Je sais pas ce qu’on cherche, chez les autres. L’être humain est un animal social. Mais la compagnie des autres est douloureuse. Presque autant que la compagnie de soi-même.

Je vais bien.

J’ai plus envie de me prendre la tête, mais faut reconnaître que j’en ai tellement l’habitude que parfois, je peux pas m’en empêcher.

Il fouillait ses notes. Dix ans d’articles et d’interviews de groupes et musiciens divers et variés. Et au final, une grosse dizaine de feuillets sur « The Buzz », qu’il considérait pourtant comme un des meilleurs groupes inconnus de tous les temps. The Buzz, 4 ans d’existence, deux albums auto-produits, trois split-singles avec des groupes à peu près aussi inconnus qu’eux, quelques démo. Et le charisme de Desdi, le chanteur cramé. Il se demandait ce qu’il avait bien pu devenir.

Le loup s’était tu. Il ne tentait plus grand chose. Maintenant, il s’agissait de sortir de la cabane où il s’était enfermé pour lui échapper. C’était presque plus dur que de combattre la bête. Elle était rassurante, cette cabane.

Satan, la première fois où il passa son bac,

Se vit , par son échec, attendre un an la fac.

Moralité : Lucifer a repassé.

Tu sais, sur scène, avec le bon éclairage, le bon fond sonore, la bonne attitude, tu peux déclamer du Mireille Matthieu, ce sera classe.

Ils s’imaginent toujours qu’il y a quelque chose à comprendre…

Il m’arrive de penser.

(Hommage à Moébius) : L’être humain est-il bon ? Je sais pas… Grande question… J’ai peur que leur viande soit un peu filandreuse.

Joshua commençait à se sentir bien au sein de la Cité. Il y avait maintenant ses habitudes. Un appartement qui donnait sur les jardins suspendus d’Obéron. Le marché des faës où il passait tous les matins, par curiosité ou nécessité. Les pintes en terrasse du Paradise Lost. Les promenades vespérales en orée du Bois. Il s’y sentait bien. Se réveiller tous les matins et être obligé de quitter la Cité lui pesait de plus en plus.

Je ne suis plus seul. Parfois, ça me terrifie. Parfois, je me rends compte qu’il n’y a pas à avoir peur.

Dieu n’est pas mort, il est en ligne avec Orange pour qu’on lui rétablisse sa connexion depuis, ouh là ! Au moins. Saloperie de box.

Ce n’est pas le monde extérieur qui te tue, ce sont tes propres armes que tu retournes contre toi.

Un ange qui a perdu la fois, un démon qui ne croit plus au mal absolu, un humain médium au cerveau cramé par l’alcool, un sorcier obsédé sexuel. La fine équipe. Tout à fait le genre à être dans les plans secrets de Dieu pour empêcher, ou provoquer, l’Apocalypse.

Ça faisait longtemps. Je vous ai manqué ?

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Entretien avec un autre vampire

Posté par Durf667 le 2 mars 2012

Si l’on en croit les physiciens, tout n’est qu’énergie et matière. En fait, tout est à la fois énergie ET matière, en même temps. Votre corps n’est qu’une onde, une gigantesque fluctuation quantique dans ce qu’il faut bien appeler le néant, ne serait-ce que pour la licence poétique. L’ensemble de tout ce qui est (ce que l’on va finir par caser sous l’appellation tout à fait arbitraire d’univers, ou de Dieu si ça peut vous faire plaisir) n’est qu’énergie et matière, n’est qu’une possibilité quantique. Ce qui revient à dire que, depuis le big bang jusqu’au big quoi que ce soit, de fiat lux à Ragnarok, que l’univers/dieu (matière/énergie) n’est rien d’autre qu’un acte de création fondamental en perpétuelle mutation. L’acte de création comme expression essentielle de l’énergie par la matière ( qui sont, rappelons le, la même chose). Est-ce que ça donne pas un peu de classe supplémentaire au statut de créateur*, bien qu’il n’y ait nul besoin de donner des preuves de la noblesse des troubadours ? Quand j’avais demandé à Chloe von Fyredorff d’où il tirait la volonté de continuer à vivre au milieu de sa propre aura de négativité féroce, c’est quand même à lui qu’on doit les côtés les plus nihilistes du précataclysmisme, la notion de catastrophe imminente, de… Mais je me rends compte que je me perds dans mes phrases (Règle numéro quarante-treize virgule trois, trois, trois… : le créateur précataclysmique ne doit pas chercher à contrôler quoique ce soit, et surtout pas l’acte de création. à moins que ce ne soit l’inverse. Copyright conjoint M.Pantomime et M. Daniels, Jack ). Quand j’avais demandé à Chloe von Fyredörf d’où il tirait la volonté de continuer à vivre au milieu de sa propre aura de négativité féroce, donc (merci Ctrl C, Ctrl V), il m’avait répondu d’aller me faire foutre. Voilà. Énergie négative en plein dans ma tronche, particules-ondes de haine pure.

J’ai rencontré Chloe durant l’été 2002. Mon estimé compagnon de déchéance éthylique Demian S. Coyote ( son second prénom est celui de son père) m’avait confié en main propre, accoudé au comptoir d’un de ces pittoresques troquets des petites rues de Limoges nommé le Duc Etienne, un CD gravé, à la pochette travaillée façon imprimante-deux-couleurs-pour-faire-punk-trois-photos-piquée-sur-le-net-avec-juste-un-filtre-photoshop. Un nom, Chloe. Juste Chloe. Une phrase, Agression is Art. J’ai toujours ce skeud, j’ai appris à aimer la photo en gros plan de cette femme nue agrippée aux barreaux de sa cage. En deux mots, sa(c )cage. Merci. Le son gravé là-dessus (j’ose à peine penser le mot musique, mais il a pourtant profité d’un soupir entre mes lèvres pour s’échapper) est électronique, minimaliste, relativement inécoutable, voire éprouvant et douloureux par moment (par douloureux, je veux dire que j’ai physiquement eu la sensation qu’on m’enfonçait un tournevis dans les tympans une fois ou deux.) Je ne connais personne qui ce soit imposé une écoute complète de ce truc sans subir des lésions cérébrales irréversibles. Haine=énergie=aggression=création=art. Fut-un temps, mon valeureux camarade de psychose Jehm Pöm écoutait ça dans sa voiture. J’en ai froid dans le dos.

Entretien avec un autre vampire dans Archive chloecover

J’ai rencontré l’entité psycho-physique Chloe von Fyredörf quelques mois plus tard lors d’un concert de black metal . Il en résultat un article paru dans le fanzine Mailting Potes de l’association « la pie lotoise », dont voici, à la demande générale des rédacteurs fainéants de cet essai, les meilleurs moments (sélectionnés par un panel représentatif de la population de mon appart ayant la flemme).

(…) Chloe. Un mètre quatre-vingts de peau si blanche qu’elle en était translucide, de maquillage mal appliqué, de cheveux filasses trop noirs pour le visage qu’ils encadraient, de tissus déchirés, d’automutilations diverses, de tatouages à l’absinthe et de cette séduisante arrogance que seuls ceux qui savent de façon intime qu’ils vont mourir jeunes peuvent afficher sans être ridicules. (…) C’était une pute venue de l’enfer pour montrer aux yeux du monde encore quelques anges avant l’effondrement et la fin de la société occidentale capitaliste. C’était Chloe, un Ziggy Stardust à deux balles, un être dont l’existence même était une insulte au concept de « civilisation » et un sacrifice sur l’autel de la décadence. Chloe était, avant toute chose, répugnant(e)**, insupportable, peut-être parce qu’il/elle nous renvoyait l’image de tout ce qui, en nous-mêmes, fait que la race humaine est vouée à l’autodestruction.

(…) Chloe parlait peu. (…) son regard suffisait, mais je ne savais jamais si l’expression triste, sauvage et vaguement condescendante de ses yeux voulait dire : « allons baiser tout de suite dans ta caisse » ou « tu es comme tous les autres, moi compris, un putain d’enculé de fils de pute, fous-moi la paix ». Au contact de Chloe, on avait la franche impression, dans tous les cas, d’avoir affaire avec une entité schizotrope, un être constituant à lui seul la mince frontière entre la santé mentale et la folie. On aurait dit une petite tantouze anémique qui aurait suivi des années de psychanalyse avec William Burroughs comme thérapeute, ou bien la fille illégitime de Jim Morrison et d’une geisha opiomane, gagnant sa vie en vendant sur le Net des photos S.M. et des animations en flash représentant James Dean en train de se faire sodomiser par une Christina Ricci androgyne équipée d’un gode ceinture.

Chloe était le signe évident que certains d’entre nous, la génération Y2K, mourraient jeunes, sacrifiés sur la croix du nouveau millénaire érigée sur les décombres d’un monde judéo-chrétien en perdition.

WE WILL DIE YOUNG.

C’est avec lui/elle que j’ai ressenti pour la première fois l’appel du vide, que j’ai entendu la sourde mélopée venue des abysses les plus sombres de l’esprit humain. Nous sommes destinés à la déchéance, et ceux qui le savent crient si fort que leurs corps se stigmatisent pour expier cette connaissance impie. Chloe était à la fois Adam, Eve et Lilith. Le fruit de la connaissance lui avait brûlé la langue et laissé sur son âme le goût aigre-doux du sperme, de la lumière artificielle et des cris. Le goût de la chute. Nous tombons ensemble, juste pour ne pas être seuls.

Rencontre de Chloe par Durf667 le 25/11/2002.

Paru sous le titre Chloe dans Mailting Potes n°H2.

 

Voilà. Je pense que vous avez tout en main. J’espère que vous avez envie de connaître dès à présent les productions de ce cerveau-là, celui de Chloe von Fyredörf. Neurones=matière=électricité=energie=création. Énergie chloeienne dans ta face. Allez en paix, mes enfants, et bon courage.

 Les masochistes peuvent écouter « Agression is Art » ici et .

 

Durf 667, Toulouse, 16/08/2005.

 

*Môssieu Demian S. Coyote, escroc intellectuel, ce qui est mal, et qui lit par-dessus mon épaule en ce moment même, ce qui n’est pas très joli-joli non plus, me signale mes conneries et me réprimande en conséquence. A la place de créateur, j’avais écrit le mot artiste, ce qui est effectivement une belle connerie. Il a instantanément vomi sur mon clavier, ce qui va d’ailleurs m’interrompre dans la rédaction de cette préface alors que j’ai autre chose à faire. Rappelons la Règle numéro moins infini du précataclysmisme : artiste, c’est un boulot, créateur, c’est un état. Et l’état, c’est moi.

Ol’ Man Sid dans un jour où il se sentait d’humeur taquine.

 

**J’ignorais encore quand j’ai écrit ce texte si Chloe était un mec ou une nana, rapport à son androgynie forcenée. Les filles de l’internat du lycée catholique Sainte Cindy de Bourg-la-Chignole, dans le Bas-Rhin, m’ont assuré que Chloe possédait tout ce qu’il fallait pour pallier la pénurie en cierge dont souffrait à cette époque la vénérable institution, on se demande bien pourquoi.

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