Lettre ouverte à un personnage de nouvelle

Tu sais quoi ? Tu m’emmerdes. Quelque chose de bien. J’ai pas encore écrit une seule ligne de la nouvelle dont tu es le héros (« héros » ! Laisse-moi rire, si tu savais ce que je te réserve…), dont tu es le personnage principal, donc, et déjà, je peux pas te piffrer.

C’est peut-être ça, le problème. Pour cette histoire, j’ai besoin d’un perso assez pathétique. Je dirais même que j’avais besoin, au départ, quand l’idée générale m’est venue, que tu sois antipathique. Je sais pas. Du coup, même si j’ai changé mon fusil d’épaule depuis, j’ai pas spécialement envie de me pencher sur ton cas. L’esquisse de base, bien qu’invisible, reste trop négative. Je suppose qu’elle me renvoie à une personne que j’étais il y a quelques mois, voire années, et que ça me gonfle de ressasser ces vieilles merdes.

Déjà, ça part mal, je sais pas comment te nommer. C’est important, un nom. Ça donne des indications. C’est une piste (qui peut-s’avérer fausse, d’ailleurs) pour le lecteur. Mais toi, je sais pas, tout les noms que je te trouve sonnent… faux. Joshua, Al, non, c’est pas toi.

Que mes personnages me fassent chier, c’est bon, j’en ai pris l’habitude. Merde, je crois même que je sais que je suis sur la bonne voie quand vous commencer à pas vouloir faire ce dont j’ai besoin pour continuer mon histoire. Ça veut dire que vous accéder à une certaine « réalité », que vous existez un peu en dehors de mon seul cerveau. Ça veut dire que je peux plus vous forcer à rien qui soit en désaccord avec ce que vous êtes. Ça veut dire que vous commencez à être des personnages avec une certaine épaisseur. Mais ça, en général, je le découvre (je vous découvre) au fur et à mesure de l’écriture.

Mais toi, non. Toi, il faut que d’emblée, avant même la première ligne, le premier mot, que tu te refuses à ma plume.

Pourtant, je sais déjà tout de toi.

Enfin, je sais ce qui devrait suffire à commencer à te raconter.

J’ai des pages entière de notes, il y a même des trucs là-dedans qui ne seront peut-être pas dans la nouvelle.

Je sais bien que c’est ma faute.

Je t’ai peut-être imaginé trop… désagréable. Et cette impression reste gravée dans mon esprit, quand bien même je voudrais te rendre plus… aimable. Il faut bien que le lecteur s’identifie un minimum.

C’est ça.

Je crois voir mon erreur.

Je t’ai peint en noir et blanc, et j’ai oublié les nuances de gris.

Erreur de débutant.

Mais je suis un éternel débutant.

Excuse-moi pour ce mouvement d’humeur. C’est pas contre toi.

J’y retourne. Mettre quelques nuances de gris.

Et peut-être même quelques couleurs, qui sait ?

À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

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Une réponse à “Lettre ouverte à un personnage de nouvelle”

  1. je n'en ai pas Dit :

    Le droit de cité… ou de citer ? Pour me donner un pouvoir empathique, ça, tu peux essayer de trouver des mots, mais c’est déjà trop tard : j’existe au dela de toi.
    Tu aura beau griffonner des lignes dans un passage abscon, je te survivrai et viendrais hanter l’ »imagination » (que dis-je) la mémoire collective en tâchant de sauter une ou deux générations tout au plus. Tu verras (non tu ne verras pas, tu seras trop vieux) comme l’histoire se répète facilement. On dit l’histoire, c’est le paradigme qui tourne en ronds. Heureusement qu’un rond n’a pas qu’un hesse.

    Et pourquoi cette bassesse ? vouloir être magnanime, gentil avec moi ? je n’ai pas besoin d’apitoiement. Je te détruit d’une simple feuille blanche.

    Je te met en joue et ancre en toi le sentment de malaise qui te plaira. Encre. Encre bien, nous verrons qui encrera le dernier…

    Ton personnage « sans nom »

    Répondre

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