Cité : Noir.

Posté par Durf667 le 3 juin 2012

Y a des matins, t’as pas envie d’aller bosser. Moi, c’est un peu comme ça tous les jours. Je suis flic. J’ai pas eu le choix. Les rêveurs m’ont imaginé flic, alors, je suis flic. Dans la Cité d’Obéron, on choisit pas. Ça doit être ce que ces connards de dormeurs appellent le destin. Saloperie.

Je sais pas, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été ce mélange de Bogart dans les vieux films et de Sipowicz dans NYPD Blues. Je suis le bon flic désabusé et alcoolique. Je suis pas le seul.

Donc ce matin, pas envie. Gueule de bois de la veille. Comme d’hab. Les rêves ne rêvent pas, et c’est bien dommage. Par contre il peuvent s’imaginer en train d’envoyer les rêveurs croupir dans une bonne vieille cellule à l’ancienne. Du donjon bien moyen-âgeux, avec un type en combi de cuir et fouet en option.

Mais faut pas y toucher, aux rêveurs. Et puis, faut pas faire gaffe à ce que je dis. Je le sais bien, que les rêveurs sont ceux qui nous font, littéralement, exister, nous autres les rêves. C’est juste que je suis pas du matin.

Première étape, la machine à café du commissariat. Un serré, allongé au Jack. Allez, c’est parti.

Détour par les cellules pour voir les arrestations de la nuits. Les putes habituelles. Une mutante martienne aux trois nichons, une prêtresse d’Aphrodite au chômage (paraît qu’elle tapine, elle aussi, dans le secteur du Marché), une Blanche-Neige défoncée aux larmes d’ange nées des rêves humides d’amateurs de hentaï et de cosplay.

Mon vieux pote Nessos aussi. Là, il cuve. C’est un centaure obsédé sexuel, je veux même pas savoir ce qu’il a encore fait pour se retrouver là. Rien que d’imaginer, j’ai le bide qui proteste et le café qui fait la gueule.

Un ange aussi. Triste, aux plumes froissées et à la gueule grisâtre. Sans doute un dealer de larmes. Pauvre type.

Ensuite, réunion matinale avec mon coéquipier. Foster, un petit gars idéaliste. Normal. Il fallait, évidemment, que les rêveurs calent un jeune gars idéaliste avec un vieux connard désabusé dans mon genre. Parfois, pour des types qui vivent dans le monde des rêves, je trouve qu’on a finalement peu de surprises. Les rêveurs manquent d’imagination, de nos jours.

Foster m’annonce que Puck, le vieux connard qu’on a coincé la veille, à avoué au proc dans la nuit le vol pour lequel on l’a chopé. Bien. Ça, c’est fait. Moins je le vois, Puck, mieux je me porte. Relisez Shakespeare, vous comprendrez. De toute façon, il a des relations du genre très haut placées. On devrait pas tarder à le revoir.

Le commissaire Lancelot nous appelle. Il a un truc pour nous. Un somnicide. La scientifique est déjà sur place. Il nous tend le dossier.

Merde. Une princesse. Du genre vierge et pure, dans une tour du quartier bourge. J’aime pas ça. Ça sent la connasse disneyienne. J’en ai connu des princesses, par le passé, faites moi confiance, elles étaient pas toutes vierges et pures. Non, non, non. Apparemment, elle a été bien charcutée, la pauvresse. C’est sale. Doit y avoir du cauchemar dans le coup.

Des bourges, des cauchemars… ça pue. Je le savais bien, que ça allait pas être une bonne journée.

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