Sans-titre

Posté par Durf667 le 31 mars 2013

Il y avait un petit moment que je ne vous avais pas proposé de fond de tiroir. Voici le texte traduit de l’anglais d’une chanson que j’ai dû composer il y a une quinzaine d’année. Pour la musique, j’imagine qu’il y avait 2 accords et beaucoup de saturation. Encore une fois, si quelqu’un entrevois un sens à ce machin, je suis preneur.

Et pour illustrer le tout, une pochette d’Alice in Chains de bon aloi, qui correspond bien au thème, et qui a très bien pu inspirer l’écriture de ce texte, d’ailleurs, maintenant que j’y pense :

Sans-titre 5099747485527_600.

.

.

Elle collectionne des scarabées vénériens

Elle attrape les guêpes avec de l’eau sucrée

Elle arrache les ailes des mouches

Elle enferme les fourmis dans des pots qu’elle scelle

.

Elle coupe les jambes des araignées

Elle empale les papillons

Elle les range dans un livre vert

Elle tue des insectes car c’est son destin

.

Elle est une reine des rampants sur un écran télé

Elle pourrait courir

Mais elle ne veut pas partir

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Sysiphe

Posté par Durf667 le 30 mars 2013

 

Sysiphe dans Nouvelles franz_von_stuck_-_sisyphus-214x300

 

0

 

Il n’ a pas crié tout de suite. Comme s’il avait déjà tout compris. Mais c’est sans doute juste une coïncidence. Ouais. Ça peut être que ça, pas vrai ?

 

5

 

Peur. Le mot, c’est peur. Pas terreur, hein ? Pas le truc qui te paralyse. Il ne sait pas pourquoi, mais il a peur. Une appréhension. Mal faire, mal parler. Alors, il ne fait rien. Il ne dis rien. Sauf quand on lui indique quoi faire. Quoi dire. En attendant, il observe et il pense. Il apprend.

 

 

10

 

Ennui. Altérité. Différence. Le moment où il se rend compte que tout ce qu’on lui a enseigné, tout ce qu’il a appris, dans le monde « réel », ne sert à rien. Le mot « escroquerie » au bord des lèvres. Injustice ? Peut-être pas. Solitude ? Sûrement.

 

 

15

 

Il comprend pas tout ce qui se passe. Le décalage semble s’accentuer. Là où la plupart découvre la Vie, il est fasciné par la Mort. Encore ce sentiment de s’être fait avoir. Il réfléchit. Amène les bonnes réponses à de mauvaises questions. Il apprendra plus tard qu’il est plus difficile de s’interroger correctement que de s’apporter des solutions. Que le chemin est plus important que la destination.

 

 

20

 

Arrogance. Certitude d’avoir raison. Une certaine forme de haine. Mal digérée, la haine, mal contrôlée. Comme un flingue chargé et trop lourd, dont le canon revient sans cesse entre ses deux yeux. Plus tard, il comprendra qu’il y avait plus simple que chercher à se servir du flingue. Il suffit de le poser au sol. Bonnes réponses, mauvaises questions, encore.

 

 

25

 

Il n’en finit plus de ne pas comprendre ce qui reste au bord de l’évidence. C’est là, mais il ne le voit pas. Alors il tourne en rond en attendant de trouver ce qu’il ignore chercher. Des couloirs s’éclairent, mais il ne sait pas par où commencer. Des réponses arrivent, encore, mais cette fois, aux bonnes questions. Il ignore juste quelles sont ces questions. En attendant, il saigne. Il paie le prix.

 

 

30

 

Il tourne en rond depuis trop longtemps pour ne pas avoir les pieds en sang. Il est prêt à abandonner, même s’il s’en défend. Il n’a plus peur. C’est parce qu’il croit avoir enfin tout compris. Il a tord, comme souvent. Mais il commence enfin à percevoir les seules choses qui sont toujours vraies. Et il comprend que s’il n’a pas fini de chuter, quelque part, il y a un endroit où il pourra se reposer.

 

35

 

Dans l’ordre. Fatalisme. Peur. Ennui. Incompréhension. Arrogance. Douleur.

Les ennemis sont identifiés.

Le combat continue.

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Expérience sur les modalités des genres musicaux sub-culturels par l’intermédiaire d’un texte de référence, avec un subtil hommage à Pierre Desproges en sus.

Posté par Durf667 le 8 mars 2013

Bonjour cher lecteur, qui que tu sois, d’où que tu viennes. Vois-tu, camarade (tu permets que je t’appelle « camarade » ? ), ce blog n’est pas uniquement le lieu où sont posté des réquisitoires violents contre la société, des étalages d’états d’âmes romantico-désespérés, des poèmes nébuleux et des embryons de nouvelles avortées. Non, cher ami circonspect (tu permets que je t’appelle « cher ami circonspect » ? ), il contient également des expériences pseudo-littéraires, des élucubrations pseudo-dadaïstes et des délires pseudo-anarchiques, qui n’intéresse peut-être bien que moi-même. Et aussi, mon petit poney fringuant (tu permets que je t’appelle « petit poney fringuant » ? ), on trouve ici même ce qu’il me faut bien reconnaître comme de grosse conneries.

Et donc, cher coquinou estival sans nul doute beau comme un enfant et fort comme un homme (tu permets que je t’appelle «  coquinou estival sans nul doute beau comme un enfant et fort comme un homme » ? ), et donc, donc, hein, n’est-ce pas.

Et donc, en voici une autre.

De grosse connerie, je veux dire.

 

Le principe est simple.

Prenons (c’est une image. Ne prend rien dans tes mains. Tu vas te faire mal, imbécile. Tu permets que je t’appelle « imbécile » ?) le texte imaginaire d’une chanson imaginaire, dont je choisis le thème au hasard et qui, comme quoi, c’est pratique, se prète justement parfaitement à mon propos.

 

Ces paroles conviennent parfaitement à tout genre de musique du style variétoche, folk, reggae, electro-pop et autres machins mous.

 

« Seul sur ce parking désert

Je te vois partir loin de moi

Et j’ai si mal dans ma chair

J’ai si mal, car, dis-moi

 

Pourquoi tu pars

Pourquoi tu pars si loin

Si loin de moi

Là-bas

Pourquoi tu m’as

Tu m’as lâché la main

Pars pas

 

Je traine sans but ici

Là où nous étions heureux

Les mots que je t’ai écrit

Tu les as jeté au feu »

 

Putain, c’est beau. On dirait du Roch Voisine. Pour les plus jeunes, Roch Voisine, c’est comme Christophe Maë, mais en plus canadien et en moins blond.

 

Puis prenons (non, c’est encore une image, connard. Tu permets que je t’appelle « connard » ? ) quelques genres musicaux distincts, et adaptons les paroles pour coller avec les goûts de la sous-culture correspondante.

 

 

Gothique.

 

« Seul, encore seul, toujours seul sur ce parking désert et vide comme ma vie

Je te vois partir comme les autres, loin de moi qui suis seul, toujours seul, encore seul

Et j’ai si mal dans ma chair et dans mon âme, comme si on me transperçait ce cœur sans vie

Et j’ai si mal mais ça va aller, j’ai l’habitude

 

Pourquoi tu pars dans la nuit

Pourquoi tu pars si loin en me laissant si fatigué

Si loin de moi qui suis seul, toujours seul, encore seul

 

Pourquoi tu m’as lâché

Tu m’as lâché la main, si froide d’avoir trop saigné

Pars, laisse-moi souffrir… seul

 

Je traine sans but ici, comme nous tous, mais moi seul semble le voir

Là où nous étions heureux, mais je savais que le bonheur n’était qu’une illusion

Les mots que je t’ai écrit avec l’encre de mon sang si noir

Tu les as jeté au feu avec mon cœur fait pour la douleur et la déraison »

 

 

Metal

 

« Seul sur ce parking désert

Je te vois partir loin de moi

Et j’ai si mal dans ma chair

J’ai si mal, car, dis-moi

 

Pourquoi tu pars

Pourquoi tu pars si loin

Si loin de moi

Là-bas

Pourquoi tu m’as

Tu m’as lâché la main

Pars pas

 

Je traine sans but ici

Là où nous étions heureux

Les mots que je t’ai écrit

Tu les as jeté au feu »

 

Non ça change pas. C’est la ballade de l’album. Y a juste un solo de dix minutes en plus, à un moment.

 

 

Punk.

 

« Seul sur ce parking désert

Je te vois partir loin de moi

Et je reprends une bière

Parce que ça fait chier

 

Pourquoi tu pars

Je sais, c’est parce que je pue

 

Je traine sans but ici

Là où on glandait, tranquilles

Les mots que je t’ai écrit

Tu savais pas les lire »

 

 

Electro-branchouille.

 

Alors là c’est subtil. Les couplets restent les même, mais ils sont parlés sur une musique un peu planante. Le refrain change un peu…

 

« Seul sur ce parking désert

Je te vois partir loin de moi

Et j’ai si mal dans ma chair

J’ai si mal, car, dis-moi

 

Don’t leave me

Don’t leave me

Don’t leave me

Don’t leave me

 

Je traine sans but ici

Là où nous étions heureux

Les mots que je t’ai écrit

Tu les as jeté au feu »

 

Ils se font pas chier, quand même, les électriciens. (Quoi, c’est pas comme ça qu’on dit ?)

 

 

Jazz-fusion.

 

Attention, suis bien, mon lapin fripon (tu permets que je t’appelle mon lapin fripon ? ), c’est subtil, là aussi.

 

Intro instrumentale de cinq minutes.

 

« Seul sur ce parking désert

Je te vois partir loin de moi »

 

Break de batterie en 7/12

 

« Et j’ai si mal dans ma chair

J’ai si mal, car, dis-moi »

 

Pont en 5/3 sur deux mesures

 

« Pourquoi tu pars

Pourquoi tu pars si loin

Si loin de moi »

 

Solo de guitare

 

« Là-bas

Pourquoi tu m’as

Tu m’as lâché la main

Pars pas »

 

Solo de basse

 

« Je traine sans but ici

Là où nous étions heureux

Les mots que je t’ai écrit

Tu les as jeté au feu »

 

Solo de batterie, puis break en 15/3.

 

 

Rap.

 

« Seul sur ce parking désert, t’as vu, mon flow ne suffit pas à exprimer ma peine, ouais

Je te vois partir loin de moi, et je ne sais comment te retenir dans mes bras tatoués, biatch

Et j’ai si mal dans ma chair, mais je le montre pas, je suis un vrai keum, t’as vu, je cache ma haine

J’ai si mal, ouais, j’ai si mal, car, dis-moi, ouais dis-moi, pour une fois je vais écouter, j’ai trop le seum

 

Chant féminin :

Pourquoi tu pars

Pourquoi tu pars si loin

Si loin de moi

Là-bas

Pourquoi tu m’as

Tu m’as lâché la main

Pars pas

 

Je traine sans but ici, j’m'en roule un et le regarde se consumer comme mon cœur se consume.

Là dans ma piaule où je t’ai si souvent pété le boule, là où nous étions heureux, ouais

Les mots que je t’ai écrit, du journal de ta vie, ils auraient dû faire la une

T’as vu, tu les as jeté au feu »

 

 

Et enfin pour finir, mon préféré :

Grindcore.

 

« Casse-toi, salope. »

 

Merci de m’avoir lu, à plus tard, ou pas.

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