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C’est encore moi

Posté par Durf667 le 22 novembre 2013

C’est encore embrumé que je rampais chez moi

Les yeux fixes et tournés vers mes orbites en marbre

Un repas de famille, une Cène, un combat

Et le corps du pendu se balance à cet Arbre

Une ménagerie de dingues, de Loups, et d’anges

Se déchirent et s’unissent au son des barricades

Ils cherchent à me comprendre en plongeant dans le Gange

Ils me baptisent, me cherchent dans les tréfonds d’un rade.

 

C’est encore épuisé par un sommeil de plomb

Qu’on m’a donné enfin de quoi ne pas penser

En arrêtant un train rempli de guêpes et d’ombres

J’ai glissé sous le trottoir, je m’y suis caché

J’ai revécu encore la fin d’une autre vie

J’ai trouvé la chaleur quand elle fuyait ma main

Je cherche à me connaître en marchant sous la pluie

Tout en espérant le voir, ce soleil, enfin.

 

C’est encore écorché que je m’en suis allé

Tournant autour des donjons et des fariboles

Je sais que j’ai passé des années à creuser

Cherchant l’or et le miel tout en creusant le sol

Je réalise enfin que ce que je cherchais

C’était toucher le ciel et brûler au soleil

Et mes mains saignent encore, et mes nerfs, comme la craie

Sur le grand tableau noir gémissent à mes oreilles.

 

C’est encore apeuré que j’y suis retourné

C’est encore avec eux que je m’y suis perdu

Les anges me l’ont dit d’essayer d’avancer

Dans les veines coulent le sang d’un passé révolu

C’est encore un Eden qu’ils m’ont inséminé

Encore quelques questions sans réponse et sans voix

Pourquoi ne pas partir et se laisser porter ?

Pourquoi toujours chercher ? Et d’ailleurs, chercher quoi ?

Publié dans Chanson, Poemes, Tous les textes | Pas de Commentaire »

Vieillir, ou pas.

Posté par Durf667 le 10 novembre 2013

M’y revoilà à nouveau, mais cette fois, je sais que je n’aurais guère de nouvelles occasions de revenir ici. Le lieu privilégié où mon mal-être adolescent à débordé sur les murs en une mosaïque chaotique de cheveux filasses, de guitares fracassées, de corps portés par un public en noir et blanc.

Combien de rêves pré-pubère englués dans la glace de l’armoire ?

Combien de paroles de chansons jamais composées dans les tiroirs ? De romans jamais terminés ?

Combien de potentiels moi-même morts-nés ?

 

Bientôt, ici, il n’y aura plus rien.

 

Qu’y ai-je laissé, dans cet endroit ? Et aujourd’hui où me voilà contraint, par la force des choses, de trier ces vieilleries, de garder ce qui en vaut la peine, et surtout, surtout, d’en jeter la plupart.

Qu’ai-je donc abandonné de moi-même ?

Quels cadavres sont sortis du placard pour gagner la benne sans plus aucun espoir de résurrection ? Je sais pas.

 

Je sais pas. On a pu dire ici et là que vieillir, c’est souvent accepter de mourir un petit peu.

On oublie quand même qu’il s’agit surtout du meurtre de soi-même. Du moins, en partie. Du moins, une certaine idée de soi-même.

Du moins, et c’est le plus important, vieillir, c’est commettre le meurtre de toutes ces personnes qu’on aurait pu être.

 

Et donc, m’y revoilà.

Des dizaines de moi possibles frappent à la porte de mon présent. Il va falloir que j’en dégomme quelques uns. Reste à choisir lesquels. Je suis encore en train de creuser les fosses pour ceux que j’ai trouvé planqué dans cette piaule d’ado. Ceux qui sont parti à la poubelle sous formes de magazines, de vieux cahiers et de jouets cassés.

Ouais.

Va falloir choisir lesquels abattre, à ceux qui frappent.

Mais là, j’ai pas trop la force.

J’en voit un en particulier dans mon viseur, que j’ai pas envie de buter. Un autre à côté de lui me hurle qu’il le faudrait.

 

Dit comme ça, j’imagine que ce que je raconte peut être interprété de cette façon : « Il nous faut choisir qui nous voulons être ».

Y a de ça.

Mais c’est plus complexe.

 

Je pense qu’on ne choisit jamais vraiment de devenir la personne que nous finissons par être.

C’est bien d’avoir un objectif, encore faut-il l’atteindre. Mais le voyage est plus important que la destination qu’on s’est fixée.

On choisit surtout qui on NE veux PAS être.

Et on y arrive pas toujours, en plus.

 

Quant à moi…

 

Si j’avais une façon de vous présenter le fond de ma pensée, de vous expliquer mon ressenti profond d’une façon qui ne me paraisse ni auto-complaisante, ni par trop désinvolte, je vous en ferais part.

 

Mais là, du coup, je vais la fermer.

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