Vieillir, ou pas.

Posté par Durf667 le 10 novembre 2013

M’y revoilà à nouveau, mais cette fois, je sais que je n’aurais guère de nouvelles occasions de revenir ici. Le lieu privilégié où mon mal-être adolescent à débordé sur les murs en une mosaïque chaotique de cheveux filasses, de guitares fracassées, de corps portés par un public en noir et blanc.

Combien de rêves pré-pubère englués dans la glace de l’armoire ?

Combien de paroles de chansons jamais composées dans les tiroirs ? De romans jamais terminés ?

Combien de potentiels moi-même morts-nés ?

 

Bientôt, ici, il n’y aura plus rien.

 

Qu’y ai-je laissé, dans cet endroit ? Et aujourd’hui où me voilà contraint, par la force des choses, de trier ces vieilleries, de garder ce qui en vaut la peine, et surtout, surtout, d’en jeter la plupart.

Qu’ai-je donc abandonné de moi-même ?

Quels cadavres sont sortis du placard pour gagner la benne sans plus aucun espoir de résurrection ? Je sais pas.

 

Je sais pas. On a pu dire ici et là que vieillir, c’est souvent accepter de mourir un petit peu.

On oublie quand même qu’il s’agit surtout du meurtre de soi-même. Du moins, en partie. Du moins, une certaine idée de soi-même.

Du moins, et c’est le plus important, vieillir, c’est commettre le meurtre de toutes ces personnes qu’on aurait pu être.

 

Et donc, m’y revoilà.

Des dizaines de moi possibles frappent à la porte de mon présent. Il va falloir que j’en dégomme quelques uns. Reste à choisir lesquels. Je suis encore en train de creuser les fosses pour ceux que j’ai trouvé planqué dans cette piaule d’ado. Ceux qui sont parti à la poubelle sous formes de magazines, de vieux cahiers et de jouets cassés.

Ouais.

Va falloir choisir lesquels abattre, à ceux qui frappent.

Mais là, j’ai pas trop la force.

J’en voit un en particulier dans mon viseur, que j’ai pas envie de buter. Un autre à côté de lui me hurle qu’il le faudrait.

 

Dit comme ça, j’imagine que ce que je raconte peut être interprété de cette façon : « Il nous faut choisir qui nous voulons être ».

Y a de ça.

Mais c’est plus complexe.

 

Je pense qu’on ne choisit jamais vraiment de devenir la personne que nous finissons par être.

C’est bien d’avoir un objectif, encore faut-il l’atteindre. Mais le voyage est plus important que la destination qu’on s’est fixée.

On choisit surtout qui on NE veux PAS être.

Et on y arrive pas toujours, en plus.

 

Quant à moi…

 

Si j’avais une façon de vous présenter le fond de ma pensée, de vous expliquer mon ressenti profond d’une façon qui ne me paraisse ni auto-complaisante, ni par trop désinvolte, je vous en ferais part.

 

Mais là, du coup, je vais la fermer.

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