Auteur des archives | Durf667

À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

« Elle »

3 décembre 2018

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Elle est libre et mouvante mais se laisse saisir

Si Elle veut, quand Elle veut, par qui ou ce qu’Elle veut,

Par moi de temps en temps, je vous en fais l’aveu.

Elle est sage ou ardente, selon son bon plaisir.

 

Nos peaux en collision, nos esprits si nerveux

Se trouvent et se mélangent écoutant le désir

Qui déchire nos veines. Si j’en ai le loisir,

L’étreinte devient combat ou danse, selon mes vœux.

 

Le pouvoir qu’Elle me donne, sur Elle et sur son corps,

Qu’Elle peut reprendre un jour, quand bon lui semblera,

J’en use bien trop peu, trop soucieux de son sort,

 

Mais nos âmes enchaînées se connaissaient déjà

Bien avant, semble-t-il, la rencontre. Et, alors,

Je m’abandonne, heureux de dormir dans ses bras.

Ceci est mon corps

5 novembre 2018

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Mémoire morte qui parfois ment
Livre Saint, odeur d’encens
Sous-exposées, les photos
À l’abri derrière les vitraux

Prends et bois-en mon enfant
Ceci est mon sang
Prends et mange, contre la Mort
Ceci est mon corps

L’autorité cléricale
Et ses pulsions animales
Est-ce arrivé ? Je crois bien
Même si je ne crois plus en rien

Prends et bois-en mon enfant
Ceci est mon sang
Prends et mange, contre la Mort
Ceci est mon corps

Flou, perdu, décomposé,
Haine et douleur, bien trop vraies
Dissonances et désaccords
Quoiqu’il en soit, Dieu est mort.

Prends et surtout serre les dents
Voir couler son sang
Prends en attendant sa mort
Ceci est mon corps

Quoiqu’il en soit Dieu est mort
Ceci est mon corps
Quoiqu’il en soit Dieu est mort
Ceci est mon corps

Bullies in my head

21 mai 2018

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When I’m surrounded, tired or weak

I hear them scream and yell at me : « YOU’RE NOT WORTHY ! »

So what’s the point ? I’ve got to kick’em

Easy to say and hard to do, here’s my mental scream :

 

HEY !

Shut up, you bullies in my head !

Shut up, you bullies in my head !

Shut up, you bullies in my head !

Shut up, you bullies,

Shut up, you bullies,

Shut up, you bullies in my head !

 

They come to me at night, they come in the sun

Every weakness is an open door. Barricade me.

The same old story won’t be untold

So, you fuckers who squat my brains, are you listening ?

 

HEY !

Shut up, you bullies in my head !

Shut up, you bullies in my head !

Shut up, you bullies in my head !

Shut up, you bullies,

Shut up, you bullies,

Shut up, you bullies in my head !

 

« You suck !

You’ll fail !

Why try ?

He’s better than you !

You’re weak !

Told you !

You’re shit !

Go hide yourself ! »

 

HEY !

Shut up, you bullies in my head !

Shut up, you bullies in my head !

Shut up, you bullies in my head !

Shut up, you bullies,

Shut up, you bullies,

Shut up, you bullies in my head !

 

Des astres

1 avril 2018

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Les corps, la gravité,

La pesanteur, le vide.

Les trous noirs-déités

Avalent l’apatride,

Réclament, imposent un dû

Imaginaire ? Réel ?

Ils broient l’individu.

Du poison et du fiel.

Et les corps, dans leur chute,

Attirés malgré eux

Par ces astres, ces brutes,

S’écorchent, se cassent en deux.

Les Cronos-cannibales

Ne peuvent s’empêcher,

Réactions animales,

De prendre et d’arracher

Satellites et planètes

Bien loin de leurs orbites,

Dévorant les comètes,

Interdisant leur fuite.

European Jesus

15 mars 2018

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Comme je savais trop quoi faire, je me suis amusé à détourner les paroles de « American Jesus », de Bad Religion, pour en faire un hymne à la gloire de Saint-Macron Premier, Sauveur de La France, Prince de l’Europe, Pourfendeur de la Belette de Winchester, Inventeur de l’Appareil à Raclette, Grand Architecte de l’Opulence En Carton, Que Son Saint Nom Soit Loué Pour les Siècles des Siècles, Amen. Ou pas.

Pour ceux qui connaisse pas le morceau, je cale la vidéo du clip après le texte.

Des bisous, vils sacripans.

 

I don’t need to be a normal citizen
Because I’m blessed by superiority
I’m a member of the Elite ruling class
We enforce our popularity
There are things that seem to pull us under
And the populace that drag us down
But I’m the power and the vital presence
That’s lurking all around

 

I am the European Jesus
I’m the leader of my state
I am the European Jesus
Help me save you from your-stupid-selves

 

I feel sorry for the earth’s population
Gotta care first for Europe and France
At least the foreigners can copy our economy
They can visit but they cannot stay
Only precious few can garner the prosperity
It makes us walk with renewed confidence
We’ll make Europe a paradise just for us
The architect lives in Élysée Palace

 

I am the European Jesus
Fighting for the Elite’s wealth
I am the European Jesus
Overwhelming millions every day

 

I’m the bankers locked money
The force the army wields
The expression in the faces of the dying migrants
The power’s in my hand

I’m the fuel that drives the land
I’m the motive and conscience of the media servants
I’m the preacher on t.v.

Praise God Economy
His orders that’s written by the big computers
The nuclear bombs

Everyone else is wrong
And I’m hopeful that you’ll vote for me

 

I am the European Jesus
I’m the leader of my state
I am the European Jesus
Exercising my authority

I am the European Jesus
Fighting for the Elite’s wealth
I am the European Jesus
Overwhelming millions every day

 

One Leader, one God…

Image de prévisualisation YouTube

La lutte

2 janvier 2018

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Des mois sans rien penser

Ou alors, beaucoup trop.

Des neurones agacés,

Des mois sans dire un mot.

Les histoires qui sont tues,

Un cerveau trop blasé

Qui mène une battue,

Poursuivant mes idées.

Ce que j’ai trop vécu,

Ou bien, soit ! Pas assez !

Je l’ai bien assez lu,

Je l’ai trop vu passer…

Et je l’ai trop écrit,

Du moins, oui, je le crois :

Les même avanies,

Les joies, les rêves, l’effroi

D’encore tout foutre en l’air

De peur de réussir.

Car plutôt ne rien faire

Plutôt que d’en souffrir ?

Mais le démon me pousse,

Il existe un moyen

De vaincre cette frousse

De n’aboutir à rien.

Et je m’y remets donc,

Désir inassouvi…

De l’arbre j’ai le tronc,

Les branches, je les écris.

Mort du précataclysmisme

8 octobre 2017

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Ayant pris acte du début de la catastrophe annoncée par le précataclysmisme depuis déjà quelques années (en fait, on se demande si elle n’aurait pas commencé avec l’invention de l’agriculture), l’A.R.P.E.G.E. est désormais dissoute.

Maintenant, nous allons tâcher de survivre, si on trouve comment, on vous dira.

Le blog s’appellera dorénavant « L’Anormal ». Et ouais. C’est comme ça, t’as vu ?

Prenez soin de vous.

Ou pas.

En fait, on s’en fout.

Bisous.

Google translate experience #4

29 décembre 2016

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Comme il y a longtemps que je n’ai pas posté ici, je vous propose le retour de ces petits délire littéraro-débile que sont les google translate experiences. Pour rappel, je prends un texte existant (dans le cas qui nous occupe, Fragments d’étoile ou : La complainte de Samaël pour son amour perdu), et je le passe aux filtres successifs de la traduction automatique de notre ami google. Et donc, aujourd’hui, les traductions successives sont Français/Turc/Arabe/Hindi/Grec/Gallois/Azeri/Anglais/Retour au français. Et donc voilà :

 

 

Souvenirs d’un millier d’années

Il semble trop petit.

Je ne me facture pas pour le crime

Vous savez pourquoi je respecte

Mais une chose est claire

Comme il n’y a rien de demi-teinte

Mes raisons sont les battements

Je sais que l’un.

Je pensais que jongler avec quinze.

Je suis calme.

Les rêves sont des traîtres,

Laissez-moi savoir.

Je suis la cause du mal

Et des antibiotiques.

droit

Si vous avez perdu le cœur.

Je ne sais pas son nom,

Mon seul vrai

Je l’aime.

Il vient de mourir, et ses yeux Thule

Pourtant, à venir.

Juste entre mes lèvres sont encore en vie, la respiration

J’ai utilisé

Toujours.

objectifs

Je me sens vivant

qui a célébré

peur de perdre

Toujours.

Samael, Lucifer, Orphée, Ulysse et autres

Nom de l’école.

Ce qui reste de la boîte et je

Que quitter Pandora.

Espérons.

toujours

Je sais.

J’entends les mots,

Fils et fille Faith

étoiles Trailers.

Il est de notre hymne national.

Grande imagination,

Dans une très courte laisse.

Des milliers pied arrière.

Nous Boundary mur

névroses,

Sacrifice obligatoire.

D’autres dorment.

vouée à l’échec, essayez à nouveau,

Murs nous ont frappés,

Mais les puces.

Je suis l’Archange Michel, je ne suis pas le diable

Début et fin

machine.

Espérons.

Je suis toujours là, et s’il y a une certaine fatigue.

Et je suis toujours vivant

Je suis resté.

Kill me fast (this time)

5 août 2016

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In every cell, an unborn child is trying to feel alive

There’s nothing more to wait, there’s nowhere else to hide

In every room, the flowers in bloom, don’t they started to die ?

That’s why I broke my neck when I realized…

 

Nothing to lose, Nothing to die for

Nowhere to belong, No one to hope for

I’m so tired, and I’m so sick of myself

Staring at the headlights, wish you were someone else

Cause there’s no hope, it’s always the same genocide

That’s why I told the executioner :

 

Kill me fast this time !

 

Narcoleptic hardcore punk and stories left untold

They thought time didn’t matter, they woke up grumpy and old

Whatever I try, then everything falls apart, give me back my drugs

Everything good enough to make my ears stop buzzing

 

Nothing to win, nothing to live for

Nowhere to rest, no one to beg for

I’m so blind, and I’m so sick of myself

Falling in the snakepit, wish I was someone else

Cause there’s no hope, it’s always you and me, so alive

That’s why I told the executioner :

 

Kill me fast this time

Kill me fast this time

Kill me fast

Kill me fast

Kill me fast this time

Le retour du loup

3 juin 2016

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C’est au milieu du Bois que se tient la Maison,

C’est à ses pieds que coule la Source de moi-même.

Un grenier poussiéreux, fantômes et miroirs blêmes,

Et le Loup dans la cave qui déchire ma Raison.

 

Il se nourrit des erreurs, des failles où il sème

Abandon de la lutte, désirs et illusions ;

Il mord si fort mon âme, je grogne à l’unisson,

Il entrave mes pas, détruit tout ce que j’aime.

 

Mais les Bêtes ne ruent qu’à l’appel de la laisse,

S’il se débat si fort, c’est que les liens se serrent.

Je résiste aux morsures, et sa force régresse,

 

Mais ses griffes creusent loin, et parfois je me perds.

Je resserre la chaîne, il me dévore. J’encaisse.

Je dois vaincre aujourd’hui ce qui s’échappa hier.

Stasis (Rozz)

22 mai 2016

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(R)

When you’re tired

You set your thoughts on fire

You stumble in the dark

 

When you’re tired

You bleed, so you’re alive

Make love with question marks

 

(C)

You said that you’re alone

You told them you cannot dig

Can’t dig, can’t dig any deeper

You’re screwed, you know you’re too tired

 

(R)

 

(C2)

You tear the maps apart

You’re glad to know there’s no way

Stop ! You’ve already heard this

Before, before you we’re tired

 

Nobody will save you

Nobody will care this time

Try to blur the lines faster

You’ll know, you’ll know why you’re tired

 

(?)

In the eye

Of the storm

Ain’t no wind in here

Ain’t nothing

Rêve #538

11 janvier 2016

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J’ai rêvé, épuisé, de souvenirs futurs

J’ai rampé dans mon sang en attendant tes bras

J’ai creusé ma douleur, su ce qui me perdra

J’ai souhaité être là. J’ai souhaité être sûr…

.

J’ai rêvé de ta peau qui dansait sous mes lèvres

J’ai rêvé de tes larmes où se noyaient les miennes

Et mes plaies s’épanchaient sur l’épaule des tiennes

J’ai rếvé d’un combat dont tu étais la trêve

.

J’ai senti ta douleur se nourrir de mon sang

J’ai senti ton espoir s’insinuer sous mes draps

Déchirant ma raison, réchauffant le climat

De mon coeur assoupi, fatigué des tourments

.

J’ai intégré ce doute à mon schéma mental

Ce que je ne sais pas et ne saurai jamais

J’ai rêvé de ta bouche qui soufflait l’air de Mai

J’ai rêvé d’un printemps de braises, espoir fatal !

.

C’est toutes mes névroses que je dépose ici

Sur l’autel, sur la pierre, en vue du sacrifice

Je voudrais sans douter venir entre tes cuisses…

Mon cerveau est trop sale, trop usé, trop rassis.

.

Alors que l’on me laisse me glisser contre toi

Oublier dans ta sueur les promesses de l’ombre

Qui m’ont promis le rien, qui m’ont promis la tombe

Si je veux vivre encore, c’est un peu grâce à toi

.

J’ai rêvé de connaître le parfum de ta fièvre

J’ai rêvé de nos corps éreintés l’un par l’autre

J’ai rêvé de la paix qui un jour sera nôtre

J’ai rêvé de ta peau qui dansait sous mes lèvres.

Vivant

8 novembre 2015

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Quand l’horizon au loin

Est caché par ces murs

Que j’ai construit moi-même dans l’erreur, dans l’absence

Il faut prendre le chemin

Où l’on pleure et danse

 

Là-bas, l’air n’est pas pur

Pas plus qu’ici, je crois

Le fil que cette Ariane a lâché, je le cache

Au sein de mes blessures

Car, que je sache

 

Je suis vivant

 

Et si je perds la foi

Si je sombre, en silence

Si la lutte est trop dure, si la chute me guette

Seras-tu avec moi

Pour sauvez ma tête ?

 

C’est pas une question de chance

C’est un combat sans fin

C’est un fardeau, un poids que l’on mène au cimetière

Et je peine, et je pense

Je fais la guerre

 

Je suis vivant

 

Souris-moi, prend ma main

Souffle encore sur les braises

Ne me laisse pas mourir car ce coeur bat encore

Tout est clair, tout est bien

Je ne suis pas mort

 

Je suis vivant

8 auto-portraits

15 septembre 2015

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Dans les sombres enfers

Un homme est écorché,

Repoussé dans la mer.

Feu, eau, sel sur les plaies.

 

 

Dur est le fer qui perce l’âme,

Unique trésor de cet être

Refusant bonheur et tempêtes.

Fier comme un pou, il refuse tout.

 

 

Dotons-le d’un esprit de conquête, il lui manque

Une force intérieure qui l’amènera où

Réside l’arme ultime qui pourrait tuer ce loup

Féroce qui détruit, qui s’enfuit et se planque

 

 

Doux et

Urticant comme l’ortie

Rocher dur mais friable entre les doigts du

Faux prophète

 

 

Dis-moi ce que tu vois, mon cher !

Un homme ? En es-tu sûre ? Car moi,

Riche d’espoir, je le perçois

Fou. Un enfant doué de vieux nerfs.

 

 

Diablement grand est son orgueil. Mais il faut dire

Uniquement dans son sommeil, il le concède.

Ridicule est sa confiance, pourtant ! Le pire :

Fausse noblesse : il attends mais refuse toute aide.

 

 

Durablement incriminé

Utilement désespéré

Rarement enthousiasmé

Fidèlement abandonné

 

 

Dites-moi si je suis dur avec moi-même

Un idiot ? Un paumé ? Un fou ? Un

Rêveur ?

Faut croire que je suis tout ça, et rien de ça, et autre chose que je ne connais pas.

Lettre à toi, Société, ou : Le génocide invisible.

25 mai 2015

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Je suis le témoin muet, impuissant, atterré

D’un génocide invisible que l’on cache au monde.

Tu nous vends du bonheur cellophané, immonde.

Tu nous tues, tu le nies, tu crois vraiment. Tu rêves…

 

Tu nous refuses paix, repos, il n’y a pas de trêve

Autorisé à ceux pour qui vivre est une lutte.

Tu nous dis : « Envole-toi ! », mais nous sommes en pleine chute…

Si nous osons crier, tu nous dis : « C’est pas moi !

 

C’est quand même pas ma faute si tu ne comprends pas

Que je veille sur toi aussi bien que je peux ! »

Et bien, tu t’en sors mal, sale connasse de mes deux !

Rends-moi mon RSA et va taxer la vieille

 

Héritière L’Oréal, ou Dassault. Au soleil

Ils en ont de la thune. Et j’ai un scoop pour toi :

Un petit millions en moins, ils le sentiront pas,

Les cinquante balles en moins, pour moi, un pauvre con,

 

Que tu m’as retiré pour cette simple raison

Que j’ai un peu bossé il y a deux ou trois mois,

Que j’ai viré mon mec, que je n’ai pas d’emploi

Depuis trop longtemps à ton goût de merde,

 

Et ben il me les faut. Pour mon toit, pour manger.

Mais tout ça, tu t’en fous, tu as bonne conscience…

La froid, tu connais pas, elle est pleine, ta panse…

Nous crevons de tes erreurs… De ta nullité.

Sans titre n° #667 v.12.3.456.7

17 mars 2015

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Je voudrais le poser, ce poids sur mes épaules,

Le partager un peu, le porter sur deux dos,

Mais il est fait de nerfs, de chairs, d’ombres et puis d’os,

Et tu t’effondres au sol quand c’est moi qui le pose.

 

Je voudrais m’abreuver aux sources des héros ;

Me reposer à l’ombre, dormir, faire une pause.

Et tu brûles au soleil ausitôt que moi, j’ose

Abandonner la lutte, espérer le repos.

 

Car mon boulet me traine , me freine, me fuit depuis

Trop longtemps. La chaîne est solide et je prie.

Sisyphe est solitaire, et le Christ perds la foi.

 

Nous buvons la poussière et le reprends ce poids

Que je porte depuis si longtemps. C’est ma vie,

Ma douleur, mon combat, mes écorchures, ma croix.

Les racines d’Y.

25 février 2015

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ça fait 11 ans que j’essaie d’écrire la fin de cette histoire. Je viens de passer  l’après-midi à encore essayer. J’y arrive pas, donc, finalement, voilà déjà le début. On verra si la fin vient un jour.

La musique de Tom Waits n’est pas particulièrement réputée pour la joie de vivre qu’elle transmet et, dans la situation dans laquelle Eve se trouvait, la voix chargée d’alcool et de nicotine du chanteur se diluait dans l’air et y déposait une invisible rosée crépusculaire. Assise sur le siège passager usé d’une vieille Fiat Uno, Eve, vingt-deux ans, cigarette et auto complaisance post-adolescente affichée ostensiblement, attendait que l’enfoiré qui disait être son mec daigne revenir la chercher. La caisse était en rade, et elle squattait le bas-côté d’une petite route forestière depuis maintenant deux heures, dont une et demie de crépuscule, puis de nuit en gestation. Eve changea de cassette et monta le son de l’autoradio. Rammstein. C’est pas plus gai que Tom Waits, mais au moins ça a la pêche.

Eve jeta un regard à l’obscurité extérieure, violée seulement par les rais mal assurés des phares sur lesquels s’acharnait une nuée de moucherons psychotiques. La nuit était belle, mais le ciel en était caché par les ombres végétales qui projetaient sur la réalité une noirceur et une présence indéniable, des ombres solides, en quelque sorte. Eve se sentait prise dans une de ces situations inconfortables où la présence même d’un esprit dans les limites de son corps semblait incongrue, où les notions de pensée et d’existence deviennent floues. Elle attendait depuis si longtemps, la nuit s’était installée autour d’elle si subrepticement que sa certitude d’être une entité pensante disparaissait derrière l’évidence que, d’une certaine façon, sa présence jetait sur ce tableau nocturne une étrangeté subtile. Elle se sentait déplacée. Elle aurait aussi bien pu être le détail aberrant rajouté par Warhol sur un paysage gothique gravé par Doré. La route creusait une tranchée rectiligne au milieu de ce qui semblait être une forêt de conte de fées, un conte étrange, vicié par l’état d’esprit particulier – lassitude, fatigue, résignation – dans lequel se trouvait Eve. A l’intérieur de la bulle de civilisation que constituait le véhicule envahi de sons agressifs, de fumée presque solide et de désœuvrement manifeste, elle commençait à se demander si son mec reviendrait jamais, si elle allait devoir dormir sur la banquette arrière et si c’était vraiment une bonne idée.

La musique ne l’aidait pas à réfléchir, échouant à la maintenir éveillée, aussi la coupa-t-elle. Le silence tomba sur Eve comme un suaire. Tous ses sens, et pas seulement son ouïe, en furent soulagés ; libérés de la musique, ils semblaient plus libre de percevoir l’atmosphère extérieure, l’odeur de la forêt, le goût de la nuit et, trop éloigné pour qu’Eve puisse être sûre qu’il ne s’agissait pas du vent dans les feuillages, divers sons discordants qui semblaient trop subtilement agencés pour n’être que l’œuvre chaotique de la nature. Il y avait un rythme primal dans le craquement des branches, une mélodie dissonante dans le souffle du bois qui travaille. Il semblait que le vent portait en son sein des chants d’outre-monde, que des instruments aigrelets oubliés des musicologues projetaient leurs âmes par delà les siècles. On aurait dit qu’Orphée avait perdu sa lyre au sommet du plus haut des cyprès et qu’un barde insensé en pinçait les cordes en cherchant la mélodie parfaite qu’il composa en rêve et perdit à son éveil. Cela, Eve n’en prit pas immédiatement conscience, mais il ne lui fallut que quelques secondes pour que le sentiment absurde que la forêt lui parlait ne s’impose à elle. C’était une idée stupide, bien sûr, issue de la fatigue qui engourdissait son corps et son esprit, mais une idée qu’elle ne parvenait pas à chasser de ses pensées. Pourtant, elle n’avait pas peur et, si les arbres lui parlaient bien, leurs voix restaient amicales et leurs intonations agréables.

Eve en était encore à se demander si elle n’allait pas essayer de dormir quand elle sortit de la voiture et s’engagea entre les jeunes chênes qui gardaient l’orée de leur demeure. Ce ne fut que quand le véhicule fut hors de vue qu’elle réalisa que ses mouvements n’avaient jamais été commandés par son cerveau et qu’elle avait aussi bien pu quitter la Fiat depuis deux minutes ou deux heures. Néanmoins, les fragments de lune découpés par les ombres mouvantes des arbres semblaient plus hauts au milieu des étoiles que dans son souvenir. « De mieux en mieux, pensa la jeune fille, me voilà perdue au milieu des bois en pleine nuit ». Ces pensées résonnèrent à l’intérieur des chambres vides de son cerveau et elle crut même un instant en percevoir l’écho entre les troncs moussus et noirs, rebondissant entre les notes approximatives de cette mélopée végétale qu’Eve ne parvenait toujours pas à taxer d’une quelconque réalité. Peut-être l’impression de solitude absolue lui donnait-elle l’illusion que les mots prononcés mentalement acquéraient une vie propre, dépassaient leur état d’abstraction pour se parer dans son esprit des prérogatives des sons articulés ; ou peut-être qu’en ce lieu oublié du langage, les arbres se répétaient l’un à l’autre les premiers mots prononcés par un animal intelligent devant eux depuis que les premiers glands, bulbes et graines qui leurs avaient donné naissance s’était enfoncés dans cette terre. Mais le plus étonnant, aux yeux d’Eve, résidait dans le fait que, malgré toutes les informations que son cerveau analysait (tu es une citadine perdue dans les bois, il fait nuit, tu hallucines complètement, personne ne pourra t’aider à sortir de là avant des heures…), elle ne ressentait absolument aucune peur, continuant à marcher comme si ce n’était pas de la boue, des ronces et des herbes folles qu’elle foulait de ses pieds mais les pavés d’une rue piétonne. Jamais elle ne trébuchait sur les racines, jamais les plantes urticantes ne touchaient ses jambes, jamais elle ne se cognait aux branches trop basses, au contraire, ses pas trouvaient seuls leur chemin qui leur convenait, épargnant à Eve toute entrave à une progression paisible. Ils la conduisirent finalement, sans hésitation et sans fatigue, dans une clairière circulaire à laquelle la clarté lunaire conférait un aspect irréel, tout en ombres allongées et en reflets argentés. En son centre trônait un frêne titanesque, sans aucun doute sans âge, dont le branchage cyclopéen lui cacha tout d’abord sous son ombre la petite maison de bois qui semblait surgir de l’arbre comme la lame d’un sabre à travers le flanc d’un géant. Un petit escalier menait à une terrasse entourée d’une barrière, gardant une porte de bois rouge et deux petites fenêtre circulaires par lesquelles s’échappait une pâle lumière, à moins que ce ne fusse que le reflet de la lune sur les vitres. Une surface importante du bâtiment était recouverte de mousse, tout comme l’arbre sur lequel il s’adossait, et il était difficile de dire où se situait la frontière entre le mastodonte végétal et l’habitation. La « musique » qui avait guidé Eve jusque là semblait baigner toute la clairière dans une approximation splendide sans que la jeune fille eut pu dire si elle provenait de la maison ou du lieu lui-même. Ses pas continuaient de la porter vers la porte de la maison et, s’approchant, elle remarqua les deux silhouettes qui l’attendaient chacune derrière sa fenêtre, deux visages apparemment identiques, d’où toute couleur semblait avoir été volé par un rayon de lune, qui disparurent quand Eve posa un premier pied sur une marche de l’escalier et qui ressortirent du néant quand la porte s’ouvrit devant elle. Deux êtres au sexe indéterminé se tenaient sur le seuil, l’air avenant mais aussi étrangement distant. Ils étaient indubitablement beaux, leurs traits étaient réguliers, leurs visages ovales, leurs yeux d’un bleu très pâle, tout comme leurs longues chevelures. Leurs peaux avaient la couleur de la porcelaine et la maigreur qu’Eve devinait sous leurs vêtements (deux capes d’un tissu et d’un blanc évanescent) émettait un parfum de délicatesse en lieu et place de celui plus insistant de la maladie qui accompagne d’ordinaire les corps décharnés. Sans un mot, leurs corps se déplacèrent avec grâce de façon à accompagner l’entrée d’Eve dans leur demeure. Elle était tout à la fois sans volonté propre, pas même celle d’avoir peur, et extrêmement consciente. Tout lui semblait simplement terriblement logique, une très ancienne force tissée dans son être le plus profond lui donnait l’impression que franchir le seuil de cette maison serait comme retrouver un trésor d’enfance qu’elle croyait perdu.

 

 

* *

*

 

 

Une voix grave et ancienne se traînait faiblement dans l’obscurité :

« Est-ce elle que tu attendais ?

  • Oui. »

Cette voix-ci était plus crispée et tendue que la première. Moins humaine aussi.

« Le moment est donc venu, reprit-elle.

  • Le moment pour toi de mourir. Es-tu sûr de ce que tu fais ?

  • Ai-je le choix ? »

Cette réponse contenait plus d’ironie et de malaise que celui ou celle qui l’avait prononcé n’en avait l’intention. La réponse se fit attendre.

« Non… Mais tu te rends bien compte de ce que cela signifie ? Sans toi…

  • Il suffit ! Ce qui doit être sera. Je suis désolé pour vous…

  • Non, tu ne l’es pas, tu en es même incapable, tout comme tu es incapable de concevoir que tu es sur le point de disparaître. Que sais-tu de la mort ?

  • Rien, c’est vrai. Mais toi qui sais tout, il est une chose que tu ignores.

  • Et c’est… ?

  • Et bien, tu sais ce que je suis, tu sais d’où je viens, tu sais tout. Mais s’il est une seule chose que tu ne peux absolument pas concevoir, c’est tout ce qu’implique ma disparition, pas dans la globalité du phénomène. »

Puis il y eut le silence. Celui à qui appartenait la première voix admit mentalement que son interlocuteur avait raison, il ne possédait simplement pas assez de sagesse, lui l’infiniment sage, pour comprendre tout ce qui allait se produire. Mais il savait une chose, parmi tous les lever de soleil qui suivraient cette nuit, il en serait un qui serait, pour lui et les siens, le dernier.

 

 

* *

*

 

 

Lorsque le sommeil lança ses premiers filets sur l’esprit d’Eve, une fibre de son inconscient s’étira, prête à s’imprégner de l’importance des rêves qui ramperaient sous cette conscience-là, ce soir-là. C’était un pressentiment, comme si quelque chose en Eve savait d’avance que les souvenirs de la soirée s’effaceraient derrière ceux plus imprécis mais aussi plus vivants du voyage onirique qui s’annonçait. Il ne pouvait en être autrement, la journée écoulée avait été plus étrange qu’aucun rêve qu’elle avait fait. C’est quand on dort qu’on agit le plus bizarrement. L’inconscient accepte l’impossible, il s’en nourrit et le recrache sans raison ni but. Sans raison, ni but. Dans un rêve, les choses arrivent parce qu’elles le doivent, les motivations les plus élémentaires de nos actes éveillés disparaissent au sommeil derrière un constat simple : les choses se produisent. Point.

Eve rêva de sa soirée, ce qui fut conté et ce qui ne le fut pas. Les créatures jumelles s’approchèrent en murmurant des bribes d’une langue morte, celle-là même qu’avait utilisé la forêt pour l’accueillir en son sein. Leurs voix polyphoniques rappelaient le cristal et la tombe, le fifre et le violoncelle, un hurlement subtil, un chuchotement assourdissant. Des syllabes fragiles s’insinuèrent dans son oreille par surprise, tournant dans cet air chargé des souvenirs d’une vie qu’elle ne se rappelait pas avoir vécu. L’intérieur de la maison était d’une indicible et calme beauté, une pièce unique, sans aucun meuble, ni autre issue visible que la porte d’entrée. Eve s’assit contre le mur le plus éloigné et attendit que… Elle ne savait pas ce qu’elle attendait, mais elle savait que quelque chose allait se produire. Le sol tout entier, le mur derrière elle, ainsi qu’une important surface du plafond et des autres parois étaient recouverts de la mousse qu’elle avait déjà remarquée à l’extérieur et qui émettait une douce pulsation lumineuse qui emplissait l’air d’une odeur bleuâtre et délicatement épicée, le parfum aigre-doux de la moisissure et de l’herbe fraîchement coupée. Les deux entités jumelles jetèrent sur la pièce une ombre douce quand leurs corps s’interposèrent entre Eve et le seuil lunaire de la pièce. Tout ne fut plus alors qu’un tourbillon de chlorophylle, de chair et de nostalgie. Deux corps nus et blancs collés contre celui d’Eve, des mains qui se cherchent et se repoussent, des baisers froids mais électriques, une chaleur étrange. Eve eut la vision des deux créatures jumelles qui s’embrassaient devant elle. Elle vit une main fantomatique caresser un sein puis glisser comme une larme le long d’un corps androgyne jusqu’au sexe rasé de la jeune femme que s’était révélé être l’un de ses hôtes. Elle vit se gonfler le membre de l’autre sous des lèvres qu’elle savait être siennes. L’odeur de la sueur rampait comme un serpent, comme des lianes enveloppant son corps, glissant entre sa peau et ses vêtements, qui furent bientôt abandonnés sur le sol. La main maladroite de la femme guida le sexe de son frère entre les jambes d’Eve, qui sentit monter dans ses entrailles une soif de vie, comme si un enfant qui n’était pas même encore conçu jouissait avec elle de sa prochaine accession à l’existence. Tout était étrange, mais rien ne choquait Eve, ni sa singulière participation à ce qui semblait être un inceste, ni cette perte totale de contrôle. C’était plus que de la jouissance, plus que du plaisir, c’était avant tout un sentiment de plénitude qu’elle n’avait pas ressenti depuis sa petite enfance, quand elle n’était encore qu’un nouveau né accroché au sein nourricier. C’était comme si tout rentrait enfin dans l’ordre. Plaisir, obscurité, chaleur. Une odeur d’herbe coupée après la pluie. Rien d’aussi vulgaire qu’un orgasme, une explosion de divin dans le bas-ventre d’Eve. Une lumière aveuglante dans son utérus. Une orchidée qui s’ouvre quand vient la rosée.

 

 

  • *

*

 

 

Quand elle se réveilla au pied d’un frêne, entre la Fiat et l’orée de la forêt, Eve savait qu’elle était enceinte. Elle était toujours seule, mais quelque chose en elle répondait au chant des oiseaux dans l’aube incertaine. La bande de goudron avait perdu son étrangeté avec la disparition des dernières étoiles qui lambinent toujours dans un ciel matinal, et Eve se savait rendues à la civilisation. Elle s’en sentait vaguement déprimée, mais rien en elle ne s’y refuait. C’était normal. La suite de la journée ne fut qu’un film en noir et blanc, et Eve se sentit plus muette et inopérante à ce monde que jamais auparavant.

Deux corbeaux gris quittèrent la forêt ce matin là, sous l’œil bleu d’un vieillard qui savait qu’ils ne reviendraient plus, avant de l’oublier et d’arrêter de penser. Dans la clairière, une feuille se détacha de la branche la plus haute de l’arbre au moment où Eve disparut. C’était le début de l’hiver.

Crash-test #29

22 janvier 2015

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Haïku :

Elle n’entend pas bien

C’est pourquoi elle imagine,

Elle pense qu’on la hait.

 

Il n’y a, finalement, pas de matin plus triste que celui de Noël quand on n’est plus un enfant.

 

Quoi que tu fasses pour la première fois, dis-toi aussi que c’est la dernière fois que c’est une première.

 

Je suis PAS parano ! Je suis PRUDENT ! C’est pas parce que mon colloc paie le loyer que je le laisserai faire tout ce qu’il veux chez MOI. C’est pour ça…. Ouais, c’est pour ça que j’ai planqué toutes ces caméras partout dans l’appart. Une figurine en résine Gundam sur une étagère du salon, dans le salon. Une caméra dans le socle. J’ai détourné la kinect, aussi. Un faux briquet posé sur la table basse. Il fume pas. ET quelques autres… dans le salon, la salle de bain, l’entrée, la cuisine. Sa piaule. Le tout émettant en HF vers mon PC. Comme ça, il peut pas me la faire à l’envers. C’est qu’il ramène du monde à l’appart, en plus ! Des copains à lui, son dealer, ses parents. Des filles, aussi. Ouais… Des filles…

 

La viande avait le goût d’un meurtre. Le vin celui de cendres.

 

Tu n’es rien d’autre qu’une magnifique et inutile cathédrale de carbone.

 

La nuit fut longue et l’aube naissante se fige dans la fraicheur bleue d’un air nettoyé par une pluie intermittente. J’ai soif. Le soleil arrive. J’attends, sur le toit de cet immeuble, le cul sur le béton, le regard à l’ouest. Premier rayon de soleil. Caresse ma peau. Odeur de brulé. Ça fait mal. Ma joue exhale une fumée noire. Carbonisation en cours. Enfin, le soleil. La fin d’une nuit de 300 ans.

 

La douleur est parfois la seule façon de se rappeler qu’on est vivant.

 

« Le monde est injuste !

- Qui a dit qu’il était sensé l’être ? »

 

Et ainsi le mentor devint l’élève.

 

Alors, il reprend ce vieux texte, le relit, le corrige. Sans but. Il voit les failles. Il respire des mots venus de son passé. Ce n’est pas ce qu’il raconte dans ce texte qui compte. C’est ce que le texte lui raconte de lui-même.

 

Ils défendent la liberté d’expression en prenant des mesures liberticides…

 

Un rassemblement, ce n’est rien d’autre qu’un carrefour engorgé, ce n’est rien que le croisement des chemins personnels des membres d’une foule qui cherche sa destination.

 

Une vie, c’est juste la somme des mensonges que celui à qui elle appartient se raconte.

 

C’est pas moi qui suis désespéré, c’est le monde qui est désespérant. Et je suis lâche, aussi.

Le cloitre, chapitre 3

30 novembre 2014

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Une nouvelle collaboration avec Ardonau est disponible en cliquant n’importe où sur cette phrase. Les photos sont donc d’Ardonau, le modèle, c’est ma gueule et le texte également. Enjoy !

Bunker

22 novembre 2014

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Trop à l’étroit dans le bunker

Trop éreinté pour avoir peur

Tu rampes et manges la poussière

Tu t’demandes où est passé l’air

 

Et tout l’monde crie, et tout l’monde saigne

Personne écoute. Fin de règne

Pour les anges et pour les démons

Ne restent qu’les aveugles et les cons

 

Alors tu cries, oui toi aussi

Tu veux qu’on t’entendes et tu ris

Hystériquement quand tu t’rends compte

Que toujours tu seras seul au monde.

 

Mais si la vie n’a aucun sens

Pourquoi encore tenter la chance ?

Autant tout de suite se barrer

Dans ta camisole, te cacher

 

Tu voudrais vivre un peu plus fort

Un peu plus loin, oui, mais, d’abord

Il faudra marcher les pieds nus

Sur du verre pilé, et fourbu

 

Tu sauras jamais où tu vas

Personne le sais, oui, c’est comme ça

Mais vas-y quand même, la seule chose

À savoir, c’est qu’y a pas de pause

 

Dans cette course imbécile

Qui nous paraît si difficile

Alors rêve-pas, tu vas crever

Un jour, une nuit, p’t'être cette année

 

Peut-être dans cent ans ? Tu sauras

Alors qu’il n’y a que toi

Pour te sauver de la souffrance

Qui est livrée avec la naissance.

Petit poème stupide ayant pour principal but de casser l’ambiance carrément glauque qui règne dans ce blog ces derniers temps, contenant un jeu de mot horrible et dont le titre est presque plus long que le texte.

19 octobre 2014

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Un soir après le taf, Homer alla chez Moe.

C’est pas trop une surprise, on l’y voit tous les soirs.

Un client inconnu commanda donc à boire,

Il paya sa tournée. Homer trouva ça beau.

 Moe

Plus tard dans la soirée, ivre-mort fut Homer.

Moe dit à l’autre : « Mon pote, peux-tu le ramener ?

  • Mais bien sûr mon ami, je ne peux que t’aider !
  • Suis mon poto, Homer, c’est le dieu du tonnerre. »

 

Ainsi, Thor prit Homer sous le bras et partit

Le ramener à Marge qui l’attendait, inquiète.

Elle remercia Thor, à Homer fit sa fête.

Thor, serviable, revint chez Moe, son bon ami.

 

Moralité : L’ami de Moe, Thor, aide.

 

 

 

lemmy

Poème sans doute écrit il y a 2 ou 3 ans dans le but de sonner comme un slam et retrouvé dans un vieux cahier

17 octobre 2014

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J’aurais dû finir par m’y faire,

Je devrais arrêter de m’en faire

Pour ce qui me pourrit l’atmosphère.

Je devrais crever par terre,

C’est pas mon millénaire.

 

Je devrais embrasser mon flingue

Avant de devenir vraiment dingue,

De me noyer dans une seringue

Dans ce caniveau où je valdingue,

Cradingue

 

Comme tout ses bâtards silencieux

Qui ont du mépris plein les yeux…

Ils se croient mieux.

Les affreux.

J’y foutrais le feu

 

Si j’étais plus perdu que ça,

Plus violent que ça,

Plus sûr de moi.

 

Mais je suis une loque.

Je vaux pas le prix d’une breloque.

Sale époque…

 

Ouais, je suis un gros loser,

Le king des perdants, sale chômeur

Trop niqué pour se donner le cœur

D’arrêter les erreurs,

De me faire la faveur

D’arrêter d’avoir peur,

De créer les couleurs

Dans ma vie monochrome et sans chaleur.

 

Mais j’ai le courage de rien.

Chaque jour je m’abstiens

D’essayer chaque matin

 

De commencer quelque chose.

De continuer quelque chose.

De faire quelque chose.

 

Mais non tout ce que je fais c’est de broyer ma prose,

Jamais rose.

Et je cause,

Et je cause,

Et je cause.

Fragments d’étoile ou : La complainte de Samaël pour son amour perdu.

9 octobre 2014

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Ceci est un vieux texte que j’avais fini par oublier. Je viens de le retravailler quelque peu et vous le propose donc dans la foulée. Des poutous.

 

 

Mille ans de souvenirs,

Cela paraît bien peu.

Je sais le crime dont on m’accuse,

Je sais pourquoi on me vénère,

Mais rien n’est aussi pur,

Rien n’est aussi glacial,

Rien ne vaut mes raisons,

Je suis seul à savoir.

 

Je suis le dix-septième arcane, je suis celui qui crût.

Je suis celui qui chut.

Les rêves sont des traîtres,

Ils sont tout ce qu’il me reste.

Je suis la raison du mal

Et l’antibiotique.

Car pour rester vivant,

Il faut bien que le cœur batte.

 

Je ne sais plus ton nom,

Mon seul et véritable

Amour.

Tu es morte à Thülé, et seul tes yeux

Demeurent face aux miens.

Seul ton souffle survit encore entre mes lèvres,

Et je t’attends

Toujours.

 

Je n’aspire à rien d’autre

Qu’à me sentir en vie,

Célébrer ce qui reste

De peur de le perdre

Encore.

 

Samaël, Lucifer, Orphée, Ulysse, et tant d’autres

Noms.

Je suis ce qui restait dans la boîte,

Ce que Pandore laissa.

Espoir.

Toujours je me relève,

Je ne sais faire que ça.

Entendez mes paroles,

Fils et filles de la foi,

Fragments d’étoile.

Ceci est notre hymne.

 

Ne rêvons pas trop loin,

La laisse est bien trop courte.

Des milliers de visages se retournent sur nos pas.

Nous sommes le rempart enfermant

Les névroses,

Le sacrifice obligatoire.

Nous rêvons pour les autres.

Condamnés à faillir, à encore essayer,

A nous cogner aux murs,

Mais à les ébrécher.

 

Je suis archange et diable,

Le début et la fin,

Le moteur de vos vies.

Espoir.

La fatigue n’est rien si je suis encore là.

Et je resterai vivant

Car moi aussi j’espère.

Bartolomeo Beretta

3 octobre 2014

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J’aime bien me promener. Me promener avec mon flingue dans la poche. Les gens ne le savent pas, mais j’ai mon flingue dans la poche. La crosse se réchauffe dans ma paume. J’aime pas les gens. Ils sont stupides, les gens. Mais moi, j’ai un truc en plus. J’ai mon flingue dans ma poche.

C’est un chouette flingue. Un Beretta 92. L’entreprise Beretta a été fondée en 1526 par Bartolomeo Beretta. C’est toujours un de ses descendant direct qui la dirige. C’est pour ça que j’ai un Beretta 92. J’aime bien. Les gens ne le savent pas, ça. Ils sont stupides, les gens. Avoir un Beretta 92 dans ma poche et savoir ça, c’est bien la preuve que je leur suis supérieur. Ils ne savent pas ce que je sais. Et ils n’ont pas de flingue dans la poche. Avec la crosse qui se réchauffe dans ma paume.

Ils ne me regardent pas quand nous nous croisons au milieu d’un passage clouté. Ils ne savent pas que j’ai un flingue dans ma poche, avec la crosse qui se réchauffe dans ma poche. Sinon, ils me regarderaient. Moi, je les regarde. Moi je sais, et eux, ils ne savent pas. Ils ne savent pas que j’ai un flingue dans la poche. Ils ne savent pas que c’est un Beretta 92. Ils ne savent pas que l’entreprise Beretta a été fondée en 1526 par Bartolomeo Beretta. Ils ne savent rien. Moi, je sais.

Les gens ne me regardent pas quand je les croise sur le trottoir devant la galerie marchande. Moi, je les regarde. Ils sont laids. Tous. Moi aussi, je suis laid. Mais moi, j’ai un flingue dans ma poche. Avec la crosse qui se réchauffe. Et ils ne le savent pas. Ils ne savent pas que je pourrais les rendre beaux. Étalés sur quinze mètres de trottoirs. Rouges. Parce que moi, j’ai un flingue dans la poche. Un Beretta 92.

Les gens sont laids et ignorants. Ils ne savent pas qu’ils sont laids. Ils ne savent pas qu’ils ne savent rien. Moi, je sais. Je sais que j’ai un Beretta 92 dans la poche. Avec la crosse qui se réchauffe dans ma paume. Je sais que l’ entreprise Beretta a été fondée en 1526 par Bartolomeo Beretta. Je sais que c’est toujours un de ses descendant direct qui la dirige. Je sais qu’ils sont laids, et moi aussi. Je sais que pourrais les rendre beaux, et moi aussi. Étalés sur quinze mètres. Je sais aussi que je les hais. Et moi aussi, je me hais. Tout le monde est digne de haine. Tout le monde est méprisable. Et moi aussi.

Car moi, je hais. C’est ce que je fais tout le temps. Ça ne me demande pas d’effort. C’est facile. Il me suffit de me laisser aller. Je n’ai qu’à me rappeler qu’ils sont laids et ignorants, les gens. Et moi aussi, je suis laid et ignorant. Mais moins qu’eux. Et moi aussi, je me hais. Mais moins qu’eux. Parce que moi, je sais. Je sais que l’ entreprise Beretta a été fondée en 1526 par Bartolomeo Beretta. Je sais que c’est toujours un de ses descendant direct qui la dirige. Je sais que j’ai un Beretta 92 dans la poche. Je sais qu’un jour, je m’en servirai.

La chasse est ouverte.

29 septembre 2014

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Les ordres sont donnés,

Les mesures sont prises.

La glande est terminée,

L’inquiétude est de mise.

Car la chasse est ouverte,

Les chômeurs comme gibier.

Car des cervelles expertes

Ont décidé de nier

 

Que l’argent qui leur manque

Dort aux îles Caïmans,

Que les thunes qu’ils planquent,

Ces richards dégoutants,

Devraient remplir les caisses

Qu’ils nous assurent vides.

Chômeurs tenus en laisse,

Les sanctions sont rapides.

 

Il est bien plus facile

De montrer les sans-voix,

Car le peuple docile

Ne croit que ce qu’il voit.

Pauvres boucs émissaires !

Crève de faim, et tais-toi !

Ils nous déclarent la guerre !

Ils nous laissent aux abois !

 

Ils nous disent parasites,

Profiteurs du système

Qui nous tue, pas trop vite.

C’est la misère qu’ils sèment.

Sache que la vraie vermine,

Dans ses palaces de rêve,

Elle ne crie pas famine.

Elle rit quand toi, tu crèves.

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