Bongwater

Posté par Durf667 le 28 mars 2014

Je viens de retrouver les paroles de cette chanson que j’avais composée et écrite aux alentours de 2000/2001 pour mon groupe de l’époque, 10 T. S. C’était un espèce de mélange entre Sonic Youth, Nirvana, The Cure et d’autres trucs rockiformes difficilement identifiables. J’appelais ça de la Cold-wave poost-moderne, à l’époque. Et donc, les voici (attention, english spoken ! ) :

 

The party’s over now and your body smells like mud

The girl ain’t your girlfriend and you want your hair cut

There’s no drug and there’s no fun at all in here

Gotta sleep and think ’bout why you should leave

.

You just want more, but you can’t

Gotta do it but you won’t

.

Making up your face, you’re trying to be cool

You’re an evil soul, but, tell me, what is good ?

You feel proud to be weak, pathetic and dumb

When you are this age, you just want some fun

.

You just want more, but you can’t

Gotta do it but you won’t

Now the party is over

Prepare yourself for the hangover

Becoming an ugly clone

Drinking beer and throwing up stones

But you’re wrong, you’re just tired

Come, jump in the fire

.

Here we’re all again, here we’re all now

When it’s to late to have fun

We all drink bongwater

When it’s to late to be true

There is nothing to do

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La nuit

Posté par Durf667 le 23 octobre 2012

La nuit,

La rue est vide et plus remplie

Que d’habitude.

Un seul cri d’ivrogne fait plus de bruit que mille pas à l’heure.

 

La nuit,

Les secondes se retourne contre elles-mêmes.

Parfois l’horloge tourne à l’envers.

 

La nuit,

Il n’y plus personne sur terre que moi.

Si je le décide.

Si je me laisse aller.

 

La nuit,

Je suis libre.

 

La nuit,

Des couples qui se déferont demain

S’étreignent sans savoir

Que c’est la dernière fois.

 

La nuit,

La gueule de bois de demain

N’est pas encore là.

 

La nuit,

L’idée même du matin est interdite.

 

La nuit,

Les fourmi diurne ne regardent plus les cigales.

 

La nuit,

On ne voit plus le sol

Quand on tombe.

 

La nuit,

On ne me voit plus.

Je n’existe plus.

Je suis bien.

 

La nuit,

L’atmosphère est tout aussi polluée.

Mais l’air est plus frais.

Moins étouffant.

 

La nuit,

Derrière mes fenêtres,

Je me fous que d’autres vivent à l’extérieur.

 

La nuit,

Il n’y a plus d’extérieur.

 

La nuit,

Le sommeil me fuit parfois,

Mais ce n’est pas grave.

 

La nuit,

Il n’y a que la nuit qui importe.

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Entretien avec un autre vampire

Posté par Durf667 le 2 mars 2012

Si l’on en croit les physiciens, tout n’est qu’énergie et matière. En fait, tout est à la fois énergie ET matière, en même temps. Votre corps n’est qu’une onde, une gigantesque fluctuation quantique dans ce qu’il faut bien appeler le néant, ne serait-ce que pour la licence poétique. L’ensemble de tout ce qui est (ce que l’on va finir par caser sous l’appellation tout à fait arbitraire d’univers, ou de Dieu si ça peut vous faire plaisir) n’est qu’énergie et matière, n’est qu’une possibilité quantique. Ce qui revient à dire que, depuis le big bang jusqu’au big quoi que ce soit, de fiat lux à Ragnarok, que l’univers/dieu (matière/énergie) n’est rien d’autre qu’un acte de création fondamental en perpétuelle mutation. L’acte de création comme expression essentielle de l’énergie par la matière ( qui sont, rappelons le, la même chose). Est-ce que ça donne pas un peu de classe supplémentaire au statut de créateur*, bien qu’il n’y ait nul besoin de donner des preuves de la noblesse des troubadours ? Quand j’avais demandé à Chloe von Fyredorff d’où il tirait la volonté de continuer à vivre au milieu de sa propre aura de négativité féroce, c’est quand même à lui qu’on doit les côtés les plus nihilistes du précataclysmisme, la notion de catastrophe imminente, de… Mais je me rends compte que je me perds dans mes phrases (Règle numéro quarante-treize virgule trois, trois, trois… : le créateur précataclysmique ne doit pas chercher à contrôler quoique ce soit, et surtout pas l’acte de création. à moins que ce ne soit l’inverse. Copyright conjoint M.Pantomime et M. Daniels, Jack ). Quand j’avais demandé à Chloe von Fyredörf d’où il tirait la volonté de continuer à vivre au milieu de sa propre aura de négativité féroce, donc (merci Ctrl C, Ctrl V), il m’avait répondu d’aller me faire foutre. Voilà. Énergie négative en plein dans ma tronche, particules-ondes de haine pure.

J’ai rencontré Chloe durant l’été 2002. Mon estimé compagnon de déchéance éthylique Demian S. Coyote ( son second prénom est celui de son père) m’avait confié en main propre, accoudé au comptoir d’un de ces pittoresques troquets des petites rues de Limoges nommé le Duc Etienne, un CD gravé, à la pochette travaillée façon imprimante-deux-couleurs-pour-faire-punk-trois-photos-piquée-sur-le-net-avec-juste-un-filtre-photoshop. Un nom, Chloe. Juste Chloe. Une phrase, Agression is Art. J’ai toujours ce skeud, j’ai appris à aimer la photo en gros plan de cette femme nue agrippée aux barreaux de sa cage. En deux mots, sa(c )cage. Merci. Le son gravé là-dessus (j’ose à peine penser le mot musique, mais il a pourtant profité d’un soupir entre mes lèvres pour s’échapper) est électronique, minimaliste, relativement inécoutable, voire éprouvant et douloureux par moment (par douloureux, je veux dire que j’ai physiquement eu la sensation qu’on m’enfonçait un tournevis dans les tympans une fois ou deux.) Je ne connais personne qui ce soit imposé une écoute complète de ce truc sans subir des lésions cérébrales irréversibles. Haine=énergie=aggression=création=art. Fut-un temps, mon valeureux camarade de psychose Jehm Pöm écoutait ça dans sa voiture. J’en ai froid dans le dos.

Entretien avec un autre vampire dans Archive chloecover

J’ai rencontré l’entité psycho-physique Chloe von Fyredörf quelques mois plus tard lors d’un concert de black metal . Il en résultat un article paru dans le fanzine Mailting Potes de l’association « la pie lotoise », dont voici, à la demande générale des rédacteurs fainéants de cet essai, les meilleurs moments (sélectionnés par un panel représentatif de la population de mon appart ayant la flemme).

(…) Chloe. Un mètre quatre-vingts de peau si blanche qu’elle en était translucide, de maquillage mal appliqué, de cheveux filasses trop noirs pour le visage qu’ils encadraient, de tissus déchirés, d’automutilations diverses, de tatouages à l’absinthe et de cette séduisante arrogance que seuls ceux qui savent de façon intime qu’ils vont mourir jeunes peuvent afficher sans être ridicules. (…) C’était une pute venue de l’enfer pour montrer aux yeux du monde encore quelques anges avant l’effondrement et la fin de la société occidentale capitaliste. C’était Chloe, un Ziggy Stardust à deux balles, un être dont l’existence même était une insulte au concept de « civilisation » et un sacrifice sur l’autel de la décadence. Chloe était, avant toute chose, répugnant(e)**, insupportable, peut-être parce qu’il/elle nous renvoyait l’image de tout ce qui, en nous-mêmes, fait que la race humaine est vouée à l’autodestruction.

(…) Chloe parlait peu. (…) son regard suffisait, mais je ne savais jamais si l’expression triste, sauvage et vaguement condescendante de ses yeux voulait dire : « allons baiser tout de suite dans ta caisse » ou « tu es comme tous les autres, moi compris, un putain d’enculé de fils de pute, fous-moi la paix ». Au contact de Chloe, on avait la franche impression, dans tous les cas, d’avoir affaire avec une entité schizotrope, un être constituant à lui seul la mince frontière entre la santé mentale et la folie. On aurait dit une petite tantouze anémique qui aurait suivi des années de psychanalyse avec William Burroughs comme thérapeute, ou bien la fille illégitime de Jim Morrison et d’une geisha opiomane, gagnant sa vie en vendant sur le Net des photos S.M. et des animations en flash représentant James Dean en train de se faire sodomiser par une Christina Ricci androgyne équipée d’un gode ceinture.

Chloe était le signe évident que certains d’entre nous, la génération Y2K, mourraient jeunes, sacrifiés sur la croix du nouveau millénaire érigée sur les décombres d’un monde judéo-chrétien en perdition.

WE WILL DIE YOUNG.

C’est avec lui/elle que j’ai ressenti pour la première fois l’appel du vide, que j’ai entendu la sourde mélopée venue des abysses les plus sombres de l’esprit humain. Nous sommes destinés à la déchéance, et ceux qui le savent crient si fort que leurs corps se stigmatisent pour expier cette connaissance impie. Chloe était à la fois Adam, Eve et Lilith. Le fruit de la connaissance lui avait brûlé la langue et laissé sur son âme le goût aigre-doux du sperme, de la lumière artificielle et des cris. Le goût de la chute. Nous tombons ensemble, juste pour ne pas être seuls.

Rencontre de Chloe par Durf667 le 25/11/2002.

Paru sous le titre Chloe dans Mailting Potes n°H2.

 

Voilà. Je pense que vous avez tout en main. J’espère que vous avez envie de connaître dès à présent les productions de ce cerveau-là, celui de Chloe von Fyredörf. Neurones=matière=électricité=energie=création. Énergie chloeienne dans ta face. Allez en paix, mes enfants, et bon courage.

 Les masochistes peuvent écouter « Agression is Art » ici et .

 

Durf 667, Toulouse, 16/08/2005.

 

*Môssieu Demian S. Coyote, escroc intellectuel, ce qui est mal, et qui lit par-dessus mon épaule en ce moment même, ce qui n’est pas très joli-joli non plus, me signale mes conneries et me réprimande en conséquence. A la place de créateur, j’avais écrit le mot artiste, ce qui est effectivement une belle connerie. Il a instantanément vomi sur mon clavier, ce qui va d’ailleurs m’interrompre dans la rédaction de cette préface alors que j’ai autre chose à faire. Rappelons la Règle numéro moins infini du précataclysmisme : artiste, c’est un boulot, créateur, c’est un état. Et l’état, c’est moi.

Ol’ Man Sid dans un jour où il se sentait d’humeur taquine.

 

**J’ignorais encore quand j’ai écrit ce texte si Chloe était un mec ou une nana, rapport à son androgynie forcenée. Les filles de l’internat du lycée catholique Sainte Cindy de Bourg-la-Chignole, dans le Bas-Rhin, m’ont assuré que Chloe possédait tout ce qu’il fallait pour pallier la pénurie en cierge dont souffrait à cette époque la vénérable institution, on se demande bien pourquoi.

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M. Pantomime, pièce en un acte

Posté par Durf667 le 16 janvier 2012

par Chloe von Fyredörff (2004). Retravaillé en 2011 par Don Nihil Apsarà.

Personnages :
Le marionnettiste,
La jeune fille,
Le coyote.

Scène : sur un drap blanc (on pourra le taguer, le peindre, prendre un drapeau ou quoi que ce soit qu’on jugera approprié, selon l’instinct du moment) placé en fond, projection sans le son d’images télévisées (reportages, actualités, jeux, etc.) et de films familiaux (vacances, anniversaires, etc.) Un coffre.

1.

Projections.
Le marionnettiste entre avec une chaise et la pose au centre de la scène. Il ouvre le coffre et en sort révérencieusement une marionnette à fils. Elle représente un clochard chevelu et dégingandé. Il la montre au public. Dans l’ombre, le coyote ronge un os.

LE MARIONNETTISTE :
Je… Oui, oui, je suis… Non, je.. Non. Voici, oui ! Voici Monsieur Pantomime.
Il commence à l’actionner.

MONSIEUR PANTOMIME :
Bonsoir mesdames et messieurs, petits et grands, miséreux et bourgeois, vierges et catins, bonsoir, et soyez les bienvenus. Vous a-t-on dit ce qui vous attendait ? Moi ! Tout sera mis en œuvres pour que vous passiez en ma compagnie une soirée divertissante et édifiante.

Une musique retentit, une sorte de valse jouée par un orgue de barbarie fatigué. Monsieur Pantomime commence à danser, avec grâce et délicatesse, puis avec de plus en plus de force et de prouesses physiques à mesure que la musique s’emballe, devenant un tourbillon sonore et chaotique, avant de retomber dans des tempos hypnotiques et atonaux.
Le marionnettiste lâche les fils et Monsieur Pantomime s’effondre de fatigue sur quelques accords de piano. Le coyote, impressionné, observe.

LE COYOTE, admiratif :
Et bien ! Voilà qui mérite des applaudissements ! Il applaudit et trépigne. Mais voyons ce que la suite nous réserve.

Le marionnettiste repousse la marionnette du pied, puis s’assoit sur le coffre. Une jeune fille entre. Le marionnettiste se relève. Il ne la quitte pas des yeux.

2.

La jeune fille s’assoit sur la chaise, puis se relève, gênée. Elle fait une révérence au public.

LA JEUNE FILLE :
Je… Oui, oui, je suis… Non, je.. Non. Elle s’éclaircit la voix. Voilà…

Elle se rassoit. Le marionnettiste, qui ne peut détacher son regard d’elle, s’avance et fait face au public après un dernier coup d’œil vers la jeune fille. La même musique que précédemment redémarre. Le marionnettiste effectue la même chorégraphie que la marionnette dans la première scène. Même projections. Le coyote se roule par terre de rire. Noir. Puis, une lueur. Le coyote se tient devant le coffre. On éclaire son visage, il commence à fouiller à l’intérieur et saisit un objet qui reste dans l’ombre.

LE COYOTE :
C’était… Grand ! Magnifique ! Sublime ! Il place son visage à côté de celui de la fille, joue avec l’objet qu’il a pris en le faisant passer devant les yeux de la fille, qui ne semble rien voir. Ma chère, vraiment !

Projection fugace et quasi-subliminale de quelque chose de désagréable. La fille a le visage en sang. La lumière quitte les deux visages et traverse la scène jusqu’à la marionnette. Puis, noir.

3.

La projection reprend et simule l’intérieur d’un petit appartement. La marionnette est assise sur la chaise. Le coyote est couché dans un coin, une laisse accrochée à un collier qu’il n’avait pas avant. Il a un marqueur dans la main droite et le scalpel dans la gauche. Il se lève de temps en temps et écrit des lieux communs, des slogans des obscénités et des banalités sur le draps, par dessus la projection. Le marionnettiste porte un masque de cire blanche, reproduisant le masque de la tragédie. La jeune fille porte celui de la comédie, mais du sang coule sur son cou. Elle devient de plus en plus faible au cours de la scène.

LE MARIONNETTISTE :
Je sais pas ce que tu veux. Je sais pas ce que je veux non plus, remarque. Rire sans joie. Tu me diras… C’était sensé être différent, hein ? C’était sensé servir à quelque chose ? Tout ce merdier ? Cette putain de mascarade ? En définitive, on est aussi inutile qu’on a l’impression de l’être. On est pas fait pour se comprendre, pour vivre ensemble. On devrait tous se faire ermite, tiens. Ça nous éviterait de souffrir et de faire souffrir. Regarde toi, non, mais regarde toi ! T’es en train de crever et tu reste là, debout, comme ça, comme si de rien n’était, comme s’il y avait encore un combat à gagner… Ça t’as mené où, hein ? Ta noblesse ? Ton courage ? Tout ça n’a aucun sens…

La musique de la chorégraphie reprend, ainsi que les projections. La jeune fille commence à danser, maladroitement, le marionnettiste la rattrape avant qu’elle ne tombe et l’allonge au sol. Le coyote continue la chorégraphie, mais la musique s’interrompt brusquement, le coupant dans un mouvement. Il tombe. Le marionnettiste retire son masque et celui de la jeune fille.

LA JEUNE FILLE :
Tu l’a jamais compris, hein ? Pourquoi j’étais toujours debout. C’est simple, pourtant. Ça n’a sans doute aucun sens, tu as raison. Mais rester debout, c’est la seule chose à faire.

Elle meurt dans les bras du marionnettiste, qui regarde la marionnette. La lumière diminue, le coyote sort de sa prostration dans un halo faiblissant, prend sa laisse, la coupe avec le scalpel et s’en va. Noir.

FIN.

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Petites morts

Posté par Durf667 le 15 octobre 2011

Ça aurait pu être différent,

Ça aurait dû.

Mais ce qui peut ou doit être n’est pas forcément.

Les choses sont

Ou ne sont pas, rien de plus,

Rien de moins

Ce n’est la fin que parce que tu le décides

Ou le désires.

Ce qui revient au même.

Je suis le deuil,

La mort,

La résurrection.

Je suis le choix

Et l’absence de choix.

Je suis la chute qui précède l’ascension

Et inversement.

Je suis le coût.

Je suis le printemps,

Je suis l’hiver.

Je suis les petites morts dans vos vies.

Je suis l’Éros de Psyché,

L’Eurydice d’Orphée.

Je suis dans le premier regard,

Je suis dans la dernière étreinte.

Je suis dans les baisers, je suis dans les griffures,

Je suis dans tous les cris.

Je suis le désespoir.

Je suis les larmes d’hier

Et le rire de demain.

Je suis la raison

Pour laquelle tu es vivant.

Je suis les petites morts

Qui engendrent ta vie.

 

Je continue à faire les fonds de tiroirs. Ce texte a quelques années, mais il résonne d’un écho particulier dans ma tête en ce moment.

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