W.

Posté par Durf667 le 10 septembre 2011

Encore un vieux truc que je ne me souvenais même plus avoir écrit avant de tomber dessus à l’arrière d’un cours de Littérature comparée (je sais, c’est pas bien…) Retravaillé un poil ce soir, et posté dans la foulée, c’est un peu maladroit, mais j’aime bien le thème quand même.

Il regarde la Terre de son œil unique, et il contemple une étrangère.

Trop de choses ont changé, ce n’est plus sa Terre. Il sais pourtant que son devoir sera de la défendre une dernière fois et d’y perdre sa trop longue vie.

Il est seul, à présent, ils sont tous partis. Tous.

L’ennui.

Lui seul reste dans son majestueux palais désormais bien vide et poussiéreux. Prêt à tomber en ruine quand il en partira. Un palais désormais rempli seulement par le vol des corbeaux, souvenirs bruissant dans un battement d’ailes, réminiscences d’un temps passé où sa cour de guerrier faisait résonner les halls et les couloirs de chants paillards et d’invectives festives. De défis et de disputes, d’exclamations avinées et de bruyants exploits contés pour la millième fois.

Tous, ils sont partis.


Il se souvient encore du départ de son fils, le brutal, le fier, l’impétueux, un matin d’hiver.

Son fils aussi regagna cette Terre étrange qui ne voulait plus d’eux.

Il se rappelle les temples en flammes de cet étrange dieu crucifié, qui lui rappelait tant son autre fils, Baldr, le lumineux, le beau, le doux.

Des siècle de haine coulant dans les veines de cet autre fils empli de violence, le tonnerre dans la voix, les éclairs dans les yeux.

Il se rappelle les pillages qu’il observait de ce palais, de ces guerres et de ces massacres sans buts. Il se rappelle le crime impardonnable commandé par cette haine, résumé en deux lettre jumelles sur un uniforme. SS.


Il se souvient aussi du fier combattant, le gardien du pont menant à l’entrée de sa forteresse.

Des siècles d’attente. Plus personne ne venait.

La folie.

Le saut dans le vide sous le soleil couchant, éclairé par l’arc-en-ciel.

La chute fut longue, mais son esprit était déjà tombé depuis longtemps bien plus bas.


Il se souvient des anges de la guerre, les vierges sacrées, à présent prises au piège de trop de batailles, tombant une à une sous le feu d’armes qu’elles ne comprenaient pas.

La plus belle d’entre elle, la meilleures, la dernière, était tombée loin à l’est, sous un feu gluant et nauséabond tombant du ciel.


Il se souvient aussi de son armée de héros qui, fatigués d’attendre, s’étaient éparpillés sur la surface de cette planète pour y mourir une seconde fois, en lâches. Certains s’étaient suicidé, d’autre étaient tombés dans l’alcool ou la drogue.

Cette Terre-là n’avait pas besoin d’eux.


Mais lui, il attend toujours.

Les corbeaux s’assurent qu’il n’oublie pas, qu’il pense encore à ce qu’il a à faire.


Ils lui ont murmuré à son oreille sans âge que même le petit peuple était parti, décimé par un monde qui ne croyait plus en eux.

Pourtant, lui, il attend.

Il était le plus grand d’entre eux, il était leur roi.

Il ne règne plus que sur des couloirs vides.

Il pense à ses ennemis, qui n’ont pas pris les formes auxquelles il s’attendait.

Rien ne s’est passé comme il était écrit.


Il se souvient de ce mot ancien, devenu avec le temps synonyme de délivrance.

Ragnarok.


Et il attend.

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Crétin Rock, chanson tinèje-ponque.

Posté par Durf667 le 15 juillet 2011

Ceci est une chanson que j’ai écrite et composée il y a, ouh là, au moins. Je la poste ici à la demande générale de mon pote Dudule. Enjoy, you punx !

Couplet 1

J’ai un grave problème musical

Des fois, je me dis que je suis pas normal

Je ne connais que quatre accords

C’est pour ça, je fais du crétin-rock


Un copain m’a dit que c’était du ponque

Mais moi, je voulais jouer du fonque

En plus j’aime pas la bière parce que ça fait roter

Quand j’en bois trop, j’ai envie de gerber



Refrain 1


Dire des gros mots, ah ça c’est pas bien !

Je veux bien être un rebelle, mais faut pas le dire à ma mère

Faut que je rentre avant huit heure et demie


On répète le dimanche, parce que le samedi

Il faut que je fasse mes devoirs pour le lundi

Faut que je rentre avant huit heure et demie



Couplet 2


Depuis le premier couplet, ma vie a bien changé

Je passe mes journées a picoler

En plus, y a même des filles, même quand on joue fort

En fait c’est cool de faire du crétin-rock


Je me suis même acheté un scooter

Je vais pas trop vite, j’ai bien trop peur

En plus j’ai presque plus de boutons

On les voit plus derrière mes cheveux longs



Refrain 2


Dire des gros mots, en fait c’est marrant

Ça me donne presque l’air viril, et ça fait chier ma môman

Je rentre plus avant neuf heure et demie


J’ai une guitare, je l’ai appelée Roger

Bon, elle a que trois cordes, et je sais pas l’accorder

Mais Je rentre plus avant neuf heure et demie (au moins…)

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Rorschach, un prologue.

Posté par Durf667 le 12 juillet 2011

Ce texte était à l’origine destiné à « préfacer » un projet de recueil pour l’instant ajournée pour des raisons diverses. Il devait se présenter comme une anthologie de textes écrits par les différents auteurs précataclysmiques membres de l’A.R.P.E.G.E. (d’où la référence au papier et aux arbres). Comme je l’aime bien, ce texte, et qu’en plus il colle plutôt bien avec le contenu de ce blog, le voici, légèrement retravaillé.

 

Rorschach, un prologue.

Par Don Nihil Apsàra.

rorschach.jpg

Vous qui lisez ceci, arrêtez tout de suite.

Il n’est pas encore trop tard.

De toute façon, quel intérêt trouvez-vous à déchiffrer ces mots, sont-ils si différents que ceux que vous connaissez déjà ? Bien sûr que non, ce sont les mêmes que les milliers d’autres que vous avez lus ou entendus un jour. Ce ne sont que des tâches d’encre, des tests de Rorschach conceptualisés, argumentés.


Qu’y voyez-vous ?


Ce ne sont pas des héros romantiques en quête d’un hypothétique salut. Ce ne sont pas des péripéties passionnantes émaillant le voyage initiatique d’un crétin adolescent. Ce ne sont pas des évocations de sensations, de sentiments, d’émotions. Ce ne sont pas des signes arbitraires agencés selon une procédure précise et codifiée dans un but communicationnel.

Ce sont des tâches d’encre souillant de leurs noires empreintes le blanc immaculé du papier. Et on a tué un arbre pour ça !

Ce ne sont que des ombres qui vous empêchent de voir. La vérité est dans les marges et entre les arabesques. Quels que soient les mots, les idées, les actions que vous y percevez, ce ne sont que des mensonges.


Vous n’avez vraiment rien de mieux à faire ?

Remplir des papiers à renvoyer à la CAF ? Inventer un jeu d’adresse avec un brin de laine et une branche de saule pour votre petit neveu ? Essayer de vous nourrir correctement, pour une fois ?

Vous tenez réellement à lire ceci ?

On a dit que ce n’est pas le spectateur qui fait l’œuvre d’art. Le film existe même s’il n’y a personne pour le regarder. La mélodie se murmure à elle-même dans la folie du vent.

L’histoire a déjà été racontée.


Je n’ai pas besoin de vous.


Alors, plutôt que de perdre votre temps avec moi, partez, partez et remplissez votre vie, allez aborder cette jolie rousse que vous croisez tous les matins à l’arrêt de bus, demandez à un ami de vous aider à dessiner ce nouveau tatouage dont vous parlez depuis si longtemps, finissez enfin le dernier niveau de ce jeu sur la Play qui vous résiste encore.

Mettez un petit Trust à fond sur la chaîne et faites de la air-guitar devant le miroir de la salle de bain.


Vous ne trouverez rien ici pour remplir votre vie. Ça, c’est votre boulot, et ici, c’est de la mienne dont il est question.

Je ne peux rien pour vous. Êtes-vous là pour moi ?

A vrai dire, je ne veux rien de vous, vous m’êtes indifférents. Et vous n’avez rien à faire de moi, c’est vous-même que vous cherchez dans ces lignes. Vous n’y êtes pas. Il n’y a ici qu’une minable petite réalité, mais c’est la mienne.

Ne vous y trompez pas, j’apprécie que vous soyez encore là, à lire mes élucubrations. Ça flatte mon égo. Mais je ne veux rien de vous. C’est nous que nous cherchons dans le regard des autres. J’ai renoncé à creuser dans le jardin des voisins pour trouver les cadavres enterrés dans le mien.

Prenez ça pour ce que c’est : une excavation.


Vous êtes toujours là.


C’est vrai qu’on ralentit, sur l’autoroute, pour mieux voir l’accident.

Si ça peut vous faire plaisir…

Alors…



« Prenez, et buvez en tous,

Ceci est mon sang.

Rien que mon sang, égoïste et ancien,

Versé pour vous

Et pour la multitude

En rémission de MES péchés.

Faîtes le, ou ne le faîtes pas.

De toute façon, je m’en fous. »

 

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Proie

Posté par Durf667 le 6 juillet 2011

Ceci est un texte un peu ancien sur lequel je suis retombé en faisant le ménage dans mon ordi. L’idée était d’écrire une histoire en utilisant uniquement des phrases d’un seul mot. J’ai piqué l’idée à Richard Christian Matheson, qui a utilisé ce procédé dans une nouvelle que je ne parviens pas à retrouver. Considérez ça comme une tentative oulipesque.

 

Proie
Par Krist Morningstar (2008)

Nuit.
Samedi.
Non.
Dimanche. Matin.
Night-club. Musique. Electro.
Odeurs. Sueur. Alcools.
Vacarme. Foule. Moi.
Partir. Sortir.
Rue. Fraîcheur.
Humidité. Buée.
Néons. Lampadaires. Vitrines.
Flashes.
Moi. Éblouie.
Flou.
Passants.
Hommes. Femmes. Adolescents.
Fatigue.
Ivresse.
Psychotropes.
Tituber.
Errer.
Rentrer.
Chemin ?
Frisson. Se retourner.
Passants.
Hommes. Femmes. Adolescents.
Téléphone. Appeler. Marc.
Répondeur.
Merde.
Marcher.
Clope. Briquet. Chaleur.
Fumer. Inhaler. Poumon. Brûlure.
Nausée.
Impasse. Mur. Appui.
Vomir.
Bile. Rhum. Quick.
Abdominaux. Douleur.
Nuque. Picotement.
Sursaut.
Homme.
Trentaine.
Costaud.
Sourire.
« Bonsoir »
Approche.
Vite. Trop.
Là.
Crier ?
Choquée. Muette.
Lui.
Odeurs. Sueur. Alcools.
Silence. Personne. Lui. Moi.
Lui. Lourd. Moi.
Mur.
Douleur.
Ventre.
Couteau…
Crier… Essayer…
Odeurs.
Sang. Fer.
Douleur.
Ventre.
Suffoquer.
Crier… Prier.
Lui. Lourd.
Sueur. Sang.
Couteau. Bouger.
Douleur.
Lui. Respiration. Haleine.
Vodka. Cigarette.
Sang.
Douleur…
Ventre…
Faible… Fatiguée…
Lui. Rire.
Couteau. Bouger.
Douleur.
Trop.
Lui. Lourd. Fort.
Moi.
Faible…
Tellement…
Faible…

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Sweet Mary

Posté par Durf667 le 1 mai 2011

Je rêve de toi.


Je sais que TU n’es pas une bonne idée. Trop paumée, trop perdue, trop jolie pour moi.


Je rêve de toi.


Si parfaite… Je te revoie, ce jour-là… De bas en haut, comme si je me relevais enfin de ma position de victime. Des rangers noires, punkette idéale ! Des bas effilés, usés aguichants. La naissance d’une cuisse pleine de promesse… Une jupe trop courte pour être honnête. Un corset… Oh, ce corset ! Salope ! Comment poitrine pourrait-elle être si attirante, si désirable ? Ton visage, tes yeux, ton désespoir. Toi.


Je t’ai rêvé si souvent, dans tant de positions, dans tant de refus… Je t’ai tellement fait l’amour en rêve que mes muscles sont douloureux. Nous n’avons ensemble aucun avenir, aucun rêve à partager. Mais je te veux. Je te veux tellement que j’en ai mal à l’âme.


Perdue comme tu l’es, tu en es d’autant plus belle. Je ne te sauverai pas. J’ai déjà du mal à me sauver moi-même… Mais, putain de merde, je te veux. Je te désire. Je te convoite. Ne pas t’avoir est une souffrance. Ne pas t’avoir eu est encore pire.


Je crève de ne pas avoir senti la brulure de tes lèvres sur ma peau fatiguée, les coupure de tes mains sur mes désirs enfouis. Je meurs de ne pas connaître ton désir. Je veux te posséder, l’espace d’une seconde, d’un souffle, d’un rêve. Jamais je ne t’aimerais comme tu le voudrais, jamais tu ne me possèderas comme tu le désires.


Je sens nos corps absents, nos souffles emmêlés. Je sens tes mains avides, je sens ta tristesse, tes attentes. Je n’y répondrai pas. Je n’en suis pas capable. Je ne pourrai t’aimer que le temps d’une erreur.


Mais quelle belle erreur.


Je voudrais en commettre tellement, des erreurs comme toi. Je voudrais tant déboutonner ton chemisier, embrasser ta poitrine, passer ma main sous ta jupe, sentir la chaleur de ton désir ardent, attendre que tu veuilles, espérer que tu brûles.


J’ai tant rêvé de toi, que je ne peux même plus imaginer une nuit entre nous. Ce serait décevant, et pourtant… Et pourtant ! Ah ! Je te revoie, l’autre jour, attendant je ne sais quoi. Un baiser ? Une étreinte ? Ton décolleté parasitait tes paroles, j’en suis désolé ! Tu es tellement perdue… J’en aurais des scrupules, de me laisser aller. De me laisser aller à t’aimer, rien qu’une nuit, rien qu’un instant, rien qu’un souffle. Je ne peux te promettre plus. J’ai encore sur la langue le goût de la tienne, quand nous fautions ensemble, tellement trop pour nous le permettre, tellement peu pour en être satisfaits. C’était tellement agréable. C’était tellement idiot.


Je… Je … Je. Toi… J’ai l’odeur de ta peau dans les narines, même après tout ce temps. J’ai le goût de ta sueur sur la langue. Je crève de ne pas en avoir eu plus. Mais je sais que le mal que je peux te faire n’en vaux pas la peine. Je t’aime, mais pas comme tu voudrais. Je hais la testostérone. Je ne te veux pas de mal, mais c’est tout ce que j’ai à t’offrir…


Je ne t’aimerai pas comme tu le voudrais. Si tu me hais pour ça, j’en ferai un linceul.

 

Ce texte date déjà de quelques semaines, avant la création de ce blog, mais comme il m’a valu quelques félicitations par ailleurs, et que de plus son thème et son contenu trouvent un écho assez étrange à l’heure actuelle dans ma vie, pour d’autres raisons, que lors de sa composition (encore que…), je le reposte ici.

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