Poe – Update

Posté par Durf667 le 4 juin 2014

J’avais déjà publié un lien vers ce texte, mais l’adresse du blog d’Ardonau a changé, alors le revoici : il s’agit d’une collaboration entre Ardonau, talentueux photographe et moi-même, misérable scribouillard, et c’est disponible sur son blog, sur le thème d’Edgar Allan Poe. J’espère que ça vous plaira.

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Chronique de l’album « Fluids », de Kurt Cobain, sorti en 2014, par Lester Bangs

Posté par Durf667 le 16 avril 2014

Ce texte est un double hommage. D’abord à Kurt Cobain, sans qui, blabla, tout ça, vie pas pareille, lalala. Ensuite à Lester Bangs, dont j’ai humblement tenté sans y parvenir d’imiter le style d’écriture. J’ai donc imaginé qu’ils étaient tous les deux toujours de ce monde, et que Lester critiquait le dernier album de Cobain.

lesterbangs

Alors que j’atteins enfin cet âge merveilleux où les effets de la sénilité qui s’avancent vers moi telle une ambulance qui me roulera dessus dans moins de temps qu’il n’en faut pour épeler Alzheimer sans fautes, cet âge glorieux que je porte dans le blanc de mes cheveux et la sagesse (Argh!) dans le regard, où les jeunes femmes que j’accoste sur les plateaux télé ne me voit plus comme un vieux pervers mais comme un vieux con (ce qui n’est pas forcément mieux, maintenant que j’y pense), voilà donc qu’un nouvel album de Kurt Cobain arrive sur ma platine, mais je soupçonne le rédac’ chef d’avoir refilé le bébé au premier vétéran qui passait par son bureau.

Qui se soucie encore de Cobain en 2014 ? Sans doute un type dans mon genre, toujours à ressasser La Folle Et Incroyable Histoire Du Rock à une époque où les gamins consomme la musique comme les kleenex dont ils se servent pour éponger la merveilleuse expression liquide de leur jeunesse triomphante. Et il y en a toujours pour aimer écouter les histoires de l’oncle Lester. Après tout, jamais autant de groupes de rock n’ont sonné à ce point comme les Troggs ou les Seeds. Je parle de rock, là, me parlez pas de ce qu’on peut parfois entendre dans les boites de jeunes branchés émo-je-sais-pas-quoi, genre pour lequel j’ai largement dépassé l’âge limite recommandé pour y comprendre quelque chose.

Je sais que je suis un vieux con, et je l’étais déjà en 91 quand Nevermind est sorti. L’impression d’avoir non seulement déjà entendu, mais surtout vécu tout ça. Ceux qui se souviennent des années 80 savent à quel point, par exemple, les Guns and Roses n’étaient rien d’autre qu’une imitation musclée d’Aerosmith, qui étaient eux-même une mauvaise copie des New York Dolls. C’est ce moment-là que le rock a choisi pour se citer lui-même en référence. J’en connais qui résume une partie de l’histoire du rock à travers un axe Little Richard/Alice Cooper/Marylin Manson/Lady Gaga, si vous voyez où je veux en venir.

Alors quand Nirvana est arrivé, personne ne les a remarqué. Bleach était un honnête album de bruit qui faisait du bien tellement c’était nul, mais comme beaucoup d’autres trucs de la scène hardcore de l’époque. (Et, oui, je persiste et signe, le hardcore 80′s est le plus souvent nul, j’entends par là : mal joué par des incompétents et dont le simple but est de faire le plus de boucan possible avec un minimum d’accords et de talent. Ce qui est précisément la raison pour laquelle j’aime tellement ça et que je me passe les premiers Melvins au moins une fois par semaine).

Nirvana aurait donc pu rester une jouissive ânerie hardcore de plus. Mais Cobain avait plus d’ambition que ça, entendez : ce type s’est toujours trop pris au sérieux, ce qui fut dommageable à sa propre santé mentale, ce qui est son problème et à la qualité de ses disques, ce qui est le notre. Le mien, en tout cas.

Jusqu’à l’explosion en plein vol de l’avion Nirvana pour des raisons opiacées auxquelles Cobain faillit bien ne pas survivre, Nirvana a donc été le plus grand groupe de rock du monde, merci MTV, et ça a aussi été le dernier. Un carton mondial avec une des chansons les plus bêtes jamais écrite, ce qui n’est pas grave parce que la plupart des cartons mondiaux sont foncièrement idiots, un pétage de plombs en règle diffusé en temps réel dans les flashs info, Cobain était en train de devenir précisément ce qu’il ne voulait pas. Une star. Alors il a sabordé le truc en sortant coup sur coup un recueil d’inédits obscur et In Utero, que j’aime bien parce qu’on sent bien le type tiraillé par sa volonté d’être Michael Stipes et Ian McKaye en même-temps. Il y retrouve aussi un sens du boucan qui avait été perdu sur Nevermind.

La suite est pathétique. Split du groupe. Premier album solo suicidaire, encore du boucan, avec les types de Jesus Lizard, je crois qu’on ne trouve aucune mélodie sur le disque. C’est pourquoi je l’écoute à chaque fois que je me lasse du Metal Machine Music de Lou Reed, c’est à dire jamais. Mais l’intérêt de ce disque était précisément de pousser Geffen à ranger Cobain dans un tiroir pour l’en faire sortir de temps en temps pour qu’il puisse payer la pension alimentaire de Courtney Love.

cobain

D’où cet affreux album de 1998, sobrement intitulé Bitch, et on ne se demande pas du tout pourquoi. Le seul intérêt de ce sous-album de folk molle et bidouillé branchouille pour faire comme Beck, c’est justement la narration par le détail du divorce du type. On n’avait jamais connu Cobain aussi cruel, et beaucoup ne lui ont jamais pardonné de s’être montré aussi impudique et mesquin. Moi, je trouve plus que ça l’humanise, ce qui était précisément son but, histoire de se débarrasser de son statut d’icône. Mais l’album était nul. Voilà.

On connaît tous la suite. Les années 2000 ont vu Cobain alterner boucan majestueux et quête de La Chanson Pop Parfaite. Avec parfois un certain succès. C’est plus ou moins passionnant selon les albums, mais il y a du très bon dedans. Et du très mauvais aussi.

Et donc, Kurt Cobain a sorti un nouvel album. Comme à chaque fois, on se demande s’il a retrouvé la flamme nirvanesque, mais tant que Dave Grohl continuera à faire tourner la machine de guerre hard FM qu’il appelle les Foo Fighters et que Krist Novoselic restera à côté de Tacoma pour y faire pousser des chèvres, ça n’arrivera pas.

Cette fois, l’album rentre dans la catégorie pop saturée un peu beuglée sur les refrains. Il s’intitule Fluids (toujours cette vieille obsession Cobainesque sur le corps et ses excrétions diverses et au combien variées). Il est plutôt bon, mais pas que. Si vous vous intéressez au gars, vous l’achèterez. Si vous aviez 15 ans en 1991, vous l’achèterez. Sinon…

De toute façon, Cobain n’intéresse pas les jeunes qui, de toute façon, téléchargent.

Il n’intéresse plus que les vieux dans mon genre et les nostalgiques de leur adolescence (L’équivalent de l’assurance retraite pour un rocker, c’est la nostalgie de son auditoire pour sa propre adolescence. C’est bien pour ça que les Stones n’enregistrent quasiment plus de nouveaux titres), et ça pourrait bien lui suffire.

Alors, achetez son disque, ou ne l’achetez pas, je pense qu’il s’en fout. Nevermind, comme il disait.

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-Poe-

Posté par Durf667 le 19 mars 2014

Un nouveau texte (un poème) est disponible sur le blog de Kleanth, talentueux photographe avec qui j’ai collaboré sur le thème d’Edgar Allan Poe. J’espère que ça vous plaira.

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Vieillir, ou pas.

Posté par Durf667 le 10 novembre 2013

M’y revoilà à nouveau, mais cette fois, je sais que je n’aurais guère de nouvelles occasions de revenir ici. Le lieu privilégié où mon mal-être adolescent à débordé sur les murs en une mosaïque chaotique de cheveux filasses, de guitares fracassées, de corps portés par un public en noir et blanc.

Combien de rêves pré-pubère englués dans la glace de l’armoire ?

Combien de paroles de chansons jamais composées dans les tiroirs ? De romans jamais terminés ?

Combien de potentiels moi-même morts-nés ?

 

Bientôt, ici, il n’y aura plus rien.

 

Qu’y ai-je laissé, dans cet endroit ? Et aujourd’hui où me voilà contraint, par la force des choses, de trier ces vieilleries, de garder ce qui en vaut la peine, et surtout, surtout, d’en jeter la plupart.

Qu’ai-je donc abandonné de moi-même ?

Quels cadavres sont sortis du placard pour gagner la benne sans plus aucun espoir de résurrection ? Je sais pas.

 

Je sais pas. On a pu dire ici et là que vieillir, c’est souvent accepter de mourir un petit peu.

On oublie quand même qu’il s’agit surtout du meurtre de soi-même. Du moins, en partie. Du moins, une certaine idée de soi-même.

Du moins, et c’est le plus important, vieillir, c’est commettre le meurtre de toutes ces personnes qu’on aurait pu être.

 

Et donc, m’y revoilà.

Des dizaines de moi possibles frappent à la porte de mon présent. Il va falloir que j’en dégomme quelques uns. Reste à choisir lesquels. Je suis encore en train de creuser les fosses pour ceux que j’ai trouvé planqué dans cette piaule d’ado. Ceux qui sont parti à la poubelle sous formes de magazines, de vieux cahiers et de jouets cassés.

Ouais.

Va falloir choisir lesquels abattre, à ceux qui frappent.

Mais là, j’ai pas trop la force.

J’en voit un en particulier dans mon viseur, que j’ai pas envie de buter. Un autre à côté de lui me hurle qu’il le faudrait.

 

Dit comme ça, j’imagine que ce que je raconte peut être interprété de cette façon : « Il nous faut choisir qui nous voulons être ».

Y a de ça.

Mais c’est plus complexe.

 

Je pense qu’on ne choisit jamais vraiment de devenir la personne que nous finissons par être.

C’est bien d’avoir un objectif, encore faut-il l’atteindre. Mais le voyage est plus important que la destination qu’on s’est fixée.

On choisit surtout qui on NE veux PAS être.

Et on y arrive pas toujours, en plus.

 

Quant à moi…

 

Si j’avais une façon de vous présenter le fond de ma pensée, de vous expliquer mon ressenti profond d’une façon qui ne me paraisse ni auto-complaisante, ni par trop désinvolte, je vous en ferais part.

 

Mais là, du coup, je vais la fermer.

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Révolution. Rêve olution. Ré-évolution. Oh, wait…

Posté par Durf667 le 13 novembre 2012

Un peuple mal ou sous-informé est un peuple à genoux. Un peuple sur-informé est mal informé. Il n’y pas de pire dictature que celle de la sur-information. Le peuple n’a pas toujours le temps de hiérarchiser les informations. Dans les faits, il ne le fait jamais. Et c’est comme ça qu’on fait cinq minutes au vingt heure sur la sortie du nouvel i-phone, et qu’on entend quasiment pas parler de l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

L’Histoire ne juge pas. Ce sont les historiens qui le font.

L’insurrection qui vient a été retardée par la sortie du nouveau Twilight et l’album hommage à Goldman. Jean-Jacques, pas Pierre, donc. CQFD.

Le Christ n’était pas chrétien. Marx n’était pas marxiste. Moi-même, je ne me sens pas très bien.

Du pain et des jeux. Des téléphone portables et du foot. Ils ont zlatané la révolution.

Le truc, ça a été ne nous faire croire que la bande-annonce du bonheur passait en accès-prime time, juste avant la fiction du lundi de TF1.

Peur, frustration. Peur de perdre le peu qu’on a. Frustration de ne pas avoir plus. Ceci est le capitalisme.

C’est beau, comme couleur, le noir et le rouge. Le vert, aussi.

Il ne peuvent pas régler le problème de la pauvreté, des précaires, sinon la classe moyenne pourrait se rendre compte que les vrais parasites sont bien au-dessus d’eux dans l’échelle sociale.

Il n’y aura de révolution que si les média décident qu’elle est télégénique.

L’auto-gestion, ça commence par le fait de gérer sa propre vie, déjà.

Le capitalisme ne s’écroulera que quand le prix du pain aura moins d’importance que celui de la vie de celui qui le mange.

Les rêveurs, les utopistes sont dangereux, car ils imaginent. Alors ils nous font rêver de Mercedes, d’Hollywood, utopies de vie jet-set secret-storysées palaces aux Seychelles. Ils imaginent à notre place.

L’alter-mondialisme, c’est bien. Mais je me demande si je ne serais pas plutôt alter-darwiniste.

Les gagnants du Loto, s’ils étaient intelligents, devraient juste garder de quoi se construire une baraque la plus auto-suffisante possible énergétiquement (pour être le plus possible indépendant de l’État), de quoi se sortir deux ou trois fois le SMIC par mois pour le reste de leur vie et donner le reste aux associations ou organisme de leur choix.

Quiconque pense n’est pas en train de consommer.

Il y a la dictature des marchés financiers. La dictature des média. La dictature de la consommation. La dictature du travail. C’est beau, la démocratie.

Je ne pense pas voir la Révolution arriver de mon vivant, car je crois que la civilisation s’effondrera avant.

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