Révolution. Rêve olution. Ré-évolution. Oh, wait…

Posté par Durf667 le 13 novembre 2012

Un peuple mal ou sous-informé est un peuple à genoux. Un peuple sur-informé est mal informé. Il n’y pas de pire dictature que celle de la sur-information. Le peuple n’a pas toujours le temps de hiérarchiser les informations. Dans les faits, il ne le fait jamais. Et c’est comme ça qu’on fait cinq minutes au vingt heure sur la sortie du nouvel i-phone, et qu’on entend quasiment pas parler de l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

L’Histoire ne juge pas. Ce sont les historiens qui le font.

L’insurrection qui vient a été retardée par la sortie du nouveau Twilight et l’album hommage à Goldman. Jean-Jacques, pas Pierre, donc. CQFD.

Le Christ n’était pas chrétien. Marx n’était pas marxiste. Moi-même, je ne me sens pas très bien.

Du pain et des jeux. Des téléphone portables et du foot. Ils ont zlatané la révolution.

Le truc, ça a été ne nous faire croire que la bande-annonce du bonheur passait en accès-prime time, juste avant la fiction du lundi de TF1.

Peur, frustration. Peur de perdre le peu qu’on a. Frustration de ne pas avoir plus. Ceci est le capitalisme.

C’est beau, comme couleur, le noir et le rouge. Le vert, aussi.

Il ne peuvent pas régler le problème de la pauvreté, des précaires, sinon la classe moyenne pourrait se rendre compte que les vrais parasites sont bien au-dessus d’eux dans l’échelle sociale.

Il n’y aura de révolution que si les média décident qu’elle est télégénique.

L’auto-gestion, ça commence par le fait de gérer sa propre vie, déjà.

Le capitalisme ne s’écroulera que quand le prix du pain aura moins d’importance que celui de la vie de celui qui le mange.

Les rêveurs, les utopistes sont dangereux, car ils imaginent. Alors ils nous font rêver de Mercedes, d’Hollywood, utopies de vie jet-set secret-storysées palaces aux Seychelles. Ils imaginent à notre place.

L’alter-mondialisme, c’est bien. Mais je me demande si je ne serais pas plutôt alter-darwiniste.

Les gagnants du Loto, s’ils étaient intelligents, devraient juste garder de quoi se construire une baraque la plus auto-suffisante possible énergétiquement (pour être le plus possible indépendant de l’État), de quoi se sortir deux ou trois fois le SMIC par mois pour le reste de leur vie et donner le reste aux associations ou organisme de leur choix.

Quiconque pense n’est pas en train de consommer.

Il y a la dictature des marchés financiers. La dictature des média. La dictature de la consommation. La dictature du travail. C’est beau, la démocratie.

Je ne pense pas voir la Révolution arriver de mon vivant, car je crois que la civilisation s’effondrera avant.

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Important ? Unique ?

Posté par Durf667 le 18 septembre 2012

Question simple : Un individu a-t-il une quelconque importance ?

Autant le dire tout de suite, il n’y a pas de réponse évidente.

Je l’ai déjà dit par ailleurs, contrairement à ce que dit la fameuse tirade de Tyler Durden (Fight Club), nous sommes tous des flocons de neige unique et merveilleux. Mais les autres flocons n’en ont rien à foutre. Autrement dit : chacun a raison de se considérer comme unique, précieux, car il sera le seul à vivre cette vie-là, à exister de cette façon. Ou : ce n’est pas ta vie qui est importante, c’est ce que tu en fais, et chaque potentiel, chaque « devenir » possible est précieux. Mais chacun a tort de croire que naitre suffit à justifier cette importance. Croire qu’être un jour né est autre chose qu’un hasard, que cela seul confère à l’existant un droit à réclamer un dû existentiel est une erreur. C’est la porte qui mène au sentiment de supériorité.

Se croire à part, original, unique n’est pas une erreur. Oublier que les autres le sont tout autant est une énorme connerie.

Autre image : nous sommes tous des galets jetés dans un lac. On ne fait pas beaucoup de vague, car tout le monde fait ses propres petites vague. Mais on en fait quand même.

Poussons un peu plus loin. Quelle importance puis-je avoir ? Dans quel contexte ?

1 – Un contexte social. J’ai un rôle social. Une société qui fonctionne bien ne me laisse même pas me demander ce que pourrait être ce rôle. Dans l’Inde classique, un brahmane reste un brahmane, il n’a même pas à se demander ce qu’il est. La société le lui dit. Il n’y a pas si longtemps, en France, un fils d’ouvrier finirait lui-même ouvrier. C’était comme ça, on pouvait le déplorer, mais la société, avec toutes ses imperfections, fonctionnait. Elle était loin d’être idéale, d’être juste, mais ça fonctionnait. Depuis, le libre arbitre, la notion d’importance personnelle, de choix de carrière s’est imposée. Et c’est bien. Mais la société n’a pas suivi, laissant les individus livrés à eux-même, ne les guidant plus. On est passé d’un extrême à l’autre. Et ça, c’est pas bien. Du coup, cette importance, je me crois obligé de la revendiquer, de l’hurler. Et ça finit en cacophonie. Tout le monde crie « aimez-moi ! », mais plus personne n’écoute les autres crier la même chose que lui.

2 – Un contexte communautaire. Ne sachant plus qui je suis, puisque la société ne me le dit plus, je m’attache à un groupe. Je me définis par rapport aux autres avec qui je me sens des liens, réels ou imaginaires. Je suis français, musulman, punk, bourgeois, syndicaliste, etc. avant d’être moi-même. Car je ne sais plus qui est ce « moi ». C’est triste. On se perd à trop vouloir se trouver. Car la deuxième étape, celle qui suit l’adhésion à un groupe, c’est le rejet des autres groupes, perçus au mieux comme négligeables, concurrents, et au pire ennemis. C’est ainsi qu’on se retrouve sans savoir vraiment pourquoi dans une manifestation sans connaître la raison de la mobilisation, qu’on participe à des émeutes, protestant contre un film ou une pièce de théâtre qu’on a pas vu, à voter par peur plutôt que par espoir.

3 – le contexte personnel. Je suis sûr de mon importance, je l’affirme et l’impose. Je suis seul. Et j’en oublie que « qui je suis » est aussi défini par les autres. Vouloir de toutes mes forces imposer que je crois être (ce qui reviens à montrer ma propre importance), c’est être assuré de ne jamais le devenir, ce « qui je suis ». Le résultat en est évidemment un repli sur soi auto-entretenu. Le monde est perçu comme agresseur, et donc je m’en protège. je crois pouvoir me trouver, seul avec moi-même, mais on ne progresse jamais seul. C’est l’opposé du contexte communautaire, où je me définis par rapport aux autres. Là, je me définis contre les autres. Je crois m’être libéré de leur regard, mais j’ai l’impression que leurs yeux sont fixés sur moi en permanence.

Autre moyen, trouver de quoi valider notre importance dans le regard des autres individus (contrairement au contexte communautaire, où l’individu n’existe plus). C’est comme ça que l’on se met en couple sans savoir ce qu’est l’amour, juste parce que l’on remarque, dans le regard de l’autre, qu’on est important. C’est comme ça qu’on se met à l’art par désir de reconnaissance, alors qu’on a rien à dire. C’est comme ça quand s’engage en politique non par idéalisme, mais pour chercher à avoir une importance dans l’histoire. C’est peut-être la moins dangereuse des postures, car je peux finir par réellement tomber amoureux de la personne pour qui je suis important, je peux effectivement produire une œuvre intéressante, je peux en effet marquer l’histoire. Mais bon.

Je ne dois pas chercher à savoir qui je suis, toute réponse est une erreur. Car « je » est mouvant, changeant, multiple. « Je » ne dois pas savoir, « Je »doit connaître. Savoir, c’est avoir des certitudes, c’est le résultat d’un processus qui est souvent basé sur des pré-requis discutables. Connaître, c’est pressentir. On n’a jamais de connaissances de soi autres que des intuitions. Je ne saurais pas pourquoi je suis important, unique avant que cela ne soit évident. Je dois juste garder à l’esprit que je le suis.

En résumé, et pour finir, oui, vous êtes unique, mais c’est pas la peine d’en faire tout un plat. Vous êtes différents. Comme tout le monde.

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Ils

Posté par Durf667 le 28 juin 2012

Perdus dans un chaos de sentiments agglomérés à leurs égos et si suintants qu’ils glissent dessus, ils se fendent les os et appellent ça la vie.

Ils réclament un dû virtuel, imaginaire et vain.

Aucun effort n’est consenti, tout fut promis, tout fut trahi, mais qui a dit que quoi que ce soit devait être juste ?

Ils pensent vivre, mais ils consomment,

Ils croient jouir, mais ils empruntent, pour une nuit, une heure, ces corps fébriles trouvés au fond d’un verre.

Ils croient aimer, mais ils s’imposent les illusions et les modèles trouvés au fonds des rêves d’autres qu’eux.

Ils veulent tout, exigent tout, ordonnent qu’on leur cède, sans prendre le temps de prendre des coups.

Sans prendre le temps d’apprendre des coups.

Ils confondent révolte et provocation, ils réclament le respect, ils croient qu’on le leur doit.

Tout doit leur être donné, leurs blessures leur semblent plus profondes. Il n’apprennent plus, ils coulent, ils se noient dans les néons, les écrans, les fosses communes de l’information, les autoroutes remplies de milliards de véhicules vides.

Ils baisent en croyant faire l’amour.

S’ils le pouvaient, ils achèteraient des émotions sous cellophane, saines et inoffensives.

Aimer sans prendre le risque d’un coeur piétiné, se souler sans gueule de bois.

Ils ne comprennent pas que la valeur de toute chose est aussi dans son prix.

Le monde est remplis de contraintes et leurs révoltes indignées se cachent dans les replis de ce qui leur résiste.

Ce qui les insupporte.

Comment le monde ose-t-il ne pas se plier à leurs volontés ?

Alors, ils boivent, alors ils dansent, alors ils se jettent les uns sur les autres, se carambolent, se télescopent, chacun est la blessure de l’autre.

Alors ils votent non pas pour un candidat, mais contre la terre entière, ulcéré par l’idée de ne pas être tyrans eux-même.

Alors ils se gavent de molécules, ils se masturbent sur leurs salaires, ils font des gosses comme on joue au sims.

Ils n’ont pas à évoluer, on leur a toujours dit qu’ils étaient déjà parfaits. Du moins, c’est ce qu’ils ont compris.

Ils sont, comme nous tous, des flocons de neiges uniques et merveilleux. Mais ils n’ont rien à foutre des autres flocons.

Alors ils fondent, seuls, et laissent dans leur tombe une flaque négligeable qui n’arrose qu’une boite vide.

Alors, ils reviennent au néant, et le court épisode de leur vie n’aura servi à rien.

Elle ne fut importante que pour eux-même.

Une vie n’a de sens que celui qu’on lui donne.

Et ils n’ont jamais rien donné.

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Lettre ouverte à un personnage de nouvelle

Posté par Durf667 le 18 avril 2012

Tu sais quoi ? Tu m’emmerdes. Quelque chose de bien. J’ai pas encore écrit une seule ligne de la nouvelle dont tu es le héros (« héros » ! Laisse-moi rire, si tu savais ce que je te réserve…), dont tu es le personnage principal, donc, et déjà, je peux pas te piffrer.

C’est peut-être ça, le problème. Pour cette histoire, j’ai besoin d’un perso assez pathétique. Je dirais même que j’avais besoin, au départ, quand l’idée générale m’est venue, que tu sois antipathique. Je sais pas. Du coup, même si j’ai changé mon fusil d’épaule depuis, j’ai pas spécialement envie de me pencher sur ton cas. L’esquisse de base, bien qu’invisible, reste trop négative. Je suppose qu’elle me renvoie à une personne que j’étais il y a quelques mois, voire années, et que ça me gonfle de ressasser ces vieilles merdes.

Déjà, ça part mal, je sais pas comment te nommer. C’est important, un nom. Ça donne des indications. C’est une piste (qui peut-s’avérer fausse, d’ailleurs) pour le lecteur. Mais toi, je sais pas, tout les noms que je te trouve sonnent… faux. Joshua, Al, non, c’est pas toi.

Que mes personnages me fassent chier, c’est bon, j’en ai pris l’habitude. Merde, je crois même que je sais que je suis sur la bonne voie quand vous commencer à pas vouloir faire ce dont j’ai besoin pour continuer mon histoire. Ça veut dire que vous accéder à une certaine « réalité », que vous existez un peu en dehors de mon seul cerveau. Ça veut dire que je peux plus vous forcer à rien qui soit en désaccord avec ce que vous êtes. Ça veut dire que vous commencez à être des personnages avec une certaine épaisseur. Mais ça, en général, je le découvre (je vous découvre) au fur et à mesure de l’écriture.

Mais toi, non. Toi, il faut que d’emblée, avant même la première ligne, le premier mot, que tu te refuses à ma plume.

Pourtant, je sais déjà tout de toi.

Enfin, je sais ce qui devrait suffire à commencer à te raconter.

J’ai des pages entière de notes, il y a même des trucs là-dedans qui ne seront peut-être pas dans la nouvelle.

Je sais bien que c’est ma faute.

Je t’ai peut-être imaginé trop… désagréable. Et cette impression reste gravée dans mon esprit, quand bien même je voudrais te rendre plus… aimable. Il faut bien que le lecteur s’identifie un minimum.

C’est ça.

Je crois voir mon erreur.

Je t’ai peint en noir et blanc, et j’ai oublié les nuances de gris.

Erreur de débutant.

Mais je suis un éternel débutant.

Excuse-moi pour ce mouvement d’humeur. C’est pas contre toi.

J’y retourne. Mettre quelques nuances de gris.

Et peut-être même quelques couleurs, qui sait ?

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Entretien avec un autre vampire

Posté par Durf667 le 2 mars 2012

Si l’on en croit les physiciens, tout n’est qu’énergie et matière. En fait, tout est à la fois énergie ET matière, en même temps. Votre corps n’est qu’une onde, une gigantesque fluctuation quantique dans ce qu’il faut bien appeler le néant, ne serait-ce que pour la licence poétique. L’ensemble de tout ce qui est (ce que l’on va finir par caser sous l’appellation tout à fait arbitraire d’univers, ou de Dieu si ça peut vous faire plaisir) n’est qu’énergie et matière, n’est qu’une possibilité quantique. Ce qui revient à dire que, depuis le big bang jusqu’au big quoi que ce soit, de fiat lux à Ragnarok, que l’univers/dieu (matière/énergie) n’est rien d’autre qu’un acte de création fondamental en perpétuelle mutation. L’acte de création comme expression essentielle de l’énergie par la matière ( qui sont, rappelons le, la même chose). Est-ce que ça donne pas un peu de classe supplémentaire au statut de créateur*, bien qu’il n’y ait nul besoin de donner des preuves de la noblesse des troubadours ? Quand j’avais demandé à Chloe von Fyredorff d’où il tirait la volonté de continuer à vivre au milieu de sa propre aura de négativité féroce, c’est quand même à lui qu’on doit les côtés les plus nihilistes du précataclysmisme, la notion de catastrophe imminente, de… Mais je me rends compte que je me perds dans mes phrases (Règle numéro quarante-treize virgule trois, trois, trois… : le créateur précataclysmique ne doit pas chercher à contrôler quoique ce soit, et surtout pas l’acte de création. à moins que ce ne soit l’inverse. Copyright conjoint M.Pantomime et M. Daniels, Jack ). Quand j’avais demandé à Chloe von Fyredörf d’où il tirait la volonté de continuer à vivre au milieu de sa propre aura de négativité féroce, donc (merci Ctrl C, Ctrl V), il m’avait répondu d’aller me faire foutre. Voilà. Énergie négative en plein dans ma tronche, particules-ondes de haine pure.

J’ai rencontré Chloe durant l’été 2002. Mon estimé compagnon de déchéance éthylique Demian S. Coyote ( son second prénom est celui de son père) m’avait confié en main propre, accoudé au comptoir d’un de ces pittoresques troquets des petites rues de Limoges nommé le Duc Etienne, un CD gravé, à la pochette travaillée façon imprimante-deux-couleurs-pour-faire-punk-trois-photos-piquée-sur-le-net-avec-juste-un-filtre-photoshop. Un nom, Chloe. Juste Chloe. Une phrase, Agression is Art. J’ai toujours ce skeud, j’ai appris à aimer la photo en gros plan de cette femme nue agrippée aux barreaux de sa cage. En deux mots, sa(c )cage. Merci. Le son gravé là-dessus (j’ose à peine penser le mot musique, mais il a pourtant profité d’un soupir entre mes lèvres pour s’échapper) est électronique, minimaliste, relativement inécoutable, voire éprouvant et douloureux par moment (par douloureux, je veux dire que j’ai physiquement eu la sensation qu’on m’enfonçait un tournevis dans les tympans une fois ou deux.) Je ne connais personne qui ce soit imposé une écoute complète de ce truc sans subir des lésions cérébrales irréversibles. Haine=énergie=aggression=création=art. Fut-un temps, mon valeureux camarade de psychose Jehm Pöm écoutait ça dans sa voiture. J’en ai froid dans le dos.

Entretien avec un autre vampire dans Archive chloecover

J’ai rencontré l’entité psycho-physique Chloe von Fyredörf quelques mois plus tard lors d’un concert de black metal . Il en résultat un article paru dans le fanzine Mailting Potes de l’association « la pie lotoise », dont voici, à la demande générale des rédacteurs fainéants de cet essai, les meilleurs moments (sélectionnés par un panel représentatif de la population de mon appart ayant la flemme).

(…) Chloe. Un mètre quatre-vingts de peau si blanche qu’elle en était translucide, de maquillage mal appliqué, de cheveux filasses trop noirs pour le visage qu’ils encadraient, de tissus déchirés, d’automutilations diverses, de tatouages à l’absinthe et de cette séduisante arrogance que seuls ceux qui savent de façon intime qu’ils vont mourir jeunes peuvent afficher sans être ridicules. (…) C’était une pute venue de l’enfer pour montrer aux yeux du monde encore quelques anges avant l’effondrement et la fin de la société occidentale capitaliste. C’était Chloe, un Ziggy Stardust à deux balles, un être dont l’existence même était une insulte au concept de « civilisation » et un sacrifice sur l’autel de la décadence. Chloe était, avant toute chose, répugnant(e)**, insupportable, peut-être parce qu’il/elle nous renvoyait l’image de tout ce qui, en nous-mêmes, fait que la race humaine est vouée à l’autodestruction.

(…) Chloe parlait peu. (…) son regard suffisait, mais je ne savais jamais si l’expression triste, sauvage et vaguement condescendante de ses yeux voulait dire : « allons baiser tout de suite dans ta caisse » ou « tu es comme tous les autres, moi compris, un putain d’enculé de fils de pute, fous-moi la paix ». Au contact de Chloe, on avait la franche impression, dans tous les cas, d’avoir affaire avec une entité schizotrope, un être constituant à lui seul la mince frontière entre la santé mentale et la folie. On aurait dit une petite tantouze anémique qui aurait suivi des années de psychanalyse avec William Burroughs comme thérapeute, ou bien la fille illégitime de Jim Morrison et d’une geisha opiomane, gagnant sa vie en vendant sur le Net des photos S.M. et des animations en flash représentant James Dean en train de se faire sodomiser par une Christina Ricci androgyne équipée d’un gode ceinture.

Chloe était le signe évident que certains d’entre nous, la génération Y2K, mourraient jeunes, sacrifiés sur la croix du nouveau millénaire érigée sur les décombres d’un monde judéo-chrétien en perdition.

WE WILL DIE YOUNG.

C’est avec lui/elle que j’ai ressenti pour la première fois l’appel du vide, que j’ai entendu la sourde mélopée venue des abysses les plus sombres de l’esprit humain. Nous sommes destinés à la déchéance, et ceux qui le savent crient si fort que leurs corps se stigmatisent pour expier cette connaissance impie. Chloe était à la fois Adam, Eve et Lilith. Le fruit de la connaissance lui avait brûlé la langue et laissé sur son âme le goût aigre-doux du sperme, de la lumière artificielle et des cris. Le goût de la chute. Nous tombons ensemble, juste pour ne pas être seuls.

Rencontre de Chloe par Durf667 le 25/11/2002.

Paru sous le titre Chloe dans Mailting Potes n°H2.

 

Voilà. Je pense que vous avez tout en main. J’espère que vous avez envie de connaître dès à présent les productions de ce cerveau-là, celui de Chloe von Fyredörf. Neurones=matière=électricité=energie=création. Énergie chloeienne dans ta face. Allez en paix, mes enfants, et bon courage.

 Les masochistes peuvent écouter « Agression is Art » ici et .

 

Durf 667, Toulouse, 16/08/2005.

 

*Môssieu Demian S. Coyote, escroc intellectuel, ce qui est mal, et qui lit par-dessus mon épaule en ce moment même, ce qui n’est pas très joli-joli non plus, me signale mes conneries et me réprimande en conséquence. A la place de créateur, j’avais écrit le mot artiste, ce qui est effectivement une belle connerie. Il a instantanément vomi sur mon clavier, ce qui va d’ailleurs m’interrompre dans la rédaction de cette préface alors que j’ai autre chose à faire. Rappelons la Règle numéro moins infini du précataclysmisme : artiste, c’est un boulot, créateur, c’est un état. Et l’état, c’est moi.

Ol’ Man Sid dans un jour où il se sentait d’humeur taquine.

 

**J’ignorais encore quand j’ai écrit ce texte si Chloe était un mec ou une nana, rapport à son androgynie forcenée. Les filles de l’internat du lycée catholique Sainte Cindy de Bourg-la-Chignole, dans le Bas-Rhin, m’ont assuré que Chloe possédait tout ce qu’il fallait pour pallier la pénurie en cierge dont souffrait à cette époque la vénérable institution, on se demande bien pourquoi.

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