Se sortir la merde de la tête, et les doigts du cul

Posté par Durf667 le 23 janvier 2012

Y a des jours, comme ça… Et y a des jours tous les jours…
La révolution commencera sur un malentendu.
Si elle commence jamais.
Polybe : anacyclose.
Monarchie, Tyrannie, Aristocratie, Oligarchie, Démocratie, Ochlocratie.
Commence déjà par la faire dans ta tête, la révolution.

Des réveils comme ça, j’en voudrais plus jamais, ou alors tous les jours.
Envie de s’immoler par le feu devant le Palais Bourbon.
Envie de tirer à vue dans la rue sur les passants. Pour enfin provoquer une réaction.
Envie de se foutre en l’air pour des motifs philosophiques.
Envie de tous vous laisser dans votre merde.

Question : La révolution peut-elle être faite par des misanthropes.
Calculatrice autorisée, vous avez quatre heures.

Quand je serai grand, je veux être ermite, avec l’ADSL.

Les élites ne se rendent même plus compte qu’elles constituent une élite, justement. Elles sont persuadées d’être légitime, et plus intelligentes que les masses qu’elles prétendent représenter. C’est peut-être vrai, d’un point de vue intellectuel et culturel. Mais ce n’est pas une raison. À force d’avoir systématiquement raison, de leur point de vue, leurs idées consanguines ne s’opposent entre elles qu’en apparence.

Tout le monde est persuadé qu’un égoïste, c’est quelqu’un qui pense pas à lui. L’empathie, c’est bon uniquement pour permettre aux autres de se mettre à Ma place. Alors, pourquoi ils le font pas ? Les enculés…

« Indignez-vous »…
Mais c’est nul, l’indignation.
Être indigné, c’est se couvrir la bouche, ravaler un haut-le-coeur et dire « Oh ! C’est pas bien, car c’est mal ! », avant de repartir chez soi pour pas rater le match de foot.
C’est pas s’indigner, qu’il faut faire.
C’est juste un début.
C’est foutre le bordel, qu’il faut faire.
Mais c’est plus risqué.
Ils risqueraient de vous sucrer les APL.

Je voudrais simplement qu’on me laisse la possibilité de ne plus participer à ce merdier qu’on nomme la société. Mais on me laisse pas le choix.

Jusqu’à une époque pas si éloignée, ceux qui étaient radicalement opposé au système tel qu’il se présentait à eux avait toujours une échappatoire : se barrer. Traverser l’Atlantique, traverser l’Amérique jusqu’au pacifique, créer une communauté en Afrique noire, peupler une île déserte et envoyer tout le reste du monde se faire foutre. Le drame du XXème siècle, c’est l’abandon de la conquête spatiale. Les fous, les inadaptés, les rebelles et les paumés n’ont plus nul part où aller.

Il ne veulent pas de lendemains meilleurs, ils veulent un présent confortable, sans danger, et agréable.

Les pieds dans la merde, mais le poing levé.

La révolution ne sera pas télévisée. La révolution n’aura pas lieu tant que le peuple ne se verra pas à nouveau lui-même en tant que peuple. Là, il se voit essentiellement en tant que groupe d’individus distincts et égoïstes.

C’est pour ça, je te le dis, camarade, commence par faire la révolution dans ta tête. Tu verras bien ce qui en sortira ensuite. Le monde risque de rester bien dégueulasse, mais toi, t’auras avancé.

Ils ont essayé de la faire, leur révolution, en 68. Mais maintenant que leur génération est au pouvoir, ils disent, un sourire en coin, « Ah la la, qu’on était cons… »
Ça va, vous vous êtes bien marré ? Parce que nous, vous savez, vos gosses, on a pas tellement envie de rire, maintenant, là, tout de suite.

Se sortir la merde de la tête, et les doigts du cul.

La Rage, camarade, la Rage…

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Je sais pas/Je sais.

Posté par Durf667 le 29 décembre 2011

Je sais pas.

Je sais pas.

Je sais pas si tu te rends compte.

Je sais pas.

Je sais pas si je me rends compte.

Je sais pas.

T’es pas dans la merde.

Je suis quand même vachement compliqué, paumé, à l’ouest.

Je ne sous-estime pas ta paumitude.

Mais bon.

Tu vas en chier.

Je sais pas.

Je vais en chier aussi, remarque…

J’ai pas envie de te faire du mal.

Je veux pas.

Je veux pas.

Je sais pas.

Je veux pas.

Mais ça pourrait bien arriver.

Quoi ?

Tu me dis que t’es paumée aussi ?

Que je vais en prendre plein ma gueule ?

Mais c’est moi qui suis venu te chercher.

Sans savoir ce qui se passait dans ton crâne.

Sachant à peine ce qui se passait dans le mien.

En m’en foutant, à la limite.

J’assume.

J’assume.

Je sais pas.

J’assume.

Quinze, ou quatorze jours, c’est trop peu.

Ou pas assez.

On s’en fout.

On s’en fout.

JE m’en fous.

Je sais pas.

Je veux.

Je veux.

Je veux.

C’est l’essentiel.

Ça me suffit.

Et toi ?

Es-tu sûre ?

Je sais.

Tout ceci est profondément narcissique.

Je me soigne.

Je sais.

Je veux pas de faire du mal.

Je veux pas.

Mais je prends le risque que ça arrive.

Je prends aussi le risque de me faire du mal, à moi.

Et toi ?

Et moi ?

Je sais.

Je sais.

Je sais.

Je sais.

Je veux.

Je veux essayer.

Je sais.

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Historique du précataclysmisme

Posté par Durf667 le 26 novembre 2011

Le précataclysmisme est né d’une blague. 2004, ma dernière année d’étude, cours de littérature comparée sur Volodine et le post-exotisme. Je me souviens d’une heure de cours où sont abordés les thèmes des courants littéraires, le post-modernisme, les genres, etc.

Bref, j’aimais bien l’idée de l’écrivain qui crée, en quelque sorte, son propre genre, parce qu’il ne se reconnaît dans aucun genre pré-existant. Ça induit une certaine liberté. Et puis, j’avais l’habitude de ne pas me sentir à l’aise dans les cases. Suis-je un grunge, un punk, un situationniste, un intello, un petit con ? Je suis tout ça à la fois, et en même temps, je ne suis rien de tout cela, en un sens.

J’avais sorti dans un article de fanzine l’idée de la génération Y2K (pour year 2K, c’est à dire années 2000), piquée et détournée d’après un essai de Poppy Z. Brite. En gros, pour moi, la génération Y2K, c’est celle qui avait vingt piges, ou peu s’en faut, en l’an 2000. C’était un écho de la génération X, quoi.

J’ai développé. J’ai sorti de mon crâne, à partir de là, le précataclysmisme. L’idée de base était que ma génération était peut-être la première qui verrait de son vivant s’effondrer l’hégémonie de la civilisation occidentale sur le globe, et qui le savait. Elle attendait une catastrophe mal identifiée, politique, écologique, sociale ou autre. Ou tout ça en même temps. S’en suivait toute une série de constats visant à mettre en place un « mouvement » littéraire et philosophique fictif, basé un peu sur les surréalistes ou la Beat generation. Critiques sociale, artistique, tout ça.

Mais à la base, c’était quand même une grosse connerie. Rien de tout ça n’était très sérieux. Mais les divers auteurs précata sont un à un sorti de mon crâne, j’ai commencé à plancher sur recueil qui ne devait jamais voir le jour (j’aurais dû me taper un trip DIY, les photocopies, c’est le bien, mais qui sait…)

Sept ans plus tard, j’ai évolué, et cette idée avec moi. Elle est toujours aussi peu sérieuse. Mais à présent, je me rends compte qu’à force de chercher à définir cette vanne, à mettre au jour ce concept foireux, à réfléchir dans le vent pour expliciter ce truc bizarre, il s’est passé un phénomène étrange et inattendu.

C’est moi-même que je cherchais derrière ce masque de l’escroquerie littéraire. La philosophie précataclysmique, c’est la mienne. Les conflits fictifs entre les auteurs (Demian et Chloe s’engueulent fréquemment), ce sont mes batailles intérieures. C’est justement parce que je n’ai jamais pris tout ce délire trop au sérieux que ça s’est passé comme ça.

Les interrogations précataclysmiques sur le monde, la politique, la société, le rapport à l’autre, sont les miennes. Tout comme les réponses éventuelles que j’y apporte.

Et le fait que certains ailleurs que dans ma tête semblent s’y intéresser ne cesse de m’étonner.

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Petit lexique non-exhaustif du précataclysmisme

Posté par Durf667 le 28 octobre 2011

Absurde : Le monde, l’univers, tout, absolument tout est absurde. Vos proches ne comprennent jamais vraiment ce que vous voulez dire. 99% de la vie sociale est construite sur des malentendus. Le sens qu’on trouve est donné par nous-même, il en est d’autant plus important (voire Contrôle.)


Anarchisme : Ne reconnaître aucune autorité autre que celle issues de sa propre éthique.


Combat : Le précataclysmiste est toujours un combattant, comme un Jacob luttant perpétuellement avec l’ange, symbolisant sa propre vie, sa propre personne.


Contrôle : Toute tentative de contrôler quoi que ce soit est inutile. Le battement d’aile, le papillon, tout ça. Mais nous sommes tous des papillons.


Destin : « On ne veut jamais que son destin » (Thomas Mann). Chacun a son destin, qu’il se construit lui-même, tout comme il choisit le sens des choses et des événements.


Dionysiaque : Face aux sociétés humaines, profondément apolliniennes (pleine d’ordre, croyant au progrès, professant l’idée de la perfection personnelle comme but à atteindre pour chacun), le précataclysmiste se réclame du pessimisme dionysiaque. Il en appelle à sa propre imperfection pour se découvrir lui-même, il espère les erreurs qui le font avancer. Il oublie l’absurde au travers de la joie.


Éthique : Et même, « éthique amorale ». Une trace d’idéalisme apollinien appliquée à sa propre personne. C’est bien beau de trouver le monde dégueulasse, encore faut-il prendre la peine de ne pas le pourrir encore plus de par son propre comportement. C’est à chacun de trouver sa propre éthique et d’essayer au maximum de l’appliquer. C’est pas facile.


Exil : Le retrait du monde temporaire, quand il se fait trop dur, trop agressif, trop mauvais. Il peut être physique (l’ermite dans la forêt), mais aussi et surtout mental (alcool, drogue, sexe, par exemple). L’exil est une situation, la joie en est une forme, la plus apaisée et la plus belle.


Gnose : Le matériel est mauvais, le spirituel est bon, disaient les cathares. Voilà. Le monde EST mauvais, aucune société humaine ne pourra le rendre bon. La salvation ne peut être qu’intime et personnelle.


Hédonisme : Pour atteindre la joie, le plaisir et la recherche du plaisir peuvent aider. Le piège étant dans le désir qu’ils peuvent provoquer dans une âme, cause de souffrance (Dionysos n’a pas toujours raison). Mais l’hédonisme n’est pas mauvais en lui-même. C’est un cheval sauvage qu’il faut dompter en permanence, en tenant compte de l’éthique.


Idéalisme : C’est ça justement : une idée de ce que le monde et nous-même pourrions être, tenter de l’établir, échouer, mais progresser humainement en essayant. Car Apollon n’a pas totalement tort.


Joie : Le moment parfait où l’humain est pleinement dans la situation, où l’absurde est oublié, où la rage et l’éthique l’ont amené à enfin être réellement et absolument lui-même. La joie est éphémère mais justifie tout le reste, elle est une promesse, un aperçu, un rappel.


Nihilisme : L’absurde dit que rien n’a de sens. La gnose dit que le monde est mauvais. Le précataclysmiste est donc forcément nihiliste, ce qui ne veut pas dire qu’il voudrait forcément tout détruire. C’est juste qu’il ne croit pas en les idéalismes politiques, religieux ou autres qui tiennent la plupart des êtres humains. Il sait que la joie est ailleurs.


Précataclysmisme : La fin du monde doit toujours être prévues pour le soir même.


Rage : Une façon de transformer les émotions négatives destructrices en quelque-chose de positif. La rage empêche de se résigner et de baisser les bras. Elle peut porter loin. La colère, le désespoir, ne peuvent que vous aider à vous détruire. La rage peut vous aider à construire quelque chose.


Réalité : Il n’existe pas de Vérité objective, seulement d’innombrables Réalités subjectives.


Situationniste : Il n’y a pas de passé ou de futur, il n’y a qu’aujourd’hui. Il n’y a que la situation présente, riche de potentiel, pleine de ce qui fait l’humain. Le précataclysmite peut donc être vu comme un situationniste.


Souffrance : Le prix à payer pour avoir droit à la joie, si tant est qu’on utilise la rage que la souffrance engendre à bon escient, qu’on ne se laisse pas submerger par la négativité et l’anti-vie qui l’accompagne.

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Recueil de citations anti-appoliniennes, ou La fin du monde est pour ce soir depuis 2000 ans (au moins).

Posté par Durf667 le 10 octobre 2011

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« Pouvez-vous résister à de si doux penchants,
Et, dans ces tristes lieux, consumer vos beaux ans? »

Pétrone, Le satyricon (Ier siècle.)

 

 

 

« Si la chair est venue à l’existence à cause de l’esprit, c’est une merveille ; mais si l’esprit est venu à l’existence à cause de la chair, c’est une merveille de merveille. Et moi, je m’émerveille de ceci : comment cette richesse s’est-elle mise dans cette pauvreté ? »

Le logion 29 de L’Évangile selon Thomas (Texte chrétien gnostique du IVème siècle.)

 

« D’eux il en fut ainsi

que du chèvrefeuille

qui s’était pris au coudrier.

Lorsqu’il y est bien enlacé

et roulé autour du bois,

ensemble ils peuvent bien durer ;

mais si on les sépare,

le coudrier meurt bientôt

et le chèvrefeuille également.

Belle amie, il en est de même de nous :

ni vous sans moi, ni moi sans vous. »

Marie de France, Lai du chèvrefeuille à propos de Tristan et d’Iseut (XIIème siècle.)

 

« La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil nous a séchés et noircis;
Pies, corbeaux nous ont crevé les yeux,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais un seul instant nous ne sommes assis;
De ci de là, selon que le vent tourne,
Il ne cesse de nous ballotter à son gré,
Plus becquétés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre! »

François Villon, La ballade des pendus (XVème siècle.)

 

« Je veux m’allier au noir désespoir contre mon âme et devenir l’ennemie de moi-même ! »

William Shakespeare, Richard III (1593).

 

« De quelle espèce sont donc tous ces gens, dont l’âme n’a pour assise que l’étiquette, dont toutes les pensées et tous les efforts ne tendent pendant des années qu’à avancer d’un siège vers le haut bout de la table ?»

Goethe, Les souffrances du jeune Werther (1774).

 

« Et si je ris de toute chose ici-bas,

C’est afin de n’en pas pleurer. »

Lord Byron, Don Juan (1819).

 

« Je suis le Ténébreux, le Veuf, l’Inconsolé. »

Gérard de Nerval, El desdichado (1854).

 

« Il est bon d’apprendre quelquefois aux heureux de ce monde, qu’il est des bonheurs supérieurs aux leurs, plus vastes et plus raffinés. »

Charles Baudelaire, Le spleen de Paris (1869).

 

« Les hommes chantent parce qu’ils ont goûté à la mort. »

Tristan Tzara (début du XXème siècle.)

 

« L’Emissionniste n’est pas un être humain. Il est le Virus Humain. (Tout virus procède de cellules détériorées menant une existence parasitaire : il éprouve une affinité spécifique avec la Cellule Mère, et c’est ainsi que les cellules hépatiques délabrées se dirigent vers le berceau de l’hépatite et autres maux. Il en résulte que chaque espèce a son Maitre Virus : l’image pervertie de l’espèce elle-même.)
L’image pervertie de l’Homme évolue de minute en minute, de cellule en cellule… la misère, la haine, la guerre, gendarmes et voleurs, la bureaucratie, la folie, tout les symptômes du Virus Humain. »

William S. Burroughs, Le festin nu (1959).

 

« Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. »

Guy Debord, La société du spectacle (1967).

 

« Oh we’re so pretty

Oh ! So pretty

Vacant ! »

Johnny « Rotten » Lydon, Pretty vacant (1976).

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