#MoiMoiMoi

Posté par Durf667 le 14 juin 2012

Je me traine, et je sens les regards sur les murs.

Les gens ne se regardent plus, il lancent d’assourdissants murmures.

Ta photo de profil, es-tu si bonne en vrai ?

Regardez-moi, regardez-moi, j’ai besoin d’exister !

 

Je ne veux pas te connaître, je veux que tu me reconnaisse

Quel usage vais-je pouvoir faire du peu que tu me laisses ?

Regarde-moi, regarde-moi, j’existe plus que toi !

Je suis un homme social, je ne sors jamais de chez moi.

 

#MoiMoiMoi dans Chanson facebook-icon-bullet

 

Je t’envoie des messages, seule ta réponse m’importe,

Pas son sens, pas son fond, juste le fait que ma parole porte,

Que tu le saches que j’existe, que tu le saches que je m’en fous

Que je m’en fous de toi comme de tout ce qui m’entoure

 

Je n’ai aucun talent, je ne suis que du vent

Mais TF1 me l’a promis, je serais important

J’ai plus d’amis que toi, que je ne connais pas

Et les gens qui me suivent ne me poignardent pas

 

Je suis une identité électronique imposée

Au monde entier, mais comment ont-ils osé

Me réduire à ce corps mutilé, à cet esprit imbécile ?

Mon profil est parfait, plus que moi, si fragile.

 

Je suis les photos que tu vois, les commentaires sous ton lien

Non je n’ai pas cliqué dessus, je m’en fous, ce post n’est plus le tien.

Car je m’impose, je réfute les autres moi

Que les autres ont connu, dont ils parlent parfois.

 

Je choisis qui je suis, je ne fais aucun effort

Google me connait, je ne serais jamais mort

Je suis cet être numérique, je m’illusionne que c’est moi,

Je suis cet être numérique, non, je ne suis plus moi…

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Petit poème subtil et d’une rare intelligence, chanson en trois temps.

Posté par Durf667 le 3 juin 2012

Comme le texte précédent (celui-ci) a eu pas mal de succès en peu de temps, j’ai décidé de vous remercier en vous proposant cette guillerette petite chansonnette toute emplie de poésie et d’une ambiance primesautière de bon aloi. Et, non, je ne m’excuserai pas.

 

 

Sur le parking du supermarché,

Dans un vieux caddy abandonné,

Une abeille tranquillement se repait

***

De deux oeufs d’un poids considérable,

Oubliés par un client instable.

Derechef, l’abeille s’est mise à table,

***

Savourant ces deux oeufs colossaux

Qu’un jeune veau a pondu tantôt

Elle n’en reverra plus d’aussi tôt !

***

Moralité : L’abeille de caddy a des oeufs de veau lourds.

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Improvisation 29/3/12, 3:21

Posté par Durf667 le 29 mars 2012

Petit poème de circonstance.

Les yeux brûlés, les tempes enflées

Le cœur battant dans les oreilles

Insomnie

Encore une fois te retourner

Couché ou debout, c’est pareil

Insomnie

L’esprit qui part, puis qui revient

Flux et reflux de pensées vaines

Insomnie

Manger un bout, s’allonger, rien

Le néant assiste à la scène

Insomnie

Te recoucher, recommencer

Et t’efforcer de pas penser

La liste de ce que t’as à faire

Personne pour t’écouter, te taire

Avoir ou trop chaud, ou trop froid

Se retourner, froisser les draps

Insomnie

Trop fatigué pour t’endormir

Attendre, ne plus attendre, attendre

Trop désœuvré, bâillement, soupir

S’y faire et se dire qu’à tout prendre…

Insomnie

Insomnie

Insomnie

Insomnie

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Fable : L’homme qui boyait trop.

Posté par Durf667 le 21 février 2012

De rebours, mal en ligne, il boyait beaucoup trop.

De gros gargouillons brûrulaients dans ses tripouilles.

C’était son arbitrude d’abusager de chouille,

D’éthyler son cerchef. Mais là, entred’eux rots

Il pensistait à croiver en son contrôlage,

En sa gestitution de ses activultures.

Encore, il certitait que ses palabratures

Gardaient la sensition que proveut le langage.

À la Lune, il crilait : « Qu’obgardes-tu, blancasse ? »,

« Parcusez-moi, meugle homme ! » en trébuscant un arbre.

« Vous, garmante choiselle, vous êtes accorte aimarbre »,

Tenstant d’enlanguer le flicier qui l’embarcasse

Pour qu’il termisse sa nuitude en dégrision,

Une bossine en prisme sur sa testimage.

Alors, jeunitude, écoutend ces palabrages :

Quand le con va au vin, et ben, il reste con.

PS : Je tiens à remercier pour ce texte Lewis Caroll et l’ensemble de la poésie Vogone, qui m’ont bien inspiré, sur ce coup. En vous remerciant, z’êtes fort aimables.

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La ballade du loup

Posté par Durf667 le 30 janvier 2012

Accueilli par la nuit, fuyant le Noir
Du dehors, je suis seul, crevé et fou,
Comme toujours. Enfin, je suis mon miroir.
Face à moi, en moi, hors de moi, un loup
À visage d’homme m’enserre le cou
D’une main solide. « Qui crois-tu donc fuir ? »
Me souffle-t-il à l’oreille. « Je veux rire
Encore de mes douces blessures. Mon cœur
Crève d’exploser encore et souffrir.
Je veux sombrer ! Crois-donc en ton malheur ! »

Connaissant mon goût pour le Grand, la Gloire,
Pour les hauts sommets, je tombe à genoux.
« Laisse-moi », lui dis-je, « laisse-moi, ce soir,
Notre combat cesse. Je n’ai plus le goût
De risquer le gouffre en tentant, j’avoue,
D’atteindre les cîmes. » La Bête, un sourire
Méprisant aux lèvres, vient et me soutire,
Un croc dans l’échine, un frisson de peur.
Un instant mon âme se laisse trahir :
« Je veux sombrer ! Crois-donc en ton malheur !

Lui-seul garantit les plus grands espoirs !
Lui-seul crée les sommets, creusant le trou
Où tu t’enterres, il te permet de croire
Que tu peux grimper, triompher, car nous
Forgeons nos grandeurs, acceptant les coups. »
Reprenant mon souffle, je gémis, transpire
« Mais chercher la chute, aspirer au pire… »
Lui dis-je, « La défaite et la sueur
N’assurent pas la victoire. » « Tu prêtes à rire,
Je veux sombrer ! Crois-donc en ton malheur ! »

À toi, le sombre Moi, oui, toi qui tire
En plein cœur, qui tente de me séduire,
Je suis fatigué de fuir le bonheur
Pour une promesse, je ne veux plus dire :
« Je veux sombrer ! Crois-donc en ton malheur ! »

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