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À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

Crash-test #29

22 janvier 2015

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Haïku :

Elle n’entend pas bien

C’est pourquoi elle imagine,

Elle pense qu’on la hait.

 

Il n’y a, finalement, pas de matin plus triste que celui de Noël quand on n’est plus un enfant.

 

Quoi que tu fasses pour la première fois, dis-toi aussi que c’est la dernière fois que c’est une première.

 

Je suis PAS parano ! Je suis PRUDENT ! C’est pas parce que mon colloc paie le loyer que je le laisserai faire tout ce qu’il veux chez MOI. C’est pour ça…. Ouais, c’est pour ça que j’ai planqué toutes ces caméras partout dans l’appart. Une figurine en résine Gundam sur une étagère du salon, dans le salon. Une caméra dans le socle. J’ai détourné la kinect, aussi. Un faux briquet posé sur la table basse. Il fume pas. ET quelques autres… dans le salon, la salle de bain, l’entrée, la cuisine. Sa piaule. Le tout émettant en HF vers mon PC. Comme ça, il peut pas me la faire à l’envers. C’est qu’il ramène du monde à l’appart, en plus ! Des copains à lui, son dealer, ses parents. Des filles, aussi. Ouais… Des filles…

 

La viande avait le goût d’un meurtre. Le vin celui de cendres.

 

Tu n’es rien d’autre qu’une magnifique et inutile cathédrale de carbone.

 

La nuit fut longue et l’aube naissante se fige dans la fraicheur bleue d’un air nettoyé par une pluie intermittente. J’ai soif. Le soleil arrive. J’attends, sur le toit de cet immeuble, le cul sur le béton, le regard à l’ouest. Premier rayon de soleil. Caresse ma peau. Odeur de brulé. Ça fait mal. Ma joue exhale une fumée noire. Carbonisation en cours. Enfin, le soleil. La fin d’une nuit de 300 ans.

 

La douleur est parfois la seule façon de se rappeler qu’on est vivant.

 

« Le monde est injuste !

- Qui a dit qu’il était sensé l’être ? »

 

Et ainsi le mentor devint l’élève.

 

Alors, il reprend ce vieux texte, le relit, le corrige. Sans but. Il voit les failles. Il respire des mots venus de son passé. Ce n’est pas ce qu’il raconte dans ce texte qui compte. C’est ce que le texte lui raconte de lui-même.

 

Ils défendent la liberté d’expression en prenant des mesures liberticides…

 

Un rassemblement, ce n’est rien d’autre qu’un carrefour engorgé, ce n’est rien que le croisement des chemins personnels des membres d’une foule qui cherche sa destination.

 

Une vie, c’est juste la somme des mensonges que celui à qui elle appartient se raconte.

 

C’est pas moi qui suis désespéré, c’est le monde qui est désespérant. Et je suis lâche, aussi.

Crash-test #28

7 juillet 2014

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Je ne vois aucune solution. Chaque solution est un nouveau problème.

 

L’Humanité est un bambin aux commandes d’un char d’assaut.

 

« Mais il lui arrive quoi, au boss, au juste ?

  • D’après les rumeurs que j’ai entendu à la cafèt’, ce serait une dépression nerveuse.
  • Sans déconner ?
  • Ben ouais, rapport à je sais pas quoi.
  • C’est nul ! Y a un paquet de mortels qui ont écrit des histoires dont c’était l’intrigue.
  • Ben t’es un démon des arts, c’est normal que tu les ai repéré, ces histoires. Le boss, lui, il a rien dû voir venir.
  • Admettons. Mais c’est quand même un putain de cliché, ça, le Diable qui nous fait une dépression !
  • Fais gaffe, comme tu parles, on dirait que tu perds la Foi…
  • En même temps, pour un démon…
  • Certes. Mais je parlais de la Foi en Satan.
  • Ben apparemment, lui aussi… »

 

 

Je sais, ça fait longtemps que j’avais pas pondu un crash-test.

 

Le prêcheur se jeta dans la foule en hurlant et en vidant le réservoir du lance-flamme. « REPENTEZ-VOUS ! J’AI VU LA VERITE ! ET ELLE N’A AUCUN SENS ! »

 

Il fait des rêves de meurtres, de massacres, de sang et d’entrailles étalées sur le papier peint usé de chambres sordides, de cachots malsains, de rues abandonnées et de gratte-ciels en ruine. Il dormait bien.

 

Je ne vais pas bien, mais mieux que vous, même si vous pensez le contraire.

 

La planète était presque entièrement recouverte d’une forêt constituée d’arbre de plusieurs dizaines de kilomètres de haut. C’était presque un miracle, d’après les exobiologistes de l’expédition, si une espèce animale de type aviaire était parvenue à développer une intelligence comparable à celle des terriens. Ce peuple, installé à la cime des arbres, avait développé une technologie et une culture proche de celles de la Renaissance terrestre, et ce à partir de rien, il ne disposait après tout comme toute matière première que des ressources prodiguées par les arbres et certains animaux. Quand les vieux, le soir sous les étoiles, narraient leurs contes et leurs légendes, ils parlaient avec appréhension d’un lieu interdit et effrayant qu’aucun d’eux n’avaient jamais vu, situé loin en dessous des sommets des arbres, là où ils vivaient. Ils l’appelaient le « Sol ». Les tenants du culte de la Raison, les partisans des Lumières, tenaient pour ainsi dire acquis , d’ailleurs, que ce lieu n’existait pas.

 

Du pain et des jeux pour contrôler les masses. RSA, allocs, salaires, retraites, etc. Roland Garros, Coupe du monde au Brésil, Tour de France.

 

Nabilla n’est pas plus idiote que n’importe quelle courtisane de la cour de Louis XV.

 

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Crash-test #27

13 octobre 2013

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Je crois en l’infini simplicité de toutes choses. Je crois aussi en l’infini complexité de leurs relations entre elles.

 

Je suis très populaire chez les googlebots.

 

« T’as pas l’air d’aller bien ?

- Non.

- Tu veux en parler ?

- Non.

- T’es sûr ?

- Non. »

 

Plus personne ne lit, mais tout le monde écrit.

 

Quand on ne voit pas de solution, pas d’issue, quand il n’y a pas de chemin évident à prendre, il ne faut surtout pas s’arrêter d’avancer trop longtemps. On peut se poser cinq minutes sur le bas-côté, histoire de respirer, c’est même parfois nécessaire, mais il faut vite se reprendre et continuer sa route. S’arrêter, c’est mourir.

 

L’inertie nourrit l’inertie, consume l’énergie nécessaire pour en sortir. Plus t’es dans la merde, si tu te bouges pas pour en sortir vite, plus t’auras du mal à t’en dégager. Encore faut-il ne pas s’en prendre 12 tonnes d’un seul coup, et encore un peu plus plus tard. Et encore un peu plus…

 

Un antalgique n’a jamais soigné la maladie qui cause la souffrance.

 

Si j’avais des réponses, je me ferais pas chier à écrire. Si j’avais les questions non plus, d’ailleurs.

 

Quoi qu’il arrive, en bien ou en mal, il faut se consoler de vivre en se disant qu’on progresse toujours. Toujours.

 

On a tous eu ce fantasme d’enfoncer une lame dans le ventre gras d’un connard. On a tous eu le fantasme de tirer une balle dans la tête d’une méprisable merde sans même daigner la regarder.

 

Savez-vous qui vous êtes ? Si vous répondez oui, sachez que vous vous plantez.

 

« J’ai l’impression que tu n’écris pas tout ce que tu voudrais exprimer.

- C’est vrai.

- Pourquoi ?

- J’ai peur d’être lu. »

 

Je trouve parfois ces crash-test un peu artificiels.

 

J’voudrais pas que ça ait servi à rien.

Crash-test #26

15 avril 2013

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Il est des choses fondamentales de la Vie, de la Nature Humaine, du Réel qui tiennent de l’indicible. Le problème, c’est justement que tout le monde essaie d’en parler.

Le diable d’un peuple est le dieu de l’autre.

Dharma, Inc. vous propose une recorporation complète dans le corps de vos rêves ! Choississez votre âge, votre sexe, votre couleur de peau. Dharma, Inc. garantit la préservation totale de vos données neurales lors du téléchargement de votre conscience depuis votre corps actuel, son entretien sur nos serveurs sécurisés et lors de la recorporation. Un supplément au forfait de base est appliqué lors de l’ajout de données (nouvelles connaissances, compétences, etc.) où le traitement de données à visée psycho-thérapeutique.

Il ya dans la contemplation d’un édifice en ruine la même fascination, le même trouble, que dans celle d’un cadavre.

Je ne le dirai jamais assez, le concept de civilisation est une escroquerie.

Je ne le dirai jamais assez, le concept de santé mentale est très sur-évalué.

Je ne le dirai jamais assez, je dis quand même pas mal de conneries.

Si nous avions accès à tous nos souvenirs dans leur intégralité et sans transformation, si nous pouvions les ouvrir comme un fichier texte ou une vidéo sur notre ordinateur, alors, nous n’aurions pas la même perception de la notion de Temps. Car se remémorer parfaitement, sans erreur ni oubli, un événement du passé, c’est le revivre. Et ce n’est alors plus du passé, mais le présent.

Tu dis que si tu gagnes au loto, tu te serviras des thunes pour faire le bien autour de soi. Il est si facile d’être généreux avec l’argent qu’on a pas.

Le fondement de toute société réside dans la gestion de la violence.

Qu’est-ce qui fait un Être ? Son corps ? Son esprit ? Son vécu ? Autre chose ? Et si on lui enlève un de ces éléments, reste-t-il le même Être ? Mais alors, qu’est-ce qu’il est vraiment ? Qu’est-ce qui fait « Lui » ? Où réside l’étincelle divine qui fait qu’Il est ce qu’Il est ?

Le seul moment de la journée où je me sens totalement tranquilisé, c’est ce court moment qui sépare le moment où je me couche de celui où je m’endors.

C’est quand elle avait enfin acquis le pouvoir de modeler la réalité à sa guise qu’elle abandonna l’idée de l’utiliser pour le bien commun.

Quand il relut les textes des chansons de son premier groupe, il fut étonné d’à quel point ils révélait de lui des choses dont il n’avait pris conscience que des années plus tard.

Il avait un palais non en dehors, mais « à côté » de la réalité. Il l’avait rempli de divers domestiques, un bibliothécaire, des gardiens de pierre, des animaux familiers, et même un harem construit à partir des souvenirs qu’il gardait des femmes et des hommes qu’il avait connus. Mais il n’y allait plus jamais, dans ce harem, car les imitations n’étaient, justement, que ça. Des imitations.

Il y a Moi. Il y a l’anti-Moi. Et il y a leur Ombre à tout deux.

Crash-test #25 – Apologie du Néant

28 février 2013

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Être, Exister, Vivre, Survivre. Ce ne sont pas des synonymes.

 

Il fut une époque où les gens voulaient être reconnus pour un talent, un savoir-faire…

L’époque présente incite à vouloir être simplement connu.

Et moi, je voudrais qu’on m’oublie.

 

Tout est mensonge. Tout est fiction. L’histoire que l’on raconte, il n’y a que ça.

 

« Ça t’arrives jamais ? Ce truc qui prend naissance dans le labyrinthe de tes intestins, qui grossit, qui remonte dans la gorge ? Ce truc qui te brûle le sang, qui te lacère les veines ? C’est de la haine pure.

Tu sais pas d’où elle vient. Parfois, souvent toujours, ça vient de nulle part. C’est juste là.

Envie de fracasser un crâne avec une masse. Envie d’enfoncer un visage dans un mur. Envie de tuer quelqu’un. N’importe qui. C’est un ver qui ronge ton esprit, c’est un loup qui déchire ton cœur. »

 

Mourir heureux ou malheureux, à la fin, on est toujours mort.

 

À force de rester dans la marge, par fierté ou par mésestime de soi, par choix ou par contrainte, on finit par savoir lire entre les lignes.

 

La page était si blanche que je ne la voyais plus.

 

J’écrivais pour qu’on finisse par me comprendre. À présent, quand je pose le point final, je suis déjà content si moi-même, je me comprends.

 

J’ai remplacé le pessimisme par le nihilisme. C’est moins confortable, mais c’est plus honnête.

 

On peut vivre sans exister. C’est même la forme la plus pure et sublime de vie. C’est celle où le sang coule, c’est celle où le cœur bat. À la fin, on s’en va, on referme une porte. On rejoint le néant où l’on a toujours vécu. Celui qui cherche à exister cherche à claquer les portes, à donner un sens à sa vie. Celui qui cherche juste à vivre sait qu’il n’y en a pas.

 

La violence sera toujours la source des émotions les plus fortes. N’oubliez pas que l’amour est violence.

 

Le simple fait qu’un débat se lance à la suite de la lecture de quoi que j’ai pu écrire, ce serait la preuve irréfutable qu’on y a rien compris.

 

Si rien n’a de sens, je vais reprendre un verre de rouge et attaquer le Cantal.

 

Dormez. Vos rêves sont plus réels que vos vies étriquées. La vie, vous la portez comme une chemise trop petite, alors qu’elle est trop grande pour vous.

 

Tout le monde devrait fermer sa gueule, y compris moi. Parler ne sert à rien. Communiquer ne sert à rien. Plus personne n’écoute.

 

 

Crash-test #24

2 janvier 2013

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Les dieux fatigués observaient ce solstice d’hiver avec les yeux morts et blasés de ceux qui savent que les offrandes faites en ces jours les plus courts de l’année leur étaient à l’origine destinées.

 

Le démon le plus puissant du XXIème siècle n’est pas l’Orgueil, qui pourtant ravage nombre d’âmes. Ce n’est pas la Cupidité qui, lui aussi, enserre nombre de cœur. Ce n’est pas la Luxure, ce n’est pas la Colère. C’est la Paresse.

 

La fin du monde n’a toujours pas eu lieu, mais il suffit d’être patient.

 

Il faudra quand même que quelqu’un finisse par m’expliquer comment un type qui gagne 75 années de SMIC tous les ans peut trouver injuste que des ouvriers ne trouvent pas ça normal.

 

C’est pas les religions qui posent problème, c’est les religieux.

 

On parle de temps en temps dans les milieux geeks et technophiles de lunette à « réalité augmentée ». Moi je veux bien, mais vous avez bien vu la gueule de la réalité, déjà. Vous êtes bien sûr de vouloir l’augmenter ?

 

Les armes blanches, c’est sale. Mais c’est fun.

 

Comme résolution pour la nouvelle année, j’ai décidé encore une fois d’arrêter d’arrêter des trucs que j’arrête d’arrêter quelques jours plus tard. (il est possible que j’ai écrit ça l’an dernier ici-même. Mais bon, ça marche toujours.)

 

Ils sont mignons, les idéalistes.

 

On devrait pouvoir trouver un algorithme pour définir la date future où la totalité des individus de la planète seront présents dans des films X postés sur internet. Ça nous promet de chouettes cauchemars freudiens, quand aucun gamin sur terre ne pourra aller sur YouPorn sans risquer de tomber sur ses parents.

 

C’était encore pire qu’une reprise de Claude François en coréen.

 

Ils disent que la culture va mal à cause du piratage des œuvres sur le Net. Je dis que la culture va mal à cause du piratage des cerveaux par Justin Bieber, NRJ12 et Farmville. Mais bon, ça, c’est légal, alors…

 

Elle était belle comme une gaitling dans un marché de noël.

 

En gros, si tu ne penses pas peu ou prou comme les élites politico-médiatiques, tu es considéré au mieux comme un abruti, au pire comme un terroriste.

 

Le problème d’une société basée sur la consommation, c’est que pour vendre quelque chose, pour en faire un produit, il faut souvent le débarrasser de tout ce qui en fait l’intérêt primordial.

 

Dieu n’a pas du checker sa boite mail depuis un bail.

 

J’ai décidé qu’à partir de dorénavant, je fêterai la nouvelle année le 12 avril.

 

 

Crash-test #23

17 décembre 2012

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Au commencement, il n’y avait Rien.

Un Rien majuscule, qui ne se définit pas par l’absence de quoi que ce soit, mais par lui-même.

Rien n’était, Rien n’existait.

En fait, le terme de « commencement » est en lui-même impropre à cette situation.

Rien n’existait, et donc, pas même le Temps.

Tout ceci se passait, ou plutôt, ne se passait pas, avant le Temps.

Pour qu’il y ait le temps, il faut qu’il y ait quelque chose pour en subir les effets.

Or, nous l’avons dit, il n’y avait Rien.

 

On peut sagement rester sur la route. Ou on peut choisr de rater le virage.

 

Il y a ce type, dans mes rêves… Il est grand, maigre, à la peau lunaire et tout en lui paraît sombre et mélancolique. Il porte un long manteau de cuir sur ce grand corps au tatouage mouvant. Il n’a aucune patience avec la médiocrité. Je l’ai vu tuer de sa lame nombre des humains les plus petits et vil que je connaisse. Mais ils sont toujours vivants quand je me réveille.

 

À la fin, on passe son temps à le tuer en attendant qu’il nous tue à son tour.

 

Il était sur sa trajectoire, il savait que la destination ne lui plaisait pas, mais il se sentait incapable de faire un pas de côté pour se choisir un nouveau chemin.

 

Le danger, une fois l’absurde identifié et reconnu comme intrinsèquement lié à la notion même d’existence, c’est de sombrer dans la dépression. Pour éviter ça, il faut vivre. Pour vivre, il faut cesser de survivre. Et pour ça, il faut considérer l’éventualité que sa vie puisse partir gravement en live.

 

C’est pas parce que je suis heureux que je vais devenir optimiste. Y a des limites à toutes les bornes.

 

Nous sommes arrivés dans l’âge de la représentation de soi-même. Nous nous présentons au monde, de façon à contrôler notre image auprès des autres, en espérant un jour être ce que nous montrons de nous-même.

 

Mais pourquoi s’inquiéter de la fin du monde ? Elle a déjà eu lieu ! (Le mouvement précataclysmique sera dissous dès la confirmation de cette information.)

 

Peur, frustration, ennui.

 

La Terre n’a pas besoin de l’humanité. En fait, je ne suis pas sûr que l’humanité ait besoin d’elle-même.

 

Mais vous allez les fermer, vos gueules ?

 

Dieu a créé l’homme à son image, Satan a créé le sexe, la drogue et le rock n’roll pour qu’il s’emmerde moins. Puis l’homme a tué Dieu, et Satan se suicida devant tant de conneries. Depuis, chacun vénère des cadavres.

 

 

Crash-test #22

22 octobre 2012

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… plus d’abonné au numéro que vous demandez. Il n’y a plus…

La fureur se fondit sur son sang comme des eaux sauvages s’échappant du barrage écroulé qui les contenait auparavant. Ça brûlait. Un voile passa sur son regard, il avait beau se tenir au milieu du champs de bataille, il se sentait étrangement seul. Il en frissonnait. Puis, le sang se figea dans ses veines, et des lames de métal acérées déchirèrent ses vaisseaux. Ses dents devinrent des crocs de fer. Des os d’acier effilés percèrent sa peau. Il n’était plus qu’un amas d’angles de métal prêts à se planter dans l’ennemi. Alors, il hurla.

Je préfère la fermer.

Tout est bon pour ne pas penser. Livres, séries, films, BD… Tout. Pas envie de penser. Ça fait mal, de penser.

En Enfer, il y a pour chacun un grand hall dans lequel se tiennent tous les gens qu’on a pas aimé correctement. La torture, c’est qu’on les a aimé, mais mal. Et surtout, qu’on les aime encore. Mais mal.

Son refuge était un manoir planté à l’est de la Cité. Des tours étranges s’étiraient en tous sens, sans tenir compte de la gravité. Demian, qui avait déjà été invité en ces murs, savait qu’il ne devait pas s’éloigner du majordome. Les couloirs bougeaient pas mal, dans le coin. Ce qui était le sol d’un vestibule débouchait, une fois une porte franchie, sur le mur ouest d’une salle à manger. Ou sur le plafond d’une bibliothèque, ça dépendait. Ici, il ne fallait jurer de rien. Certaines pièces étaient plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Il y a erreur. Ce ne sont pas les fantôme qui hantent les vivants. C’est l’inverse.

Vous êtes vous déjà demandé, en partant du principe où votre vie eut été globalement identique à celle que vous avez effectivement vécue, si vous ne seriez pas mort si vous étiez nés ailleurs que dans votre pays ? Par exemple, comment auriez-vous vécu votre adolescence dans un pays très proche socialement, culturellement et politiquement, et où les armes sont en vente libre ?

La balle dans sa tête faisaient sonner tous les détecteurs de métaux. C’était très, très, très agaçant, à la longue.

La plupart des gens ne supportent tout simplement pas le changement.

Bibliothèque de l’Archiviste, il y a tous les livres jamais écrits, dans toutes les langues. Il y a aussi tous les livres qui n’ont pas été écrits, les inachevés comme les même pas commencés. Il y a une salle où les Rêveurs qui se voudraient écrivains mais qui n’ont pas capturé de muse, qui n’arrive pas à s’y mettre, qui bloque sur des pages blanches viennent pleurer devant leurs oeuvres mort-nées. Et il pleurent d’autant plus qu’ils n’ont pas le droits de les lire.

Elle était fasciné par le sang. Surtout celui des autres.

Salut.

Crash-test #20

30 juillet 2012

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Je ne crois plus en Dieu, je l’ai rencontré hier.

 

Ne cherche pas qui tu es, tu le sais déjà. La question est plutôt : qui veux-tu être ?

 

L’homme qui se projette dans l’avenir sans laisser le présent se réaliser pleinement ne fait que se projeter dans un mur.

 

C’est un de ces monomaniaques qui sacrifient leur vie entière à une seule chose jugée négligeable par la majorité. Il a liquidé depuis longtemps la plupart des liens sociaux, économiques ou autres qui l’incluaient dans un paradigme qu’il juge ne pas être intéressant. Il passe donc toutes ses journées à programmer les mouvements d’un sprite pour le faire progresser au plus vite, au plus efficace, au plus esthétique, à travers les différents niveaux d’un jeu vidéo. Il en connait toute l’architecture, toutes les failles, tous les aspects. Il les optimise dans un but purement trivial. Pas parce que c’est important, mais parce qu’il peut le faire. Quand il aura fait le tour de ce jeu donné, il passera à un autre. Il y reviendra peut-être quand ça performance aura été améliorée par un des ses semblables, quand un nouveau bug sera trouvé. Pour la beauté du geste. Sinon, il bosse à la poste, il prend des cuites occasionnelles avec les quelques potes qu’il lui reste, de temps en temps, il rencontre une fille.

 

La seule façon d’être un saint, c’est de se laisser mourir de faim, de soif, c’est de se dessécher.

 

Elle se baladait, aujourd’hui. De tête en tête, d’esprit en esprit, elle goutait du bout des lèvres la vie des autres, avant de s’en désintéresser comme on change de chaine la nuit sur le câble.

 

Dans ses rêves, il y avait des chaînes, du nylon déchiré, du mascara qui coule et des cris silencieux.

 

Un jour de grand soleil, d’écrasante chaleur, l’ambiance sous les arbres d’une forêt libre a quelque-chose de subaquatique.

 

Je ne crois pas en l’indivisibilité de l’âme humaine. Je ne crois pas à la confortable idée d’un esprit éternel transparaissant derrière les voiles de nos émotions, sentiments, état d’âmes, humeurs. Je crois, avec terreur et respect, au nombre infini des différents et éphémères aspects de nous-même qui ne cache derrière eux rien d’autre que l’atman, l’étincelle divine, le trésor caché, c’est à dire le néant.

 

C’est pas parce que je reviens de Bretagne que je vais caler des korrigans toutes les deux phrases.

 

Vu l’état des âmes de nos jours, je me demande si, vu que la psychologie inversée fonctionne pas trop mal, un penseur, un intellectuel efficace ne devrait pas se mettre à pratiquer la philosophie inversée.

 

Le paradoxe de la Réalité : toute chose est à la fois d’une incroyable complexité et d’une simplicité confondante.

 

Nous cherchons le Un. Le plus petit dénominateur commun. Toujours. Nous divisons pour analyser. Nous divisons la société en classes, la matière en particules, les concepts en idées, nous nous divisons nous-même. Nous ne devrions pas diviser. Nous devrions chercher l’Infini. Multiplier.

 

Désolé, c’est contraire à mes options philosophiques.

 

Quand on voit le nombre de moyens de communication que l’humain a développé, depuis le langage jusqu’à la cybernétique, depuis l’art jusqu’à la propagande, on constate qu’ils sont tous imparfaits. Sinon, ils ne serait pas si nombreux. Chercher à communiquer, c’est prouver l’impossibilité pour les êtres de jamais parvenir à vraiment se comprendre.

 

L’expérience humaine est remplie de chemins impossibles. Et il faut tous les prendre.

Crash-test #19

24 juin 2012

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Au centre du cyclone, il n’y a plus de vent.

 

« T’aimes le foot ?

Non, mais c’est le seul sujet de converstion que j’ai avec mon père, alors… »

 

Retrouver un code de connexion et ne plus se souvenir sur quel site il marche…

 

On peut résumer ça comme ça. Il y a Moi, qui suis qui je suis, mais qui ignore parfois l’être. Il y a le Loup, c’est le nom que je lui donne, qui veut blesser, dévorer, détruire Moi. Et il y a Lui, dans l’Ombre, qui est menacé par le Loup, qui aide Moi à le combattre, mais qui est tout ce que Moi n’est pas, ce que Moi voudrait parfois être, ce que Moi a peur de devenir, et Lui, pour exister, doit prendre le dessus sur Moi.

 

On pense mieux quand on en a pas le temps.

 

On a tous en nous-même quelqu’un qui nous fait honte.

 

Dans de nombreuses villes, il existe une rue, avenue, boulevard, ou autre, dédiée à Gambetta. Et il y a souvent dans ces rues un bar qui s’appelle « Le Gambetta ». Je suis persuadé qu’on peut passer de l’un à l’autre, et donc de changer de ville en passant par ces bars. Peut être par les chiottes.

 

Moi, j’ai appris à réfléchir. Et ben je souhaite ça à personne.

 

Depuis que je suis heureux, le confort que procure le fait d’être perpétuellement et profondément mal dans ma peau me manque.

 

Vaut-il mieux être détesté par des gens intelligents ou aimé par des cons ?

 

Bienvenue. Un conseiller va vous recevoir. Veuillez remplir le formulaire d’admission en attendant. Vous y trouverez les questions basiques, pourquoi vous souhaitez disparaître, comment vous imaginez votre nouvelle vie, si vous souhaitez restez en contact avec des personnes de votre ancienne vie (c’est déconseillé, mais possible. Et plus couteux), entre autres. Après entretien avec votre conseiller et notre psychiatre, notre société peut vous aidez à disparaître en 24 heures à compter du versement de nos honoraires. Le forfait comprend un suivi visant à perturber le travail d’un éventuel détective lancé à votre recherche. Ceci ne prend pas en compte les recherche menée par un gouvernement quelconque. Ce forfait-là est plus onéreux.

 

Ils refusent obstinément l’idée même qu’il soit possible de changer de paradigme.

 

De toute façon, dès qu’un hominidé a été capable de ramasser un caillou, je suis sûr qu’avant d’en faire un outil, il s’en est servi pour mettre sur la gueule de son voisin.

 

Imagine que tu reçoives par erreur le courrier de quelqu’un d’autre. Pourrais-tu t’empêcher de fantasmer sur sa vie ?

 

Il était trop fatigué pour réussir à dormir.

 

C’est pas que l’avenir me semble plus prometteur qu’avant, c’est que le présent me paraît meilleur.

Crash-test #18

16 avril 2012

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« On peut pas être bon tout le temps.

- C’est pas où raison pour être mauvais en permanence. »

 

Un cerveau est un flingue chargé.

Alice se dit que quelque chose n’était pas normal, enfin, que quelque chose était anormal d’une façon différente que d’habitude, quand le chapelier et le lièvre ne Mars commencèrent à s’engueuler à propos de leur vote à la présidentielle, l’un défendant un « vote efficace » en faveur de Hollande là où l’autre militait pour un vote « de cœur et de tripes » pour Mélenchon.

C’est une tension, une électricité sous-cutanée permanente qui lui ravage les muscle et lui fait grincer des dents. C’est un spasme en permanente gestation.

« … massacre en Syrie. Et maintenant, les résultats sportifs de ce week-end. Le PSG… »

Auparavant, le Loup s’en prenait également à son Ombre, qui, à présent plus libre du fait des blessures de la bête, obscurcissait le miroir.

Quand on connait l’effet d’un manque de sommeil sur une conscience, on se dit que vraiment, la drogue, c’est trop cher.

Vous avez remarqué, dans un bus, comme les gens font bien attention de ne pas se remarquer les uns les autres, justement ?

Exil.

Quand il était petit et qu’il sortait l’hiver sans son pull, sa maman le réprimandait en lui disant qu’il allait attraper la mort. Depuis, il continue à sortir l’hiver sans pull, mais avec un filet de pêche, des pièges à loup et des chaines. Pour être sûr de pas la rater, au cas où.

« Il faut prendre son temps afin de bien le remplir. » C’est moi, où ça sonne comme le titre d’un porno métaphysique ? (Métaphysique dans son cul, on est d’accord, c’est évident.)

Avez-vous noté comme ce sont souvent les gens les plus torturés qui font les projets les plus débiles ?

Quand les rêves se font plus intéressants que la réalité, quand on s’en souviens exactement, dans tous leurs détails, quand on y contrôle nos actes et nos paroles, alors le soi-disant monde réel ne devient qu’un rêve de plus.

Il avait essayé toute son adolescence de devenir quelque chose qu’il était déjà.

J’ai envisagé très sérieusement d’arrêter l’écriture. Et puis, je me suis dit qu’avant ça, ce serait déjà pas mal de commencer.

Crash-test #17

6 avril 2012

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Quand Al se retrouva en Enfer, il réalisa que ce n’était pas la première fois qu’il venait là.

 

Y a des fois, forcément, le doute s’installe. Le doute, c’est bien. Ça permet d’évoluer. Mais ça peut aussi devenir le flingue que tu tiens contre ta tempe.

 

On est trop nombreux. Ça va forcément finir par péter. Et ça sera pas joli.

Qui veux-tu être ?

Personne n’a jamais vu la pièce du labyrinthe où le minotaure avait rangé ses affaire. Un lit contre le mur, un congélo plein d’athéniens, un PC sous Windows 95 avec un modem à 56k. C’est pour ça qu’il était vénère.

Il est des personnes qui resteront à jamais des hypothèses.

À quoi pense un père qui se connecte à youporn et qui tombe sur un vidéo de sa fille ? Est-ce qu’il se dit que c’est mal filmé ?

J’ai toujours eu une sale tendance à trouver les gens paumés touchants. Je les vois un peu comme un symptôme de ce qui déconne dans nos sociétés. S’ils existent, c’est qu’elle ne fonctionne pas si bien que ça, la société. Mais tout lui mettre sur le dos est une connerie. Il serait temps de se bouger le fion. Depuis que je traine avec des gens qui, parfois tout aussi perdus, tentent de trouver des solutions (réalisables ou utopiques, crédibles ou fausses) par eux-même à ce qu’ils estiment déconner, ben mon moral, curieusement, a tendance à mieux se porter.

Il s’est fait largué par sa meuf parce qu’elle avait envoyé « TROMPE » en SMS surtaxé à un service téléphonique foireux.

En fait, il partait du principe que ce qui l’intéressait, LUI, était forcément primordial.

Quand je suis seul, j’ai parfois des doutes. Sinon, je ne me pose même pas la question. Ce qui est, en soi, une réponse.

Je pense pas que ça change quoi que ce soit au fait que ce soit un abruti.

J’écris moins pour le blog, en ce moment, mais c’est parce que, d’une part, j’essaie (j’essaie… J’ai pas dit que je réussissais, hein ?) de bosser des textes qui ne seraient pas destinés à figurer ici (trop longs, entre autre), et d’autre part, il semblerait que le monde réel me rappelle à lui de manière péremptoire, en ce moment.

Le mort se concentrait pour souffler sur les vitres et les miroirs. Mais il n’était pas encore assez fort pour écrire dans la buée avec ses doigts spectraux.

La différence entre radicalisme et terrorisme réside dans le craquement d’une allumette.

Du côté de son père, c’est pas tellement qu’il y avait des fous, c’est surtout qu’il se trimballait une sacrée généalogie de pervers…

À l’arrivée, la seule chose qui compte, c’est […]. Please fill the blank.

L’incertitude est pleine de possibilités.

Je reviendrai de manière subrogative, en tapinant.

Crash-test #16

12 mars 2012

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Je sais pas ce qu’on cherche, chez les autres. L’être humain est un animal social. Mais la compagnie des autres est douloureuse. Presque autant que la compagnie de soi-même.

Je vais bien.

J’ai plus envie de me prendre la tête, mais faut reconnaître que j’en ai tellement l’habitude que parfois, je peux pas m’en empêcher.

Il fouillait ses notes. Dix ans d’articles et d’interviews de groupes et musiciens divers et variés. Et au final, une grosse dizaine de feuillets sur « The Buzz », qu’il considérait pourtant comme un des meilleurs groupes inconnus de tous les temps. The Buzz, 4 ans d’existence, deux albums auto-produits, trois split-singles avec des groupes à peu près aussi inconnus qu’eux, quelques démo. Et le charisme de Desdi, le chanteur cramé. Il se demandait ce qu’il avait bien pu devenir.

Le loup s’était tu. Il ne tentait plus grand chose. Maintenant, il s’agissait de sortir de la cabane où il s’était enfermé pour lui échapper. C’était presque plus dur que de combattre la bête. Elle était rassurante, cette cabane.

Satan, la première fois où il passa son bac,

Se vit , par son échec, attendre un an la fac.

Moralité : Lucifer a repassé.

Tu sais, sur scène, avec le bon éclairage, le bon fond sonore, la bonne attitude, tu peux déclamer du Mireille Matthieu, ce sera classe.

Ils s’imaginent toujours qu’il y a quelque chose à comprendre…

Il m’arrive de penser.

(Hommage à Moébius) : L’être humain est-il bon ? Je sais pas… Grande question… J’ai peur que leur viande soit un peu filandreuse.

Joshua commençait à se sentir bien au sein de la Cité. Il y avait maintenant ses habitudes. Un appartement qui donnait sur les jardins suspendus d’Obéron. Le marché des faës où il passait tous les matins, par curiosité ou nécessité. Les pintes en terrasse du Paradise Lost. Les promenades vespérales en orée du Bois. Il s’y sentait bien. Se réveiller tous les matins et être obligé de quitter la Cité lui pesait de plus en plus.

Je ne suis plus seul. Parfois, ça me terrifie. Parfois, je me rends compte qu’il n’y a pas à avoir peur.

Dieu n’est pas mort, il est en ligne avec Orange pour qu’on lui rétablisse sa connexion depuis, ouh là ! Au moins. Saloperie de box.

Ce n’est pas le monde extérieur qui te tue, ce sont tes propres armes que tu retournes contre toi.

Un ange qui a perdu la fois, un démon qui ne croit plus au mal absolu, un humain médium au cerveau cramé par l’alcool, un sorcier obsédé sexuel. La fine équipe. Tout à fait le genre à être dans les plans secrets de Dieu pour empêcher, ou provoquer, l’Apocalypse.

Ça faisait longtemps. Je vous ai manqué ?

Crash-test #15

9 février 2012

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Le loup n’a pas forcément besoin de se jeter sur sa proie toutes griffes dehors, les crocs en avant. Pas besoin non plus de hurler ou de grogner pour se faire entendre. Parfois, blessé, il murmure. On entend à peine ses paroles derrière le bruit de ses chaines.

Il est des journées qui se terminent avant d’avoir vraiment commencé.

« Que fais-tu, encore réveillé, à cette heure ?

-Je ne dors jamais. »

C’est un peu comme s’il se tenait bien droit, immobile, sur un support en équilibre précaire. Le moindre mouvement provoquerait… provoquerait quelque chose. Tant qu’il ne bouge pas, rien ne se passe. Et il peut profiter de la vue.

Et qu’en est-il des anges qui, quand Lucifer rassembla ses troupes contre celles menées par Mikael au nom de l’Unique, refusèrent de choisir un camp ?

« T’as eu des news de Marianne ?

-Elle s’est suicidée la semaine dernière.

- Encore ? »

Merci d’être improbable.

Au commencement, il n’y avait rien. Et puis, soudain, sans raison, il y eut quelque chose. La merde commença quand ce quelque chose, par la suite, ressentit le besoin d’exister.

Il se sentait comme une assiette en porcelaine dans un magasin d’éléphants. Comme une blonde dans une librairie. Comme une ballerine dans un pogo.

Je ne sais pas ce qui est pire. Une éternité de souffrances en Enfer, ou une éternité de Rien dans les Limbes.

« J’ai mal au crâne. Putain, que j’ai mal au crâne. Ça fait bientôt deux mois que j’ai mal au crâne. En permanence. Même la nuit. »

Dans la version d’Hésiode de la création du monde, les premières divinités, les premiers concepts à apparaître sont Chaos, Gaïa, Tartare, Éros, Nyx et Érèbe. Le Vide, la Terre, les Entrailles de la Terre, le Désir, la Nuit et les Ténèbres. Tout ce qui est et existe provient d’un ou de plusieurs de ces concepts.

« Ferme t’Hegel : Nietzsche ta mère !

-Fais gaffe ! Schopenhauer de rien, moi ! »

L’ Amour.

Le Scientifique n’en parle pas.

Le Mystique en parle car il est certain de savoir ce que c’est.

Le Philosophe en parle car il est certain qu’il pourra, ce faisant, savoir ce que c’est.

L’Artiste en parle car il est certain de ne jamais savoir ce que c’est.

Si le Christ avait subi le supplice du pal au lieu de celui de la crucifixion, est-ce que les bonnes sœurs et les curés auraient tous des godes autour du cou ?

Crash-test #14

19 janvier 2012

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Accélère, accélère,
Quitte à rater le virage.

Pourquoi ? Comment ?

Il n’y a pas de sens à ce que vous lisez.
Il n’y a de sens à rien.

J’ai bien peur d’être un peu distrait, ces temps-ci. Les questions sont des leurres, ces temps-ci, là Bête ne rate aucune occasion. Alors, pas de réponse. Carpe Diem, on l’oublie trop souvent, implique un désespoir positif. Rien de pessimiste ou de triste, juste l’absence de toute attente vis à vis de l’avenir.

Des tomates géantes. Des vieux désespérés. Des pesticides.

Il n’a jamais été aussi libre qu’en ce moment. Est-ce que ça ne le rend pas dangereux ? Il a l’arrogance de ceux qui s’en foutent. Il a le sourire du chat du Cheshire. Il a dans les yeux une flamme froide, un regain de désintérêt, une joie combattive. Il est.

Rien.

0 – Le Mat ou Fou.
Matt prend un élan bancal, chancelant sous les effet cumulés de l’alcool, de la chaleur, du manque de nourriture et de l’adrénaline. Il tombe, perdant progressivement pied et l’espace d’une délicieuse seconde, plus rien n’existe. Soudain, le corps de Matt est retenu par d’invisibles forces, matelas de mains qui retienne un corps laissé à l’abandon. Le groupe continue son punk sur trois accords, la carcasse de Matt est soulevée et déplacée par l’énergie suante de la fosse. Elle passe de mains en mains, portée par une masse mouvante d’individualités indifférentes mais attentives. Puis, déséquilibre. La partie supérieure du futur cadavre de Matt est abandonnée, sans force, et le basculement qui s’en suit le sort de la douce torpeur dans laquelle il s’était plongé en sautant de la scène. Matt tend les bras et se raccroche à ce qu’il peut, un bras, une épaule, quelque chose. Une jeune punkette freine la chute en l’attrapant par le bras, ce qui lui arrache une grimace. Sous son T-shirt à manches longues, la peau est encore à vif, lacérée de cicatrices encore fraîches. Souvenir. La veille, soirée morte, rien à faire, personne à voir, solitude. Le baiser du cutter sur l’avant-bras. Une douleur physique pour remplir le vide, pour chasser la langueur mentale. Un petit quelque chose pour chasser le Rien. Matt est en voie de disparition de la surface de la planète, il est de moins en moins important dans la vie de moins en moins de personnes. Mais ce soir, il s’est jeté au milieu d’autres vies que la sienne, noyées dans le bruit des guitares, les vapeurs d’alcool et la fumée de cigarette. On n’est jamais aussi seul qu’au milieu d’une foule. Mais dans cette amas gluant de corps en nages, se balançant, se frottant, se cognant au rythme primitif de la grosse caisse, tout le monde est seul et Matt, s’il vit un peu plus fort que d’habitude, en existe d’autant moins. Ça le repose.

Ils croient vraiment avoir tout compris. C’est désolant.

Profite. Tout peux s’arrêter. Tout peut mourir. En général, tout finit par mourir. Tout n’est rien. Profite.

En vérité, je vous le dit, vive les brocolis.

Crash-test #13

28 décembre 2011

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Soyons désinvoltes, oh, putain, oui, soyons désinvoltes.

La bête s’était tue. Toujours assoiffée, on l’entendait grogner et gratter à l’extérieur. Mais les murs étaient à présent solides, l’entrée barricadée d’une lourde poutre de bois massif, les fenêtres laissaient uniquement entrer le soleil. Alors l’abomination, perverse, intelligente, déterminée, bien qu’affaiblie, chercha et trouva une solution. Le jour suivant, s’infiltrant par les fissures du plancher, le jour sous les portes, les cafards, grouillants et innombrables, apparurent.

Heureusement, j’ai du café.

Il était retombé dans cette vieille malle dont il avait tant eu de mal à sortir. Oh ! Pas de souci, il en ressortit aisément. Mais couvert de poussière et aveuglé par la lumière.

La crasse. La sueur séchée. La poussière accumulée. Les peaux mortes.

« Une dernière requête ?

- Tue moi rapidement, cette fois-ci. »

Tu vois, quand tu reviens d’un concert, les acouphènes ? Un putain de bourdonnement qui ne te lâche qu’avec le temps. Ben lui, c’est pareil, sauf que c’est pas d’origine acoustique. Un sale larsen de merde qui résonne en permanence contre les parois de son crâne.

C’est complètement idiot. Mais qu’est-ce que c’est bon, bordel !

Des fois, la vie, ou certain des éléments qui la constituent, se met en pause. Quelques jours ou semaine de statu quo. Faudra bien ré-appuyer sur play un de ces quatre.

Ça, c’est fait.

La plupart des gens, quand ils sont au bord d’un précipice, ne pense qu’à s’en éloigner. Ils préfèrent ignorer ce qu’il y a au-delà. Ils ont trop peur de tomber. D’autres sont fascinés, hypnotisés, sans doute par l’idée-même de la chute. Oh ! Je vais tomber ! ». Et ils tombent. Une poignée réalise que la chute n’est pas obligatoire. Il suffit d’apprendre à voler quand vous vous sentez prêt.

(Dépêchez-vous de lire ce paragraphe, il faut que je le rende à Neil Gaiman, après.)

Je vote, et je dis qu’il bluffe.

« Chères âmes, vous êtes priées de ne pas vous précipiter vers votre prochaine incarnation. Chaque Vie entamée l’est définitivement. Elles ne seront ni reprises, ni échangées. »

Quand j’étais petit, je voulais être Kurt Cobain ou Jim Morrisson. Et puis un jour, sans prévenir, j’ai eu 27 ans. Après, j’ai voulu être David Bowie ou Iggy Pop. Ou même Johnny Cash. Il m’en aura fallu, du temps, avant de me décider à essayer de devenir moi-même.

Ce n’est qu’un combat, continuons le début.

Crash-test #12

18 décembre 2011

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Ben merde, alors.

Apollon et Dionysos sont posés à une terrasse. Apollon boit un thé vert, Dionysos en est à sa troisième pinte. La discussion est cordiale, mais les deux interlocuteurs ne se comprennent absolument pas. Ça ressemble plus à deux monologues superposés et imbriqués qu’à un réel échange verbal.

C’est à peu près aussi jouissif que se balader dans un marché de noël avec un lance-flamme.

Quand la vie sociale est manifestement un terrain sur le quel on est mal à l’aise, la tentation de la fuir est forte. Et puis, qui a besoin d’une vie sociale quand on a sa page facebook, son twitter, son tumblr…

La bonne blague !

« Incroyable ! Y a des couilles qui ont dû lui pousser entre les jambes pendant la nuit, je vois que ça… »

« Travaille ! Consomme ! Crève !

- Non merci, monsieur. »

Hi ki !

Demian avait enfin trouvé un coin de la Cité où il se sentait bien. Une petite maison avec un jardin dans les faubourgs, on distinguait l’orée du Bois à quelques centaine de mètres.

Il se posait régulièrement au soleil, dans un fauteuil élégamment vétuste, un verre de liqueur sur une table basse.

Il y avait des rats dans les combles, mais ce n’était pas grave, ils avaient formé un groupe de rock, ce qui évitait à Demian de mettre de la musique. Il n’avait qu’à les inviter à partager une mousse de temps en temps et les relations de voisinage établies restaient parfaites.

La recrue s’en sort très honorablement, et laisse entrevoir un potentiel prometteur quant à ses performances à venir.

Ce cerveau est encore en travaux, prière de ne pas gêner le travail des ouvriers.

Joyeuse fête de Yule, joyeuses saturnales, bref joyeuse fête païenne du solstice d’hiver honteusement récupérée par les chrétiens pour pouvoir continuer en s’empiffrer de dinde, de mousseux et tout vomir après s’être offert tout un tas de cadeaux inutiles sans avoir à culpabiliser du gâchis occasionné par la sur-consommation et faire semblant de ne pas remarquer qu’on est passé d’une célébration somme-toute universelle du retour des jours dont la durée croit au profit d’une ode au capitalisme le plus éhonté, mais je veux bien des cadeaux quand même et le foie gras, c’est bon, et putain, c’est moi, ou elle est vachement longue, cette phrase ?

Crash-test #11

12 décembre 2011

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C’est facile à dire, « carpe diem ». Le passage du concept théorique à une réalité pratique, néanmoins, pose quelques problèmes d’ordre logistique.

Et pourquoi pas, après tout.

Pourquoi ? J’en sais rien. Enfin… j’ai tout un tas de raisons qui me viennent, depuis certains patterns psycho encore très actifs bien qu’identifiés jusqu’à de basses explications purement physiologiques. Pourquoi ? Ben… à l’arrivée, de toute façon, la seuls chose qui compte, je l’ai déjà dit, c’est pas « pourquoi » tu fais les choses, mais « comment ».

Yipee-Kay, pauvre con.

« Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. » Il doit être méchamment balèze.

On y arrive. Un cerveau, ça peut être une arme particulièrement puissante. Peut-être la plus puissante de toutes. Encore faut-il ne pas la retourner contre soi.

Je te préviens si jamais par hasard il me poussait une paire de couilles.

« Bonjour. Tout d’abord, en tapant « étoile » sur votre clavier, vous certifiez être majeur et avoir compris les conditions d’utilisation de notre service, disponible en tapant à tout moment sur la touche « dièse ». Veuillez ensuite indiquer de quelle façon vous souhaitez mourir, ainsi que votre numéro de téléphone après le bip. Un de nos opérateurs vous recontactera dans les minutes à venir. Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip»

Et puis merde.

« Non, parce qu’après, tu comprends, si ça se passe comme ça, y a des chances que je réagisse pas bien, ou alors comme d’hab, quoi, tu vois ce que je veux dire. Alors que, bon, si je la joue comme ça, au moins, voilà, mais bon, hein, c’est pas non plus… bref. Ou alors, c’est qu’il y a encore un autre truc que j’identifie pas, et dans ce cas, je veux dire, je fais quoi, hein ? Parce que bon…

 - Mec ?

 - Ouais ?

 - Ta gueule.

 - OK. »

POOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOGOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!

Je pense quand même qu’au bout du compte, tu risque de l’avoir dans le cul, camarade.

Faudrait éventuellement arrêter de compter sur les autres en permanence, tout en leur interdisant de faire quoi que ce soit pour t’aider. Je dis ça, je dis rien.

Mais non, t’es pas un connard. Un con, par contre…

En vérité, je vous le dis, le royaume des cieux appartient à ceux qui… Non, je déconne. Il appartient à personne, ou alors, tout le monde l’a déjà et s’en rend même pas compte.

Crash-test #10

2 décembre 2011

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C’est pas que j’aime pas les gens, c’est que les gens s’aiment pas eux-même.

La bête profite de chaque instant de faiblesse. Elle non plus ne veut pas mourir, mais il le faut. Alors elle plante ses crocs dans son âme à chaque fois qu’il l’oublie, qu’il s’oublie.

Si elle savait toutes les saloperies sales que je lui fais tous les soirs quand je m’endors…

Myrddyn m’avait servi un thé et expliqué qu’Obéron était parti en voyage diplomatique, laissant la Cité aux bon soin de Titania. Ça promettait. Comme dit Thomas Price, ça allait encore être un grand moment de football.

Là, je dois reconnaître que ça pique un peu.

« Apollon et Dionysos sont sur un bateau. Apollon tombe à l’eau, que-’est ce qu’il se passe ?

- L’équipage démarre une orgie, le bateau coule, tout le monde meurt. »

Bon, je le fais ou je le fais pas ?

Le seul crime du gars, c’est d’avoir été différent. Pour tous les autres, c’était pas normal de pas bosser, de préférer passer son temps assis sous un arbre, de discuter avec les chevaux, d’élever des escargot dans sa cuisine, de se balader sur les chemins de terre à quatre heure du mat’ pour profiter d’un ciel étoilé, de pas chercher à se caser avec une meuf, de juste profiter de ce que la journée apporte, quoi que ce soit. Alors ils l’ont pendu à la grande croix à l’entrée du village. Ils disent qu’ils se sentent plus tranquilles, maintenant.

Le problème, c’est pas le fait que les hommes et les femmes ne peuvent pas se comprendre. Le problème c’est le fait que les être humains ne peuvent pas se comprendre. Nuance.

Oui, non, peut-être je sais pas.

« Tu sais, je me rappelle à peine son visage. Tu sais bien que j’ai du mal à regarder les gens dans les yeux.

- Et puis elle a de jolies jambes, hein ?

- Il est vrai. »

Ça sent GRAVE l’après-midi constructive.

L’homme avait un comportement et des actes incompréhensibles. Si nous avions été dans sa tête, nous aurions su. Mais c’est personnel, une tête, on rentre pas dedans comme ça. C’est pas poli.

J’ai pas tellement envie de dire ce que je pense vraiment. En fait, j’ai envie de biaiser.

« Fais gaffe, quand-même, elle est paumée, cette fille…

- Merde, pourquoi tu m’as dit ça ? Je vais encore tomber amoureux ! »

C’est pas que j’aime pas les gens, c’est que les gens s’aiment trop.

Crash-test #9

20 octobre 2011

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Je dors.

Je dors même beaucoup.

Parfois, je me demande s’il me reste encore quelque chose à dire, à faire, à espérer.

Alors je dors.

Dans le sommeil, il n’y a plus de questions. Il n’y a plus de réponses non plus, mais peu importe.

La fatigue est toujours présente, acérée. Plus vivante que moi.

Mon esprit réfléchit mal.

Je dors pour ne plus penser.


La cage d’escalier est poussiéreuse. Les marches craquent sous mes pas. Des centaines d’étages se succèdent. La lumière est ocre. Derrière chaque porte, sur chaque palier, quelque chose attend.


N’y pense pas. C’est mieux.


« Qu’est-ce qu’elle attend ? Qu’est-ce qu’elle veut ?

 - Qu’es-tu prêt à donner ? Qu’es-tu prêt à perdre ? »


Non.


Le problème, avec le principe du carpe diem, c’est cet inévitable moment où, pour quelques instants, minutes, heures, jours, il n’est plus possible de l’appliquer.


Quand je ferme les yeux, je vois du feu.


« Elle me manque.

 - Qui ça ?

– Je sais pas. Mais elle me manque. »

 

Pour se trouver soi-même, le mieux est encore de suivre les traces de sang.


Le loup s’était réveillé. Il l’avait affronté déjà mille fois, l’avait blessé à mort parfois, lui avait offert sa gorge souvent. Toujours, il revenait, rôdant prêt de la clairière, fuyant le feu et la lumière, jetant la nuit sur son regard. Toujours. Le combat était sans fin. La victoire était pourtant improbable. Mais abandonner le combat, c’était mourir, de toute façon. Il passa la main sur les cicatrices, hésita une nouvelle fois à empoigner son arme. Mais il la prit et s’élança, poussant un hurlement millénaire.


Les mots sont des traitres.


Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui…


C’est pas ce que j’ai fait de mieux. Mais voilà.


Quoi ?


Fuir. S’exiler. Partir, loin. Ne plus voir que l’ombre des arbres ou l’écume sur les vagues. Ne plus sentir que la chaleur du soleil où la piqûre du crachin. Ne plus rien avoir à faire avec tout ça. S’allonger, et enfin se reposer.


Toujours. Jamais. Peu importe.

Crash-test #8

9 octobre 2011

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Méfie-toi de tes rêves (refrain connu).


La bête se débat. Elle crache, rugit, grogne. Elle ne se laisse pas faire. Son ombre s’étend sur le dompteur, lui cache le soleil. Toutes dents dehors, elle déchire et réduit en lambeaux à la moindre occasion. Elle s’engouffre dans toutes les failles, appuie sur toutes les plaies, laisse croire qu’elle est touchée, mais c’est pour mieux bondir à nouveau sur celui qui n’a d’autre choix que de la dresser. C’est couvert de sang qu’il sortira de ce combat, qu’il soit victorieux ou non.


Il n’y a qu’une issue. La question n’est plus de savoir comment ça va se terminer, mais quand.


Tirage du jour :

Le consultant : VI. L’amoureux.

Situation présente : XVII. L’étoile.

XVI. La tour inversée.

Guides : X. La roue de fortune

IV. L’empereur inversé.


Faire la part des choses. Discerner les fausses certitudes. Exhumer les vraies.


Elle est trop inaccessible pour qu’il ne bloque pas sur elle. S’il avait réellement une chance, elle ne l’intéresserait pas autant. C’est la totale impossibilité de toute victoire qui le rassure. Comme ça, ça reste du domaine du fantasme, du rêve, de la fuite. C’est plus facile.


L’oniromancien ne dort plus, désormais.


« Finalement, en tant qu’organe, mon cœur m’aura jamais apporté que des emmerdes.

 - Ben c’est justement ça, l’intérêt, non ? »

 

Il essayait de tenir une liste exhaustive de ses addictions, notant leurs progressions, les évolutions de leurs emprises sur lui. Elle faisait quand même douze pages.


Hey you, fuck you, I’m your god now !


Il faut vivre. Réellement vivre. Éviter les succédanés de vie sous cellophane qu’on vend dans les pubs. La plupart des gens sombre dans la dépression parce qu’ils sont déjà morts. Reposez-vous trois jours et revenez à la vie, comme l’autre hippie, là, dont le nom m’échappe.


C’est pas le nombre de démons sur ton épaule qui compte, c’est ce qui se passe quand tu leur fait fermer leur gueule.


Si les prophètes, les vrais prophètes, j’entends, pouvaient se décider à ne pas dire la vérité, peut-être que quelqu’un les écouterait.


C’est pas la société qui est malade, c’est l’humanité.


Y a quelque chose de religieux dans un concert rock. Une messe païenne. Un sacrifice à Dionysos.


En vérité, je vous le dit, vivement vendredi.

Crash-test #7

4 septembre 2011

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Qui suis-je ?


Quand il lui a dit qu’il pensait sérieusement à se faire interner, elle a répondu : « Tu peux pas ME faire ça ». Conasse.


« Qu’est-ce qu’on attend pour la faire, cette putain de révolution ?

- Mais tout le monde s’en fout, de la révolution. Ce que les gens veulent, c’est le dernier I-Phone, la nouvelle saison de Secret Story, à la limite des clopes moins chères. »


Un larsen, c’est quand un micro capte directement le son issu de la baffle qui diffuse le son que le-dit micro a capté auparavant, et donc ça tourne en rond, même si plus aucune note n’est jouée. Ça peut faire péter la baffle.

Un larsen, c’est quand ton cerveau capte des émotions issues du passé, même si rien n’est plus là pour les justifier ou les entretenir. Ça n’est pas réel, mais ton cerveau peut quand même exploser.


HELTER SKELTER, NANANANANANANAAAAAAAAA…


Ses tatouages se déplaçaient sur son corps. Il ne se détachait pas vraiment des ombres qui l’entouraient. Il y avait du sang sur ses lames, et de la tristesse dans ses yeux.


I feel your cheek on my skin,

Smell your air inside of me,

Feel the needle in my arm,

Feel the fire in your eyes.

Fell the spike, feel the blade,

Feel this love, feel your faith,

Blood, opiate and semen…

These are my fluids, give me yours.

We’ll never be higher.

Don’t you believe we’re one ?

I love you, so…


Je suis désolé, mais j’en connais qui étaient bien plus perdus qu’il ne l’est aujourd’hui quand ils ont trouvé leurs femmes. Je vois pas pourquoi il devrait attendre d’avoir réglé certains trucs avant de penser à se caser.


« Tu vois, t’es trop la tête dans le guidon, je pense. Prend du recul. Fais pause. Tu me dis que des deux principaux problèmes, c’est cette incapacité à faire correctement ton taf et ces sentiments qui devraient être morts. Je dis que tes deux principaux problèmes, c’est ton rapport à ce que tu imagines que la société attend de toi, et ce que toi, tu attends d’une relation sentimentale. C’est pas CE taf, CETTE meuf, qui sont des problèmes. Ils ne sont que des symptômes. »


Elle me tourne autour. Je sais que c’est un mauvais plan. Je sais que c’est un aimant à emmerde. Mais elle a quand même un très beau cul.


Le type, je sais pas comment, arrive à manipuler l’entropie autour de lui. Si tu veux, il est cap’ de traverser l’autoroute sans regarder, sans accélérer ou diminuer son pas, sans faire de détour, et de s’en sortir sans une égratignure. Et il joue même pas au loto, ce con.


Ils m’auront pas.

Je vous le dit.

Ils m’auront pas.

Crash-test #6

28 août 2011

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Enfin, l’été est terminé. C’est pas trop tôt.


Il savait qu’il avait un défaut rédhibitoire, à savoir son manque affligeant de confiance en lui-même et ses capacités. Mais mis à part ça, il savait également valoir bien plus que ce type, avec sa belle gueule, ses belles paroles et son sourire de beau gosse de merde.


Demain, il pleut.


La nuit n’a pas de fin. Le jour lutte, mais les volets clos lui interdisent de pénétrer dans la petite chambre en désordre. La poussière danse dans le bâillement d’un rayon pâle.

Livres et cartons s’entassent dans les recoins assombris. Deux mouches se disputent au plafond. L’homme est à son bureau, encombré de papiers, de crayons, de paquets de cigarettes vides et de tasses de café séché. Le visage éclairé par l’écran de l’ordinateur, il fixe d’un regard fiévreux un flacon de délicat cristal.


« Si on suit ton raisonnement, tout ceux qui sont pas né au Darfour ou en Afghanistan ont qu’à fermer leur gueule ?

  • Exactement. »


Elle espérait encore qu’il continuait de temps en temps à passer sur son facebook, sur son blog, à demander de ses nouvelles à leurs amis communs.

Elle espérait qu’il en avait encore quelque choses à foutre.


L’esprit humain est prévisible, analysable, observable. Il est aussi trompeur, tortueux et incompréhensible.


« Mais t’attends quoi d’elle, en fait ?

  • Je sais pas. Peut-être qu’elle se décide enfin à tomber amoureuse, histoire que je sois obligé de passer à autre chose.

  • Mais c’est que tu l’aimes toujours, ou tu veux juste la sauter ?

  • En quoi l’un empêcherait l’autre ?

  • C’est une réponse ça ?

  • On s’en fout des réponses, la vérité imprègne les questions. »


I won’t be drinking anymore…

I won’t be drinking anymore…

I said it once… Said it a thousand times before…

I won’t be drinking anymore…

It’s not a lie,

A drunkard promise,

It’ll just take some time…

Take some time…

Take my hand

And bring me to the end

Of this tears I hate to love.


« Ben tu comprends, pour draguer, j’ai connu mieux. Bonjour mademoiselle, vous faites quoi dans la vie ? Moi, je suis nettoyeur de scène de crime. »


Albrecht était un gnome des plus ordinaires. Il était issu de la branche cadette de la famille Boggan par sa mère, qui avait épousé un épicier de la Cité, bon sujet d’Obéron et épicier dans le souk des jardins suspendus. Il avait d’ailleurs hérité de la boutique de son père, qu’il avait fait prospéré en se spécialisant dans l’approvisionnement de diverses liqueurs, alcools, drogues et psychotropes venus des quatre coins des réalités.


Il était une fois un petit électricien. Son travail consistait à fabriquer des petits interrupteurs sur le cœur des gens quand ils tombaient amoureux. Comme ça, même quand cet amour disparaissait, qu’il fallait le mettre sur off, l’interrupteur était toujours là. À jamais.


Demander de l’aide est tout autant une preuve de faiblesse que de force.


Essaye, essaye, essaye encore, et n’oublie pas de mourir.

 

Crash-test #5

14 août 2011

0 Commentaire

 Entendu tout à l’heure dans Dr. House : « Vous avez du talent. Ne le gâchez pas parce que vous êtes malheureux. »

 

Dans une mégapole cyberpunk, un nettoyeur de scène de crime accroc au porno tombe par hasard sur un implant neuronal générateur de réalité virtuelle décodant l’inconscient de son porteur pour bio-simuler ses fantasmes personnels.

 

De l’influence des réseaux sociaux sur l’évolution des rapports humains, ou : la dépression facebook, mythe ou réalité ?

 

La pièce était remplie de clés, partout. Sur les étagères : des cartons pleins de petites clés brillante. Des trousseaux entier étaient accrochés aux murs. Une douzaine de clés imposantes, en vieux métal noirs, longues de plusieurs centimètres, reposaient dans une corbeille. Des clés jouets en plastique vert et rouge trainaient sur le sol. Et pourtant, à cette pièce, il n’y avait qu’une seule porte.

 

« My lover

My dead-end street

You’re my favorite perversion

My lover

Save my soul

Everyone is waiting for the dawn.

 

Wait for the sun to burn our sins

Wait for some light into this pit.

 

Crucified

Parricide

Now you can nail me down… »

 

Je crois que le mot que tu cherches, c’est stase. C’est pas bon, ça. T’arrêtes d’évoluer, d’apprendre, de vivre. Il faut sortir de cet état de stase. Je crois que le mot que tu cherches, c’est extase.

 

Des trolls feignants, des vampires buveurs de jus de myrtille, des loups-garous bedonnants, des elfes plus fragiles qu’ils ne le pensent.

 

Au bout du compte, dans la pénombre d’une chambre à coucher, tous les corps finissent par se ressembler. Seules les âmes demeurent sensuelles, attirantes, excitantes. L’absence d’âme n’est pas un problème. C’est physiologique. Mécanique.

 

Il s’est endormi sans que personne ne le remarque. En même temps, il a toujours tout fait sans que personne ne remarque rien.

 

« J’ai plus de souvenir que si j’avais mille ans…

  • En même temps, tu AS mille ans.

  • Ah oui, j’oublie tout le temps. »

 

Les masques finissent par émousser les visages qu’ils recouvrent. Certains n’en ont d’ailleurs plus.

 

Je ne sais plus lire.

 

Il était une fois un petit garçon perdu dans la forêt. Ce dont il avait le plus peur, ce n’était pas du loup vicieux tapi dans l’ombre. Ce n’était pas des ombres rampant à travers les feuillages. Ce n’était pas les bruits innombrables, branches cassés, grognements, trépidations. Ce dont il avait le plus peur, c’était du fait même de se savoir égaré.

 

Je n’attends rien. Mais j’espère beaucoup.

Crash-test #4

17 juillet 2011

1 Commentaire

C’est l’histoire d’un petit garçon qui était persuadé d’être né sans jambes.


Je te jures, je te cramerais c’te baraque, ça règlerait pas le problème, mais ça serait bon pour mes nerfs.


Vises-y l’œil !


Les hasards de la vie lui avaient mis dans les mains La montagne magique, de Thomas Mann, pile au moment où la tentation de l’exil, de la retraite, s’insinuait dans son âme comme le sentiment amoureux s’attaque à l’esprit d’un adolescent submergé par les hormones.


Rhôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôô !


« These are my fluids, give me yours »


Chacun d’en nous est effectivement un flocon de neige merveilleux et unique. Mais tous les autres flocons s’en foutent.


Rien à foutre des pom-pom girls.


Il était lui-même surpris de se sentir aussi bien. Après tout, il était malheureux depuis si longtemps, son mal-être était si habituel, que tout en lui semblait résonnait en permanence d’un deuil indéterminé mais constant. Aussi, quand par extraordinaire son ciel s’éclaircissait, il y voyait presque un mauvais présage. Au centre du cyclone, il n’y a plus de vent.


La merde, l’erreur fatale, la connerie fondamentale, c’est la sédentarisation.


Sans doute le locataire précédant avait-il commis une erreur en procédant à son changement d’adresse, car, les premières semaines, il lui arriva de recevoir quelques lettres et colis qu’il s’empressait de renvoyer à l’expéditeur. Néanmoins, il en ouvrit par erreur un dont le contenu l’intrigua beaucoup. Ce fut un de ces amis qui dût lui expliquer qu’il s’agissait d’un vagin artificiel destiné à la masturbation masculine.


et quand il ouvrit la porte, elle était encore là.


« Fais moi confiance. La colère d’Obéron est rare. Rarissime. Mais t’as pas envie de la provoquer. Fais moi confiance. Maintenant, rend-moi mon œil, s’il te plait. »


Plouf.

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