Crash-test #24

Posté par Durf667 le 2 janvier 2013

Les dieux fatigués observaient ce solstice d’hiver avec les yeux morts et blasés de ceux qui savent que les offrandes faites en ces jours les plus courts de l’année leur étaient à l’origine destinées.

 

Le démon le plus puissant du XXIème siècle n’est pas l’Orgueil, qui pourtant ravage nombre d’âmes. Ce n’est pas la Cupidité qui, lui aussi, enserre nombre de cœur. Ce n’est pas la Luxure, ce n’est pas la Colère. C’est la Paresse.

 

La fin du monde n’a toujours pas eu lieu, mais il suffit d’être patient.

 

Il faudra quand même que quelqu’un finisse par m’expliquer comment un type qui gagne 75 années de SMIC tous les ans peut trouver injuste que des ouvriers ne trouvent pas ça normal.

 

C’est pas les religions qui posent problème, c’est les religieux.

 

On parle de temps en temps dans les milieux geeks et technophiles de lunette à « réalité augmentée ». Moi je veux bien, mais vous avez bien vu la gueule de la réalité, déjà. Vous êtes bien sûr de vouloir l’augmenter ?

 

Les armes blanches, c’est sale. Mais c’est fun.

 

Comme résolution pour la nouvelle année, j’ai décidé encore une fois d’arrêter d’arrêter des trucs que j’arrête d’arrêter quelques jours plus tard. (il est possible que j’ai écrit ça l’an dernier ici-même. Mais bon, ça marche toujours.)

 

Ils sont mignons, les idéalistes.

 

On devrait pouvoir trouver un algorithme pour définir la date future où la totalité des individus de la planète seront présents dans des films X postés sur internet. Ça nous promet de chouettes cauchemars freudiens, quand aucun gamin sur terre ne pourra aller sur YouPorn sans risquer de tomber sur ses parents.

 

C’était encore pire qu’une reprise de Claude François en coréen.

 

Ils disent que la culture va mal à cause du piratage des œuvres sur le Net. Je dis que la culture va mal à cause du piratage des cerveaux par Justin Bieber, NRJ12 et Farmville. Mais bon, ça, c’est légal, alors…

 

Elle était belle comme une gaitling dans un marché de noël.

 

En gros, si tu ne penses pas peu ou prou comme les élites politico-médiatiques, tu es considéré au mieux comme un abruti, au pire comme un terroriste.

 

Le problème d’une société basée sur la consommation, c’est que pour vendre quelque chose, pour en faire un produit, il faut souvent le débarrasser de tout ce qui en fait l’intérêt primordial.

 

Dieu n’a pas du checker sa boite mail depuis un bail.

 

J’ai décidé qu’à partir de dorénavant, je fêterai la nouvelle année le 12 avril.

 

 

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Crash-test #23

Posté par Durf667 le 17 décembre 2012

Au commencement, il n’y avait Rien.

Un Rien majuscule, qui ne se définit pas par l’absence de quoi que ce soit, mais par lui-même.

Rien n’était, Rien n’existait.

En fait, le terme de « commencement » est en lui-même impropre à cette situation.

Rien n’existait, et donc, pas même le Temps.

Tout ceci se passait, ou plutôt, ne se passait pas, avant le Temps.

Pour qu’il y ait le temps, il faut qu’il y ait quelque chose pour en subir les effets.

Or, nous l’avons dit, il n’y avait Rien.

 

On peut sagement rester sur la route. Ou on peut choisr de rater le virage.

 

Il y a ce type, dans mes rêves… Il est grand, maigre, à la peau lunaire et tout en lui paraît sombre et mélancolique. Il porte un long manteau de cuir sur ce grand corps au tatouage mouvant. Il n’a aucune patience avec la médiocrité. Je l’ai vu tuer de sa lame nombre des humains les plus petits et vil que je connaisse. Mais ils sont toujours vivants quand je me réveille.

 

À la fin, on passe son temps à le tuer en attendant qu’il nous tue à son tour.

 

Il était sur sa trajectoire, il savait que la destination ne lui plaisait pas, mais il se sentait incapable de faire un pas de côté pour se choisir un nouveau chemin.

 

Le danger, une fois l’absurde identifié et reconnu comme intrinsèquement lié à la notion même d’existence, c’est de sombrer dans la dépression. Pour éviter ça, il faut vivre. Pour vivre, il faut cesser de survivre. Et pour ça, il faut considérer l’éventualité que sa vie puisse partir gravement en live.

 

C’est pas parce que je suis heureux que je vais devenir optimiste. Y a des limites à toutes les bornes.

 

Nous sommes arrivés dans l’âge de la représentation de soi-même. Nous nous présentons au monde, de façon à contrôler notre image auprès des autres, en espérant un jour être ce que nous montrons de nous-même.

 

Mais pourquoi s’inquiéter de la fin du monde ? Elle a déjà eu lieu ! (Le mouvement précataclysmique sera dissous dès la confirmation de cette information.)

 

Peur, frustration, ennui.

 

La Terre n’a pas besoin de l’humanité. En fait, je ne suis pas sûr que l’humanité ait besoin d’elle-même.

 

Mais vous allez les fermer, vos gueules ?

 

Dieu a créé l’homme à son image, Satan a créé le sexe, la drogue et le rock n’roll pour qu’il s’emmerde moins. Puis l’homme a tué Dieu, et Satan se suicida devant tant de conneries. Depuis, chacun vénère des cadavres.

 

 

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Crash-test #22

Posté par Durf667 le 22 octobre 2012

… plus d’abonné au numéro que vous demandez. Il n’y a plus…

La fureur se fondit sur son sang comme des eaux sauvages s’échappant du barrage écroulé qui les contenait auparavant. Ça brûlait. Un voile passa sur son regard, il avait beau se tenir au milieu du champs de bataille, il se sentait étrangement seul. Il en frissonnait. Puis, le sang se figea dans ses veines, et des lames de métal acérées déchirèrent ses vaisseaux. Ses dents devinrent des crocs de fer. Des os d’acier effilés percèrent sa peau. Il n’était plus qu’un amas d’angles de métal prêts à se planter dans l’ennemi. Alors, il hurla.

Je préfère la fermer.

Tout est bon pour ne pas penser. Livres, séries, films, BD… Tout. Pas envie de penser. Ça fait mal, de penser.

En Enfer, il y a pour chacun un grand hall dans lequel se tiennent tous les gens qu’on a pas aimé correctement. La torture, c’est qu’on les a aimé, mais mal. Et surtout, qu’on les aime encore. Mais mal.

Son refuge était un manoir planté à l’est de la Cité. Des tours étranges s’étiraient en tous sens, sans tenir compte de la gravité. Demian, qui avait déjà été invité en ces murs, savait qu’il ne devait pas s’éloigner du majordome. Les couloirs bougeaient pas mal, dans le coin. Ce qui était le sol d’un vestibule débouchait, une fois une porte franchie, sur le mur ouest d’une salle à manger. Ou sur le plafond d’une bibliothèque, ça dépendait. Ici, il ne fallait jurer de rien. Certaines pièces étaient plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Il y a erreur. Ce ne sont pas les fantôme qui hantent les vivants. C’est l’inverse.

Vous êtes vous déjà demandé, en partant du principe où votre vie eut été globalement identique à celle que vous avez effectivement vécue, si vous ne seriez pas mort si vous étiez nés ailleurs que dans votre pays ? Par exemple, comment auriez-vous vécu votre adolescence dans un pays très proche socialement, culturellement et politiquement, et où les armes sont en vente libre ?

La balle dans sa tête faisaient sonner tous les détecteurs de métaux. C’était très, très, très agaçant, à la longue.

La plupart des gens ne supportent tout simplement pas le changement.

Bibliothèque de l’Archiviste, il y a tous les livres jamais écrits, dans toutes les langues. Il y a aussi tous les livres qui n’ont pas été écrits, les inachevés comme les même pas commencés. Il y a une salle où les Rêveurs qui se voudraient écrivains mais qui n’ont pas capturé de muse, qui n’arrive pas à s’y mettre, qui bloque sur des pages blanches viennent pleurer devant leurs oeuvres mort-nées. Et il pleurent d’autant plus qu’ils n’ont pas le droits de les lire.

Elle était fasciné par le sang. Surtout celui des autres.

Salut.

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Crash-test #20

Posté par Durf667 le 30 juillet 2012

Je ne crois plus en Dieu, je l’ai rencontré hier.

 

Ne cherche pas qui tu es, tu le sais déjà. La question est plutôt : qui veux-tu être ?

 

L’homme qui se projette dans l’avenir sans laisser le présent se réaliser pleinement ne fait que se projeter dans un mur.

 

C’est un de ces monomaniaques qui sacrifient leur vie entière à une seule chose jugée négligeable par la majorité. Il a liquidé depuis longtemps la plupart des liens sociaux, économiques ou autres qui l’incluaient dans un paradigme qu’il juge ne pas être intéressant. Il passe donc toutes ses journées à programmer les mouvements d’un sprite pour le faire progresser au plus vite, au plus efficace, au plus esthétique, à travers les différents niveaux d’un jeu vidéo. Il en connait toute l’architecture, toutes les failles, tous les aspects. Il les optimise dans un but purement trivial. Pas parce que c’est important, mais parce qu’il peut le faire. Quand il aura fait le tour de ce jeu donné, il passera à un autre. Il y reviendra peut-être quand ça performance aura été améliorée par un des ses semblables, quand un nouveau bug sera trouvé. Pour la beauté du geste. Sinon, il bosse à la poste, il prend des cuites occasionnelles avec les quelques potes qu’il lui reste, de temps en temps, il rencontre une fille.

 

La seule façon d’être un saint, c’est de se laisser mourir de faim, de soif, c’est de se dessécher.

 

Elle se baladait, aujourd’hui. De tête en tête, d’esprit en esprit, elle goutait du bout des lèvres la vie des autres, avant de s’en désintéresser comme on change de chaine la nuit sur le câble.

 

Dans ses rêves, il y avait des chaînes, du nylon déchiré, du mascara qui coule et des cris silencieux.

 

Un jour de grand soleil, d’écrasante chaleur, l’ambiance sous les arbres d’une forêt libre a quelque-chose de subaquatique.

 

Je ne crois pas en l’indivisibilité de l’âme humaine. Je ne crois pas à la confortable idée d’un esprit éternel transparaissant derrière les voiles de nos émotions, sentiments, état d’âmes, humeurs. Je crois, avec terreur et respect, au nombre infini des différents et éphémères aspects de nous-même qui ne cache derrière eux rien d’autre que l’atman, l’étincelle divine, le trésor caché, c’est à dire le néant.

 

C’est pas parce que je reviens de Bretagne que je vais caler des korrigans toutes les deux phrases.

 

Vu l’état des âmes de nos jours, je me demande si, vu que la psychologie inversée fonctionne pas trop mal, un penseur, un intellectuel efficace ne devrait pas se mettre à pratiquer la philosophie inversée.

 

Le paradoxe de la Réalité : toute chose est à la fois d’une incroyable complexité et d’une simplicité confondante.

 

Nous cherchons le Un. Le plus petit dénominateur commun. Toujours. Nous divisons pour analyser. Nous divisons la société en classes, la matière en particules, les concepts en idées, nous nous divisons nous-même. Nous ne devrions pas diviser. Nous devrions chercher l’Infini. Multiplier.

 

Désolé, c’est contraire à mes options philosophiques.

 

Quand on voit le nombre de moyens de communication que l’humain a développé, depuis le langage jusqu’à la cybernétique, depuis l’art jusqu’à la propagande, on constate qu’ils sont tous imparfaits. Sinon, ils ne serait pas si nombreux. Chercher à communiquer, c’est prouver l’impossibilité pour les êtres de jamais parvenir à vraiment se comprendre.

 

L’expérience humaine est remplie de chemins impossibles. Et il faut tous les prendre.

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Crash-test #19

Posté par Durf667 le 24 juin 2012

Au centre du cyclone, il n’y a plus de vent.

 

« T’aimes le foot ?

Non, mais c’est le seul sujet de converstion que j’ai avec mon père, alors… »

 

Retrouver un code de connexion et ne plus se souvenir sur quel site il marche…

 

On peut résumer ça comme ça. Il y a Moi, qui suis qui je suis, mais qui ignore parfois l’être. Il y a le Loup, c’est le nom que je lui donne, qui veut blesser, dévorer, détruire Moi. Et il y a Lui, dans l’Ombre, qui est menacé par le Loup, qui aide Moi à le combattre, mais qui est tout ce que Moi n’est pas, ce que Moi voudrait parfois être, ce que Moi a peur de devenir, et Lui, pour exister, doit prendre le dessus sur Moi.

 

On pense mieux quand on en a pas le temps.

 

On a tous en nous-même quelqu’un qui nous fait honte.

 

Dans de nombreuses villes, il existe une rue, avenue, boulevard, ou autre, dédiée à Gambetta. Et il y a souvent dans ces rues un bar qui s’appelle « Le Gambetta ». Je suis persuadé qu’on peut passer de l’un à l’autre, et donc de changer de ville en passant par ces bars. Peut être par les chiottes.

 

Moi, j’ai appris à réfléchir. Et ben je souhaite ça à personne.

 

Depuis que je suis heureux, le confort que procure le fait d’être perpétuellement et profondément mal dans ma peau me manque.

 

Vaut-il mieux être détesté par des gens intelligents ou aimé par des cons ?

 

Bienvenue. Un conseiller va vous recevoir. Veuillez remplir le formulaire d’admission en attendant. Vous y trouverez les questions basiques, pourquoi vous souhaitez disparaître, comment vous imaginez votre nouvelle vie, si vous souhaitez restez en contact avec des personnes de votre ancienne vie (c’est déconseillé, mais possible. Et plus couteux), entre autres. Après entretien avec votre conseiller et notre psychiatre, notre société peut vous aidez à disparaître en 24 heures à compter du versement de nos honoraires. Le forfait comprend un suivi visant à perturber le travail d’un éventuel détective lancé à votre recherche. Ceci ne prend pas en compte les recherche menée par un gouvernement quelconque. Ce forfait-là est plus onéreux.

 

Ils refusent obstinément l’idée même qu’il soit possible de changer de paradigme.

 

De toute façon, dès qu’un hominidé a été capable de ramasser un caillou, je suis sûr qu’avant d’en faire un outil, il s’en est servi pour mettre sur la gueule de son voisin.

 

Imagine que tu reçoives par erreur le courrier de quelqu’un d’autre. Pourrais-tu t’empêcher de fantasmer sur sa vie ?

 

Il était trop fatigué pour réussir à dormir.

 

C’est pas que l’avenir me semble plus prometteur qu’avant, c’est que le présent me paraît meilleur.

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