Crash-test #18

Posté par Durf667 le 16 avril 2012

« On peut pas être bon tout le temps.

- C’est pas où raison pour être mauvais en permanence. »

 

Un cerveau est un flingue chargé.

Alice se dit que quelque chose n’était pas normal, enfin, que quelque chose était anormal d’une façon différente que d’habitude, quand le chapelier et le lièvre ne Mars commencèrent à s’engueuler à propos de leur vote à la présidentielle, l’un défendant un « vote efficace » en faveur de Hollande là où l’autre militait pour un vote « de cœur et de tripes » pour Mélenchon.

C’est une tension, une électricité sous-cutanée permanente qui lui ravage les muscle et lui fait grincer des dents. C’est un spasme en permanente gestation.

« … massacre en Syrie. Et maintenant, les résultats sportifs de ce week-end. Le PSG… »

Auparavant, le Loup s’en prenait également à son Ombre, qui, à présent plus libre du fait des blessures de la bête, obscurcissait le miroir.

Quand on connait l’effet d’un manque de sommeil sur une conscience, on se dit que vraiment, la drogue, c’est trop cher.

Vous avez remarqué, dans un bus, comme les gens font bien attention de ne pas se remarquer les uns les autres, justement ?

Exil.

Quand il était petit et qu’il sortait l’hiver sans son pull, sa maman le réprimandait en lui disant qu’il allait attraper la mort. Depuis, il continue à sortir l’hiver sans pull, mais avec un filet de pêche, des pièges à loup et des chaines. Pour être sûr de pas la rater, au cas où.

« Il faut prendre son temps afin de bien le remplir. » C’est moi, où ça sonne comme le titre d’un porno métaphysique ? (Métaphysique dans son cul, on est d’accord, c’est évident.)

Avez-vous noté comme ce sont souvent les gens les plus torturés qui font les projets les plus débiles ?

Quand les rêves se font plus intéressants que la réalité, quand on s’en souviens exactement, dans tous leurs détails, quand on y contrôle nos actes et nos paroles, alors le soi-disant monde réel ne devient qu’un rêve de plus.

Il avait essayé toute son adolescence de devenir quelque chose qu’il était déjà.

J’ai envisagé très sérieusement d’arrêter l’écriture. Et puis, je me suis dit qu’avant ça, ce serait déjà pas mal de commencer.

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Crash-test #17

Posté par Durf667 le 6 avril 2012

Quand Al se retrouva en Enfer, il réalisa que ce n’était pas la première fois qu’il venait là.

 

Y a des fois, forcément, le doute s’installe. Le doute, c’est bien. Ça permet d’évoluer. Mais ça peut aussi devenir le flingue que tu tiens contre ta tempe.

 

On est trop nombreux. Ça va forcément finir par péter. Et ça sera pas joli.

Qui veux-tu être ?

Personne n’a jamais vu la pièce du labyrinthe où le minotaure avait rangé ses affaire. Un lit contre le mur, un congélo plein d’athéniens, un PC sous Windows 95 avec un modem à 56k. C’est pour ça qu’il était vénère.

Il est des personnes qui resteront à jamais des hypothèses.

À quoi pense un père qui se connecte à youporn et qui tombe sur un vidéo de sa fille ? Est-ce qu’il se dit que c’est mal filmé ?

J’ai toujours eu une sale tendance à trouver les gens paumés touchants. Je les vois un peu comme un symptôme de ce qui déconne dans nos sociétés. S’ils existent, c’est qu’elle ne fonctionne pas si bien que ça, la société. Mais tout lui mettre sur le dos est une connerie. Il serait temps de se bouger le fion. Depuis que je traine avec des gens qui, parfois tout aussi perdus, tentent de trouver des solutions (réalisables ou utopiques, crédibles ou fausses) par eux-même à ce qu’ils estiment déconner, ben mon moral, curieusement, a tendance à mieux se porter.

Il s’est fait largué par sa meuf parce qu’elle avait envoyé « TROMPE » en SMS surtaxé à un service téléphonique foireux.

En fait, il partait du principe que ce qui l’intéressait, LUI, était forcément primordial.

Quand je suis seul, j’ai parfois des doutes. Sinon, je ne me pose même pas la question. Ce qui est, en soi, une réponse.

Je pense pas que ça change quoi que ce soit au fait que ce soit un abruti.

J’écris moins pour le blog, en ce moment, mais c’est parce que, d’une part, j’essaie (j’essaie… J’ai pas dit que je réussissais, hein ?) de bosser des textes qui ne seraient pas destinés à figurer ici (trop longs, entre autre), et d’autre part, il semblerait que le monde réel me rappelle à lui de manière péremptoire, en ce moment.

Le mort se concentrait pour souffler sur les vitres et les miroirs. Mais il n’était pas encore assez fort pour écrire dans la buée avec ses doigts spectraux.

La différence entre radicalisme et terrorisme réside dans le craquement d’une allumette.

Du côté de son père, c’est pas tellement qu’il y avait des fous, c’est surtout qu’il se trimballait une sacrée généalogie de pervers…

À l’arrivée, la seule chose qui compte, c’est […]. Please fill the blank.

L’incertitude est pleine de possibilités.

Je reviendrai de manière subrogative, en tapinant.

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Crash-test #16

Posté par Durf667 le 12 mars 2012

Je sais pas ce qu’on cherche, chez les autres. L’être humain est un animal social. Mais la compagnie des autres est douloureuse. Presque autant que la compagnie de soi-même.

Je vais bien.

J’ai plus envie de me prendre la tête, mais faut reconnaître que j’en ai tellement l’habitude que parfois, je peux pas m’en empêcher.

Il fouillait ses notes. Dix ans d’articles et d’interviews de groupes et musiciens divers et variés. Et au final, une grosse dizaine de feuillets sur « The Buzz », qu’il considérait pourtant comme un des meilleurs groupes inconnus de tous les temps. The Buzz, 4 ans d’existence, deux albums auto-produits, trois split-singles avec des groupes à peu près aussi inconnus qu’eux, quelques démo. Et le charisme de Desdi, le chanteur cramé. Il se demandait ce qu’il avait bien pu devenir.

Le loup s’était tu. Il ne tentait plus grand chose. Maintenant, il s’agissait de sortir de la cabane où il s’était enfermé pour lui échapper. C’était presque plus dur que de combattre la bête. Elle était rassurante, cette cabane.

Satan, la première fois où il passa son bac,

Se vit , par son échec, attendre un an la fac.

Moralité : Lucifer a repassé.

Tu sais, sur scène, avec le bon éclairage, le bon fond sonore, la bonne attitude, tu peux déclamer du Mireille Matthieu, ce sera classe.

Ils s’imaginent toujours qu’il y a quelque chose à comprendre…

Il m’arrive de penser.

(Hommage à Moébius) : L’être humain est-il bon ? Je sais pas… Grande question… J’ai peur que leur viande soit un peu filandreuse.

Joshua commençait à se sentir bien au sein de la Cité. Il y avait maintenant ses habitudes. Un appartement qui donnait sur les jardins suspendus d’Obéron. Le marché des faës où il passait tous les matins, par curiosité ou nécessité. Les pintes en terrasse du Paradise Lost. Les promenades vespérales en orée du Bois. Il s’y sentait bien. Se réveiller tous les matins et être obligé de quitter la Cité lui pesait de plus en plus.

Je ne suis plus seul. Parfois, ça me terrifie. Parfois, je me rends compte qu’il n’y a pas à avoir peur.

Dieu n’est pas mort, il est en ligne avec Orange pour qu’on lui rétablisse sa connexion depuis, ouh là ! Au moins. Saloperie de box.

Ce n’est pas le monde extérieur qui te tue, ce sont tes propres armes que tu retournes contre toi.

Un ange qui a perdu la fois, un démon qui ne croit plus au mal absolu, un humain médium au cerveau cramé par l’alcool, un sorcier obsédé sexuel. La fine équipe. Tout à fait le genre à être dans les plans secrets de Dieu pour empêcher, ou provoquer, l’Apocalypse.

Ça faisait longtemps. Je vous ai manqué ?

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Crash-test #15

Posté par Durf667 le 9 février 2012

Le loup n’a pas forcément besoin de se jeter sur sa proie toutes griffes dehors, les crocs en avant. Pas besoin non plus de hurler ou de grogner pour se faire entendre. Parfois, blessé, il murmure. On entend à peine ses paroles derrière le bruit de ses chaines.

Il est des journées qui se terminent avant d’avoir vraiment commencé.

« Que fais-tu, encore réveillé, à cette heure ?

-Je ne dors jamais. »

C’est un peu comme s’il se tenait bien droit, immobile, sur un support en équilibre précaire. Le moindre mouvement provoquerait… provoquerait quelque chose. Tant qu’il ne bouge pas, rien ne se passe. Et il peut profiter de la vue.

Et qu’en est-il des anges qui, quand Lucifer rassembla ses troupes contre celles menées par Mikael au nom de l’Unique, refusèrent de choisir un camp ?

« T’as eu des news de Marianne ?

-Elle s’est suicidée la semaine dernière.

- Encore ? »

Merci d’être improbable.

Au commencement, il n’y avait rien. Et puis, soudain, sans raison, il y eut quelque chose. La merde commença quand ce quelque chose, par la suite, ressentit le besoin d’exister.

Il se sentait comme une assiette en porcelaine dans un magasin d’éléphants. Comme une blonde dans une librairie. Comme une ballerine dans un pogo.

Je ne sais pas ce qui est pire. Une éternité de souffrances en Enfer, ou une éternité de Rien dans les Limbes.

« J’ai mal au crâne. Putain, que j’ai mal au crâne. Ça fait bientôt deux mois que j’ai mal au crâne. En permanence. Même la nuit. »

Dans la version d’Hésiode de la création du monde, les premières divinités, les premiers concepts à apparaître sont Chaos, Gaïa, Tartare, Éros, Nyx et Érèbe. Le Vide, la Terre, les Entrailles de la Terre, le Désir, la Nuit et les Ténèbres. Tout ce qui est et existe provient d’un ou de plusieurs de ces concepts.

« Ferme t’Hegel : Nietzsche ta mère !

-Fais gaffe ! Schopenhauer de rien, moi ! »

L’ Amour.

Le Scientifique n’en parle pas.

Le Mystique en parle car il est certain de savoir ce que c’est.

Le Philosophe en parle car il est certain qu’il pourra, ce faisant, savoir ce que c’est.

L’Artiste en parle car il est certain de ne jamais savoir ce que c’est.

Si le Christ avait subi le supplice du pal au lieu de celui de la crucifixion, est-ce que les bonnes sœurs et les curés auraient tous des godes autour du cou ?

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Crash-test #14

Posté par Durf667 le 19 janvier 2012

Accélère, accélère,
Quitte à rater le virage.

Pourquoi ? Comment ?

Il n’y a pas de sens à ce que vous lisez.
Il n’y a de sens à rien.

J’ai bien peur d’être un peu distrait, ces temps-ci. Les questions sont des leurres, ces temps-ci, là Bête ne rate aucune occasion. Alors, pas de réponse. Carpe Diem, on l’oublie trop souvent, implique un désespoir positif. Rien de pessimiste ou de triste, juste l’absence de toute attente vis à vis de l’avenir.

Des tomates géantes. Des vieux désespérés. Des pesticides.

Il n’a jamais été aussi libre qu’en ce moment. Est-ce que ça ne le rend pas dangereux ? Il a l’arrogance de ceux qui s’en foutent. Il a le sourire du chat du Cheshire. Il a dans les yeux une flamme froide, un regain de désintérêt, une joie combattive. Il est.

Rien.

0 – Le Mat ou Fou.
Matt prend un élan bancal, chancelant sous les effet cumulés de l’alcool, de la chaleur, du manque de nourriture et de l’adrénaline. Il tombe, perdant progressivement pied et l’espace d’une délicieuse seconde, plus rien n’existe. Soudain, le corps de Matt est retenu par d’invisibles forces, matelas de mains qui retienne un corps laissé à l’abandon. Le groupe continue son punk sur trois accords, la carcasse de Matt est soulevée et déplacée par l’énergie suante de la fosse. Elle passe de mains en mains, portée par une masse mouvante d’individualités indifférentes mais attentives. Puis, déséquilibre. La partie supérieure du futur cadavre de Matt est abandonnée, sans force, et le basculement qui s’en suit le sort de la douce torpeur dans laquelle il s’était plongé en sautant de la scène. Matt tend les bras et se raccroche à ce qu’il peut, un bras, une épaule, quelque chose. Une jeune punkette freine la chute en l’attrapant par le bras, ce qui lui arrache une grimace. Sous son T-shirt à manches longues, la peau est encore à vif, lacérée de cicatrices encore fraîches. Souvenir. La veille, soirée morte, rien à faire, personne à voir, solitude. Le baiser du cutter sur l’avant-bras. Une douleur physique pour remplir le vide, pour chasser la langueur mentale. Un petit quelque chose pour chasser le Rien. Matt est en voie de disparition de la surface de la planète, il est de moins en moins important dans la vie de moins en moins de personnes. Mais ce soir, il s’est jeté au milieu d’autres vies que la sienne, noyées dans le bruit des guitares, les vapeurs d’alcool et la fumée de cigarette. On n’est jamais aussi seul qu’au milieu d’une foule. Mais dans cette amas gluant de corps en nages, se balançant, se frottant, se cognant au rythme primitif de la grosse caisse, tout le monde est seul et Matt, s’il vit un peu plus fort que d’habitude, en existe d’autant moins. Ça le repose.

Ils croient vraiment avoir tout compris. C’est désolant.

Profite. Tout peux s’arrêter. Tout peut mourir. En général, tout finit par mourir. Tout n’est rien. Profite.

En vérité, je vous le dit, vive les brocolis.

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