Crash-test #13

Posté par Durf667 le 28 décembre 2011

Soyons désinvoltes, oh, putain, oui, soyons désinvoltes.

La bête s’était tue. Toujours assoiffée, on l’entendait grogner et gratter à l’extérieur. Mais les murs étaient à présent solides, l’entrée barricadée d’une lourde poutre de bois massif, les fenêtres laissaient uniquement entrer le soleil. Alors l’abomination, perverse, intelligente, déterminée, bien qu’affaiblie, chercha et trouva une solution. Le jour suivant, s’infiltrant par les fissures du plancher, le jour sous les portes, les cafards, grouillants et innombrables, apparurent.

Heureusement, j’ai du café.

Il était retombé dans cette vieille malle dont il avait tant eu de mal à sortir. Oh ! Pas de souci, il en ressortit aisément. Mais couvert de poussière et aveuglé par la lumière.

La crasse. La sueur séchée. La poussière accumulée. Les peaux mortes.

« Une dernière requête ?

- Tue moi rapidement, cette fois-ci. »

Tu vois, quand tu reviens d’un concert, les acouphènes ? Un putain de bourdonnement qui ne te lâche qu’avec le temps. Ben lui, c’est pareil, sauf que c’est pas d’origine acoustique. Un sale larsen de merde qui résonne en permanence contre les parois de son crâne.

C’est complètement idiot. Mais qu’est-ce que c’est bon, bordel !

Des fois, la vie, ou certain des éléments qui la constituent, se met en pause. Quelques jours ou semaine de statu quo. Faudra bien ré-appuyer sur play un de ces quatre.

Ça, c’est fait.

La plupart des gens, quand ils sont au bord d’un précipice, ne pense qu’à s’en éloigner. Ils préfèrent ignorer ce qu’il y a au-delà. Ils ont trop peur de tomber. D’autres sont fascinés, hypnotisés, sans doute par l’idée-même de la chute. Oh ! Je vais tomber ! ». Et ils tombent. Une poignée réalise que la chute n’est pas obligatoire. Il suffit d’apprendre à voler quand vous vous sentez prêt.

(Dépêchez-vous de lire ce paragraphe, il faut que je le rende à Neil Gaiman, après.)

Je vote, et je dis qu’il bluffe.

« Chères âmes, vous êtes priées de ne pas vous précipiter vers votre prochaine incarnation. Chaque Vie entamée l’est définitivement. Elles ne seront ni reprises, ni échangées. »

Quand j’étais petit, je voulais être Kurt Cobain ou Jim Morrisson. Et puis un jour, sans prévenir, j’ai eu 27 ans. Après, j’ai voulu être David Bowie ou Iggy Pop. Ou même Johnny Cash. Il m’en aura fallu, du temps, avant de me décider à essayer de devenir moi-même.

Ce n’est qu’un combat, continuons le début.

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Crash-test #12

Posté par Durf667 le 18 décembre 2011

Ben merde, alors.

Apollon et Dionysos sont posés à une terrasse. Apollon boit un thé vert, Dionysos en est à sa troisième pinte. La discussion est cordiale, mais les deux interlocuteurs ne se comprennent absolument pas. Ça ressemble plus à deux monologues superposés et imbriqués qu’à un réel échange verbal.

C’est à peu près aussi jouissif que se balader dans un marché de noël avec un lance-flamme.

Quand la vie sociale est manifestement un terrain sur le quel on est mal à l’aise, la tentation de la fuir est forte. Et puis, qui a besoin d’une vie sociale quand on a sa page facebook, son twitter, son tumblr…

La bonne blague !

« Incroyable ! Y a des couilles qui ont dû lui pousser entre les jambes pendant la nuit, je vois que ça… »

« Travaille ! Consomme ! Crève !

- Non merci, monsieur. »

Hi ki !

Demian avait enfin trouvé un coin de la Cité où il se sentait bien. Une petite maison avec un jardin dans les faubourgs, on distinguait l’orée du Bois à quelques centaine de mètres.

Il se posait régulièrement au soleil, dans un fauteuil élégamment vétuste, un verre de liqueur sur une table basse.

Il y avait des rats dans les combles, mais ce n’était pas grave, ils avaient formé un groupe de rock, ce qui évitait à Demian de mettre de la musique. Il n’avait qu’à les inviter à partager une mousse de temps en temps et les relations de voisinage établies restaient parfaites.

La recrue s’en sort très honorablement, et laisse entrevoir un potentiel prometteur quant à ses performances à venir.

Ce cerveau est encore en travaux, prière de ne pas gêner le travail des ouvriers.

Joyeuse fête de Yule, joyeuses saturnales, bref joyeuse fête païenne du solstice d’hiver honteusement récupérée par les chrétiens pour pouvoir continuer en s’empiffrer de dinde, de mousseux et tout vomir après s’être offert tout un tas de cadeaux inutiles sans avoir à culpabiliser du gâchis occasionné par la sur-consommation et faire semblant de ne pas remarquer qu’on est passé d’une célébration somme-toute universelle du retour des jours dont la durée croit au profit d’une ode au capitalisme le plus éhonté, mais je veux bien des cadeaux quand même et le foie gras, c’est bon, et putain, c’est moi, ou elle est vachement longue, cette phrase ?

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Crash-test #11

Posté par Durf667 le 12 décembre 2011

C’est facile à dire, « carpe diem ». Le passage du concept théorique à une réalité pratique, néanmoins, pose quelques problèmes d’ordre logistique.

Et pourquoi pas, après tout.

Pourquoi ? J’en sais rien. Enfin… j’ai tout un tas de raisons qui me viennent, depuis certains patterns psycho encore très actifs bien qu’identifiés jusqu’à de basses explications purement physiologiques. Pourquoi ? Ben… à l’arrivée, de toute façon, la seuls chose qui compte, je l’ai déjà dit, c’est pas « pourquoi » tu fais les choses, mais « comment ».

Yipee-Kay, pauvre con.

« Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. » Il doit être méchamment balèze.

On y arrive. Un cerveau, ça peut être une arme particulièrement puissante. Peut-être la plus puissante de toutes. Encore faut-il ne pas la retourner contre soi.

Je te préviens si jamais par hasard il me poussait une paire de couilles.

« Bonjour. Tout d’abord, en tapant « étoile » sur votre clavier, vous certifiez être majeur et avoir compris les conditions d’utilisation de notre service, disponible en tapant à tout moment sur la touche « dièse ». Veuillez ensuite indiquer de quelle façon vous souhaitez mourir, ainsi que votre numéro de téléphone après le bip. Un de nos opérateurs vous recontactera dans les minutes à venir. Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip»

Et puis merde.

« Non, parce qu’après, tu comprends, si ça se passe comme ça, y a des chances que je réagisse pas bien, ou alors comme d’hab, quoi, tu vois ce que je veux dire. Alors que, bon, si je la joue comme ça, au moins, voilà, mais bon, hein, c’est pas non plus… bref. Ou alors, c’est qu’il y a encore un autre truc que j’identifie pas, et dans ce cas, je veux dire, je fais quoi, hein ? Parce que bon…

 - Mec ?

 - Ouais ?

 - Ta gueule.

 - OK. »

POOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOGOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!

Je pense quand même qu’au bout du compte, tu risque de l’avoir dans le cul, camarade.

Faudrait éventuellement arrêter de compter sur les autres en permanence, tout en leur interdisant de faire quoi que ce soit pour t’aider. Je dis ça, je dis rien.

Mais non, t’es pas un connard. Un con, par contre…

En vérité, je vous le dis, le royaume des cieux appartient à ceux qui… Non, je déconne. Il appartient à personne, ou alors, tout le monde l’a déjà et s’en rend même pas compte.

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Crash-test #10

Posté par Durf667 le 2 décembre 2011

C’est pas que j’aime pas les gens, c’est que les gens s’aiment pas eux-même.

La bête profite de chaque instant de faiblesse. Elle non plus ne veut pas mourir, mais il le faut. Alors elle plante ses crocs dans son âme à chaque fois qu’il l’oublie, qu’il s’oublie.

Si elle savait toutes les saloperies sales que je lui fais tous les soirs quand je m’endors…

Myrddyn m’avait servi un thé et expliqué qu’Obéron était parti en voyage diplomatique, laissant la Cité aux bon soin de Titania. Ça promettait. Comme dit Thomas Price, ça allait encore être un grand moment de football.

Là, je dois reconnaître que ça pique un peu.

« Apollon et Dionysos sont sur un bateau. Apollon tombe à l’eau, que-’est ce qu’il se passe ?

- L’équipage démarre une orgie, le bateau coule, tout le monde meurt. »

Bon, je le fais ou je le fais pas ?

Le seul crime du gars, c’est d’avoir été différent. Pour tous les autres, c’était pas normal de pas bosser, de préférer passer son temps assis sous un arbre, de discuter avec les chevaux, d’élever des escargot dans sa cuisine, de se balader sur les chemins de terre à quatre heure du mat’ pour profiter d’un ciel étoilé, de pas chercher à se caser avec une meuf, de juste profiter de ce que la journée apporte, quoi que ce soit. Alors ils l’ont pendu à la grande croix à l’entrée du village. Ils disent qu’ils se sentent plus tranquilles, maintenant.

Le problème, c’est pas le fait que les hommes et les femmes ne peuvent pas se comprendre. Le problème c’est le fait que les être humains ne peuvent pas se comprendre. Nuance.

Oui, non, peut-être je sais pas.

« Tu sais, je me rappelle à peine son visage. Tu sais bien que j’ai du mal à regarder les gens dans les yeux.

- Et puis elle a de jolies jambes, hein ?

- Il est vrai. »

Ça sent GRAVE l’après-midi constructive.

L’homme avait un comportement et des actes incompréhensibles. Si nous avions été dans sa tête, nous aurions su. Mais c’est personnel, une tête, on rentre pas dedans comme ça. C’est pas poli.

J’ai pas tellement envie de dire ce que je pense vraiment. En fait, j’ai envie de biaiser.

« Fais gaffe, quand-même, elle est paumée, cette fille…

- Merde, pourquoi tu m’as dit ça ? Je vais encore tomber amoureux ! »

C’est pas que j’aime pas les gens, c’est que les gens s’aiment trop.

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Crash-test #9

Posté par Durf667 le 20 octobre 2011

Je dors.

Je dors même beaucoup.

Parfois, je me demande s’il me reste encore quelque chose à dire, à faire, à espérer.

Alors je dors.

Dans le sommeil, il n’y a plus de questions. Il n’y a plus de réponses non plus, mais peu importe.

La fatigue est toujours présente, acérée. Plus vivante que moi.

Mon esprit réfléchit mal.

Je dors pour ne plus penser.


La cage d’escalier est poussiéreuse. Les marches craquent sous mes pas. Des centaines d’étages se succèdent. La lumière est ocre. Derrière chaque porte, sur chaque palier, quelque chose attend.


N’y pense pas. C’est mieux.


« Qu’est-ce qu’elle attend ? Qu’est-ce qu’elle veut ?

 - Qu’es-tu prêt à donner ? Qu’es-tu prêt à perdre ? »


Non.


Le problème, avec le principe du carpe diem, c’est cet inévitable moment où, pour quelques instants, minutes, heures, jours, il n’est plus possible de l’appliquer.


Quand je ferme les yeux, je vois du feu.


« Elle me manque.

 - Qui ça ?

– Je sais pas. Mais elle me manque. »

 

Pour se trouver soi-même, le mieux est encore de suivre les traces de sang.


Le loup s’était réveillé. Il l’avait affronté déjà mille fois, l’avait blessé à mort parfois, lui avait offert sa gorge souvent. Toujours, il revenait, rôdant prêt de la clairière, fuyant le feu et la lumière, jetant la nuit sur son regard. Toujours. Le combat était sans fin. La victoire était pourtant improbable. Mais abandonner le combat, c’était mourir, de toute façon. Il passa la main sur les cicatrices, hésita une nouvelle fois à empoigner son arme. Mais il la prit et s’élança, poussant un hurlement millénaire.


Les mots sont des traitres.


Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui…


C’est pas ce que j’ai fait de mieux. Mais voilà.


Quoi ?


Fuir. S’exiler. Partir, loin. Ne plus voir que l’ombre des arbres ou l’écume sur les vagues. Ne plus sentir que la chaleur du soleil où la piqûre du crachin. Ne plus rien avoir à faire avec tout ça. S’allonger, et enfin se reposer.


Toujours. Jamais. Peu importe.

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