Crash-test #8

Posté par Durf667 le 9 octobre 2011

Méfie-toi de tes rêves (refrain connu).


La bête se débat. Elle crache, rugit, grogne. Elle ne se laisse pas faire. Son ombre s’étend sur le dompteur, lui cache le soleil. Toutes dents dehors, elle déchire et réduit en lambeaux à la moindre occasion. Elle s’engouffre dans toutes les failles, appuie sur toutes les plaies, laisse croire qu’elle est touchée, mais c’est pour mieux bondir à nouveau sur celui qui n’a d’autre choix que de la dresser. C’est couvert de sang qu’il sortira de ce combat, qu’il soit victorieux ou non.


Il n’y a qu’une issue. La question n’est plus de savoir comment ça va se terminer, mais quand.


Tirage du jour :

Le consultant : VI. L’amoureux.

Situation présente : XVII. L’étoile.

XVI. La tour inversée.

Guides : X. La roue de fortune

IV. L’empereur inversé.


Faire la part des choses. Discerner les fausses certitudes. Exhumer les vraies.


Elle est trop inaccessible pour qu’il ne bloque pas sur elle. S’il avait réellement une chance, elle ne l’intéresserait pas autant. C’est la totale impossibilité de toute victoire qui le rassure. Comme ça, ça reste du domaine du fantasme, du rêve, de la fuite. C’est plus facile.


L’oniromancien ne dort plus, désormais.


« Finalement, en tant qu’organe, mon cœur m’aura jamais apporté que des emmerdes.

 - Ben c’est justement ça, l’intérêt, non ? »

 

Il essayait de tenir une liste exhaustive de ses addictions, notant leurs progressions, les évolutions de leurs emprises sur lui. Elle faisait quand même douze pages.


Hey you, fuck you, I’m your god now !


Il faut vivre. Réellement vivre. Éviter les succédanés de vie sous cellophane qu’on vend dans les pubs. La plupart des gens sombre dans la dépression parce qu’ils sont déjà morts. Reposez-vous trois jours et revenez à la vie, comme l’autre hippie, là, dont le nom m’échappe.


C’est pas le nombre de démons sur ton épaule qui compte, c’est ce qui se passe quand tu leur fait fermer leur gueule.


Si les prophètes, les vrais prophètes, j’entends, pouvaient se décider à ne pas dire la vérité, peut-être que quelqu’un les écouterait.


C’est pas la société qui est malade, c’est l’humanité.


Y a quelque chose de religieux dans un concert rock. Une messe païenne. Un sacrifice à Dionysos.


En vérité, je vous le dit, vivement vendredi.

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Crash-test #7

Posté par Durf667 le 4 septembre 2011

Qui suis-je ?


Quand il lui a dit qu’il pensait sérieusement à se faire interner, elle a répondu : « Tu peux pas ME faire ça ». Conasse.


« Qu’est-ce qu’on attend pour la faire, cette putain de révolution ?

- Mais tout le monde s’en fout, de la révolution. Ce que les gens veulent, c’est le dernier I-Phone, la nouvelle saison de Secret Story, à la limite des clopes moins chères. »


Un larsen, c’est quand un micro capte directement le son issu de la baffle qui diffuse le son que le-dit micro a capté auparavant, et donc ça tourne en rond, même si plus aucune note n’est jouée. Ça peut faire péter la baffle.

Un larsen, c’est quand ton cerveau capte des émotions issues du passé, même si rien n’est plus là pour les justifier ou les entretenir. Ça n’est pas réel, mais ton cerveau peut quand même exploser.


HELTER SKELTER, NANANANANANANAAAAAAAAA…


Ses tatouages se déplaçaient sur son corps. Il ne se détachait pas vraiment des ombres qui l’entouraient. Il y avait du sang sur ses lames, et de la tristesse dans ses yeux.


I feel your cheek on my skin,

Smell your air inside of me,

Feel the needle in my arm,

Feel the fire in your eyes.

Fell the spike, feel the blade,

Feel this love, feel your faith,

Blood, opiate and semen…

These are my fluids, give me yours.

We’ll never be higher.

Don’t you believe we’re one ?

I love you, so…


Je suis désolé, mais j’en connais qui étaient bien plus perdus qu’il ne l’est aujourd’hui quand ils ont trouvé leurs femmes. Je vois pas pourquoi il devrait attendre d’avoir réglé certains trucs avant de penser à se caser.


« Tu vois, t’es trop la tête dans le guidon, je pense. Prend du recul. Fais pause. Tu me dis que des deux principaux problèmes, c’est cette incapacité à faire correctement ton taf et ces sentiments qui devraient être morts. Je dis que tes deux principaux problèmes, c’est ton rapport à ce que tu imagines que la société attend de toi, et ce que toi, tu attends d’une relation sentimentale. C’est pas CE taf, CETTE meuf, qui sont des problèmes. Ils ne sont que des symptômes. »


Elle me tourne autour. Je sais que c’est un mauvais plan. Je sais que c’est un aimant à emmerde. Mais elle a quand même un très beau cul.


Le type, je sais pas comment, arrive à manipuler l’entropie autour de lui. Si tu veux, il est cap’ de traverser l’autoroute sans regarder, sans accélérer ou diminuer son pas, sans faire de détour, et de s’en sortir sans une égratignure. Et il joue même pas au loto, ce con.


Ils m’auront pas.

Je vous le dit.

Ils m’auront pas.

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Crash-test #6

Posté par Durf667 le 28 août 2011

Enfin, l’été est terminé. C’est pas trop tôt.


Il savait qu’il avait un défaut rédhibitoire, à savoir son manque affligeant de confiance en lui-même et ses capacités. Mais mis à part ça, il savait également valoir bien plus que ce type, avec sa belle gueule, ses belles paroles et son sourire de beau gosse de merde.


Demain, il pleut.


La nuit n’a pas de fin. Le jour lutte, mais les volets clos lui interdisent de pénétrer dans la petite chambre en désordre. La poussière danse dans le bâillement d’un rayon pâle.

Livres et cartons s’entassent dans les recoins assombris. Deux mouches se disputent au plafond. L’homme est à son bureau, encombré de papiers, de crayons, de paquets de cigarettes vides et de tasses de café séché. Le visage éclairé par l’écran de l’ordinateur, il fixe d’un regard fiévreux un flacon de délicat cristal.


« Si on suit ton raisonnement, tout ceux qui sont pas né au Darfour ou en Afghanistan ont qu’à fermer leur gueule ?

  • Exactement. »


Elle espérait encore qu’il continuait de temps en temps à passer sur son facebook, sur son blog, à demander de ses nouvelles à leurs amis communs.

Elle espérait qu’il en avait encore quelque choses à foutre.


L’esprit humain est prévisible, analysable, observable. Il est aussi trompeur, tortueux et incompréhensible.


« Mais t’attends quoi d’elle, en fait ?

  • Je sais pas. Peut-être qu’elle se décide enfin à tomber amoureuse, histoire que je sois obligé de passer à autre chose.

  • Mais c’est que tu l’aimes toujours, ou tu veux juste la sauter ?

  • En quoi l’un empêcherait l’autre ?

  • C’est une réponse ça ?

  • On s’en fout des réponses, la vérité imprègne les questions. »


I won’t be drinking anymore…

I won’t be drinking anymore…

I said it once… Said it a thousand times before…

I won’t be drinking anymore…

It’s not a lie,

A drunkard promise,

It’ll just take some time…

Take some time…

Take my hand

And bring me to the end

Of this tears I hate to love.


« Ben tu comprends, pour draguer, j’ai connu mieux. Bonjour mademoiselle, vous faites quoi dans la vie ? Moi, je suis nettoyeur de scène de crime. »


Albrecht était un gnome des plus ordinaires. Il était issu de la branche cadette de la famille Boggan par sa mère, qui avait épousé un épicier de la Cité, bon sujet d’Obéron et épicier dans le souk des jardins suspendus. Il avait d’ailleurs hérité de la boutique de son père, qu’il avait fait prospéré en se spécialisant dans l’approvisionnement de diverses liqueurs, alcools, drogues et psychotropes venus des quatre coins des réalités.


Il était une fois un petit électricien. Son travail consistait à fabriquer des petits interrupteurs sur le cœur des gens quand ils tombaient amoureux. Comme ça, même quand cet amour disparaissait, qu’il fallait le mettre sur off, l’interrupteur était toujours là. À jamais.


Demander de l’aide est tout autant une preuve de faiblesse que de force.


Essaye, essaye, essaye encore, et n’oublie pas de mourir.

 

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Crash-test #5

Posté par Durf667 le 14 août 2011

 Entendu tout à l’heure dans Dr. House : « Vous avez du talent. Ne le gâchez pas parce que vous êtes malheureux. »

 

Dans une mégapole cyberpunk, un nettoyeur de scène de crime accroc au porno tombe par hasard sur un implant neuronal générateur de réalité virtuelle décodant l’inconscient de son porteur pour bio-simuler ses fantasmes personnels.

 

De l’influence des réseaux sociaux sur l’évolution des rapports humains, ou : la dépression facebook, mythe ou réalité ?

 

La pièce était remplie de clés, partout. Sur les étagères : des cartons pleins de petites clés brillante. Des trousseaux entier étaient accrochés aux murs. Une douzaine de clés imposantes, en vieux métal noirs, longues de plusieurs centimètres, reposaient dans une corbeille. Des clés jouets en plastique vert et rouge trainaient sur le sol. Et pourtant, à cette pièce, il n’y avait qu’une seule porte.

 

« My lover

My dead-end street

You’re my favorite perversion

My lover

Save my soul

Everyone is waiting for the dawn.

 

Wait for the sun to burn our sins

Wait for some light into this pit.

 

Crucified

Parricide

Now you can nail me down… »

 

Je crois que le mot que tu cherches, c’est stase. C’est pas bon, ça. T’arrêtes d’évoluer, d’apprendre, de vivre. Il faut sortir de cet état de stase. Je crois que le mot que tu cherches, c’est extase.

 

Des trolls feignants, des vampires buveurs de jus de myrtille, des loups-garous bedonnants, des elfes plus fragiles qu’ils ne le pensent.

 

Au bout du compte, dans la pénombre d’une chambre à coucher, tous les corps finissent par se ressembler. Seules les âmes demeurent sensuelles, attirantes, excitantes. L’absence d’âme n’est pas un problème. C’est physiologique. Mécanique.

 

Il s’est endormi sans que personne ne le remarque. En même temps, il a toujours tout fait sans que personne ne remarque rien.

 

« J’ai plus de souvenir que si j’avais mille ans…

  • En même temps, tu AS mille ans.

  • Ah oui, j’oublie tout le temps. »

 

Les masques finissent par émousser les visages qu’ils recouvrent. Certains n’en ont d’ailleurs plus.

 

Je ne sais plus lire.

 

Il était une fois un petit garçon perdu dans la forêt. Ce dont il avait le plus peur, ce n’était pas du loup vicieux tapi dans l’ombre. Ce n’était pas des ombres rampant à travers les feuillages. Ce n’était pas les bruits innombrables, branches cassés, grognements, trépidations. Ce dont il avait le plus peur, c’était du fait même de se savoir égaré.

 

Je n’attends rien. Mais j’espère beaucoup.

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Crash-test #4

Posté par Durf667 le 17 juillet 2011

C’est l’histoire d’un petit garçon qui était persuadé d’être né sans jambes.


Je te jures, je te cramerais c’te baraque, ça règlerait pas le problème, mais ça serait bon pour mes nerfs.


Vises-y l’œil !


Les hasards de la vie lui avaient mis dans les mains La montagne magique, de Thomas Mann, pile au moment où la tentation de l’exil, de la retraite, s’insinuait dans son âme comme le sentiment amoureux s’attaque à l’esprit d’un adolescent submergé par les hormones.


Rhôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôô !


« These are my fluids, give me yours »


Chacun d’en nous est effectivement un flocon de neige merveilleux et unique. Mais tous les autres flocons s’en foutent.


Rien à foutre des pom-pom girls.


Il était lui-même surpris de se sentir aussi bien. Après tout, il était malheureux depuis si longtemps, son mal-être était si habituel, que tout en lui semblait résonnait en permanence d’un deuil indéterminé mais constant. Aussi, quand par extraordinaire son ciel s’éclaircissait, il y voyait presque un mauvais présage. Au centre du cyclone, il n’y a plus de vent.


La merde, l’erreur fatale, la connerie fondamentale, c’est la sédentarisation.


Sans doute le locataire précédant avait-il commis une erreur en procédant à son changement d’adresse, car, les premières semaines, il lui arriva de recevoir quelques lettres et colis qu’il s’empressait de renvoyer à l’expéditeur. Néanmoins, il en ouvrit par erreur un dont le contenu l’intrigua beaucoup. Ce fut un de ces amis qui dût lui expliquer qu’il s’agissait d’un vagin artificiel destiné à la masturbation masculine.


et quand il ouvrit la porte, elle était encore là.


« Fais moi confiance. La colère d’Obéron est rare. Rarissime. Mais t’as pas envie de la provoquer. Fais moi confiance. Maintenant, rend-moi mon œil, s’il te plait. »


Plouf.

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