Early Morning Blues

Posté par Durf667 le 10 avril 2011

Par Durf667 (2010).

 

Le plus effrayant, ce sont les accès de rage.

Je me réveille à quatre heure et demie du mat’. Pourquoi, j’en sais rien, j’ai du dormir à peine cinq heures. Mais voilà, je me retrouve à fixer le plafond depuis mon pieu, le sommeil est parti je ne sais trop où et je sais qu’il ne reviendra pas. Je me lève pour aller chercher mes clopes qui sont restées dans le salon, en profite pour allumer le PC, et découvre deux belle merdes laissées par Xerxès, le Bull Terrier de mon colloc Alex, sur le parquet de la cuisine. Classe. Pas de trace du colloc. Avec un peu de chance, à cette heure, il doit être dans sa nouvelle copine. Me voilà donc parti dans les rues au petit matin en train de me faire démonter l’épaule par ce con de chien qui pisse à peine de quoi remplir un verre à whisky. Mais l’air de la nuit me fait du bien, l’atmosphère est humide et froide, et en l’absence de qui que soit d’autre dans les rues de la vieille ville (colombage, poutres apparente, rues pavées), les rues m’appartiennent.

Une fois rentré, je relève mes mails (on voit que noël approche, Amazon et CDiscount en sont à la limite du harcèlement), passe sur Facebook voir s’il y a des insomniaques (il y en a, mais je les soupçonne de ne pas s’être encore couché) et y apprends qu’il a neigé dans la nuit. J’en profite pour stalker un peu Vic, ma copine (rien de spécial) et Vassilissa, mon ex qui passe sur le site une fois par année bissextile, mais qui reste à ce jour la personne qui me donne les meilleurs conseils, quel que soit les sujets qu’on aborde. Si seulement elle était capable de s’appliquer à elle même ce qu’elle prêche… Mais je suppose qu’on est tous pareils, sur ce plan-là. Je lance un album de Tegan and Sarah sur Deezer. Ça correspond bien à mon humeur. J’essaie de me caler à la nouvelle que j’ai commencé il y a une éternité, mais rien ne sort, c’est mon problème chronique de manque d’inspiration. Et j’ai toujours cette vieille déprime qui me tient au boyaux de la tête comme un amant qui sent l’amour partir se tient au corps endormi de son élue.

Je me cale au pieu pour essayer de m’occuper la tête avec un bouquin de Poppy Z. Brite, celui où elle parle de son addiction à la Vicodin ES. Comme le docteur House, oui. Puis j’éteins la lumière et essaie de me rendormir. Sans succès. Je me tourne et me retourne sous la couette, agacé par le bruit suintant du radiateur mal purgé. Et c’est là que ça me vient, remontant d’une zone oubliée de mon cerveau, la rage. Gabe est un RMIste professionnel pseudo-artiste de ma connaissance qui a un peu tendance à prendre tout le monde pour un con. Pourquoi j’ai pensé à lui à ce moment, me demandez pas. Mais je me suis distinctement vu lui enfoncer sa petite gueule d’ange des caniveaux dans un lampadaire. Je l’imagine la gueule en sang, les dents par terre. Ça me fait toujours un peu peur, ces crises. Bon, ça dure pas longtemps, mais suffisamment, dans ce cas, pour expulser toute chance de me rendormir. Je me lève en tremblant. Il est six heures.

Café, clopes, Weezer (on va éviter les trucs trop violents ou tristes tout de suite. J’ai besoin de musique légère). J’ai la tête pleine de mes incapacités sociales, de mes inaptitudes à la discipline. Quel espèce d’imbécile peut lâcher son taf pour devenir écrivain passé trente ans ? Moi. Je passe en revue mes handicaps administratifs, je dois des thunes à la CAF, la sécu me croit toujours employé par mon ancienne boite, ce genre. Pourquoi je n’arrive pas à m’investir dans ma relation avec Vic ? Pourquoi je passe mes journées sur Civilization V au lieu d’écrire ? Pourquoi, après presque un an de colloc, mes cartons ne sont-ils pas défait ? Pourquoi je stalke encore Vassi sur Facebook ? Pourquoi je bois autant ? Pourquoi je m’occupe pas de soigner mes dents pourries ? Pourquoi j’arrête pas mes conneries ? Comment on fait, d’ailleurs ?

Xerxès vient de se poser à mes pieds et me regarde de ce regard qui me fait dire qu’il est mignon, mais un tout petit peu con. Ça me fait penser à la vanne récurrente de Vic à mon sujet. « T’es mignon, mais un tout petit keupon ». Elle est géniale, Vic. Presque aussi paumée que moi. Et le meilleur coup que j’ai jamais eu. Et elle encaisse plutôt bien mon côté poête-pouet-pouet-maudit-suicidé-en-sursis-à-deux-balles-de-ta-mère. Mais je me soigne. Je sais pas trop où je vais, mais je suis heureux d’y aller avec elle, le temps que ça durera. Sans elle, je serais un peu comme Xerxès quand ni Alex, ni moi ne sommes là. Comme un chien sans son punk.

Trop de café. Trop de clope. Je gerbe de la bile dans les chiottes. Xerxès regarde sans comprendre, la tête penchée sur le côté. Je pars en quête de la bouteille de coca que j’ai cru voir posée à côté du canapé du salon. Bingo. Le liquide calme un peu le feu stomacal, mais je m’empresse de le vomir également. Au moins, j’ai quelque chose à vomir. C’est déjà ça. La rage revient, mon amante la plus fidèle. Je retourne sur le PC, repasse vite fait sur Facebook. Rien. Je change de son sur Deezer. L’album punk de Slayer. Ma nouvelle en cours est toujours là, en attente sur le bureau. Je la relis, trouve ça pas si mal. Ça parle de super-héros nihilistes. J’essaie d’écrire, et là, ça vient. Je m’y remets. Au moins, j’ai quelque chose à vomir.

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Crash-test #1

Posté par Durf667 le 10 avril 2011

 

Demian S. Coyote


 

Le problème, c’est pas les réponses, c’est les questions.


Plus de clopes, dimanche, la flemme de se mettre en quête d’un tabac ouvert. Pas ouvert les volets. Il fait gris, de toutes façons.


Un plan cul ne vaut JAMAIS les emmerdement potentiels qu’il peut t’apporter.


Il est fatigué d’être malheureux. Mais il sait plus comment on fait.


Le jeune homme se réveille enfin et s’aperçoit qu’il possède dans les tréfonds de sa mémoires les souvenirs de quelqu’un d’autre.


Une seule pilule vous manque, et tout est dépeuplé. Stylnox, mon amour. Trois semaines d’insomnie, ça laisse des traces bien gluantes sur les vitres.


L’important, c’est pas « pourquoi ? », c’est « comment ? ».


Pourquoi quand il fait beau toute la semaine, il pleut toujours le dimanche ?


J’ai grave, mais grave, envie de baiser.


La vérité est un leurre. La réalité est malléable. L’amour est un mensonge collectif.


Un ange de métal pleure des larmes incandescentes dans une impasse obscure, derrière la boutique du forgeron. Une araignée mécanique les recueille dans de petites fioles que les junkies de la cités se paient par tous les moyens. Un décret d’Obéron en interdit le commerce, mais la rumeur dit que même Titania est accroc.


La techno moldave, c’est de la merde.


Qu’est-ce que je vais faire de mes lundis soirs maintenant que Top Chef est terminé ?


Si c’était pas la copine de mon pote, je te jure, parce qu’enfin bon, merde, ses nichons, quoi !


J’aime bien, quand mes ongles ont un peu poussé, en enfoncer un juste sous un autre.


C’est moi ou il est con ?


Non en fait, je me disais aussi, j’en ai rien à foutre, en fait.


L’oniromancien la rejoignait toute les nuits, et elle ne comprenait pas pourquoi elle rougissait quand elle le croisait à la machine à café tous les matins.


Y a un cadavre sur le canapé.


Qu’il est con ce chien, qu’il est moche ce bébé.


En principe, quelques temps après la rupture, le danger, c’est quand la testostérone te fait croire que t’as encore des sentiments. C’est une saloperie, la testostérone.


Les loups hurlèrent, ce soir-là, mais personne ne comprit pourquoi.


Un bouquin de Cioran vaut mieux qu’une pathétique lettre de suicide.


Est-ce que les déesses de l’amour déchues dansent vraiment dans les club de strip-tease ?


Je veux bien tout détruire pour tout reconstruire, mais je suis pas très sûr de ma motivation concernant le deuxième aspect de cette proposition.


Encore eût-il fallut que j’eusse l’occasion d’en placer un, de subjonctif !


« Nooooooooooooooon ?

- Si. »


Vous n’avez jamais eu l’impression que Dieu se foutait de votre gueule ?

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Le vieillard et la faux

Posté par Durf667 le 9 avril 2011

Voici un très vieux texte que j’ai retrouvé dans un carton. Soyez indulgents, c’est une de mes premières tentatives. Et c’est déjà d’une folle gaieté, dis-donc.

 Le vieillard et la faux

Ol’ Man Sid (2000)


C’était la fin d’une journée d’été, une de ces soirées interminables à l’athmosphère chargée de foin coupé et de promesses non tenues, qui ne semblent mourir qu’à la venue des voiles du sommeil au-dessus des membres engourdis des êtres vivants.

 

Je marchais sous les étoiles, qui éclairaient la route rocailleuse sur laquelle des pensées errantes m’avaient conduit. Elles ne semblaient pas m’avoir remarqué. Le repos et l’indifférence, loin des humains et de leurs dysfonctionnements, enfin. Juste le regard désintéressé de Betelgeuse, Antarès et de leurs sœurs aux yeux flottants.

 

Après avoir serpenté apparemment au hasard sur quelques centaines de mètres comme si lui-même ne savait pas où il devait aller, le chemin présentait une longue ligne droite, certitude soudaine et inattendue, et je vis à la sortie du dernier virage un vieil homme qui se reposait sur un rocher, à quelques minutes de marche. La route longeait la lisière d’un petit bois d’où provenaient les cris des animaux nocturnes qui déjà s’éveillaient. Me voyant arriver, l’ancêtre m’accueillit d’un voix étrange, aussi faible qu’un murmure, mais pourtant aussi forte à mes oreilles qu’un vent d’automne.

 

« Bonsoir, jeune homme, accepteriez-vous de m’accompagner dans ma promenade, dès que j’aurais repris mon souffle ? » dit-il en tournant son visage vers moi.

 

Sa peau était parcheminée, ravagée par les ans, et ses yeux éclairaient son sombre visage, semblants avoir vu trop de choses pour une vie humaine. Ses cheveux blancs descendaient en cascade jusqu’à ses épaules, encadrant sa bouche maigre et sa barbe d’ermite. Il était habillé comme un personnage de Daudet, avec un pantalon de velours élimé et une chemise en toile grossière. Pour se lever, il prit appui sur son long outil, jusque là caché par les herbes bleues qui couraient partout alentour. Alors je compris qui était le vieillard. L’outil était une faux, l’aïeul était la mort.

 

Calmement, je lui demandai :  «-  Mon heure est-elle déjà venue ? 

 

- Non. Répondit-il simplement. Parfois, même le plus impitoyable a besoin de parler. »

 

Et nous nous mîmes en route. Il avançait péniblement sur les cailloux du sentier.

 

« - Que pouvez-vous avoir à dire à un simple mortel ? dis-je.

 

- A toi, rien, répondit-il. Ce n’est pas à toi que je veux parler, je veux simplement qu’on m’écoute et qu’on réponde à mes questions. T’en sens-tu capable ? »

 

Que répondre à ça ? Que dire à la mort quand elle vous regarde par-dessus son épaule voûtée en attendant que vous lui parliez ? J’acquiesçai.

 

« - Qu’est-ce que le désespoir ? finit-il par dire après un long silence.

 

- La mort ne sait pas ce qu’est le désespoir ?, répondis-je. C’est pourtant un de vos plus fidèles fournisseurs !

 

- C’est exact, dit-il, mais on ne peut jamais connaître ce que l’on n’a pas d’abord éprouvé.

 

- Le désespoir est la perte de tout désir de vivre, dis-je, c’est la fin de ses illusions, c’est le début de la chute, c’est l’âge adulte de la conscience.

 

- Personne ne peut donc continuer à vivre quand il a compris la véritable nature de l’existence ?

 

- Chacun cherche sa propre raison de vivre, et pour finir, on comprend qu’aucune n’est valable.

 

- Alors pourquoi es-tu toujours en vie ? » dit-il avec un sourire sans joie.

 

Je restais muet à cette question. Comme nos pas nous menaient vers un chemin plus pratiqué, je finis par trouver une réponse :

 

« - Parce que j’ai peur d’avoir raison. Mon but dans la vie est de me prouver que j’ai tort ». L’idée me vint alors que, si la vie était si sordide et vaine, le moindre moment de bonheur valait tout l’or de tous les leprechauns.

 

« - Parce que j’ai encore des fleurs à sentir, du vin à boire et des lèvres à embrasser. »

 

Après un temps de réflexion, le vieillard reprit la parole :

 

« - Depuis que les hommes m’ont créé, ma raison d’être est de prendre leur vie. Je ne sais pas pourquoi je le fais, mais je le fais. Je suis âgé, très âgé, et pourtant, au cours de tous ces millénaires, jamais je ne me suis posé de questions. Jusqu’à récemment. Depuis peu, pourtant, le pourquoi de mes actes me tourmente, et j’ai peur d’avoir trouvé la réponse à cette question.

 

- Et c’est… ? demandais-je.

 

- Tu as répondu toi-même à l’instant. »

 

Au moment où il dit ces mots, il sembla trébucher. Sa faux tomba au sol, la lame dressée vers la lune. Aussi léger qu’une plume, il l’accompagna dans sa chute.

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Auto-définition

Posté par Durf667 le 7 avril 2011

Don Nihil Apsarà

 

 Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

 

 

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Truth is a myth : A patchwork

Posté par Durf667 le 5 avril 2011

Demian S. Coyote et M. Pantomime (2002 / 2006)

 

They arrested her for giving me a kiss / Give me one night then you can die / Tell me something I don’t know /We’re animals after all / I won’t be drinking anymore / I ate the lotus anymay / It blurred my soul and made me wanna go / I’m down with another sad song / You just want more but you can’t / I’m stoned.

 

Hit me now / The crowd doesn’t care / You know I need to kneel / The danger in the dream / It’s not what you did, it’s not what you said / Cause everything you lost was worth the pain / I don’t walk I run, I stumble and fall / The match burnt fast, I can’t control my hand / The ghosts are dancing all around.

 

Now you can nail me / You’re so beautiful when you’re smiling / You come to me and we scream « fuck off » / You can’t refuse the headache / Been done before, been done before / If you were my medecine, I sure would take this pill / I don’t think I can handle the truth alone / So fight and still fight and don’t forget to die / Could I come, if you still want some news ?

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