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À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

Il pleut des pierres

3 juin 2013

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Il pleut des pierres

.

Les rues sont pleines, ils ignorent tout

Les poings serrés, la vision floue

Courir pour pas tomber à genoux

 .

Il pleut des pierres

 .

Il faut se préparer au pire

Espérer le meilleur, se dire

Qu’on laisse une empreinte dans la cire

 .

Il pleut des pierres

.

Les yeux brûlé, la gueule en sang

Plus rien ne sera comme avant

Un jour ou l’autre, tout fout le camps

 .

Il pleut des pierres

 .

Il pleut des pierres dans Chanson parapluie

Il pleut des pierres

Et les abris sont occupés

Il pleut des pierres

Mais on trouve des boucliers

Il pleut des pierres

On danse dessous

On court pour pas tomber à genoux

Il pleut des pierres

Il pleut des pierres

 .

Il pleut des pierres

 .

C’est aujourd’hui que tout commence

Faut pas tirer sur l’ambulance

Même si ta peine est immense

 .

Il pleut des pierres

 .

Faut bien s’armer pour pas sombrer

Protégé et être protégé

Faut persister sans oublier

 .

Courir pour pas tomber à genoux, il pleut des pierres

Il faut se préparer au pire, il pleut des pierres

Un jour ou l’autre, tout fout le camps, il pleut des pierres

C’est aujourd’hui que tout commence, il pleut des pierres

Faut persister sans oublier, il pleut des pierres

Il pleut des pierres

Il pleut des pierres

Crash-test #26

15 avril 2013

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Il est des choses fondamentales de la Vie, de la Nature Humaine, du Réel qui tiennent de l’indicible. Le problème, c’est justement que tout le monde essaie d’en parler.

Le diable d’un peuple est le dieu de l’autre.

Dharma, Inc. vous propose une recorporation complète dans le corps de vos rêves ! Choississez votre âge, votre sexe, votre couleur de peau. Dharma, Inc. garantit la préservation totale de vos données neurales lors du téléchargement de votre conscience depuis votre corps actuel, son entretien sur nos serveurs sécurisés et lors de la recorporation. Un supplément au forfait de base est appliqué lors de l’ajout de données (nouvelles connaissances, compétences, etc.) où le traitement de données à visée psycho-thérapeutique.

Il ya dans la contemplation d’un édifice en ruine la même fascination, le même trouble, que dans celle d’un cadavre.

Je ne le dirai jamais assez, le concept de civilisation est une escroquerie.

Je ne le dirai jamais assez, le concept de santé mentale est très sur-évalué.

Je ne le dirai jamais assez, je dis quand même pas mal de conneries.

Si nous avions accès à tous nos souvenirs dans leur intégralité et sans transformation, si nous pouvions les ouvrir comme un fichier texte ou une vidéo sur notre ordinateur, alors, nous n’aurions pas la même perception de la notion de Temps. Car se remémorer parfaitement, sans erreur ni oubli, un événement du passé, c’est le revivre. Et ce n’est alors plus du passé, mais le présent.

Tu dis que si tu gagnes au loto, tu te serviras des thunes pour faire le bien autour de soi. Il est si facile d’être généreux avec l’argent qu’on a pas.

Le fondement de toute société réside dans la gestion de la violence.

Qu’est-ce qui fait un Être ? Son corps ? Son esprit ? Son vécu ? Autre chose ? Et si on lui enlève un de ces éléments, reste-t-il le même Être ? Mais alors, qu’est-ce qu’il est vraiment ? Qu’est-ce qui fait « Lui » ? Où réside l’étincelle divine qui fait qu’Il est ce qu’Il est ?

Le seul moment de la journée où je me sens totalement tranquilisé, c’est ce court moment qui sépare le moment où je me couche de celui où je m’endors.

C’est quand elle avait enfin acquis le pouvoir de modeler la réalité à sa guise qu’elle abandonna l’idée de l’utiliser pour le bien commun.

Quand il relut les textes des chansons de son premier groupe, il fut étonné d’à quel point ils révélait de lui des choses dont il n’avait pris conscience que des années plus tard.

Il avait un palais non en dehors, mais « à côté » de la réalité. Il l’avait rempli de divers domestiques, un bibliothécaire, des gardiens de pierre, des animaux familiers, et même un harem construit à partir des souvenirs qu’il gardait des femmes et des hommes qu’il avait connus. Mais il n’y allait plus jamais, dans ce harem, car les imitations n’étaient, justement, que ça. Des imitations.

Il y a Moi. Il y a l’anti-Moi. Et il y a leur Ombre à tout deux.

Sans-titre

31 mars 2013

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Il y avait un petit moment que je ne vous avais pas proposé de fond de tiroir. Voici le texte traduit de l’anglais d’une chanson que j’ai dû composer il y a une quinzaine d’année. Pour la musique, j’imagine qu’il y avait 2 accords et beaucoup de saturation. Encore une fois, si quelqu’un entrevois un sens à ce machin, je suis preneur.

Et pour illustrer le tout, une pochette d’Alice in Chains de bon aloi, qui correspond bien au thème, et qui a très bien pu inspirer l’écriture de ce texte, d’ailleurs, maintenant que j’y pense :

Sans-titre 5099747485527_600.

.

.

Elle collectionne des scarabées vénériens

Elle attrape les guêpes avec de l’eau sucrée

Elle arrache les ailes des mouches

Elle enferme les fourmis dans des pots qu’elle scelle

.

Elle coupe les jambes des araignées

Elle empale les papillons

Elle les range dans un livre vert

Elle tue des insectes car c’est son destin

.

Elle est une reine des rampants sur un écran télé

Elle pourrait courir

Mais elle ne veut pas partir

Sysiphe

30 mars 2013

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Sysiphe dans Nouvelles franz_von_stuck_-_sisyphus-214x300

 

0

 

Il n’ a pas crié tout de suite. Comme s’il avait déjà tout compris. Mais c’est sans doute juste une coïncidence. Ouais. Ça peut être que ça, pas vrai ?

 

5

 

Peur. Le mot, c’est peur. Pas terreur, hein ? Pas le truc qui te paralyse. Il ne sait pas pourquoi, mais il a peur. Une appréhension. Mal faire, mal parler. Alors, il ne fait rien. Il ne dis rien. Sauf quand on lui indique quoi faire. Quoi dire. En attendant, il observe et il pense. Il apprend.

 

 

10

 

Ennui. Altérité. Différence. Le moment où il se rend compte que tout ce qu’on lui a enseigné, tout ce qu’il a appris, dans le monde « réel », ne sert à rien. Le mot « escroquerie » au bord des lèvres. Injustice ? Peut-être pas. Solitude ? Sûrement.

 

 

15

 

Il comprend pas tout ce qui se passe. Le décalage semble s’accentuer. Là où la plupart découvre la Vie, il est fasciné par la Mort. Encore ce sentiment de s’être fait avoir. Il réfléchit. Amène les bonnes réponses à de mauvaises questions. Il apprendra plus tard qu’il est plus difficile de s’interroger correctement que de s’apporter des solutions. Que le chemin est plus important que la destination.

 

 

20

 

Arrogance. Certitude d’avoir raison. Une certaine forme de haine. Mal digérée, la haine, mal contrôlée. Comme un flingue chargé et trop lourd, dont le canon revient sans cesse entre ses deux yeux. Plus tard, il comprendra qu’il y avait plus simple que chercher à se servir du flingue. Il suffit de le poser au sol. Bonnes réponses, mauvaises questions, encore.

 

 

25

 

Il n’en finit plus de ne pas comprendre ce qui reste au bord de l’évidence. C’est là, mais il ne le voit pas. Alors il tourne en rond en attendant de trouver ce qu’il ignore chercher. Des couloirs s’éclairent, mais il ne sait pas par où commencer. Des réponses arrivent, encore, mais cette fois, aux bonnes questions. Il ignore juste quelles sont ces questions. En attendant, il saigne. Il paie le prix.

 

 

30

 

Il tourne en rond depuis trop longtemps pour ne pas avoir les pieds en sang. Il est prêt à abandonner, même s’il s’en défend. Il n’a plus peur. C’est parce qu’il croit avoir enfin tout compris. Il a tord, comme souvent. Mais il commence enfin à percevoir les seules choses qui sont toujours vraies. Et il comprend que s’il n’a pas fini de chuter, quelque part, il y a un endroit où il pourra se reposer.

 

35

 

Dans l’ordre. Fatalisme. Peur. Ennui. Incompréhension. Arrogance. Douleur.

Les ennemis sont identifiés.

Le combat continue.

Expérience sur les modalités des genres musicaux sub-culturels par l’intermédiaire d’un texte de référence, avec un subtil hommage à Pierre Desproges en sus.

8 mars 2013

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Bonjour cher lecteur, qui que tu sois, d’où que tu viennes. Vois-tu, camarade (tu permets que je t’appelle « camarade » ? ), ce blog n’est pas uniquement le lieu où sont postés des réquisitoires violents contre la société, des étalages d’états d’âmes romantico-désespérés, des poèmes nébuleux et des embryons de nouvelles avortées. Non, cher ami circonspect (tu permets que je t’appelle « cher ami circonspect » ? ), il contient également des expériences pseudo-littéraires, des élucubrations pseudo-dadaïstes et des délires pseudo-anarchiques, qui n’intéressent peut-être bien que moi-même. Et aussi, mon petit poney fringuant (tu permets que je t’appelle « petit poney fringuant » ? ), on trouve ici même ce qu’il me faut bien reconnaître comme étant de grosse conneries.

Et donc, cher coquinou estival sans nul doute beau comme un enfant et fort comme un homme (tu permets que je t’appelle «  coquinou estival sans nul doute beau comme un enfant et fort comme un homme » ? ), et donc, donc, hein, n’est-ce pas.

Et donc, en voici une autre.

De grosse connerie, je veux dire.

 

Le principe est simple.

Prenons (c’est une image. Ne prend rien dans tes mains. Tu vas te faire mal, imbécile. Tu permets que je t’appelle « imbécile » ?) le texte imaginaire d’une chanson imaginaire, dont je choisis le thème au hasard et qui, comme quoi, c’est pratique, se prête justement parfaitement à mon propos.

 

Ces paroles conviennent parfaitement à tout genre de musique du style variétoche, folk, reggae, electro-pop et autres machins mous.

 

« Seul sur ce parking désert

Je te vois partir loin de moi

Et j’ai si mal dans ma chair

J’ai si mal, car, dis-moi

 

Pourquoi tu pars

Pourquoi tu pars si loin

Si loin de moi

Là-bas

Pourquoi tu m’as

Tu m’as lâché la main

Pars pas

 

Je traine sans but ici

Là où nous étions heureux

Les mots que je t’ai écrit

Tu les as jeté au feu »

 

Putain, c’est beau. On dirait du Roch Voisine. Pour les plus jeunes, Roch Voisine, c’est comme Christophe Maë, mais en plus canadien et en moins blond.

 

Puis prenons (non, c’est encore une image, connard. Tu permets que je t’appelle « connard » ? ) quelques genres musicaux distincts, et adaptons les paroles pour coller avec les goûts de la sous-culture correspondante.

 

 

Gothique.

 

« Seul, encore seul, toujours seul sur ce parking désert et vide comme ma vie

Je te vois partir comme les autres, loin de moi qui suis seul, toujours seul, encore seul

Et j’ai si mal dans ma chair et dans mon âme, comme si on me transperçait ce cœur sans vie

Et j’ai si mal mais ça va aller, j’ai l’habitude

 

Pourquoi tu pars dans la nuit

Pourquoi tu pars si loin en me laissant si fatigué

Si loin de moi qui suis seul, toujours seul, encore seul

 

Pourquoi tu m’as lâché

Tu m’as lâché la main, si froide d’avoir trop saigné

Pars, laisse-moi souffrir… seul

 

Je traine sans but ici, comme nous tous, mais moi seul semble le voir

Là où nous étions heureux, mais je savais que le bonheur n’était qu’une illusion

Les mots que je t’ai écrit avec l’encre de mon sang si noir

Tu les as jeté au feu avec mon cœur fait pour la douleur et la déraison »

 

 

Metal

 

« Seul sur ce parking désert

Je te vois partir loin de moi

Et j’ai si mal dans ma chair

J’ai si mal, car, dis-moi

 

Pourquoi tu pars

Pourquoi tu pars si loin

Si loin de moi

Là-bas

Pourquoi tu m’as

Tu m’as lâché la main

Pars pas

 

Je traine sans but ici

Là où nous étions heureux

Les mots que je t’ai écrit

Tu les as jeté au feu »

 

Non ça change pas. C’est la ballade de l’album. Y a juste un solo de dix minutes en plus, à un moment.

 

 

Punk.

 

« Seul sur ce parking désert

Je te vois partir loin de moi

Et je reprends une bière

Parce que ça fait chier

 

Pourquoi tu pars

Je sais, c’est parce que je pue

 

Je traine sans but ici

Là où on glandait, tranquilles

Les mots que je t’ai écrit

Tu savais pas les lire »

 

 

Electro-branchouille hipster.

 

Alors là c’est subtil. Les couplets restent les même, mais ils sont parlés sur une musique un peu planante. Le refrain change un peu…

 

« Seul sur ce parking désert

Je te vois partir loin de moi

Et j’ai si mal dans ma chair

J’ai si mal, car, dis-moi

 

Don’t leave me

Don’t leave me

Don’t leave me

Don’t leave me

 

Je traine sans but ici

Là où nous étions heureux

Les mots que je t’ai écrit

Tu les as jeté au feu »

 

Ils se font pas chier, quand même, les électriciens. (Quoi, c’est pas comme ça qu’on dit ?)

 

 

Jazz-fusion.

 

Attention, suis bien, mon lapin fripon (tu permets que je t’appelle mon lapin fripon ? ), c’est subtil, là aussi.

 

Intro instrumentale de cinq minutes.

 

« Seul sur ce parking désert

Je te vois partir loin de moi »

 

Break de batterie en 7/12

 

« Et j’ai si mal dans ma chair

J’ai si mal, car, dis-moi »

 

Pont en 5/3 sur deux mesures

 

« Pourquoi tu pars

Pourquoi tu pars si loin

Si loin de moi »

 

Solo de guitare

 

« Là-bas

Pourquoi tu m’as

Tu m’as lâché la main

Pars pas »

 

Solo de basse

 

« Je traine sans but ici

Là où nous étions heureux

Les mots que je t’ai écrit

Tu les as jeté au feu »

 

Solo de batterie, puis break en 15/3.

 

 

Rap.

 

« Seul sur ce parking désert, t’as vu, mon flow ne suffit pas à exprimer ma peine, ouais

Je te vois partir loin de moi, et je ne sais comment te retenir dans mes bras tatoués, biatch

Et j’ai si mal dans ma chair, mais je le montre pas, je suis un vrai keum, t’as vu, je cache ma haine

J’ai si mal, ouais, j’ai si mal, car, dis-moi, ouais dis-moi, pour une fois je vais écouter, j’ai trop le seum

 

Chant féminin :

Pourquoi tu pars

Pourquoi tu pars si loin

Si loin de moi

Là-bas

Pourquoi tu m’as

Tu m’as lâché la main

Pars pas

 

Je traine sans but ici, j’m'en roule un et le regarde se consumer comme mon cœur se consume.

Là dans ma piaule où je t’ai si souvent pété le boule, là où nous étions heureux, ouais

Les mots que je t’ai écrit, du journal de ta vie, ils auraient dû faire la une

T’as vu, tu les as jeté au feu »

 

 

Et enfin pour finir, mon préféré :

Grindcore.

 

« Casse-toi, salope. »

 

Merci de m’avoir lu, à plus tard, ou pas.

Crash-test #25 – Apologie du Néant

28 février 2013

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Être, Exister, Vivre, Survivre. Ce ne sont pas des synonymes.

 

Il fut une époque où les gens voulaient être reconnus pour un talent, un savoir-faire…

L’époque présente incite à vouloir être simplement connu.

Et moi, je voudrais qu’on m’oublie.

 

Tout est mensonge. Tout est fiction. L’histoire que l’on raconte, il n’y a que ça.

 

« Ça t’arrives jamais ? Ce truc qui prend naissance dans le labyrinthe de tes intestins, qui grossit, qui remonte dans la gorge ? Ce truc qui te brûle le sang, qui te lacère les veines ? C’est de la haine pure.

Tu sais pas d’où elle vient. Parfois, souvent toujours, ça vient de nulle part. C’est juste là.

Envie de fracasser un crâne avec une masse. Envie d’enfoncer un visage dans un mur. Envie de tuer quelqu’un. N’importe qui. C’est un ver qui ronge ton esprit, c’est un loup qui déchire ton cœur. »

 

Mourir heureux ou malheureux, à la fin, on est toujours mort.

 

À force de rester dans la marge, par fierté ou par mésestime de soi, par choix ou par contrainte, on finit par savoir lire entre les lignes.

 

La page était si blanche que je ne la voyais plus.

 

J’écrivais pour qu’on finisse par me comprendre. À présent, quand je pose le point final, je suis déjà content si moi-même, je me comprends.

 

J’ai remplacé le pessimisme par le nihilisme. C’est moins confortable, mais c’est plus honnête.

 

On peut vivre sans exister. C’est même la forme la plus pure et sublime de vie. C’est celle où le sang coule, c’est celle où le cœur bat. À la fin, on s’en va, on referme une porte. On rejoint le néant où l’on a toujours vécu. Celui qui cherche à exister cherche à claquer les portes, à donner un sens à sa vie. Celui qui cherche juste à vivre sait qu’il n’y en a pas.

 

La violence sera toujours la source des émotions les plus fortes. N’oubliez pas que l’amour est violence.

 

Le simple fait qu’un débat se lance à la suite de la lecture de quoi que j’ai pu écrire, ce serait la preuve irréfutable qu’on y a rien compris.

 

Si rien n’a de sens, je vais reprendre un verre de rouge et attaquer le Cantal.

 

Dormez. Vos rêves sont plus réels que vos vies étriquées. La vie, vous la portez comme une chemise trop petite, alors qu’elle est trop grande pour vous.

 

Tout le monde devrait fermer sa gueule, y compris moi. Parler ne sert à rien. Communiquer ne sert à rien. Plus personne n’écoute.

 

 

Chloe-Nihilish

21 janvier 2013

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Image de prévisualisation YouTube

 

 

Rappel :

Entretien avec un autre vampire

Agression is Art

Le récif

7 janvier 2013

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De petits reflux acides lui rongent les os du crâne

Un larsen inaudible caresse le cuir

Le déchire

Des lambeaux de peau sous les ongles

Les yeux dans les paumes

Effrayé par la lune ironique qui le scrute du haut de son estrade

Ah ! Qu’elle est belle la statue bien posée sur son socle !

La lumière est chargée de poussière

Poussiéreuse aussi, la caboche électrique

C’est d’un rien qu’il s’étonne

Il s’étire comme un chat écorché

Le violon sans corde s’éclate sur le lino

Copeaux de sons fantômes

De chansons non jouées

D’histoire non racontées

Tout continue pourtant

L’os est rongé, strié

Par les loups et les ombres

La moelle coule sur ses genoux à vif

Des limaces écarlates

Le visage caché par les coraux

Il s’endort sous la pluie

Il attend que le vent change

Et quand enfin la nuit l’embrasse et le console

Ce n’est pas le sommeil qui vient

Mais l’oubli.

Crash-test #24

2 janvier 2013

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Les dieux fatigués observaient ce solstice d’hiver avec les yeux morts et blasés de ceux qui savent que les offrandes faites en ces jours les plus courts de l’année leur étaient à l’origine destinées.

 

Le démon le plus puissant du XXIème siècle n’est pas l’Orgueil, qui pourtant ravage nombre d’âmes. Ce n’est pas la Cupidité qui, lui aussi, enserre nombre de cœur. Ce n’est pas la Luxure, ce n’est pas la Colère. C’est la Paresse.

 

La fin du monde n’a toujours pas eu lieu, mais il suffit d’être patient.

 

Il faudra quand même que quelqu’un finisse par m’expliquer comment un type qui gagne 75 années de SMIC tous les ans peut trouver injuste que des ouvriers ne trouvent pas ça normal.

 

C’est pas les religions qui posent problème, c’est les religieux.

 

On parle de temps en temps dans les milieux geeks et technophiles de lunette à « réalité augmentée ». Moi je veux bien, mais vous avez bien vu la gueule de la réalité, déjà. Vous êtes bien sûr de vouloir l’augmenter ?

 

Les armes blanches, c’est sale. Mais c’est fun.

 

Comme résolution pour la nouvelle année, j’ai décidé encore une fois d’arrêter d’arrêter des trucs que j’arrête d’arrêter quelques jours plus tard. (il est possible que j’ai écrit ça l’an dernier ici-même. Mais bon, ça marche toujours.)

 

Ils sont mignons, les idéalistes.

 

On devrait pouvoir trouver un algorithme pour définir la date future où la totalité des individus de la planète seront présents dans des films X postés sur internet. Ça nous promet de chouettes cauchemars freudiens, quand aucun gamin sur terre ne pourra aller sur YouPorn sans risquer de tomber sur ses parents.

 

C’était encore pire qu’une reprise de Claude François en coréen.

 

Ils disent que la culture va mal à cause du piratage des œuvres sur le Net. Je dis que la culture va mal à cause du piratage des cerveaux par Justin Bieber, NRJ12 et Farmville. Mais bon, ça, c’est légal, alors…

 

Elle était belle comme une gaitling dans un marché de noël.

 

En gros, si tu ne penses pas peu ou prou comme les élites politico-médiatiques, tu es considéré au mieux comme un abruti, au pire comme un terroriste.

 

Le problème d’une société basée sur la consommation, c’est que pour vendre quelque chose, pour en faire un produit, il faut souvent le débarrasser de tout ce qui en fait l’intérêt primordial.

 

Dieu n’a pas du checker sa boite mail depuis un bail.

 

J’ai décidé qu’à partir de dorénavant, je fêterai la nouvelle année le 12 avril.

 

 

Sonnet sans titre.

18 décembre 2012

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La vie est un marais où les âmes s’enfoncent,

Où, toujours, le chemin se perd dans les branchages,

Et on erre dans la nuit, on redoute l’orage,

Griffé par les buissons, le brouillard et les ronces.

 

L’atmosphère est obscure, et les sourcils se froncent

Devant les trous d’eau, où l’on tombe, et où l’on nage

Contre un courant nerveux qui inspire la rage.

Continuer à lutter, c’est la seule réponse

 

Possible. Les bêtes rôdent et la pluie nous glace.

Mais toujours nous luttons, toujours nous faisons face.

Personne ne nous aide, nous serons toujours seuls

 

À vivre cette vie, c’est la nôtre, elle nous lasse

Parfois. Mais malgré les chutes, les embûches et les crasses,

Nous nous battrons jusqu’à dormir dans nos linceuls.

 

Crash-test #23

17 décembre 2012

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Au commencement, il n’y avait Rien.

Un Rien majuscule, qui ne se définit pas par l’absence de quoi que ce soit, mais par lui-même.

Rien n’était, Rien n’existait.

En fait, le terme de « commencement » est en lui-même impropre à cette situation.

Rien n’existait, et donc, pas même le Temps.

Tout ceci se passait, ou plutôt, ne se passait pas, avant le Temps.

Pour qu’il y ait le temps, il faut qu’il y ait quelque chose pour en subir les effets.

Or, nous l’avons dit, il n’y avait Rien.

 

On peut sagement rester sur la route. Ou on peut choisr de rater le virage.

 

Il y a ce type, dans mes rêves… Il est grand, maigre, à la peau lunaire et tout en lui paraît sombre et mélancolique. Il porte un long manteau de cuir sur ce grand corps au tatouage mouvant. Il n’a aucune patience avec la médiocrité. Je l’ai vu tuer de sa lame nombre des humains les plus petits et vil que je connaisse. Mais ils sont toujours vivants quand je me réveille.

 

À la fin, on passe son temps à le tuer en attendant qu’il nous tue à son tour.

 

Il était sur sa trajectoire, il savait que la destination ne lui plaisait pas, mais il se sentait incapable de faire un pas de côté pour se choisir un nouveau chemin.

 

Le danger, une fois l’absurde identifié et reconnu comme intrinsèquement lié à la notion même d’existence, c’est de sombrer dans la dépression. Pour éviter ça, il faut vivre. Pour vivre, il faut cesser de survivre. Et pour ça, il faut considérer l’éventualité que sa vie puisse partir gravement en live.

 

C’est pas parce que je suis heureux que je vais devenir optimiste. Y a des limites à toutes les bornes.

 

Nous sommes arrivés dans l’âge de la représentation de soi-même. Nous nous présentons au monde, de façon à contrôler notre image auprès des autres, en espérant un jour être ce que nous montrons de nous-même.

 

Mais pourquoi s’inquiéter de la fin du monde ? Elle a déjà eu lieu ! (Le mouvement précataclysmique sera dissous dès la confirmation de cette information.)

 

Peur, frustration, ennui.

 

La Terre n’a pas besoin de l’humanité. En fait, je ne suis pas sûr que l’humanité ait besoin d’elle-même.

 

Mais vous allez les fermer, vos gueules ?

 

Dieu a créé l’homme à son image, Satan a créé le sexe, la drogue et le rock n’roll pour qu’il s’emmerde moins. Puis l’homme a tué Dieu, et Satan se suicida devant tant de conneries. Depuis, chacun vénère des cadavres.

 

 

Révolution. Rêve olution. Ré-évolution. Oh, wait…

13 novembre 2012

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Un peuple mal ou sous-informé est un peuple à genoux. Un peuple sur-informé est mal informé. Il n’y pas de pire dictature que celle de la sur-information. Le peuple n’a pas toujours le temps de hiérarchiser les informations. Dans les faits, il ne le fait jamais. Et c’est comme ça qu’on fait cinq minutes au vingt heure sur la sortie du nouvel i-phone, et qu’on entend quasiment pas parler de l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

L’Histoire ne juge pas. Ce sont les historiens qui le font.

L’insurrection qui vient a été retardée par la sortie du nouveau Twilight et l’album hommage à Goldman. Jean-Jacques, pas Pierre, donc. CQFD.

Le Christ n’était pas chrétien. Marx n’était pas marxiste. Moi-même, je ne me sens pas très bien.

Du pain et des jeux. Des téléphone portables et du foot. Ils ont zlatané la révolution.

Le truc, ça a été ne nous faire croire que la bande-annonce du bonheur passait en accès-prime time, juste avant la fiction du lundi de TF1.

Peur, frustration. Peur de perdre le peu qu’on a. Frustration de ne pas avoir plus. Ceci est le capitalisme.

C’est beau, comme couleur, le noir et le rouge. Le vert, aussi.

Il ne peuvent pas régler le problème de la pauvreté, des précaires, sinon la classe moyenne pourrait se rendre compte que les vrais parasites sont bien au-dessus d’eux dans l’échelle sociale.

Il n’y aura de révolution que si les média décident qu’elle est télégénique.

L’auto-gestion, ça commence par le fait de gérer sa propre vie, déjà.

Le capitalisme ne s’écroulera que quand le prix du pain aura moins d’importance que celui de la vie de celui qui le mange.

Les rêveurs, les utopistes sont dangereux, car ils imaginent. Alors ils nous font rêver de Mercedes, d’Hollywood, utopies de vie jet-set secret-storysées palaces aux Seychelles. Ils imaginent à notre place.

L’alter-mondialisme, c’est bien. Mais je me demande si je ne serais pas plutôt alter-darwiniste.

Les gagnants du Loto, s’ils étaient intelligents, devraient juste garder de quoi se construire une baraque la plus auto-suffisante possible énergétiquement (pour être le plus possible indépendant de l’État), de quoi se sortir deux ou trois fois le SMIC par mois pour le reste de leur vie et donner le reste aux associations ou organisme de leur choix.

Quiconque pense n’est pas en train de consommer.

Il y a la dictature des marchés financiers. La dictature des média. La dictature de la consommation. La dictature du travail. C’est beau, la démocratie.

Je ne pense pas voir la Révolution arriver de mon vivant, car je crois que la civilisation s’effondrera avant.

La nuit

23 octobre 2012

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La nuit,

La rue est vide et plus remplie

Que d’habitude.

Un seul cri d’ivrogne fait plus de bruit que mille pas à l’heure.

 

La nuit,

Les secondes se retourne contre elles-mêmes.

Parfois l’horloge tourne à l’envers.

 

La nuit,

Il n’y plus personne sur terre que moi.

Si je le décide.

Si je me laisse aller.

 

La nuit,

Je suis libre.

 

La nuit,

Des couples qui se déferont demain

S’étreignent sans savoir

Que c’est la dernière fois.

 

La nuit,

La gueule de bois de demain

N’est pas encore là.

 

La nuit,

L’idée même du matin est interdite.

 

La nuit,

Les fourmi diurne ne regardent plus les cigales.

 

La nuit,

On ne voit plus le sol

Quand on tombe.

 

La nuit,

On ne me voit plus.

Je n’existe plus.

Je suis bien.

 

La nuit,

L’atmosphère est tout aussi polluée.

Mais l’air est plus frais.

Moins étouffant.

 

La nuit,

Derrière mes fenêtres,

Je me fous que d’autres vivent à l’extérieur.

 

La nuit,

Il n’y a plus d’extérieur.

 

La nuit,

Le sommeil me fuit parfois,

Mais ce n’est pas grave.

 

La nuit,

Il n’y a que la nuit qui importe.

Crash-test #22

22 octobre 2012

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… plus d’abonné au numéro que vous demandez. Il n’y a plus…

La fureur se fondit sur son sang comme des eaux sauvages s’échappant du barrage écroulé qui les contenait auparavant. Ça brûlait. Un voile passa sur son regard, il avait beau se tenir au milieu du champs de bataille, il se sentait étrangement seul. Il en frissonnait. Puis, le sang se figea dans ses veines, et des lames de métal acérées déchirèrent ses vaisseaux. Ses dents devinrent des crocs de fer. Des os d’acier effilés percèrent sa peau. Il n’était plus qu’un amas d’angles de métal prêts à se planter dans l’ennemi. Alors, il hurla.

Je préfère la fermer.

Tout est bon pour ne pas penser. Livres, séries, films, BD… Tout. Pas envie de penser. Ça fait mal, de penser.

En Enfer, il y a pour chacun un grand hall dans lequel se tiennent tous les gens qu’on a pas aimé correctement. La torture, c’est qu’on les a aimé, mais mal. Et surtout, qu’on les aime encore. Mais mal.

Son refuge était un manoir planté à l’est de la Cité. Des tours étranges s’étiraient en tous sens, sans tenir compte de la gravité. Demian, qui avait déjà été invité en ces murs, savait qu’il ne devait pas s’éloigner du majordome. Les couloirs bougeaient pas mal, dans le coin. Ce qui était le sol d’un vestibule débouchait, une fois une porte franchie, sur le mur ouest d’une salle à manger. Ou sur le plafond d’une bibliothèque, ça dépendait. Ici, il ne fallait jurer de rien. Certaines pièces étaient plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Il y a erreur. Ce ne sont pas les fantôme qui hantent les vivants. C’est l’inverse.

Vous êtes vous déjà demandé, en partant du principe où votre vie eut été globalement identique à celle que vous avez effectivement vécue, si vous ne seriez pas mort si vous étiez nés ailleurs que dans votre pays ? Par exemple, comment auriez-vous vécu votre adolescence dans un pays très proche socialement, culturellement et politiquement, et où les armes sont en vente libre ?

La balle dans sa tête faisaient sonner tous les détecteurs de métaux. C’était très, très, très agaçant, à la longue.

La plupart des gens ne supportent tout simplement pas le changement.

Bibliothèque de l’Archiviste, il y a tous les livres jamais écrits, dans toutes les langues. Il y a aussi tous les livres qui n’ont pas été écrits, les inachevés comme les même pas commencés. Il y a une salle où les Rêveurs qui se voudraient écrivains mais qui n’ont pas capturé de muse, qui n’arrive pas à s’y mettre, qui bloque sur des pages blanches viennent pleurer devant leurs oeuvres mort-nées. Et il pleurent d’autant plus qu’ils n’ont pas le droits de les lire.

Elle était fasciné par le sang. Surtout celui des autres.

Salut.

L’Imposteur

16 octobre 2012

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L’Imposteur, c’est toi. C’est moi.

Nous voulons être.

Nous voulons être ce que nous ne sommes pas.

Nous voulons être ce que nous devrions vouloir devenir.

Nous faisons semblant.

Nous faisons semblant d’y être arrivé.

Nous faisons semblant d’avoir entamé le chemin.

Mais nous avons peur.

L’Imposteur, c’est celui qui sait.

Nous, nous croyons.

Nous espérons.

L’Imposteur croit déjà savoir.

Il a tort.

Nous essayons.

Nous échouons.

L’Imposteur dit avoir déjà réussi.

L’Imposteur ne supporte pas d’être démasqué.

L’Imposteur se présente comme il n’est pas.

L’Imposteur nous empêche de devenir ce qu’il dit être.

L’Imposteur est une des cause de nos échecs.

Il faut être, pas vouloir être.

L’Imposteur nous ment.

L’Imposteur tient la lame sur nos poignets.

L’Imposteur attend nos échecs.

« Essaie, tu l’es déjà ! Essaie ! Échoue ! Meurt ! »

N’essaie pas. Soit.

Torturé

28 septembre 2012

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Il dit : « Surtout, SURTOUT, ferme-là. »

Il se met une cigarette entre les lèvres et l’allume de sa main libre.

« En même temps, avec ce truc dans la bouche, tu dois pas pouvoir dire grand chose », il dit.

Il dit : « Essaie, pour voir ».

J’ai peur. Je sens de grosses gouttes couler sur ma nuque, sur mes tempes.

Je dis rien.

« ESSAIE ! »

Ça, il le dit pas, il le crie.

Alors je sursaute.

Les liens s’enfoncent dans la peau de mes poignets, loin, là-bas, dans mon dos.

Je crois que des larmes s’approchent de mes joues.

J’ai très mal à la poitrine, mais la douleur commence à refluer.

Il sourit.

Alors j’essaie.

« … è euh ou ouhez gh yiheuh ? … », je dis.

Il rit, sa cigarette calée entre ses dents. Jaunes, les dents.

Mon dos me fait mal.

Ça fait trop longtemps que je suis assis.

Ça fait trop longtemps que je suis attaché à cette chaise.

Ça fait des jours, des nuits entières, en fait. Plusieurs semaines.

Il dit : « Bon, fini de se marrer. »

Alors il tire.

Éclair rouge. Tonnerre. Orage dans ma tête.

Douleur.

Un courant d’air caresse des parties de mon anatomie qui ne sont pas sensées connaître l’atmosphère.

C’est pas désagréable.

Il me regarde. Sourire, dents jaunes, cigarette. Attentif.

Amusé.

J’ai toujours le goût du métal froid dans la bouche, mais il a retiré le canon du pistolet.

Je crache du sang. Beaucoup.

J’entends un bruit dégoutant de canalisation engorgée qui goutte sur du bitume.

J’ai la migraine.

Je sens les os de mon crâne se reconstituer, se reformer.

Je sens le bouillonnement de ma cervelle qui repousse.

Les nerfs se reconnectent, ça fait un mal de chien.

Il dit : « Maintenant, tu vas me parler. T’as le droit. »

Je suis toujours attaché.

J’essaie de bouger, mais je n’y arrive pas.

Il dit : « Tu vas me dire ce que je veux savoir. Tu as des frères, des sœurs. »

J’ai mal partout.

Ça fait des semaines qu’il me tue plusieurs fois par nuit. J’en ai assez.

Il dit : « Tu vas me dire où je peux les trouver, et ensuite, je te tuerai proprement, définitivement. Vite. Avec le moins de douleur possible. »

Je le regarde.

Je ne sais pas si j’ai l’air haineux ou suppliant.

Sans doute les deux.

Je baisse la tête.

Je regarde pour la millième fois ce pentacle dessiné au sol, autour de la chaise. Avec le sang de mon « père ».

Tiens, un peu de cendre de cigarette est tombé dessus. A effacé les contours du cercle extérieur.

Je sens le sang recommencer à circuler dans mon corps.

Je sens mon cœur battre pour la première fois depuis des semaines, depuis qu’il m’a attrapé, ligoté, depuis qu’il me torture.

Je sens mon cœur expulser le pieux, lentement.

Il dit : « Alors ? »

Je me concentre.

Je sens le pieux prêt à tomber, quand je le déciderai.

Je lève les yeux vers lui.

Je sens mes canines redevenir pointues. Je sens le pouvoir du sang qui revient en moi.

Je sens la soif dans ma gorge.

Alors, je souris.

Important ? Unique ?

18 septembre 2012

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Question simple : Un individu a-t-il une quelconque importance ?

Autant le dire tout de suite, il n’y a pas de réponse évidente.

Je l’ai déjà dit par ailleurs, contrairement à ce que dit la fameuse tirade de Tyler Durden (Fight Club), nous sommes tous des flocons de neige unique et merveilleux. Mais les autres flocons n’en ont rien à foutre. Autrement dit : chacun a raison de se considérer comme unique, précieux, car il sera le seul à vivre cette vie-là, à exister de cette façon. Ou : ce n’est pas ta vie qui est importante, c’est ce que tu en fais, et chaque potentiel, chaque « devenir » possible est précieux. Mais chacun a tort de croire que naitre suffit à justifier cette importance. Croire qu’être un jour né est autre chose qu’un hasard, que cela seul confère à l’existant un droit à réclamer un dû existentiel est une erreur. C’est la porte qui mène au sentiment de supériorité.

Se croire à part, original, unique n’est pas une erreur. Oublier que les autres le sont tout autant est une énorme connerie.

Autre image : nous sommes tous des galets jetés dans un lac. On ne fait pas beaucoup de vague, car tout le monde fait ses propres petites vague. Mais on en fait quand même.

Poussons un peu plus loin. Quelle importance puis-je avoir ? Dans quel contexte ?

1 – Un contexte social. J’ai un rôle social. Une société qui fonctionne bien ne me laisse même pas me demander ce que pourrait être ce rôle. Dans l’Inde classique, un brahmane reste un brahmane, il n’a même pas à se demander ce qu’il est. La société le lui dit. Il n’y a pas si longtemps, en France, un fils d’ouvrier finirait lui-même ouvrier. C’était comme ça, on pouvait le déplorer, mais la société, avec toutes ses imperfections, fonctionnait. Elle était loin d’être idéale, d’être juste, mais ça fonctionnait. Depuis, le libre arbitre, la notion d’importance personnelle, de choix de carrière s’est imposée. Et c’est bien. Mais la société n’a pas suivi, laissant les individus livrés à eux-même, ne les guidant plus. On est passé d’un extrême à l’autre. Et ça, c’est pas bien. Du coup, cette importance, je me crois obligé de la revendiquer, de l’hurler. Et ça finit en cacophonie. Tout le monde crie « aimez-moi ! », mais plus personne n’écoute les autres crier la même chose que lui.

2 – Un contexte communautaire. Ne sachant plus qui je suis, puisque la société ne me le dit plus, je m’attache à un groupe. Je me définis par rapport aux autres avec qui je me sens des liens, réels ou imaginaires. Je suis français, musulman, punk, bourgeois, syndicaliste, etc. avant d’être moi-même. Car je ne sais plus qui est ce « moi ». C’est triste. On se perd à trop vouloir se trouver. Car la deuxième étape, celle qui suit l’adhésion à un groupe, c’est le rejet des autres groupes, perçus au mieux comme négligeables, concurrents, et au pire ennemis. C’est ainsi qu’on se retrouve sans savoir vraiment pourquoi dans une manifestation sans connaître la raison de la mobilisation, qu’on participe à des émeutes, protestant contre un film ou une pièce de théâtre qu’on a pas vu, à voter par peur plutôt que par espoir.

3 – le contexte personnel. Je suis sûr de mon importance, je l’affirme et l’impose. Je suis seul. Et j’en oublie que « qui je suis » est aussi défini par les autres. Vouloir de toutes mes forces imposer que je crois être (ce qui reviens à montrer ma propre importance), c’est être assuré de ne jamais le devenir, ce « qui je suis ». Le résultat en est évidemment un repli sur soi auto-entretenu. Le monde est perçu comme agresseur, et donc je m’en protège. je crois pouvoir me trouver, seul avec moi-même, mais on ne progresse jamais seul. C’est l’opposé du contexte communautaire, où je me définis par rapport aux autres. Là, je me définis contre les autres. Je crois m’être libéré de leur regard, mais j’ai l’impression que leurs yeux sont fixés sur moi en permanence.

Autre moyen, trouver de quoi valider notre importance dans le regard des autres individus (contrairement au contexte communautaire, où l’individu n’existe plus). C’est comme ça que l’on se met en couple sans savoir ce qu’est l’amour, juste parce que l’on remarque, dans le regard de l’autre, qu’on est important. C’est comme ça qu’on se met à l’art par désir de reconnaissance, alors qu’on a rien à dire. C’est comme ça quand s’engage en politique non par idéalisme, mais pour chercher à avoir une importance dans l’histoire. C’est peut-être la moins dangereuse des postures, car je peux finir par réellement tomber amoureux de la personne pour qui je suis important, je peux effectivement produire une œuvre intéressante, je peux en effet marquer l’histoire. Mais bon.

Je ne dois pas chercher à savoir qui je suis, toute réponse est une erreur. Car « je » est mouvant, changeant, multiple. « Je » ne dois pas savoir, « Je »doit connaître. Savoir, c’est avoir des certitudes, c’est le résultat d’un processus qui est souvent basé sur des pré-requis discutables. Connaître, c’est pressentir. On n’a jamais de connaissances de soi autres que des intuitions. Je ne saurais pas pourquoi je suis important, unique avant que cela ne soit évident. Je dois juste garder à l’esprit que je le suis.

En résumé, et pour finir, oui, vous êtes unique, mais c’est pas la peine d’en faire tout un plat. Vous êtes différents. Comme tout le monde.

Soucoupe.

10 septembre 2012

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Vautré dans mes postures, dans le feu d’un blasphème,

Je suis debout et fier, quand, soudain, tout s’efface :

Arrive devant moi le vrai, le bon, la grâce…

Et ma colère s’efface sous le vent d’un « je t’aime ».

.

En guerre, je me soumets, vaincu par toi. Ta face

Qui ne demande rien… Mes blessures elles-même

Se referment sous tes yeux. Mes couleurs virent au blême,

Mes batailles sont vaines. Ma douleur, à sa place

.

Se tient enfin la paix, un sommeil qui n’est pas

Une fuite. Plutôt un répit, une trêve.

Je dors mieux. Et soudain, quand j’écoute mes rêves,

.

Un chemin se fait jour. Je laisse enfin mes pas

Me mener où je dois aller. Tu es l’appât

Qui m’attire à l’arbre de vie et à sa sève.

Crash-test #21 – Aphorismes

10 septembre 2012

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Il ne sait pas trop. Il a l’impression que la source de ses maux, c’est ce constant impératif de faire quelque chose. C’était peut-être même cette obligation ressentie qui l’empêchait, par un vicieux retournement, de faire autre chose que rien.

 

Je vois le monde, à ma grande tristesse, se diriger vers une guerre de civilisations qui n’aurait pas eu lieu si certains, dans les deux camps, n’avaient pas commencé à craindre chacun de leurs côtés cette guerre. Après l’avoir crainte, ils l’ont considérée comme inévitable. Et donc, maintenant, même s’ils s’en défendent, il la souhaite.

 

Le propre d’une idée dominante est de s’auto-représenter non plus comme une idée parmi d’autres, mais comme la seule idée valable, décente, souhaitable.

 

Il ne sert à rien de cacher des messages dans une oeuvre, ne serait-ce que parce que celui qui la recevra écrira lui-même le message qu’il souhaite y trouver.

 

Détruire. Créer. Proposer.

 

La paresse, c’est mauvais. L’activité d’un homme est comme un élastique qui se tend dans l’action, vers l’action, et se détends dans le repos et la contemplation, qui sont également nécessaires. Mais la paresse… la paresse dont je parle, c’est un élastique totalement détendu, où plus aucune tension ne peut exister. Un élastique détendu ne sert à rien. Il faut éviter que l’élastique, sous le coup d’une activité trop intense, exempte de toute notion de calme, ne cède et se casse. Mais il faut tout autant fuir l’état où il n’est plus qu’un bout de matière inutile.

 

Je me demande ce que mes lecteurs pensent vraiment de ces « Crash-tests ».

 

Face au caractère immuablement tragique de l’existence, la seule solution reste de jeter un voile d’expériences sur le visage hideux de l’abîme qui nous regarde. Mais quel voile ? Soit on commet l’erreur d’essayer de donner un sens à ce qui en est intrinsèquement dénué. Soit on fuit ce constat, on occulte le trop évident par un moyen ou un autre, on refuse la vérité en se vautrant dans le mensonge. On peut aussi regarder le monstre en face, sans se détourner, et se laisser engloutir. Sinon, on sait qu’il est là, en permanence, on ne cherche pas à y donner du sens, mais on en trouve dans nos actions.

 

Personne ne veut vraiment qu’on lui dise qui il est. Car on croit déjà le savoir. Mais nous sommes les moins bien placés pour nous étudier nous-même.

 

Et si nous arrêtions de chercher ce que nous sommes, pour nous concentrer sur ce que nous pourrions être (et que nous sommes sans doute déjà, d’ailleurs). Nous cherchons ce que c’est qu’être un bon Être humain, mais peut-être devrions-nous nous demander comment le devenir. Nous sommes des « Devenirs »humains.

 

Nous sommes autant éloignés les uns des autres que le sont des atomes. La distance peut être incroyablement faible, mais deux atomes ne se touchent jamais vraiment.

 

Nos esprits fragmentés à notre insu ne cherchent rien d’autre qu’une vision d’ensemble d’eux-même. Nos âmes tentent alors de cacher ce qu’elle perçoivent de plus obscur et à nous le cacher, croyant nous protéger. Nos corps sont le berceau et la source de tout, ainsi que le réceptacle et la fin, également.

 

Vous pouvez compter sur un être humain lambda pour agir systématiquement contre son propre intérêt.

 

La religion a échoué. Dieu est mort, c’est pas moi qui le dit.

La science a échoué. Le progrès s’est avéré un despote sans âme.

La politique a échoué. La démocratie a oublié de fabriquer des citoyens.

La psychologie a échoué. Elle est sensé briser les chaines des esclaves mais n’a fait que façonner des victimes.

La philosophie semble à la mode, cette année.

Le passager, rêverie à partir d’une chanson d’Iggy Pop

14 août 2012

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Je suis un passager.

Les roues arrachent le bitume,

Les lumières de la ville éclaboussent la vitre.

Je regarde les trottoirs qui mènent les passants nulle part.

 

Je suis un passager.

La voiture se conduit toute seule,

Elle ne va nulle part non plus.

Elle roule car elle ne sait faire que ça.

 

Je suis un passager.

J’écoute les nouvelles à la radio,

La carrosserie est mon armure.

Dehors attire et repousse.

 

Je suis un passager.

Le moteur est un bruit blanc.

Tous mes bagages sont sur le siège arrière.

Je ne sais plus ce qu’il y a dans le coffre.

 

Je suis un passager,

Je peux baisser la vitre,

Sourire aux inconnus,

Je peux aussi m’assoupir.

 

Je suis un passager.

Parfois, il y a des feux rouges.

Je ne descends pas, la portière est bloquée.

Elle l’est ?

 

Je suis un passager.

Aux arrêts, j’observe les autres passagers.

J’observe les autres voitures.

Parfois des regards se croisent.

 

Je suis un passager.

Je voudrais monter dans une autre bagnole, mais il y a déjà un passager dedans.

Les images défilent à la fenêtre,

Mais je n’en fais pas partie.

 

Je suis un passager,

La ceinture bien accrochée.

Parfois nous roulons de concert,

Sur la même route.

 

Je suis un passager.

Quand la nuit tombe,

Je ne vois plus que ma propre route,

Enchainée par les phares.

 

Je suis un passager.

Je peux regarder les étoiles.

Je peux me noyer dans les néons.

Je peux m’enivrer, si je veux.

 

Je suis un passager.

Tout le monde en est un.

Nous croyons changer, mais c’est juste le véhicule qui change.

Nous attendons juste le crash ultime.

Crash-test #20

30 juillet 2012

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Je ne crois plus en Dieu, je l’ai rencontré hier.

 

Ne cherche pas qui tu es, tu le sais déjà. La question est plutôt : qui veux-tu être ?

 

L’homme qui se projette dans l’avenir sans laisser le présent se réaliser pleinement ne fait que se projeter dans un mur.

 

C’est un de ces monomaniaques qui sacrifient leur vie entière à une seule chose jugée négligeable par la majorité. Il a liquidé depuis longtemps la plupart des liens sociaux, économiques ou autres qui l’incluaient dans un paradigme qu’il juge ne pas être intéressant. Il passe donc toutes ses journées à programmer les mouvements d’un sprite pour le faire progresser au plus vite, au plus efficace, au plus esthétique, à travers les différents niveaux d’un jeu vidéo. Il en connait toute l’architecture, toutes les failles, tous les aspects. Il les optimise dans un but purement trivial. Pas parce que c’est important, mais parce qu’il peut le faire. Quand il aura fait le tour de ce jeu donné, il passera à un autre. Il y reviendra peut-être quand ça performance aura été améliorée par un des ses semblables, quand un nouveau bug sera trouvé. Pour la beauté du geste. Sinon, il bosse à la poste, il prend des cuites occasionnelles avec les quelques potes qu’il lui reste, de temps en temps, il rencontre une fille.

 

La seule façon d’être un saint, c’est de se laisser mourir de faim, de soif, c’est de se dessécher.

 

Elle se baladait, aujourd’hui. De tête en tête, d’esprit en esprit, elle goutait du bout des lèvres la vie des autres, avant de s’en désintéresser comme on change de chaine la nuit sur le câble.

 

Dans ses rêves, il y avait des chaînes, du nylon déchiré, du mascara qui coule et des cris silencieux.

 

Un jour de grand soleil, d’écrasante chaleur, l’ambiance sous les arbres d’une forêt libre a quelque-chose de subaquatique.

 

Je ne crois pas en l’indivisibilité de l’âme humaine. Je ne crois pas à la confortable idée d’un esprit éternel transparaissant derrière les voiles de nos émotions, sentiments, état d’âmes, humeurs. Je crois, avec terreur et respect, au nombre infini des différents et éphémères aspects de nous-même qui ne cache derrière eux rien d’autre que l’atman, l’étincelle divine, le trésor caché, c’est à dire le néant.

 

C’est pas parce que je reviens de Bretagne que je vais caler des korrigans toutes les deux phrases.

 

Vu l’état des âmes de nos jours, je me demande si, vu que la psychologie inversée fonctionne pas trop mal, un penseur, un intellectuel efficace ne devrait pas se mettre à pratiquer la philosophie inversée.

 

Le paradoxe de la Réalité : toute chose est à la fois d’une incroyable complexité et d’une simplicité confondante.

 

Nous cherchons le Un. Le plus petit dénominateur commun. Toujours. Nous divisons pour analyser. Nous divisons la société en classes, la matière en particules, les concepts en idées, nous nous divisons nous-même. Nous ne devrions pas diviser. Nous devrions chercher l’Infini. Multiplier.

 

Désolé, c’est contraire à mes options philosophiques.

 

Quand on voit le nombre de moyens de communication que l’humain a développé, depuis le langage jusqu’à la cybernétique, depuis l’art jusqu’à la propagande, on constate qu’ils sont tous imparfaits. Sinon, ils ne serait pas si nombreux. Chercher à communiquer, c’est prouver l’impossibilité pour les êtres de jamais parvenir à vraiment se comprendre.

 

L’expérience humaine est remplie de chemins impossibles. Et il faut tous les prendre.

Sonnet (qu’un au revoir).

3 juillet 2012

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Je poste ce texte juste au cas où je ne pourrais pas vous en livrer d’autres d’ici la réalisation de l’évènement ci-dessous évoqué. Mais il est tout de même possible que je vous balance deux ou trois merdouilles d’ici-là, on sait jamais. Enfin, au cas où, des bisous et à bientôt, je vous aime tous, sauf toi, là-bas.

(Et s’il y en a qui se pose la question, oui, j’ai écrit ce texte uniquement parce que son titre s’est imposé à moi comme ça, pim, j’avais rien demandé. Laaaalaaaaalaaaaaaaaa.)

 

 

Je m’assois à mon poste, écris ces quelques lignes

Afin que vous sachiez si tant est que, parfois,

Vous veniez sur ce blog me faire l’honneur insigne

De lire ce que j’écris. C’est pour quoi je me dois

 

De vous informer. Il est temps de vous le dire :

Je déménage, et donc, je ne sais quand la vie

Me ramènera là où vous mène l’envie

De lire ce que je laisse. Je reviendrai écrire

 

Quand mon cher FAI, m’offrira, une digne

Connexion, qui j’espère, me permettra, ma foi,

De vous livrer mes lignes, de nous faire réfléchir,

 

Ensemble, si vous me laissez presser les vignes

De mon cerveau malade, leur vin est, je le crois,

Sinon d’un très bon cru, loin d’en être des pires.

Ils

28 juin 2012

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Perdus dans un chaos de sentiments agglomérés à leurs égos et si suintants qu’ils glissent dessus, ils se fendent les os et appellent ça la vie.

Ils réclament un dû virtuel, imaginaire et vain.

Aucun effort n’est consenti, tout fut promis, tout fut trahi, mais qui a dit que quoi que ce soit devait être juste ?

Ils pensent vivre, mais ils consomment,

Ils croient jouir, mais ils empruntent, pour une nuit, une heure, ces corps fébriles trouvés au fond d’un verre.

Ils croient aimer, mais ils s’imposent les illusions et les modèles trouvés au fonds des rêves d’autres qu’eux.

Ils veulent tout, exigent tout, ordonnent qu’on leur cède, sans prendre le temps de prendre des coups.

Sans prendre le temps d’apprendre des coups.

Ils confondent révolte et provocation, ils réclament le respect, ils croient qu’on le leur doit.

Tout doit leur être donné, leurs blessures leur semblent plus profondes. Il n’apprennent plus, ils coulent, ils se noient dans les néons, les écrans, les fosses communes de l’information, les autoroutes remplies de milliards de véhicules vides.

Ils baisent en croyant faire l’amour.

S’ils le pouvaient, ils achèteraient des émotions sous cellophane, saines et inoffensives.

Aimer sans prendre le risque d’un coeur piétiné, se souler sans gueule de bois.

Ils ne comprennent pas que la valeur de toute chose est aussi dans son prix.

Le monde est remplis de contraintes et leurs révoltes indignées se cachent dans les replis de ce qui leur résiste.

Ce qui les insupporte.

Comment le monde ose-t-il ne pas se plier à leurs volontés ?

Alors, ils boivent, alors ils dansent, alors ils se jettent les uns sur les autres, se carambolent, se télescopent, chacun est la blessure de l’autre.

Alors ils votent non pas pour un candidat, mais contre la terre entière, ulcéré par l’idée de ne pas être tyrans eux-même.

Alors ils se gavent de molécules, ils se masturbent sur leurs salaires, ils font des gosses comme on joue au sims.

Ils n’ont pas à évoluer, on leur a toujours dit qu’ils étaient déjà parfaits. Du moins, c’est ce qu’ils ont compris.

Ils sont, comme nous tous, des flocons de neiges uniques et merveilleux. Mais ils n’ont rien à foutre des autres flocons.

Alors ils fondent, seuls, et laissent dans leur tombe une flaque négligeable qui n’arrose qu’une boite vide.

Alors, ils reviennent au néant, et le court épisode de leur vie n’aura servi à rien.

Elle ne fut importante que pour eux-même.

Une vie n’a de sens que celui qu’on lui donne.

Et ils n’ont jamais rien donné.

Crash-test #19

24 juin 2012

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Au centre du cyclone, il n’y a plus de vent.

 

« T’aimes le foot ?

Non, mais c’est le seul sujet de converstion que j’ai avec mon père, alors… »

 

Retrouver un code de connexion et ne plus se souvenir sur quel site il marche…

 

On peut résumer ça comme ça. Il y a Moi, qui suis qui je suis, mais qui ignore parfois l’être. Il y a le Loup, c’est le nom que je lui donne, qui veut blesser, dévorer, détruire Moi. Et il y a Lui, dans l’Ombre, qui est menacé par le Loup, qui aide Moi à le combattre, mais qui est tout ce que Moi n’est pas, ce que Moi voudrait parfois être, ce que Moi a peur de devenir, et Lui, pour exister, doit prendre le dessus sur Moi.

 

On pense mieux quand on en a pas le temps.

 

On a tous en nous-même quelqu’un qui nous fait honte.

 

Dans de nombreuses villes, il existe une rue, avenue, boulevard, ou autre, dédiée à Gambetta. Et il y a souvent dans ces rues un bar qui s’appelle « Le Gambetta ». Je suis persuadé qu’on peut passer de l’un à l’autre, et donc de changer de ville en passant par ces bars. Peut être par les chiottes.

 

Moi, j’ai appris à réfléchir. Et ben je souhaite ça à personne.

 

Depuis que je suis heureux, le confort que procure le fait d’être perpétuellement et profondément mal dans ma peau me manque.

 

Vaut-il mieux être détesté par des gens intelligents ou aimé par des cons ?

 

Bienvenue. Un conseiller va vous recevoir. Veuillez remplir le formulaire d’admission en attendant. Vous y trouverez les questions basiques, pourquoi vous souhaitez disparaître, comment vous imaginez votre nouvelle vie, si vous souhaitez restez en contact avec des personnes de votre ancienne vie (c’est déconseillé, mais possible. Et plus couteux), entre autres. Après entretien avec votre conseiller et notre psychiatre, notre société peut vous aidez à disparaître en 24 heures à compter du versement de nos honoraires. Le forfait comprend un suivi visant à perturber le travail d’un éventuel détective lancé à votre recherche. Ceci ne prend pas en compte les recherche menée par un gouvernement quelconque. Ce forfait-là est plus onéreux.

 

Ils refusent obstinément l’idée même qu’il soit possible de changer de paradigme.

 

De toute façon, dès qu’un hominidé a été capable de ramasser un caillou, je suis sûr qu’avant d’en faire un outil, il s’en est servi pour mettre sur la gueule de son voisin.

 

Imagine que tu reçoives par erreur le courrier de quelqu’un d’autre. Pourrais-tu t’empêcher de fantasmer sur sa vie ?

 

Il était trop fatigué pour réussir à dormir.

 

C’est pas que l’avenir me semble plus prometteur qu’avant, c’est que le présent me paraît meilleur.

#MoiMoiMoi

14 juin 2012

0 Commentaire

Je me traine, et je sens les regards sur les murs.

Les gens ne se regardent plus, il lancent d’assourdissants murmures.

Ta photo de profil, es-tu si bonne en vrai ?

Regardez-moi, regardez-moi, j’ai besoin d’exister !

 

Je ne veux pas te connaître, je veux que tu me reconnaisse

Quel usage vais-je pouvoir faire du peu que tu me laisses ?

Regarde-moi, regarde-moi, j’existe plus que toi !

Je suis un homme social, je ne sors jamais de chez moi.

 

#MoiMoiMoi dans Chanson facebook-icon-bullet

 

Je t’envoie des messages, seule ta réponse m’importe,

Pas son sens, pas son fond, juste le fait que ma parole porte,

Que tu le saches que j’existe, que tu le saches que je m’en fous

Que je m’en fous de toi comme de tout ce qui m’entoure

 

Je n’ai aucun talent, je ne suis que du vent

Mais TF1 me l’a promis, je serais important

J’ai plus d’amis que toi, que je ne connais pas

Et les gens qui me suivent ne me poignardent pas

 

Je suis une identité électronique imposée

Au monde entier, mais comment ont-ils osé

Me réduire à ce corps mutilé, à cet esprit imbécile ?

Mon profil est parfait, plus que moi, si fragile.

 

Je suis les photos que tu vois, les commentaires sous ton lien

Non je n’ai pas cliqué dessus, je m’en fous, ce post n’est plus le tien.

Car je m’impose, je réfute les autres moi

Que les autres ont connu, dont ils parlent parfois.

 

Je choisis qui je suis, je ne fais aucun effort

Google me connait, je ne serais jamais mort

Je suis cet être numérique, je m’illusionne que c’est moi,

Je suis cet être numérique, non, je ne suis plus moi…

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