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À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

#MoiMoiMoi

14 juin 2012

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Je me traine, et je sens les regards sur les murs.

Les gens ne se regardent plus, il lancent d’assourdissants murmures.

Ta photo de profil, es-tu si bonne en vrai ?

Regardez-moi, regardez-moi, j’ai besoin d’exister !

 

Je ne veux pas te connaître, je veux que tu me reconnaisse

Quel usage vais-je pouvoir faire du peu que tu me laisses ?

Regarde-moi, regarde-moi, j’existe plus que toi !

Je suis un homme social, je ne sors jamais de chez moi.

 

#MoiMoiMoi dans Chanson facebook-icon-bullet

 

Je t’envoie des messages, seule ta réponse m’importe,

Pas son sens, pas son fond, juste le fait que ma parole porte,

Que tu le saches que j’existe, que tu le saches que je m’en fous

Que je m’en fous de toi comme de tout ce qui m’entoure

 

Je n’ai aucun talent, je ne suis que du vent

Mais TF1 me l’a promis, je serais important

J’ai plus d’amis que toi, que je ne connais pas

Et les gens qui me suivent ne me poignardent pas

 

Je suis une identité électronique imposée

Au monde entier, mais comment ont-ils osé

Me réduire à ce corps mutilé, à cet esprit imbécile ?

Mon profil est parfait, plus que moi, si fragile.

 

Je suis les photos que tu vois, les commentaires sous ton lien

Non je n’ai pas cliqué dessus, je m’en fous, ce post n’est plus le tien.

Car je m’impose, je réfute les autres moi

Que les autres ont connu, dont ils parlent parfois.

 

Je choisis qui je suis, je ne fais aucun effort

Google me connait, je ne serais jamais mort

Je suis cet être numérique, je m’illusionne que c’est moi,

Je suis cet être numérique, non, je ne suis plus moi…

Petit poème subtil et d’une rare intelligence, chanson en trois temps.

3 juin 2012

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Comme le texte précédent (celui-ci) a eu pas mal de succès en peu de temps, j’ai décidé de vous remercier en vous proposant cette guillerette petite chansonnette toute emplie de poésie et d’une ambiance primesautière de bon aloi. Et, non, je ne m’excuserai pas.

 

 

Sur le parking du supermarché,

Dans un vieux caddy abandonné,

Une abeille tranquillement se repait

***

De deux oeufs d’un poids considérable,

Oubliés par un client instable.

Derechef, l’abeille s’est mise à table,

***

Savourant ces deux oeufs colossaux

Qu’un jeune veau a pondu tantôt

Elle n’en reverra plus d’aussi tôt !

***

Moralité : L’abeille de caddy a des oeufs de veau lourds.

Cité : Noir.

3 juin 2012

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Y a des matins, t’as pas envie d’aller bosser. Moi, c’est un peu comme ça tous les jours. Je suis flic. J’ai pas eu le choix. Les rêveurs m’ont imaginé flic, alors, je suis flic. Dans la Cité d’Obéron, on choisit pas. Ça doit être ce que ces connards de dormeurs appellent le destin. Saloperie.

Je sais pas, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été ce mélange de Bogart dans les vieux films et de Sipowicz dans NYPD Blues. Je suis le bon flic désabusé et alcoolique. Je suis pas le seul.

Donc ce matin, pas envie. Gueule de bois de la veille. Comme d’hab. Les rêves ne rêvent pas, et c’est bien dommage. Par contre il peuvent s’imaginer en train d’envoyer les rêveurs croupir dans une bonne vieille cellule à l’ancienne. Du donjon bien moyen-âgeux, avec un type en combi de cuir et fouet en option.

Mais faut pas y toucher, aux rêveurs. Et puis, faut pas faire gaffe à ce que je dis. Je le sais bien, que les rêveurs sont ceux qui nous font, littéralement, exister, nous autres les rêves. C’est juste que je suis pas du matin.

Première étape, la machine à café du commissariat. Un serré, allongé au Jack. Allez, c’est parti.

Détour par les cellules pour voir les arrestations de la nuits. Les putes habituelles. Une mutante martienne aux trois nichons, une prêtresse d’Aphrodite au chômage (paraît qu’elle tapine, elle aussi, dans le secteur du Marché), une Blanche-Neige défoncée aux larmes d’ange nées des rêves humides d’amateurs de hentaï et de cosplay.

Mon vieux pote Nessos aussi. Là, il cuve. C’est un centaure obsédé sexuel, je veux même pas savoir ce qu’il a encore fait pour se retrouver là. Rien que d’imaginer, j’ai le bide qui proteste et le café qui fait la gueule.

Un ange aussi. Triste, aux plumes froissées et à la gueule grisâtre. Sans doute un dealer de larmes. Pauvre type.

Ensuite, réunion matinale avec mon coéquipier. Foster, un petit gars idéaliste. Normal. Il fallait, évidemment, que les rêveurs calent un jeune gars idéaliste avec un vieux connard désabusé dans mon genre. Parfois, pour des types qui vivent dans le monde des rêves, je trouve qu’on a finalement peu de surprises. Les rêveurs manquent d’imagination, de nos jours.

Foster m’annonce que Puck, le vieux connard qu’on a coincé la veille, à avoué au proc dans la nuit le vol pour lequel on l’a chopé. Bien. Ça, c’est fait. Moins je le vois, Puck, mieux je me porte. Relisez Shakespeare, vous comprendrez. De toute façon, il a des relations du genre très haut placées. On devrait pas tarder à le revoir.

Le commissaire Lancelot nous appelle. Il a un truc pour nous. Un somnicide. La scientifique est déjà sur place. Il nous tend le dossier.

Merde. Une princesse. Du genre vierge et pure, dans une tour du quartier bourge. J’aime pas ça. Ça sent la connasse disneyienne. J’en ai connu des princesses, par le passé, faites moi confiance, elles étaient pas toutes vierges et pures. Non, non, non. Apparemment, elle a été bien charcutée, la pauvresse. C’est sale. Doit y avoir du cauchemar dans le coup.

Des bourges, des cauchemars… ça pue. Je le savais bien, que ça allait pas être une bonne journée.

Google Translate Experience #2 : La ballade du loup

18 mai 2012

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Voici une deuxième tentative de passer un des poèmes présents sur le blog à travers le filtre du traducteur de google, comme je l’avais déjà fait ici. Cette fois, la séquence de traduction est : Français / Allemand / Latin / Yiddish / Swahili / Arabe / Français. Voilàvoilàvoilà.  Sinon, je vais mieux. Le texte d’origine est lisible .

 

Nuit noire du voyage prévu
De l’extérieur, et je suis seul, fatigué, et il était en colère,
Comme c’est toujours le cas. Dans le passé, et je suis un reflet de moi.
Après me voir, moi, sans moi, et le loup
et le cou
Trop sur le côté. «Celui qui s’enfuient pensez-vous? »
Je l’oreille. « J’ai envie de rire
Mais le contrôle de l’infection. Mon cœur
Eclats d’exploser et de continuer à souffrir.
Je tiens à couler! Nous croyons que, par conséquent, vous êtes pauvre »

En raison de mon désir dans une grande gloire,
Hauts sommets, et sont tombés en dessous des genoux.
«Suivez-moi » pour moi, « Nous sommes ce soir
Notre combat continue. Je ne goûte pas
Je souhaite profondément dans les bidonvilles, et je l’avoue,
L’accès à la partie supérieure. « Bête, avec un rire
Lips pour outrage, et vient à la retraite;
Sur le modèle du crochet, et tremblant de peur.
Temps dans ma vie, et à
« Je pense que le temps?, Donc, vous êtes, et de joie!

Non seulement offre les attentes les plus élevées!
Creusez un trou juste poster
Croyez-il été enterré
Vous pouvez transplanter une victoire, parce que le
Prenez nos grèves du marché de masse. »
Assurez-vous, votre partenaire course
« Qu’est-ce qui doit être fait, en particulier le lait … »
Je lui ai dit: « Spin soudage
Sûr de la victoire. «  » Vous êtes également prêt à rire,
Je tiens à couler! Nous croyons que, par conséquent, vous êtes pauvre « 

Vous m’arrêtez, ou plutôt, qui attire
Dans le coeur, et essaie de me séduire
Je suis fatigué, et les oiseaux heureux
Parce que ce n’est pas comme si on disait:
« Je pense que l’ère de l’épave? »

Pas dupe. Un sonnet

11 mai 2012

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Dans les cerveaux blasés remplis d’un air putride,

Eteints par trop d’infos, trompés par des yeux morts,

On écoute celui qui parait le plus fort.

Et l’urne est envahie par des pensées acides.

Masquant leur impuissance, ils récoltent, bien à tort,

Le droit de gouverner des foules aux têtes vides.

Plus personne ne pense, c’est la peur qui nous bride,

Terrifiés à l’idée d’espérer plus encore.

Ils ont invalidé les lendemains qui chantent.

Ils ne voient pas monter la colère, le dégoût

Qu’ils inspirent. Alors, là, montant du fond du trou,

La haine se substitue à l’espérance absente.

Le soir de leur victoire, un vain espoir nous hante.

Ils se voient grands mais c’est nous qui sommes à genoux.

Lettre ouverte à un personnage de nouvelle

18 avril 2012

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Tu sais quoi ? Tu m’emmerdes. Quelque chose de bien. J’ai pas encore écrit une seule ligne de la nouvelle dont tu es le héros (« héros » ! Laisse-moi rire, si tu savais ce que je te réserve…), dont tu es le personnage principal, donc, et déjà, je peux pas te piffrer.

C’est peut-être ça, le problème. Pour cette histoire, j’ai besoin d’un perso assez pathétique. Je dirais même que j’avais besoin, au départ, quand l’idée générale m’est venue, que tu sois antipathique. Je sais pas. Du coup, même si j’ai changé mon fusil d’épaule depuis, j’ai pas spécialement envie de me pencher sur ton cas. L’esquisse de base, bien qu’invisible, reste trop négative. Je suppose qu’elle me renvoie à une personne que j’étais il y a quelques mois, voire années, et que ça me gonfle de ressasser ces vieilles merdes.

Déjà, ça part mal, je sais pas comment te nommer. C’est important, un nom. Ça donne des indications. C’est une piste (qui peut-s’avérer fausse, d’ailleurs) pour le lecteur. Mais toi, je sais pas, tout les noms que je te trouve sonnent… faux. Joshua, Al, non, c’est pas toi.

Que mes personnages me fassent chier, c’est bon, j’en ai pris l’habitude. Merde, je crois même que je sais que je suis sur la bonne voie quand vous commencer à pas vouloir faire ce dont j’ai besoin pour continuer mon histoire. Ça veut dire que vous accéder à une certaine « réalité », que vous existez un peu en dehors de mon seul cerveau. Ça veut dire que je peux plus vous forcer à rien qui soit en désaccord avec ce que vous êtes. Ça veut dire que vous commencez à être des personnages avec une certaine épaisseur. Mais ça, en général, je le découvre (je vous découvre) au fur et à mesure de l’écriture.

Mais toi, non. Toi, il faut que d’emblée, avant même la première ligne, le premier mot, que tu te refuses à ma plume.

Pourtant, je sais déjà tout de toi.

Enfin, je sais ce qui devrait suffire à commencer à te raconter.

J’ai des pages entière de notes, il y a même des trucs là-dedans qui ne seront peut-être pas dans la nouvelle.

Je sais bien que c’est ma faute.

Je t’ai peut-être imaginé trop… désagréable. Et cette impression reste gravée dans mon esprit, quand bien même je voudrais te rendre plus… aimable. Il faut bien que le lecteur s’identifie un minimum.

C’est ça.

Je crois voir mon erreur.

Je t’ai peint en noir et blanc, et j’ai oublié les nuances de gris.

Erreur de débutant.

Mais je suis un éternel débutant.

Excuse-moi pour ce mouvement d’humeur. C’est pas contre toi.

J’y retourne. Mettre quelques nuances de gris.

Et peut-être même quelques couleurs, qui sait ?

Crash-test #18

16 avril 2012

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« On peut pas être bon tout le temps.

- C’est pas où raison pour être mauvais en permanence. »

 

Un cerveau est un flingue chargé.

Alice se dit que quelque chose n’était pas normal, enfin, que quelque chose était anormal d’une façon différente que d’habitude, quand le chapelier et le lièvre ne Mars commencèrent à s’engueuler à propos de leur vote à la présidentielle, l’un défendant un « vote efficace » en faveur de Hollande là où l’autre militait pour un vote « de cœur et de tripes » pour Mélenchon.

C’est une tension, une électricité sous-cutanée permanente qui lui ravage les muscle et lui fait grincer des dents. C’est un spasme en permanente gestation.

« … massacre en Syrie. Et maintenant, les résultats sportifs de ce week-end. Le PSG… »

Auparavant, le Loup s’en prenait également à son Ombre, qui, à présent plus libre du fait des blessures de la bête, obscurcissait le miroir.

Quand on connait l’effet d’un manque de sommeil sur une conscience, on se dit que vraiment, la drogue, c’est trop cher.

Vous avez remarqué, dans un bus, comme les gens font bien attention de ne pas se remarquer les uns les autres, justement ?

Exil.

Quand il était petit et qu’il sortait l’hiver sans son pull, sa maman le réprimandait en lui disant qu’il allait attraper la mort. Depuis, il continue à sortir l’hiver sans pull, mais avec un filet de pêche, des pièges à loup et des chaines. Pour être sûr de pas la rater, au cas où.

« Il faut prendre son temps afin de bien le remplir. » C’est moi, où ça sonne comme le titre d’un porno métaphysique ? (Métaphysique dans son cul, on est d’accord, c’est évident.)

Avez-vous noté comme ce sont souvent les gens les plus torturés qui font les projets les plus débiles ?

Quand les rêves se font plus intéressants que la réalité, quand on s’en souviens exactement, dans tous leurs détails, quand on y contrôle nos actes et nos paroles, alors le soi-disant monde réel ne devient qu’un rêve de plus.

Il avait essayé toute son adolescence de devenir quelque chose qu’il était déjà.

J’ai envisagé très sérieusement d’arrêter l’écriture. Et puis, je me suis dit qu’avant ça, ce serait déjà pas mal de commencer.

Crash-test #17

6 avril 2012

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Quand Al se retrouva en Enfer, il réalisa que ce n’était pas la première fois qu’il venait là.

 

Y a des fois, forcément, le doute s’installe. Le doute, c’est bien. Ça permet d’évoluer. Mais ça peut aussi devenir le flingue que tu tiens contre ta tempe.

 

On est trop nombreux. Ça va forcément finir par péter. Et ça sera pas joli.

Qui veux-tu être ?

Personne n’a jamais vu la pièce du labyrinthe où le minotaure avait rangé ses affaire. Un lit contre le mur, un congélo plein d’athéniens, un PC sous Windows 95 avec un modem à 56k. C’est pour ça qu’il était vénère.

Il est des personnes qui resteront à jamais des hypothèses.

À quoi pense un père qui se connecte à youporn et qui tombe sur un vidéo de sa fille ? Est-ce qu’il se dit que c’est mal filmé ?

J’ai toujours eu une sale tendance à trouver les gens paumés touchants. Je les vois un peu comme un symptôme de ce qui déconne dans nos sociétés. S’ils existent, c’est qu’elle ne fonctionne pas si bien que ça, la société. Mais tout lui mettre sur le dos est une connerie. Il serait temps de se bouger le fion. Depuis que je traine avec des gens qui, parfois tout aussi perdus, tentent de trouver des solutions (réalisables ou utopiques, crédibles ou fausses) par eux-même à ce qu’ils estiment déconner, ben mon moral, curieusement, a tendance à mieux se porter.

Il s’est fait largué par sa meuf parce qu’elle avait envoyé « TROMPE » en SMS surtaxé à un service téléphonique foireux.

En fait, il partait du principe que ce qui l’intéressait, LUI, était forcément primordial.

Quand je suis seul, j’ai parfois des doutes. Sinon, je ne me pose même pas la question. Ce qui est, en soi, une réponse.

Je pense pas que ça change quoi que ce soit au fait que ce soit un abruti.

J’écris moins pour le blog, en ce moment, mais c’est parce que, d’une part, j’essaie (j’essaie… J’ai pas dit que je réussissais, hein ?) de bosser des textes qui ne seraient pas destinés à figurer ici (trop longs, entre autre), et d’autre part, il semblerait que le monde réel me rappelle à lui de manière péremptoire, en ce moment.

Le mort se concentrait pour souffler sur les vitres et les miroirs. Mais il n’était pas encore assez fort pour écrire dans la buée avec ses doigts spectraux.

La différence entre radicalisme et terrorisme réside dans le craquement d’une allumette.

Du côté de son père, c’est pas tellement qu’il y avait des fous, c’est surtout qu’il se trimballait une sacrée généalogie de pervers…

À l’arrivée, la seule chose qui compte, c’est […]. Please fill the blank.

L’incertitude est pleine de possibilités.

Je reviendrai de manière subrogative, en tapinant.

Improvisation 29/3/12, 3:21

29 mars 2012

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Petit poème de circonstance.

Les yeux brûlés, les tempes enflées

Le cœur battant dans les oreilles

Insomnie

Encore une fois te retourner

Couché ou debout, c’est pareil

Insomnie

L’esprit qui part, puis qui revient

Flux et reflux de pensées vaines

Insomnie

Manger un bout, s’allonger, rien

Le néant assiste à la scène

Insomnie

Te recoucher, recommencer

Et t’efforcer de pas penser

La liste de ce que t’as à faire

Personne pour t’écouter, te taire

Avoir ou trop chaud, ou trop froid

Se retourner, froisser les draps

Insomnie

Trop fatigué pour t’endormir

Attendre, ne plus attendre, attendre

Trop désœuvré, bâillement, soupir

S’y faire et se dire qu’à tout prendre…

Insomnie

Insomnie

Insomnie

Insomnie

Crash-test #16

12 mars 2012

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Je sais pas ce qu’on cherche, chez les autres. L’être humain est un animal social. Mais la compagnie des autres est douloureuse. Presque autant que la compagnie de soi-même.

Je vais bien.

J’ai plus envie de me prendre la tête, mais faut reconnaître que j’en ai tellement l’habitude que parfois, je peux pas m’en empêcher.

Il fouillait ses notes. Dix ans d’articles et d’interviews de groupes et musiciens divers et variés. Et au final, une grosse dizaine de feuillets sur « The Buzz », qu’il considérait pourtant comme un des meilleurs groupes inconnus de tous les temps. The Buzz, 4 ans d’existence, deux albums auto-produits, trois split-singles avec des groupes à peu près aussi inconnus qu’eux, quelques démo. Et le charisme de Desdi, le chanteur cramé. Il se demandait ce qu’il avait bien pu devenir.

Le loup s’était tu. Il ne tentait plus grand chose. Maintenant, il s’agissait de sortir de la cabane où il s’était enfermé pour lui échapper. C’était presque plus dur que de combattre la bête. Elle était rassurante, cette cabane.

Satan, la première fois où il passa son bac,

Se vit , par son échec, attendre un an la fac.

Moralité : Lucifer a repassé.

Tu sais, sur scène, avec le bon éclairage, le bon fond sonore, la bonne attitude, tu peux déclamer du Mireille Matthieu, ce sera classe.

Ils s’imaginent toujours qu’il y a quelque chose à comprendre…

Il m’arrive de penser.

(Hommage à Moébius) : L’être humain est-il bon ? Je sais pas… Grande question… J’ai peur que leur viande soit un peu filandreuse.

Joshua commençait à se sentir bien au sein de la Cité. Il y avait maintenant ses habitudes. Un appartement qui donnait sur les jardins suspendus d’Obéron. Le marché des faës où il passait tous les matins, par curiosité ou nécessité. Les pintes en terrasse du Paradise Lost. Les promenades vespérales en orée du Bois. Il s’y sentait bien. Se réveiller tous les matins et être obligé de quitter la Cité lui pesait de plus en plus.

Je ne suis plus seul. Parfois, ça me terrifie. Parfois, je me rends compte qu’il n’y a pas à avoir peur.

Dieu n’est pas mort, il est en ligne avec Orange pour qu’on lui rétablisse sa connexion depuis, ouh là ! Au moins. Saloperie de box.

Ce n’est pas le monde extérieur qui te tue, ce sont tes propres armes que tu retournes contre toi.

Un ange qui a perdu la fois, un démon qui ne croit plus au mal absolu, un humain médium au cerveau cramé par l’alcool, un sorcier obsédé sexuel. La fine équipe. Tout à fait le genre à être dans les plans secrets de Dieu pour empêcher, ou provoquer, l’Apocalypse.

Ça faisait longtemps. Je vous ai manqué ?

Entretien avec un autre vampire

2 mars 2012

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Si l’on en croit les physiciens, tout n’est qu’énergie et matière. En fait, tout est à la fois énergie ET matière, en même temps. Votre corps n’est qu’une onde, une gigantesque fluctuation quantique dans ce qu’il faut bien appeler le néant, ne serait-ce que pour la licence poétique. L’ensemble de tout ce qui est (ce que l’on va finir par caser sous l’appellation tout à fait arbitraire d’univers, ou de Dieu si ça peut vous faire plaisir) n’est qu’énergie et matière, n’est qu’une possibilité quantique. Ce qui revient à dire que, depuis le big bang jusqu’au big quoi que ce soit, de fiat lux à Ragnarok, que l’univers/dieu (matière/énergie) n’est rien d’autre qu’un acte de création fondamental en perpétuelle mutation. L’acte de création comme expression essentielle de l’énergie par la matière ( qui sont, rappelons le, la même chose). Est-ce que ça donne pas un peu de classe supplémentaire au statut de créateur*, bien qu’il n’y ait nul besoin de donner des preuves de la noblesse des troubadours ? Quand j’avais demandé à Chloe von Fyredorff d’où il tirait la volonté de continuer à vivre au milieu de sa propre aura de négativité féroce, c’est quand même à lui qu’on doit les côtés les plus nihilistes du précataclysmisme, la notion de catastrophe imminente, de… Mais je me rends compte que je me perds dans mes phrases (Règle numéro quarante-treize virgule trois, trois, trois… : le créateur précataclysmique ne doit pas chercher à contrôler quoique ce soit, et surtout pas l’acte de création. à moins que ce ne soit l’inverse. Copyright conjoint M.Pantomime et M. Daniels, Jack ). Quand j’avais demandé à Chloe von Fyredörf d’où il tirait la volonté de continuer à vivre au milieu de sa propre aura de négativité féroce, donc (merci Ctrl C, Ctrl V), il m’avait répondu d’aller me faire foutre. Voilà. Énergie négative en plein dans ma tronche, particules-ondes de haine pure.

J’ai rencontré Chloe durant l’été 2002. Mon estimé compagnon de déchéance éthylique Demian S. Coyote ( son second prénom est celui de son père) m’avait confié en main propre, accoudé au comptoir d’un de ces pittoresques troquets des petites rues de Limoges nommé le Duc Etienne, un CD gravé, à la pochette travaillée façon imprimante-deux-couleurs-pour-faire-punk-trois-photos-piquée-sur-le-net-avec-juste-un-filtre-photoshop. Un nom, Chloe. Juste Chloe. Une phrase, Agression is Art. J’ai toujours ce skeud, j’ai appris à aimer la photo en gros plan de cette femme nue agrippée aux barreaux de sa cage. En deux mots, sa(c )cage. Merci. Le son gravé là-dessus (j’ose à peine penser le mot musique, mais il a pourtant profité d’un soupir entre mes lèvres pour s’échapper) est électronique, minimaliste, relativement inécoutable, voire éprouvant et douloureux par moment (par douloureux, je veux dire que j’ai physiquement eu la sensation qu’on m’enfonçait un tournevis dans les tympans une fois ou deux.) Je ne connais personne qui ce soit imposé une écoute complète de ce truc sans subir des lésions cérébrales irréversibles. Haine=énergie=aggression=création=art. Fut-un temps, mon valeureux camarade de psychose Jehm Pöm écoutait ça dans sa voiture. J’en ai froid dans le dos.

Entretien avec un autre vampire dans Archive chloecover

J’ai rencontré l’entité psycho-physique Chloe von Fyredörf quelques mois plus tard lors d’un concert de black metal . Il en résultat un article paru dans le fanzine Mailting Potes de l’association « la pie lotoise », dont voici, à la demande générale des rédacteurs fainéants de cet essai, les meilleurs moments (sélectionnés par un panel représentatif de la population de mon appart ayant la flemme).

(…) Chloe. Un mètre quatre-vingts de peau si blanche qu’elle en était translucide, de maquillage mal appliqué, de cheveux filasses trop noirs pour le visage qu’ils encadraient, de tissus déchirés, d’automutilations diverses, de tatouages à l’absinthe et de cette séduisante arrogance que seuls ceux qui savent de façon intime qu’ils vont mourir jeunes peuvent afficher sans être ridicules. (…) C’était une pute venue de l’enfer pour montrer aux yeux du monde encore quelques anges avant l’effondrement et la fin de la société occidentale capitaliste. C’était Chloe, un Ziggy Stardust à deux balles, un être dont l’existence même était une insulte au concept de « civilisation » et un sacrifice sur l’autel de la décadence. Chloe était, avant toute chose, répugnant(e)**, insupportable, peut-être parce qu’il/elle nous renvoyait l’image de tout ce qui, en nous-mêmes, fait que la race humaine est vouée à l’autodestruction.

(…) Chloe parlait peu. (…) son regard suffisait, mais je ne savais jamais si l’expression triste, sauvage et vaguement condescendante de ses yeux voulait dire : « allons baiser tout de suite dans ta caisse » ou « tu es comme tous les autres, moi compris, un putain d’enculé de fils de pute, fous-moi la paix ». Au contact de Chloe, on avait la franche impression, dans tous les cas, d’avoir affaire avec une entité schizotrope, un être constituant à lui seul la mince frontière entre la santé mentale et la folie. On aurait dit une petite tantouze anémique qui aurait suivi des années de psychanalyse avec William Burroughs comme thérapeute, ou bien la fille illégitime de Jim Morrison et d’une geisha opiomane, gagnant sa vie en vendant sur le Net des photos S.M. et des animations en flash représentant James Dean en train de se faire sodomiser par une Christina Ricci androgyne équipée d’un gode ceinture.

Chloe était le signe évident que certains d’entre nous, la génération Y2K, mourraient jeunes, sacrifiés sur la croix du nouveau millénaire érigée sur les décombres d’un monde judéo-chrétien en perdition.

WE WILL DIE YOUNG.

C’est avec lui/elle que j’ai ressenti pour la première fois l’appel du vide, que j’ai entendu la sourde mélopée venue des abysses les plus sombres de l’esprit humain. Nous sommes destinés à la déchéance, et ceux qui le savent crient si fort que leurs corps se stigmatisent pour expier cette connaissance impie. Chloe était à la fois Adam, Eve et Lilith. Le fruit de la connaissance lui avait brûlé la langue et laissé sur son âme le goût aigre-doux du sperme, de la lumière artificielle et des cris. Le goût de la chute. Nous tombons ensemble, juste pour ne pas être seuls.

Rencontre de Chloe par Durf667 le 25/11/2002.

Paru sous le titre Chloe dans Mailting Potes n°H2.

 

Voilà. Je pense que vous avez tout en main. J’espère que vous avez envie de connaître dès à présent les productions de ce cerveau-là, celui de Chloe von Fyredörf. Neurones=matière=électricité=energie=création. Énergie chloeienne dans ta face. Allez en paix, mes enfants, et bon courage.

 Les masochistes peuvent écouter « Agression is Art » ici et .

 

Durf 667, Toulouse, 16/08/2005.

 

*Môssieu Demian S. Coyote, escroc intellectuel, ce qui est mal, et qui lit par-dessus mon épaule en ce moment même, ce qui n’est pas très joli-joli non plus, me signale mes conneries et me réprimande en conséquence. A la place de créateur, j’avais écrit le mot artiste, ce qui est effectivement une belle connerie. Il a instantanément vomi sur mon clavier, ce qui va d’ailleurs m’interrompre dans la rédaction de cette préface alors que j’ai autre chose à faire. Rappelons la Règle numéro moins infini du précataclysmisme : artiste, c’est un boulot, créateur, c’est un état. Et l’état, c’est moi.

Ol’ Man Sid dans un jour où il se sentait d’humeur taquine.

 

**J’ignorais encore quand j’ai écrit ce texte si Chloe était un mec ou une nana, rapport à son androgynie forcenée. Les filles de l’internat du lycée catholique Sainte Cindy de Bourg-la-Chignole, dans le Bas-Rhin, m’ont assuré que Chloe possédait tout ce qu’il fallait pour pallier la pénurie en cierge dont souffrait à cette époque la vénérable institution, on se demande bien pourquoi.

Fable : L’homme qui boyait trop.

21 février 2012

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De rebours, mal en ligne, il boyait beaucoup trop.

De gros gargouillons brûrulaients dans ses tripouilles.

C’était son arbitrude d’abusager de chouille,

D’éthyler son cerchef. Mais là, entred’eux rots

Il pensistait à croiver en son contrôlage,

En sa gestitution de ses activultures.

Encore, il certitait que ses palabratures

Gardaient la sensition que proveut le langage.

À la Lune, il crilait : « Qu’obgardes-tu, blancasse ? »,

« Parcusez-moi, meugle homme ! » en trébuscant un arbre.

« Vous, garmante choiselle, vous êtes accorte aimarbre »,

Tenstant d’enlanguer le flicier qui l’embarcasse

Pour qu’il termisse sa nuitude en dégrision,

Une bossine en prisme sur sa testimage.

Alors, jeunitude, écoutend ces palabrages :

Quand le con va au vin, et ben, il reste con.

PS : Je tiens à remercier pour ce texte Lewis Caroll et l’ensemble de la poésie Vogone, qui m’ont bien inspiré, sur ce coup. En vous remerciant, z’êtes fort aimables.

Un sonnet. Hommage à Baudelaire (encore un…)

10 février 2012

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La nuit fait ressembler le plus sordide rade

Au palais d’un sultan, à la chambre au trésor

Cachée dans la montagne. Si j’y réside encore

C’est que le jour atroce a des couleurs si fades

.

Qu’elles agressent mon œil. Dehors tout est si crade

Que j’en vomis parfois quand m’observe l’aurore

Méprisante. Il est vrai que tout s’habille d’or

Sous le voile éthylique. Le bar n’est qu’ambassade

.

De Dionysos là où Apollon règne en maître,

Impitoyable et fier, il nous refuse d’être

Plus qu’un instant incontrôlables mais damnés.

.

Il tient la laisse, la lâche pour une nuit de dingue,

Jusqu’à la suivante, il tolère que la bringue

Ne soit qu’un passage, un délire déjà mort-né.

 

Crash-test #15

9 février 2012

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Le loup n’a pas forcément besoin de se jeter sur sa proie toutes griffes dehors, les crocs en avant. Pas besoin non plus de hurler ou de grogner pour se faire entendre. Parfois, blessé, il murmure. On entend à peine ses paroles derrière le bruit de ses chaines.

Il est des journées qui se terminent avant d’avoir vraiment commencé.

« Que fais-tu, encore réveillé, à cette heure ?

-Je ne dors jamais. »

C’est un peu comme s’il se tenait bien droit, immobile, sur un support en équilibre précaire. Le moindre mouvement provoquerait… provoquerait quelque chose. Tant qu’il ne bouge pas, rien ne se passe. Et il peut profiter de la vue.

Et qu’en est-il des anges qui, quand Lucifer rassembla ses troupes contre celles menées par Mikael au nom de l’Unique, refusèrent de choisir un camp ?

« T’as eu des news de Marianne ?

-Elle s’est suicidée la semaine dernière.

- Encore ? »

Merci d’être improbable.

Au commencement, il n’y avait rien. Et puis, soudain, sans raison, il y eut quelque chose. La merde commença quand ce quelque chose, par la suite, ressentit le besoin d’exister.

Il se sentait comme une assiette en porcelaine dans un magasin d’éléphants. Comme une blonde dans une librairie. Comme une ballerine dans un pogo.

Je ne sais pas ce qui est pire. Une éternité de souffrances en Enfer, ou une éternité de Rien dans les Limbes.

« J’ai mal au crâne. Putain, que j’ai mal au crâne. Ça fait bientôt deux mois que j’ai mal au crâne. En permanence. Même la nuit. »

Dans la version d’Hésiode de la création du monde, les premières divinités, les premiers concepts à apparaître sont Chaos, Gaïa, Tartare, Éros, Nyx et Érèbe. Le Vide, la Terre, les Entrailles de la Terre, le Désir, la Nuit et les Ténèbres. Tout ce qui est et existe provient d’un ou de plusieurs de ces concepts.

« Ferme t’Hegel : Nietzsche ta mère !

-Fais gaffe ! Schopenhauer de rien, moi ! »

L’ Amour.

Le Scientifique n’en parle pas.

Le Mystique en parle car il est certain de savoir ce que c’est.

Le Philosophe en parle car il est certain qu’il pourra, ce faisant, savoir ce que c’est.

L’Artiste en parle car il est certain de ne jamais savoir ce que c’est.

Si le Christ avait subi le supplice du pal au lieu de celui de la crucifixion, est-ce que les bonnes sœurs et les curés auraient tous des godes autour du cou ?

La ballade du loup

30 janvier 2012

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Accueilli par la nuit, fuyant le Noir
Du dehors, je suis seul, crevé et fou,
Comme toujours. Enfin, je suis mon miroir.
Face à moi, en moi, hors de moi, un loup
À visage d’homme m’enserre le cou
D’une main solide. « Qui crois-tu donc fuir ? »
Me souffle-t-il à l’oreille. « Je veux rire
Encore de mes douces blessures. Mon cœur
Crève d’exploser encore et souffrir.
Je veux sombrer ! Crois-donc en ton malheur ! »

Connaissant mon goût pour le Grand, la Gloire,
Pour les hauts sommets, je tombe à genoux.
« Laisse-moi », lui dis-je, « laisse-moi, ce soir,
Notre combat cesse. Je n’ai plus le goût
De risquer le gouffre en tentant, j’avoue,
D’atteindre les cîmes. » La Bête, un sourire
Méprisant aux lèvres, vient et me soutire,
Un croc dans l’échine, un frisson de peur.
Un instant mon âme se laisse trahir :
« Je veux sombrer ! Crois-donc en ton malheur !

Lui-seul garantit les plus grands espoirs !
Lui-seul crée les sommets, creusant le trou
Où tu t’enterres, il te permet de croire
Que tu peux grimper, triompher, car nous
Forgeons nos grandeurs, acceptant les coups. »
Reprenant mon souffle, je gémis, transpire
« Mais chercher la chute, aspirer au pire… »
Lui dis-je, « La défaite et la sueur
N’assurent pas la victoire. » « Tu prêtes à rire,
Je veux sombrer ! Crois-donc en ton malheur ! »

À toi, le sombre Moi, oui, toi qui tire
En plein cœur, qui tente de me séduire,
Je suis fatigué de fuir le bonheur
Pour une promesse, je ne veux plus dire :
« Je veux sombrer ! Crois-donc en ton malheur ! »

7 péchés capitaux

28 janvier 2012

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7 péchés capitaux dans Nouvelles 606px-J%C3%A9r%C3%B4me_Bosch-Les_7_P%C3%A9ch%C3%A9s_Capitaux_-300x296

Orgueil.
« Putain ! Regardez-moi cette bande de cons… Ce troupeau pathétique de moutons qu’on mène à l’abattoir. C’est vraiment un ramassis d’abrutis… Moi, j’ai tout compris. Moi, je sais. Pourquoi on ne m’écoute pas ? Moi j’ai les réponses. C’est juste que l’humanité est méprisable. J’ai l’impression qu’il n’y a que moi qui le sais et qui en fais un minimum pour que ça change. Je commence par me changer moi-même. Pour être moins méprisable. Je suis un exemple, bordel ! Mais vous ne voyez rien, n’entendez rien… Bande de cons. »

Avarice.
« Oui ! Je l’ai, ça y est ! Je l’ai ! Il est classe ce smartphone… Bon, j’en ai pas une utilité flagrante, il fait pas grand chose de plus que mon vieil iPhone3. Mais je l’ai ! Il est enfin à moi… Il faut que je fasse gaffe à bien planquer l’iPhone, histoire que mon frère me le pique pas. Quand il a su que j’avais commandé le nouveau, il a osé me demander de le lui filer… Le con ! Il a qu’à s’en payer un lui-même ! Il est à moi, merde, il m’a couté assez cher… Je crois que je vais le planquer dans le placard avec le premier iPad. J’ai reçu le 2 il y a quelques temps. Je m’en sers pas des masses, d’ailleurs. Mais je l’ai.

Envie.
« C’est dégueulasse. Tu les a déjà vu en concert ? Pathétique. Aucune présence. On dirait des porte-manteaux de luxe pour jeans troués et T-shirts crasseux. Aucune classe. Musicalement, c’est pas mieux. D’accord, ils savent jouer. Mais y a aucune émotion dans leur merde. T’as entendu leur démo ? Merde en barre, son pourri, compos à chier. Des solos qui servent à rien, ils s’écoutent jouer. Vraiment, je comprends pas. Tu nous a vu jouer, nous, t’as écouté l’album ? C’est dingue… J’arrive pas à croire qu’ils aient décroché un contrat de trois albums. Ils ont vraiment du guano dans les oreilles, dans ce label. »

Colère.
« FERME TA PUTAIN DE GUEULE, CONNARD ! TU TE PRENDS POUR QUI, POUR QUOI ? POURQUOI TU ME PARLES, T’AS PAS D’AMIS ? JE SUIS PAS TON POTE, ENFOIRÉ, TU VAUX RIEN, DÉGAGE ! DÉGAGE AVANT QUE JE T’ÉCLATE LA GUEULE CONTRE UN MUR ! QUOI ? JE M’EN FOUS QUE TES ARGUMENTS TIENNENT LA ROUTE ! JE M’EN FOUS D’AVOIR TORT ! COMMENT TU OSES ME PARLER ! TU CROIS QUE TU VAUX MIEUX QUE MOI, C’EST ÇA ? RIEN À FOUTRE, CONNARD ! RIEN À FOUTRE ! FERME TA PUTAIN DE GUEULE AVANT QUE JE TE DÉFONCE ! SALE CON… »

Luxure.
« Bon, elle va se décider à dégager, la conasse ? Maintenant que je lui ai fait toutes les saloperies dont j’avais envie, je vois pas ce que je pourrais en tirer de plus. Quoi que je dirais pas nom à une petite pipe. Elle suce pas mal. Et je pourrais la forcer à avaler, cette fois-ci… putain, je rêve… Elle a l’air de vraiment croire que ça m’intéresse, ce qu’elle raconte. Allez, un petit effort. Simulons l’intérêt… J’ai bien envie de cette pipe, finalement. Qu’est-ce qu’elle peut raconter, comme conneries… Rhalala. Idiote. J’ai pas envie de t’écouter, parler, ça crée des liens, et il y a d’autres culs dehors qui n’attendent que ma queue. »

Gourmandise.
« Allez, encore un petit verre… C’est pas sérieux, mais je m’en fous. J’irais gerber tout à l’heure, au pire. Ça fera de la place pour la suite. Putain, que j’aime être bourré ! Allez, cul-sec… Je sens les bulles de la bière éclater et remonter dans la cavité nasale. J’adore ça. Encore un verre. Au point où j’en suis, ça peut plus me faire de mal. Enfin, pas plus que ce que ça m’en a déjà fait… Hé hé ! Putain, je suis bourré… Je kiffe… Chouette ! Le patron m’offre un shooter. Pas besoin de demander ce qu’il y a dedans, on s’en fout. À la tienne, camarade ! Pis sers-moi en donc un demi de plus ! Putain, je vais gerber… Pas grave, ça fera de la place pour la suite. »

Paresse.
« Pourquoi voudriez-vous que je me bouge ? Rien ne sert à rien. À quoi bon se bouger le cul ? Y a aucune chance que ça change quoi que ce soit. Et puis, je suis tellement fatigué… J’en ai marre d’essayer des trucs et d’échouer. Alors, j’essaie plus rien. Je fais de mal à personne. Je préfère rester peinard chez moi, devant la télé, avachi dans mon fauteuil, à bouffer des chips. J’ai encore raté un rendez-vous à Pôle-Emploi, mais j’en ai rien à battre. Pourquoi est-ce qu’on me fout pas la paix. C’est vrai, quoi, je fais pas de mal… Mais non, il faut toujours qu’on vienne m’emmerder. Foutez-moi la paix. »

Se sortir la merde de la tête, et les doigts du cul

23 janvier 2012

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Y a des jours, comme ça… Et y a des jours tous les jours…
La révolution commencera sur un malentendu.
Si elle commence jamais.
Polybe : anacyclose.
Monarchie, Tyrannie, Aristocratie, Oligarchie, Démocratie, Ochlocratie.
Commence déjà par la faire dans ta tête, la révolution.

Des réveils comme ça, j’en voudrais plus jamais, ou alors tous les jours.
Envie de s’immoler par le feu devant le Palais Bourbon.
Envie de tirer à vue dans la rue sur les passants. Pour enfin provoquer une réaction.
Envie de se foutre en l’air pour des motifs philosophiques.
Envie de tous vous laisser dans votre merde.

Question : La révolution peut-elle être faite par des misanthropes.
Calculatrice autorisée, vous avez quatre heures.

Quand je serai grand, je veux être ermite, avec l’ADSL.

Les élites ne se rendent même plus compte qu’elles constituent une élite, justement. Elles sont persuadées d’être légitime, et plus intelligentes que les masses qu’elles prétendent représenter. C’est peut-être vrai, d’un point de vue intellectuel et culturel. Mais ce n’est pas une raison. À force d’avoir systématiquement raison, de leur point de vue, leurs idées consanguines ne s’opposent entre elles qu’en apparence.

Tout le monde est persuadé qu’un égoïste, c’est quelqu’un qui pense pas à lui. L’empathie, c’est bon uniquement pour permettre aux autres de se mettre à Ma place. Alors, pourquoi ils le font pas ? Les enculés…

« Indignez-vous »…
Mais c’est nul, l’indignation.
Être indigné, c’est se couvrir la bouche, ravaler un haut-le-coeur et dire « Oh ! C’est pas bien, car c’est mal ! », avant de repartir chez soi pour pas rater le match de foot.
C’est pas s’indigner, qu’il faut faire.
C’est juste un début.
C’est foutre le bordel, qu’il faut faire.
Mais c’est plus risqué.
Ils risqueraient de vous sucrer les APL.

Je voudrais simplement qu’on me laisse la possibilité de ne plus participer à ce merdier qu’on nomme la société. Mais on me laisse pas le choix.

Jusqu’à une époque pas si éloignée, ceux qui étaient radicalement opposé au système tel qu’il se présentait à eux avait toujours une échappatoire : se barrer. Traverser l’Atlantique, traverser l’Amérique jusqu’au pacifique, créer une communauté en Afrique noire, peupler une île déserte et envoyer tout le reste du monde se faire foutre. Le drame du XXème siècle, c’est l’abandon de la conquête spatiale. Les fous, les inadaptés, les rebelles et les paumés n’ont plus nul part où aller.

Il ne veulent pas de lendemains meilleurs, ils veulent un présent confortable, sans danger, et agréable.

Les pieds dans la merde, mais le poing levé.

La révolution ne sera pas télévisée. La révolution n’aura pas lieu tant que le peuple ne se verra pas à nouveau lui-même en tant que peuple. Là, il se voit essentiellement en tant que groupe d’individus distincts et égoïstes.

C’est pour ça, je te le dis, camarade, commence par faire la révolution dans ta tête. Tu verras bien ce qui en sortira ensuite. Le monde risque de rester bien dégueulasse, mais toi, t’auras avancé.

Ils ont essayé de la faire, leur révolution, en 68. Mais maintenant que leur génération est au pouvoir, ils disent, un sourire en coin, « Ah la la, qu’on était cons… »
Ça va, vous vous êtes bien marré ? Parce que nous, vous savez, vos gosses, on a pas tellement envie de rire, maintenant, là, tout de suite.

Se sortir la merde de la tête, et les doigts du cul.

La Rage, camarade, la Rage…

Crash-test #14

19 janvier 2012

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Accélère, accélère,
Quitte à rater le virage.

Pourquoi ? Comment ?

Il n’y a pas de sens à ce que vous lisez.
Il n’y a de sens à rien.

J’ai bien peur d’être un peu distrait, ces temps-ci. Les questions sont des leurres, ces temps-ci, là Bête ne rate aucune occasion. Alors, pas de réponse. Carpe Diem, on l’oublie trop souvent, implique un désespoir positif. Rien de pessimiste ou de triste, juste l’absence de toute attente vis à vis de l’avenir.

Des tomates géantes. Des vieux désespérés. Des pesticides.

Il n’a jamais été aussi libre qu’en ce moment. Est-ce que ça ne le rend pas dangereux ? Il a l’arrogance de ceux qui s’en foutent. Il a le sourire du chat du Cheshire. Il a dans les yeux une flamme froide, un regain de désintérêt, une joie combattive. Il est.

Rien.

0 – Le Mat ou Fou.
Matt prend un élan bancal, chancelant sous les effet cumulés de l’alcool, de la chaleur, du manque de nourriture et de l’adrénaline. Il tombe, perdant progressivement pied et l’espace d’une délicieuse seconde, plus rien n’existe. Soudain, le corps de Matt est retenu par d’invisibles forces, matelas de mains qui retienne un corps laissé à l’abandon. Le groupe continue son punk sur trois accords, la carcasse de Matt est soulevée et déplacée par l’énergie suante de la fosse. Elle passe de mains en mains, portée par une masse mouvante d’individualités indifférentes mais attentives. Puis, déséquilibre. La partie supérieure du futur cadavre de Matt est abandonnée, sans force, et le basculement qui s’en suit le sort de la douce torpeur dans laquelle il s’était plongé en sautant de la scène. Matt tend les bras et se raccroche à ce qu’il peut, un bras, une épaule, quelque chose. Une jeune punkette freine la chute en l’attrapant par le bras, ce qui lui arrache une grimace. Sous son T-shirt à manches longues, la peau est encore à vif, lacérée de cicatrices encore fraîches. Souvenir. La veille, soirée morte, rien à faire, personne à voir, solitude. Le baiser du cutter sur l’avant-bras. Une douleur physique pour remplir le vide, pour chasser la langueur mentale. Un petit quelque chose pour chasser le Rien. Matt est en voie de disparition de la surface de la planète, il est de moins en moins important dans la vie de moins en moins de personnes. Mais ce soir, il s’est jeté au milieu d’autres vies que la sienne, noyées dans le bruit des guitares, les vapeurs d’alcool et la fumée de cigarette. On n’est jamais aussi seul qu’au milieu d’une foule. Mais dans cette amas gluant de corps en nages, se balançant, se frottant, se cognant au rythme primitif de la grosse caisse, tout le monde est seul et Matt, s’il vit un peu plus fort que d’habitude, en existe d’autant moins. Ça le repose.

Ils croient vraiment avoir tout compris. C’est désolant.

Profite. Tout peux s’arrêter. Tout peut mourir. En général, tout finit par mourir. Tout n’est rien. Profite.

En vérité, je vous le dit, vive les brocolis.

M. Pantomime, pièce en un acte

16 janvier 2012

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par Chloe von Fyredörff (2004). Retravaillé en 2011 par Don Nihil Apsarà.

Personnages :
Le marionnettiste,
La jeune fille,
Le coyote.

Scène : sur un drap blanc (on pourra le taguer, le peindre, prendre un drapeau ou quoi que ce soit qu’on jugera approprié, selon l’instinct du moment) placé en fond, projection sans le son d’images télévisées (reportages, actualités, jeux, etc.) et de films familiaux (vacances, anniversaires, etc.) Un coffre.

1.

Projections.
Le marionnettiste entre avec une chaise et la pose au centre de la scène. Il ouvre le coffre et en sort révérencieusement une marionnette à fils. Elle représente un clochard chevelu et dégingandé. Il la montre au public. Dans l’ombre, le coyote ronge un os.

LE MARIONNETTISTE :
Je… Oui, oui, je suis… Non, je.. Non. Voici, oui ! Voici Monsieur Pantomime.
Il commence à l’actionner.

MONSIEUR PANTOMIME :
Bonsoir mesdames et messieurs, petits et grands, miséreux et bourgeois, vierges et catins, bonsoir, et soyez les bienvenus. Vous a-t-on dit ce qui vous attendait ? Moi ! Tout sera mis en œuvres pour que vous passiez en ma compagnie une soirée divertissante et édifiante.

Une musique retentit, une sorte de valse jouée par un orgue de barbarie fatigué. Monsieur Pantomime commence à danser, avec grâce et délicatesse, puis avec de plus en plus de force et de prouesses physiques à mesure que la musique s’emballe, devenant un tourbillon sonore et chaotique, avant de retomber dans des tempos hypnotiques et atonaux.
Le marionnettiste lâche les fils et Monsieur Pantomime s’effondre de fatigue sur quelques accords de piano. Le coyote, impressionné, observe.

LE COYOTE, admiratif :
Et bien ! Voilà qui mérite des applaudissements ! Il applaudit et trépigne. Mais voyons ce que la suite nous réserve.

Le marionnettiste repousse la marionnette du pied, puis s’assoit sur le coffre. Une jeune fille entre. Le marionnettiste se relève. Il ne la quitte pas des yeux.

2.

La jeune fille s’assoit sur la chaise, puis se relève, gênée. Elle fait une révérence au public.

LA JEUNE FILLE :
Je… Oui, oui, je suis… Non, je.. Non. Elle s’éclaircit la voix. Voilà…

Elle se rassoit. Le marionnettiste, qui ne peut détacher son regard d’elle, s’avance et fait face au public après un dernier coup d’œil vers la jeune fille. La même musique que précédemment redémarre. Le marionnettiste effectue la même chorégraphie que la marionnette dans la première scène. Même projections. Le coyote se roule par terre de rire. Noir. Puis, une lueur. Le coyote se tient devant le coffre. On éclaire son visage, il commence à fouiller à l’intérieur et saisit un objet qui reste dans l’ombre.

LE COYOTE :
C’était… Grand ! Magnifique ! Sublime ! Il place son visage à côté de celui de la fille, joue avec l’objet qu’il a pris en le faisant passer devant les yeux de la fille, qui ne semble rien voir. Ma chère, vraiment !

Projection fugace et quasi-subliminale de quelque chose de désagréable. La fille a le visage en sang. La lumière quitte les deux visages et traverse la scène jusqu’à la marionnette. Puis, noir.

3.

La projection reprend et simule l’intérieur d’un petit appartement. La marionnette est assise sur la chaise. Le coyote est couché dans un coin, une laisse accrochée à un collier qu’il n’avait pas avant. Il a un marqueur dans la main droite et le scalpel dans la gauche. Il se lève de temps en temps et écrit des lieux communs, des slogans des obscénités et des banalités sur le draps, par dessus la projection. Le marionnettiste porte un masque de cire blanche, reproduisant le masque de la tragédie. La jeune fille porte celui de la comédie, mais du sang coule sur son cou. Elle devient de plus en plus faible au cours de la scène.

LE MARIONNETTISTE :
Je sais pas ce que tu veux. Je sais pas ce que je veux non plus, remarque. Rire sans joie. Tu me diras… C’était sensé être différent, hein ? C’était sensé servir à quelque chose ? Tout ce merdier ? Cette putain de mascarade ? En définitive, on est aussi inutile qu’on a l’impression de l’être. On est pas fait pour se comprendre, pour vivre ensemble. On devrait tous se faire ermite, tiens. Ça nous éviterait de souffrir et de faire souffrir. Regarde toi, non, mais regarde toi ! T’es en train de crever et tu reste là, debout, comme ça, comme si de rien n’était, comme s’il y avait encore un combat à gagner… Ça t’as mené où, hein ? Ta noblesse ? Ton courage ? Tout ça n’a aucun sens…

La musique de la chorégraphie reprend, ainsi que les projections. La jeune fille commence à danser, maladroitement, le marionnettiste la rattrape avant qu’elle ne tombe et l’allonge au sol. Le coyote continue la chorégraphie, mais la musique s’interrompt brusquement, le coupant dans un mouvement. Il tombe. Le marionnettiste retire son masque et celui de la jeune fille.

LA JEUNE FILLE :
Tu l’a jamais compris, hein ? Pourquoi j’étais toujours debout. C’est simple, pourtant. Ça n’a sans doute aucun sens, tu as raison. Mais rester debout, c’est la seule chose à faire.

Elle meurt dans les bras du marionnettiste, qui regarde la marionnette. La lumière diminue, le coyote sort de sa prostration dans un halo faiblissant, prend sa laisse, la coupe avec le scalpel et s’en va. Noir.

FIN.

Haïkus automatiques.

5 janvier 2012

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L’ogre meurt de faim,

L’ondin réclame de l’eau,

De gros vers attendent.

 

 

Hier sera cloué

Sur un mur. Les yeux se ferment,

La photo est floue.

 

 

Le miroir est une

Frontière, une orée, un sas.

Gardé par soi-même.

 

 

Fuir est une idée

Appliquée par tous, souvent

Sans s’en rendre compte.

 

 

Le sommeil me fuit,

Trop terrifié, non par lui,

Par l’odieux éveil.

 

 

Une odeur s’imprègne,

Se love, s’insinue. Riche

Est celui qui sent.

 

 

Respirer fait mal.

Expirer, bien plus encore.

Mais arrêter tue.

 

 

Un haïku n’est rien

Qu’un jeu auquel l’auteur triche.

Orgueil et snobisme.

Je sais pas/Je sais.

29 décembre 2011

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Je sais pas.

Je sais pas.

Je sais pas si tu te rends compte.

Je sais pas.

Je sais pas si je me rends compte.

Je sais pas.

T’es pas dans la merde.

Je suis quand même vachement compliqué, paumé, à l’ouest.

Je ne sous-estime pas ta paumitude.

Mais bon.

Tu vas en chier.

Je sais pas.

Je vais en chier aussi, remarque…

J’ai pas envie de te faire du mal.

Je veux pas.

Je veux pas.

Je sais pas.

Je veux pas.

Mais ça pourrait bien arriver.

Quoi ?

Tu me dis que t’es paumée aussi ?

Que je vais en prendre plein ma gueule ?

Mais c’est moi qui suis venu te chercher.

Sans savoir ce qui se passait dans ton crâne.

Sachant à peine ce qui se passait dans le mien.

En m’en foutant, à la limite.

J’assume.

J’assume.

Je sais pas.

J’assume.

Quinze, ou quatorze jours, c’est trop peu.

Ou pas assez.

On s’en fout.

On s’en fout.

JE m’en fous.

Je sais pas.

Je veux.

Je veux.

Je veux.

C’est l’essentiel.

Ça me suffit.

Et toi ?

Es-tu sûre ?

Je sais.

Tout ceci est profondément narcissique.

Je me soigne.

Je sais.

Je veux pas de faire du mal.

Je veux pas.

Mais je prends le risque que ça arrive.

Je prends aussi le risque de me faire du mal, à moi.

Et toi ?

Et moi ?

Je sais.

Je sais.

Je sais.

Je sais.

Je veux.

Je veux essayer.

Je sais.

Crash-test #13

28 décembre 2011

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Soyons désinvoltes, oh, putain, oui, soyons désinvoltes.

La bête s’était tue. Toujours assoiffée, on l’entendait grogner et gratter à l’extérieur. Mais les murs étaient à présent solides, l’entrée barricadée d’une lourde poutre de bois massif, les fenêtres laissaient uniquement entrer le soleil. Alors l’abomination, perverse, intelligente, déterminée, bien qu’affaiblie, chercha et trouva une solution. Le jour suivant, s’infiltrant par les fissures du plancher, le jour sous les portes, les cafards, grouillants et innombrables, apparurent.

Heureusement, j’ai du café.

Il était retombé dans cette vieille malle dont il avait tant eu de mal à sortir. Oh ! Pas de souci, il en ressortit aisément. Mais couvert de poussière et aveuglé par la lumière.

La crasse. La sueur séchée. La poussière accumulée. Les peaux mortes.

« Une dernière requête ?

- Tue moi rapidement, cette fois-ci. »

Tu vois, quand tu reviens d’un concert, les acouphènes ? Un putain de bourdonnement qui ne te lâche qu’avec le temps. Ben lui, c’est pareil, sauf que c’est pas d’origine acoustique. Un sale larsen de merde qui résonne en permanence contre les parois de son crâne.

C’est complètement idiot. Mais qu’est-ce que c’est bon, bordel !

Des fois, la vie, ou certain des éléments qui la constituent, se met en pause. Quelques jours ou semaine de statu quo. Faudra bien ré-appuyer sur play un de ces quatre.

Ça, c’est fait.

La plupart des gens, quand ils sont au bord d’un précipice, ne pense qu’à s’en éloigner. Ils préfèrent ignorer ce qu’il y a au-delà. Ils ont trop peur de tomber. D’autres sont fascinés, hypnotisés, sans doute par l’idée-même de la chute. Oh ! Je vais tomber ! ». Et ils tombent. Une poignée réalise que la chute n’est pas obligatoire. Il suffit d’apprendre à voler quand vous vous sentez prêt.

(Dépêchez-vous de lire ce paragraphe, il faut que je le rende à Neil Gaiman, après.)

Je vote, et je dis qu’il bluffe.

« Chères âmes, vous êtes priées de ne pas vous précipiter vers votre prochaine incarnation. Chaque Vie entamée l’est définitivement. Elles ne seront ni reprises, ni échangées. »

Quand j’étais petit, je voulais être Kurt Cobain ou Jim Morrisson. Et puis un jour, sans prévenir, j’ai eu 27 ans. Après, j’ai voulu être David Bowie ou Iggy Pop. Ou même Johnny Cash. Il m’en aura fallu, du temps, avant de me décider à essayer de devenir moi-même.

Ce n’est qu’un combat, continuons le début.

Crash-test #12

18 décembre 2011

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Ben merde, alors.

Apollon et Dionysos sont posés à une terrasse. Apollon boit un thé vert, Dionysos en est à sa troisième pinte. La discussion est cordiale, mais les deux interlocuteurs ne se comprennent absolument pas. Ça ressemble plus à deux monologues superposés et imbriqués qu’à un réel échange verbal.

C’est à peu près aussi jouissif que se balader dans un marché de noël avec un lance-flamme.

Quand la vie sociale est manifestement un terrain sur le quel on est mal à l’aise, la tentation de la fuir est forte. Et puis, qui a besoin d’une vie sociale quand on a sa page facebook, son twitter, son tumblr…

La bonne blague !

« Incroyable ! Y a des couilles qui ont dû lui pousser entre les jambes pendant la nuit, je vois que ça… »

« Travaille ! Consomme ! Crève !

- Non merci, monsieur. »

Hi ki !

Demian avait enfin trouvé un coin de la Cité où il se sentait bien. Une petite maison avec un jardin dans les faubourgs, on distinguait l’orée du Bois à quelques centaine de mètres.

Il se posait régulièrement au soleil, dans un fauteuil élégamment vétuste, un verre de liqueur sur une table basse.

Il y avait des rats dans les combles, mais ce n’était pas grave, ils avaient formé un groupe de rock, ce qui évitait à Demian de mettre de la musique. Il n’avait qu’à les inviter à partager une mousse de temps en temps et les relations de voisinage établies restaient parfaites.

La recrue s’en sort très honorablement, et laisse entrevoir un potentiel prometteur quant à ses performances à venir.

Ce cerveau est encore en travaux, prière de ne pas gêner le travail des ouvriers.

Joyeuse fête de Yule, joyeuses saturnales, bref joyeuse fête païenne du solstice d’hiver honteusement récupérée par les chrétiens pour pouvoir continuer en s’empiffrer de dinde, de mousseux et tout vomir après s’être offert tout un tas de cadeaux inutiles sans avoir à culpabiliser du gâchis occasionné par la sur-consommation et faire semblant de ne pas remarquer qu’on est passé d’une célébration somme-toute universelle du retour des jours dont la durée croit au profit d’une ode au capitalisme le plus éhonté, mais je veux bien des cadeaux quand même et le foie gras, c’est bon, et putain, c’est moi, ou elle est vachement longue, cette phrase ?

Crash-test #11

12 décembre 2011

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C’est facile à dire, « carpe diem ». Le passage du concept théorique à une réalité pratique, néanmoins, pose quelques problèmes d’ordre logistique.

Et pourquoi pas, après tout.

Pourquoi ? J’en sais rien. Enfin… j’ai tout un tas de raisons qui me viennent, depuis certains patterns psycho encore très actifs bien qu’identifiés jusqu’à de basses explications purement physiologiques. Pourquoi ? Ben… à l’arrivée, de toute façon, la seuls chose qui compte, je l’ai déjà dit, c’est pas « pourquoi » tu fais les choses, mais « comment ».

Yipee-Kay, pauvre con.

« Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. » Il doit être méchamment balèze.

On y arrive. Un cerveau, ça peut être une arme particulièrement puissante. Peut-être la plus puissante de toutes. Encore faut-il ne pas la retourner contre soi.

Je te préviens si jamais par hasard il me poussait une paire de couilles.

« Bonjour. Tout d’abord, en tapant « étoile » sur votre clavier, vous certifiez être majeur et avoir compris les conditions d’utilisation de notre service, disponible en tapant à tout moment sur la touche « dièse ». Veuillez ensuite indiquer de quelle façon vous souhaitez mourir, ainsi que votre numéro de téléphone après le bip. Un de nos opérateurs vous recontactera dans les minutes à venir. Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip»

Et puis merde.

« Non, parce qu’après, tu comprends, si ça se passe comme ça, y a des chances que je réagisse pas bien, ou alors comme d’hab, quoi, tu vois ce que je veux dire. Alors que, bon, si je la joue comme ça, au moins, voilà, mais bon, hein, c’est pas non plus… bref. Ou alors, c’est qu’il y a encore un autre truc que j’identifie pas, et dans ce cas, je veux dire, je fais quoi, hein ? Parce que bon…

 - Mec ?

 - Ouais ?

 - Ta gueule.

 - OK. »

POOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOGOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!

Je pense quand même qu’au bout du compte, tu risque de l’avoir dans le cul, camarade.

Faudrait éventuellement arrêter de compter sur les autres en permanence, tout en leur interdisant de faire quoi que ce soit pour t’aider. Je dis ça, je dis rien.

Mais non, t’es pas un connard. Un con, par contre…

En vérité, je vous le dis, le royaume des cieux appartient à ceux qui… Non, je déconne. Il appartient à personne, ou alors, tout le monde l’a déjà et s’en rend même pas compte.

Clope sur clope

5 décembre 2011

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Il fume clope sur clope sur clope sur clope sur clope. Il ne les finit même plus, à présent. Le cendrier est rempli de mégots difformes, on pourrait récupérer assez de tabac dans trois d’entre eux pour en faire une nouvelle. Mais il en rallume toujours une dans les minutes qui suivent la mort de la précédente.

Comme d’hab’, les questions. Il a pourtant les réponses, mais elles lui semblent contradictoires, se repoussant l’une l’autre comme des pôles identiques. Non, le problème doit donc venir des questions.

Encore une clope.

Ce qui était dans sa tête n’aurait jamais dû en sortir. Ça aurait sans doute fini par disparaître avec le vent. Mais c’est sorti. Il l’a rendu réel.

C’est un combat entre deux identités opposées, mais pas clairement différenciées. Deux visages protéiformes qui se volent mutuellement leur traits.

Encore une clope.

Il a agit. Pour une fois, sans réfléchir. Il en a tellement pas l’habitude que ça le met mal à l’aise. Il identifie mal les raisons de cet acte. S’il y en a. Il n’est pas certain de vouloir savoir. Il pense que ça pourrait ne pas lui plaire.

Tout va si lentement. Et si vite aussi, en un sens.

Encore une clope.

Il aurait envie d’écrire quelque chose sur le concept de Foi, mais il ne sait pas par où commencer. Certains parlent d’espoir, lui, le mot qui lui vient, c’est foi. Il a peur de plus être athée.

Il s’est sauvé lui-même, temporairement. Un autre acte impulsif. Des décibels pour faire fuir la Bête. Si seulement il pouvait être impulsif plus souvent. Mais quand ça lui arrive, c’est tellement rare que ça lui paraît hasardeux, bancal, dangereux. Parfois, ça l’est.

Encore une clope.

Est-ce que c’est trop tôt ? Mais ça pourrait durer indéfiniment… Qu’est-ce qu’il veut, au juste ?

Et puis… Et puis il se dit que finalement, ça n’a pas d’importance. Ça fait partie du deal. Il tâtonne, il cherche, il fouille. Et c’est quand il lâche prise que les choses intéressantes se passent. Intéressantes, pas forcément intelligentes.

Alors, il écrase sa clope, passe par un exercice d’écriture automatique pour se vidanger le crâne, et va se coucher.

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