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À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

Un sonnet

26 novembre 2011

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 Parfois, en fouillant dans des vieux papiers, on tombe sur des trucs qu’on a oublié avoir écrit. Voici donc un sonnet sorti de je sais pas où, que j’ai quand même un chouïa retravaillé.

 

J’ai vu les belles âmes dévorées par la faim.

J’ai entendu les rires des imbéciles heureux,

Bâtissant leurs empires et gavant les peureux

avec rien. Les infâmes dansent, chantent et crient « Enfin ! 


Les héros sont tous morts, nous pouvons donc dormir ! »

Mais qui restent éveillés, debout, tremblant de froid ?

Pas ceux qui cèdent aux laids messagers de l’effroi.

Pas ceux qui ont peur, pas ceux qui craignent et admirent


Les hérauts de la boue, de la médiocrité.

Nous nous levons encore, ivres, tristes et mourants.

Nous ne sommes pas forts, mais nous serrons les rangs


Contre ces nombreux morts. Notre crime a été

D’espérer à voix haute. Le délit est flagrant :

Le Beau est dans les marges de la société.

Historique du précataclysmisme

26 novembre 2011

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Le précataclysmisme est né d’une blague. 2004, ma dernière année d’étude, cours de littérature comparée sur Volodine et le post-exotisme. Je me souviens d’une heure de cours où sont abordés les thèmes des courants littéraires, le post-modernisme, les genres, etc.

Bref, j’aimais bien l’idée de l’écrivain qui crée, en quelque sorte, son propre genre, parce qu’il ne se reconnaît dans aucun genre pré-existant. Ça induit une certaine liberté. Et puis, j’avais l’habitude de ne pas me sentir à l’aise dans les cases. Suis-je un grunge, un punk, un situationniste, un intello, un petit con ? Je suis tout ça à la fois, et en même temps, je ne suis rien de tout cela, en un sens.

J’avais sorti dans un article de fanzine l’idée de la génération Y2K (pour year 2K, c’est à dire années 2000), piquée et détournée d’après un essai de Poppy Z. Brite. En gros, pour moi, la génération Y2K, c’est celle qui avait vingt piges, ou peu s’en faut, en l’an 2000. C’était un écho de la génération X, quoi.

J’ai développé. J’ai sorti de mon crâne, à partir de là, le précataclysmisme. L’idée de base était que ma génération était peut-être la première qui verrait de son vivant s’effondrer l’hégémonie de la civilisation occidentale sur le globe, et qui le savait. Elle attendait une catastrophe mal identifiée, politique, écologique, sociale ou autre. Ou tout ça en même temps. S’en suivait toute une série de constats visant à mettre en place un « mouvement » littéraire et philosophique fictif, basé un peu sur les surréalistes ou la Beat generation. Critiques sociale, artistique, tout ça.

Mais à la base, c’était quand même une grosse connerie. Rien de tout ça n’était très sérieux. Mais les divers auteurs précata sont un à un sorti de mon crâne, j’ai commencé à plancher sur recueil qui ne devait jamais voir le jour (j’aurais dû me taper un trip DIY, les photocopies, c’est le bien, mais qui sait…)

Sept ans plus tard, j’ai évolué, et cette idée avec moi. Elle est toujours aussi peu sérieuse. Mais à présent, je me rends compte qu’à force de chercher à définir cette vanne, à mettre au jour ce concept foireux, à réfléchir dans le vent pour expliciter ce truc bizarre, il s’est passé un phénomène étrange et inattendu.

C’est moi-même que je cherchais derrière ce masque de l’escroquerie littéraire. La philosophie précataclysmique, c’est la mienne. Les conflits fictifs entre les auteurs (Demian et Chloe s’engueulent fréquemment), ce sont mes batailles intérieures. C’est justement parce que je n’ai jamais pris tout ce délire trop au sérieux que ça s’est passé comme ça.

Les interrogations précataclysmiques sur le monde, la politique, la société, le rapport à l’autre, sont les miennes. Tout comme les réponses éventuelles que j’y apporte.

Et le fait que certains ailleurs que dans ma tête semblent s’y intéresser ne cesse de m’étonner.

5 – Google translate experience

24 novembre 2011

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Petite explication préliminaire : Ce texte est le résultat d’une expérience dadaïste menée sous le traducteur de Google. Le poème « 5  » (dont vous trouverez l’original ici) a été passé successivement par le filtre du traducteur dans cet ordre : du français à l’anglais, puis de l’anglais à l’allemand, de l’allemand au danois, et enfin du danois au russe, avant de terminer par la traduction google du texte obtenu du russe au français. Je dois dire que je trouve le résultat non dénué d’une certaine beauté étrange, assez poétique par moment, du fait des limitation propre au traducteur.

Ou alors, c’est juste une grosse connerie.

 

 

Je vois les lemmings sauté son rocher.
Je vois des images couleurs de la décoloration.
Je vois que disparaître de la vue les rend beaux.
Je vois encore tous les jours, les rides autour des yeux dans le monde.
Je vois des jeunes se saouler, ne sachant pas pourquoi je pense que pour vivre, de penser qu’elle connaît.
Je vois la division des esprits sont rigides, des plaies ouvertes.
Je vois le sang qui coule.
Je peux voir la nuit tombe.

J’entends les cris dans la nuit des fous ivres dans leur brume perdu dans la région.
J’entends le murmure de crainte que personne ne les écoute.
Je vous entends pleurer parfois.
J’entends les gémissements de l’amant temporaires inutiles.
J’entends des déclarations au sujet des personnes vaines qui ne s’attendaient pas qu’ils vont se rencontrer.
Je veux dire la certitude, où seul doute n’est pas permis.
Je peux entendre mon coeur battre, mais chacun à son propre rythme.
J’entends tomber la pluie.
J’entends les cris étouffés de chacun: «Mais écoutez-moi! »

Je peux sentir l’asphalte après la tempête.
Je me sens draps sales sur le diplôme le dimanche matin.
Je me sens le festival de sueur, de sang et de bière dans les arcades ouvertes impitoyable.
Je sens la poudre de voler dans les airs.
Je sens que je suis sur le plancher d’un étranger avant qu’elle se réveille, restant après le rasage.
Je me sens une pizza froide dans la boîte sous le canapé oublié.
Je peux sentir l’odeur de l’arrière foulard dans l’armoire.
Je sens la cendre froide.
J’ai l’impression que l’odeur de moisi d’une pièce vide.

Je goûte le sel des larmes.
Je goûte la sueur de deux corps nus.
Je goûte l’oubli dans les deux feuilles de papier à cigarette.
J’aime la paix et la tranquillité dans mon souffle nouveau à travers mâche.
Je goûte la salive pour la nicotine et autre chose.
Je goûte l’euphorie de malt.
J’aime le chaos, le fer, l’hémoglobine.
Je suis gré de la seconde peau.
J’ai du sable de l’autre côté.

Je touche une nouvelle cicatrice, gratter l’écorce.
Je touche le doigt sur la racine du problème.
Je touche le bac en feu.
Je me sens, mais ne s’applique pas aux chocs.
Je touche, ou du moins j’essaye.
Je touche, mais mes doigts dans ma fuite.
Je touche et qui ont été mordus, meurtris, coupés, brûler.
Je reçois trop de plaies ouvertes.
Je touche l’eau bénite.

Je vois ce que c’est.
Je n’entends rien.
Je sens l’odeur familière.
J’aime l’ironie de la situation.
Je touche au but.

La complainte anhédoniste de l’anti-philosophe

19 novembre 2011

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Je ne reçois plus les mails de

Dieu, que la chair me manque, avilie par

ce qui reste de ton image a été floutée par le

photoshop mental d’un masque ébréché qui ne cache plus

rien du néant interne, explosé par

l’envie d’être quelque chose l’a quitté

avec elle.

Rassembler les brisures du miroir

éclaté sur le sol boueux, fantasmes de faciales.

Un autre visage, un autre

masque mon visage du soleil,

voulez-vous bien le faire taire ? Sa voix

m’éblouit, j’ai trop de chose à faire, par

exemple, le train est en retard

de paiement. Le ticket paraît trop cher

pour ce qui reste d’énergie dans

le corps démembré du loup bouge encore, je crois

que je ne crois plus en

la Foi reste une idée intéressante en

ces temps jaunissent comme

les photos mentent, je ne ressemble

plus à

ça m’interpelle.

L’interrogation le saisit, l’appelle et

les oiseaux s’enfuient à son

approche-toi de ce qui s’

éloigne-toi de moi, c’est pour ton

bien que tout le monde finisse par s’en

aller de là à de là.

Ce n’est pas de la douleur si tu la

partage le pain et le vin.

Et je ne reçois plus les mails de

Dieu merci !

Le Bois

14 novembre 2011

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Tout comme la Cité est le rêve collectif de toutes les villes du monde, porteuse de tous les fantasmes et terreurs urbains, le Bois est la version onirique de toutes les Forêts du globe. On y trouve aussi bien des clairières enchanteresses où le rêveur peut se reposer que d’impénétrables bosquets de ronces qui s’enfoncent loin sous les arbres noueux, au cœur des terreurs. Tout le monde, après tout, se perd parfois.

 

Le Bois sert de résidence à certains des rêves les plus anciens. Des sylvains y tiennent leur cour, les pixies insouciant s’y amusent. Des loups colossaux y attendent le voyageur apeuré, des ents dévoyés y meurtrissent les chairs.

 

Le Vieil Homme Arbre, à jamais immobile, attends ceux qui sauront le trouver, et payer le prix de la connaissance qu’il porte au sein de sa sève antique.

 

On dit que l’Essence personnelle de chaque rêveur, de chaque être repose dans une clairière perdue, bien cachée, enfouie derrière les ronces et les arbres millénaires, où la lune et le soleil ne sont que des souvenir dans l’obscurité créée par des branches agressives qu’on croirait douées de vie.

 

Plus on s’enfonce dans le Bois, plus la progression se fait ardue. Le bois ne vous aide pas à trouver ce que vous êtes venu y chercher (même si vous l’ignorez, vous êtes venu y chercher quelque chose. Sans doute vous-même).

Le Bois ne vous veut pas de mal. S’il vous perd, c’est que vous étiez déjà perdus en y entrant. Le Bois sait que vous retrouverez votre chemin au moment où vous croirez être irrémédiablement égaré. S’il vous offre un rayon de soleil au bord d’un ruisseau, bercé par les chants des oiseaux, c’est que vous avez juste besoin d’allonger votre âme dans l’herbe, en attendant de trouver quelque part en vous-même ce lieu qui y ressemble.

 

En attendant, quand vous irez dans le Bois, n’ayez pas peur. Chaque griffure des branches, chaque racine qui vous fait trébucher, est le signe que la récompense est à venir. Une nuit, après avoir traversé un océan de ronce dans l’obscurité, vous arriverez, en sang, épuisé et perclus de douleurs dans une clairière que nul ne peut trouver, votre clairière. En son centre il y aura les réponses aux questions que vous ignoriez vous poser.

Vous vous effondrerez, et pour la première fois de votre vie, vous dormirez en sachant que le Bois ne vous fera plus jamais aucun mal, à moins que vous ne perdiez à nouveau le chemin de votre clairière.

Mais ça, c’est votre affaire.

Petit lexique non-exhaustif du précataclysmisme

28 octobre 2011

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Absurde : Le monde, l’univers, tout, absolument tout est absurde. Vos proches ne comprennent jamais vraiment ce que vous voulez dire. 99% de la vie sociale est construite sur des malentendus. Le sens qu’on trouve est donné par nous-même, il en est d’autant plus important (voire Contrôle.)


Anarchisme : Ne reconnaître aucune autorité autre que celle issues de sa propre éthique.


Combat : Le précataclysmiste est toujours un combattant, comme un Jacob luttant perpétuellement avec l’ange, symbolisant sa propre vie, sa propre personne.


Contrôle : Toute tentative de contrôler quoi que ce soit est inutile. Le battement d’aile, le papillon, tout ça. Mais nous sommes tous des papillons.


Destin : « On ne veut jamais que son destin » (Thomas Mann). Chacun a son destin, qu’il se construit lui-même, tout comme il choisit le sens des choses et des événements.


Dionysiaque : Face aux sociétés humaines, profondément apolliniennes (pleine d’ordre, croyant au progrès, professant l’idée de la perfection personnelle comme but à atteindre pour chacun), le précataclysmiste se réclame du pessimisme dionysiaque. Il en appelle à sa propre imperfection pour se découvrir lui-même, il espère les erreurs qui le font avancer. Il oublie l’absurde au travers de la joie.


Éthique : Et même, « éthique amorale ». Une trace d’idéalisme apollinien appliquée à sa propre personne. C’est bien beau de trouver le monde dégueulasse, encore faut-il prendre la peine de ne pas le pourrir encore plus de par son propre comportement. C’est à chacun de trouver sa propre éthique et d’essayer au maximum de l’appliquer. C’est pas facile.


Exil : Le retrait du monde temporaire, quand il se fait trop dur, trop agressif, trop mauvais. Il peut être physique (l’ermite dans la forêt), mais aussi et surtout mental (alcool, drogue, sexe, par exemple). L’exil est une situation, la joie en est une forme, la plus apaisée et la plus belle.


Gnose : Le matériel est mauvais, le spirituel est bon, disaient les cathares. Voilà. Le monde EST mauvais, aucune société humaine ne pourra le rendre bon. La salvation ne peut être qu’intime et personnelle.


Hédonisme : Pour atteindre la joie, le plaisir et la recherche du plaisir peuvent aider. Le piège étant dans le désir qu’ils peuvent provoquer dans une âme, cause de souffrance (Dionysos n’a pas toujours raison). Mais l’hédonisme n’est pas mauvais en lui-même. C’est un cheval sauvage qu’il faut dompter en permanence, en tenant compte de l’éthique.


Idéalisme : C’est ça justement : une idée de ce que le monde et nous-même pourrions être, tenter de l’établir, échouer, mais progresser humainement en essayant. Car Apollon n’a pas totalement tort.


Joie : Le moment parfait où l’humain est pleinement dans la situation, où l’absurde est oublié, où la rage et l’éthique l’ont amené à enfin être réellement et absolument lui-même. La joie est éphémère mais justifie tout le reste, elle est une promesse, un aperçu, un rappel.


Nihilisme : L’absurde dit que rien n’a de sens. La gnose dit que le monde est mauvais. Le précataclysmiste est donc forcément nihiliste, ce qui ne veut pas dire qu’il voudrait forcément tout détruire. C’est juste qu’il ne croit pas en les idéalismes politiques, religieux ou autres qui tiennent la plupart des êtres humains. Il sait que la joie est ailleurs.


Précataclysmisme : La fin du monde doit toujours être prévues pour le soir même.


Rage : Une façon de transformer les émotions négatives destructrices en quelque-chose de positif. La rage empêche de se résigner et de baisser les bras. Elle peut porter loin. La colère, le désespoir, ne peuvent que vous aider à vous détruire. La rage peut vous aider à construire quelque chose.


Réalité : Il n’existe pas de Vérité objective, seulement d’innombrables Réalités subjectives.


Situationniste : Il n’y a pas de passé ou de futur, il n’y a qu’aujourd’hui. Il n’y a que la situation présente, riche de potentiel, pleine de ce qui fait l’humain. Le précataclysmite peut donc être vu comme un situationniste.


Souffrance : Le prix à payer pour avoir droit à la joie, si tant est qu’on utilise la rage que la souffrance engendre à bon escient, qu’on ne se laisse pas submerger par la négativité et l’anti-vie qui l’accompagne.

Rien n’est vrai, chanson situationniste

21 octobre 2011

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Rien n’est vrai ! Tout est permis !

Dieu est mort ! Tout est sacré !

Quand l’Ennui est l’Ennemi,

Résister, c’est transgresser.


Il n’y a rien de vraiment sauvable en ce monde

Rien de ce qu’il offre n’a de valeur.

Humain/marchandise, ici-bas, tout abonde.

Égoïsme, hypocrisie, peur.

Écris sur les murs ! Vomis sur la Joconde !

Fais du bruit et pisse sur les fleurs !


Rien n’est vrai ! Tout est permis !

L’Art est mort ! Tout est gagné !

Quand l’Ennui est l’Ennemi,

Résister, c’est essayer.


Tout est dans l’instant, rien d’essentiel ne dure

Jamais. Le plus beau est un souvenir.

Errer dans les rues, pleurer sur les ordures,

Ne jamais se laisser endormir.

Pas besoin du succès et de ses parures.

Vivre ? Mourir ? Pleurer et rire ?


Dieu est mort ! Tout est permis !

Rien n’est vrai ! Tout est foiré !

Quand l’Ennui est l’Ennemi,

Échouer c’est résister.


Oublier sa faim dans la chaleur d’un corps,

Hier et demain mentent, mais leurs cris portent.

La Vérité rampe dans les désaccords,

Ne pas attendre que l’on nous apportent

Une raison, un mobile, ils ont tous tort.

Le Réel est derrière la porte.


Rien n’est Vrai !

Dieu est mort !

Rien n’est vrai !

L’Art est mort !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Rien n’est vrai !

Crash-test #9

20 octobre 2011

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Je dors.

Je dors même beaucoup.

Parfois, je me demande s’il me reste encore quelque chose à dire, à faire, à espérer.

Alors je dors.

Dans le sommeil, il n’y a plus de questions. Il n’y a plus de réponses non plus, mais peu importe.

La fatigue est toujours présente, acérée. Plus vivante que moi.

Mon esprit réfléchit mal.

Je dors pour ne plus penser.


La cage d’escalier est poussiéreuse. Les marches craquent sous mes pas. Des centaines d’étages se succèdent. La lumière est ocre. Derrière chaque porte, sur chaque palier, quelque chose attend.


N’y pense pas. C’est mieux.


« Qu’est-ce qu’elle attend ? Qu’est-ce qu’elle veut ?

 - Qu’es-tu prêt à donner ? Qu’es-tu prêt à perdre ? »


Non.


Le problème, avec le principe du carpe diem, c’est cet inévitable moment où, pour quelques instants, minutes, heures, jours, il n’est plus possible de l’appliquer.


Quand je ferme les yeux, je vois du feu.


« Elle me manque.

 - Qui ça ?

– Je sais pas. Mais elle me manque. »

 

Pour se trouver soi-même, le mieux est encore de suivre les traces de sang.


Le loup s’était réveillé. Il l’avait affronté déjà mille fois, l’avait blessé à mort parfois, lui avait offert sa gorge souvent. Toujours, il revenait, rôdant prêt de la clairière, fuyant le feu et la lumière, jetant la nuit sur son regard. Toujours. Le combat était sans fin. La victoire était pourtant improbable. Mais abandonner le combat, c’était mourir, de toute façon. Il passa la main sur les cicatrices, hésita une nouvelle fois à empoigner son arme. Mais il la prit et s’élança, poussant un hurlement millénaire.


Les mots sont des traitres.


Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui qu’on leur donne. Les choses n’ont de sens que celui…


C’est pas ce que j’ai fait de mieux. Mais voilà.


Quoi ?


Fuir. S’exiler. Partir, loin. Ne plus voir que l’ombre des arbres ou l’écume sur les vagues. Ne plus sentir que la chaleur du soleil où la piqûre du crachin. Ne plus rien avoir à faire avec tout ça. S’allonger, et enfin se reposer.


Toujours. Jamais. Peu importe.

Petites morts

15 octobre 2011

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Ça aurait pu être différent,

Ça aurait dû.

Mais ce qui peut ou doit être n’est pas forcément.

Les choses sont

Ou ne sont pas, rien de plus,

Rien de moins

Ce n’est la fin que parce que tu le décides

Ou le désires.

Ce qui revient au même.

Je suis le deuil,

La mort,

La résurrection.

Je suis le choix

Et l’absence de choix.

Je suis la chute qui précède l’ascension

Et inversement.

Je suis le coût.

Je suis le printemps,

Je suis l’hiver.

Je suis les petites morts dans vos vies.

Je suis l’Éros de Psyché,

L’Eurydice d’Orphée.

Je suis dans le premier regard,

Je suis dans la dernière étreinte.

Je suis dans les baisers, je suis dans les griffures,

Je suis dans tous les cris.

Je suis le désespoir.

Je suis les larmes d’hier

Et le rire de demain.

Je suis la raison

Pour laquelle tu es vivant.

Je suis les petites morts

Qui engendrent ta vie.

 

Je continue à faire les fonds de tiroirs. Ce texte a quelques années, mais il résonne d’un écho particulier dans ma tête en ce moment.

Recueil de citations anti-appoliniennes, ou La fin du monde est pour ce soir depuis 2000 ans (au moins).

10 octobre 2011

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« Pouvez-vous résister à de si doux penchants,
Et, dans ces tristes lieux, consumer vos beaux ans? »

Pétrone, Le satyricon (Ier siècle.)

 

 

 

« Si la chair est venue à l’existence à cause de l’esprit, c’est une merveille ; mais si l’esprit est venu à l’existence à cause de la chair, c’est une merveille de merveille. Et moi, je m’émerveille de ceci : comment cette richesse s’est-elle mise dans cette pauvreté ? »

Le logion 29 de L’Évangile selon Thomas (Texte chrétien gnostique du IVème siècle.)

 

« D’eux il en fut ainsi

que du chèvrefeuille

qui s’était pris au coudrier.

Lorsqu’il y est bien enlacé

et roulé autour du bois,

ensemble ils peuvent bien durer ;

mais si on les sépare,

le coudrier meurt bientôt

et le chèvrefeuille également.

Belle amie, il en est de même de nous :

ni vous sans moi, ni moi sans vous. »

Marie de France, Lai du chèvrefeuille à propos de Tristan et d’Iseut (XIIème siècle.)

 

« La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil nous a séchés et noircis;
Pies, corbeaux nous ont crevé les yeux,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais un seul instant nous ne sommes assis;
De ci de là, selon que le vent tourne,
Il ne cesse de nous ballotter à son gré,
Plus becquétés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre! »

François Villon, La ballade des pendus (XVème siècle.)

 

« Je veux m’allier au noir désespoir contre mon âme et devenir l’ennemie de moi-même ! »

William Shakespeare, Richard III (1593).

 

« De quelle espèce sont donc tous ces gens, dont l’âme n’a pour assise que l’étiquette, dont toutes les pensées et tous les efforts ne tendent pendant des années qu’à avancer d’un siège vers le haut bout de la table ?»

Goethe, Les souffrances du jeune Werther (1774).

 

« Et si je ris de toute chose ici-bas,

C’est afin de n’en pas pleurer. »

Lord Byron, Don Juan (1819).

 

« Je suis le Ténébreux, le Veuf, l’Inconsolé. »

Gérard de Nerval, El desdichado (1854).

 

« Il est bon d’apprendre quelquefois aux heureux de ce monde, qu’il est des bonheurs supérieurs aux leurs, plus vastes et plus raffinés. »

Charles Baudelaire, Le spleen de Paris (1869).

 

« Les hommes chantent parce qu’ils ont goûté à la mort. »

Tristan Tzara (début du XXème siècle.)

 

« L’Emissionniste n’est pas un être humain. Il est le Virus Humain. (Tout virus procède de cellules détériorées menant une existence parasitaire : il éprouve une affinité spécifique avec la Cellule Mère, et c’est ainsi que les cellules hépatiques délabrées se dirigent vers le berceau de l’hépatite et autres maux. Il en résulte que chaque espèce a son Maitre Virus : l’image pervertie de l’espèce elle-même.)
L’image pervertie de l’Homme évolue de minute en minute, de cellule en cellule… la misère, la haine, la guerre, gendarmes et voleurs, la bureaucratie, la folie, tout les symptômes du Virus Humain. »

William S. Burroughs, Le festin nu (1959).

 

« Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. »

Guy Debord, La société du spectacle (1967).

 

« Oh we’re so pretty

Oh ! So pretty

Vacant ! »

Johnny « Rotten » Lydon, Pretty vacant (1976).

Crash-test #8

9 octobre 2011

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Méfie-toi de tes rêves (refrain connu).


La bête se débat. Elle crache, rugit, grogne. Elle ne se laisse pas faire. Son ombre s’étend sur le dompteur, lui cache le soleil. Toutes dents dehors, elle déchire et réduit en lambeaux à la moindre occasion. Elle s’engouffre dans toutes les failles, appuie sur toutes les plaies, laisse croire qu’elle est touchée, mais c’est pour mieux bondir à nouveau sur celui qui n’a d’autre choix que de la dresser. C’est couvert de sang qu’il sortira de ce combat, qu’il soit victorieux ou non.


Il n’y a qu’une issue. La question n’est plus de savoir comment ça va se terminer, mais quand.


Tirage du jour :

Le consultant : VI. L’amoureux.

Situation présente : XVII. L’étoile.

XVI. La tour inversée.

Guides : X. La roue de fortune

IV. L’empereur inversé.


Faire la part des choses. Discerner les fausses certitudes. Exhumer les vraies.


Elle est trop inaccessible pour qu’il ne bloque pas sur elle. S’il avait réellement une chance, elle ne l’intéresserait pas autant. C’est la totale impossibilité de toute victoire qui le rassure. Comme ça, ça reste du domaine du fantasme, du rêve, de la fuite. C’est plus facile.


L’oniromancien ne dort plus, désormais.


« Finalement, en tant qu’organe, mon cœur m’aura jamais apporté que des emmerdes.

 - Ben c’est justement ça, l’intérêt, non ? »

 

Il essayait de tenir une liste exhaustive de ses addictions, notant leurs progressions, les évolutions de leurs emprises sur lui. Elle faisait quand même douze pages.


Hey you, fuck you, I’m your god now !


Il faut vivre. Réellement vivre. Éviter les succédanés de vie sous cellophane qu’on vend dans les pubs. La plupart des gens sombre dans la dépression parce qu’ils sont déjà morts. Reposez-vous trois jours et revenez à la vie, comme l’autre hippie, là, dont le nom m’échappe.


C’est pas le nombre de démons sur ton épaule qui compte, c’est ce qui se passe quand tu leur fait fermer leur gueule.


Si les prophètes, les vrais prophètes, j’entends, pouvaient se décider à ne pas dire la vérité, peut-être que quelqu’un les écouterait.


C’est pas la société qui est malade, c’est l’humanité.


Y a quelque chose de religieux dans un concert rock. Une messe païenne. Un sacrifice à Dionysos.


En vérité, je vous le dit, vivement vendredi.

Je et Moi

26 septembre 2011

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Qu’écrire quand on a rien à dire ?


Chaque jour ressemble au précédent. En pire, en mieux, qu’importe ? Je a trop fouillé dans la boue, Je a trop remué la merde.

Je en apprends un peu plus. C’est une exhumation. Ce n’était pas mort, ça a à peine vécu. Mais c’est enterré quand même.


Archéologue de soi-même. Chercher le trésor enfoui, les ruines, les fondations.


Je est Moi.

Je n’est pas ce que Je croit être.

Je est perdu en Moi comme dans un temple oublié..

Je ne trouve pas Moi.

Alors que Moi est partout autour de Je.


Je aime, désire, veux, Je aspire, Je cherche et cherche encore.


La constante schizophile d’un esprit. Scinder ce qui n’est pas appréhendable tout d’un bloc. Transformer Je en Nous. Pour le comprendre. Pour lutter.

Pour se disputer, pour perdre, pour vaincre.

Pour se perdre, pour se vaincre.


La crasse. Vautrée dans la poussière, cuisant au soleil.

Mouches, cafards.

Évier plein de vaisselle, lit défait, sol moutonneux.

Cendriers pleins.

Demain.

Nous a choisi ce que Je serait aujourd’hui.


Abandonner une lutte pour une autre, laisser faire, laisser crever.

Essayer.

Dire adieu. Remplacer un désir, une aspiration par un désintérêt global. Y croire.

Pour un temps.


La vérité, quelle vérité ? Je n’est que réalités changeantes et précaires, contradictoires, éphémères.

Une cicatrice par réalité.

Choisir.

Je est dubitatif.

Moi sait.

Mais Moi ne dit rien.

Moi est.


Plus de sucre pour le café.


Je s’esquisse.

Je s’aperçoit.

Je est Nous est Moi.

Nous se déchire.

Je observe.

Moi attend dans sa tombe obscure et froide.


Moi a tout son temps.

Je fais aussi vite qu’il peut.

Fièvre et tempête

19 septembre 2011

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La fièvre l’avait emmené plus loin qu’il ne l’aurait cru.

En des temps et des lieux révolus ou non encore existant, dans des cryptes oubliés de son âme, dans des aspirations non assumées.

Il se souvenait de tout, mais la loupe avait un défaut, amplifiant le détail, occultant l’essentiel.


Les démons revenaient, aussi.

Des voix à son oreille murmuraient des culs-de-sac, lui promettaient des aubes d’après la pluie, à l’atmosphère fraiche et enivrante, alors que la tempête était loin d’être terminée. Le beau temps reviendrait, mais le démon mentait. Pas encore. Pas tout de suite.

Le diable sur son épaule droite lui présentait des scènes non-vécues, des futurs impossibles, des passés idéalisés.

Sur l’épaule gauche, le néant s’infiltrait dans ce cerveau bouillant, rappelait les blessures, promettait la douleur, proposait l’inévitable, ou le présentait comme tel.


Les draps étaient trempés, la sueur portait en elle l’odeur du combat de ce corps exténué, de cet esprit à terre. De ce combat gagné.

Une bataille.

La guerre, encore.

Les nuages s’écartaient. Les questions restaient posées, mais le besoin de réponse se faisait moins impérieux.


Un cerveau se réveillait enfin, apte à la suite.

Le corps renâclait encore un peu. Le combat encore faisait rage.

Mais les armes émoussées retrouvaient leur tranchant.

Éthique

13 septembre 2011

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Qu’est-ce que l’éthique ?


Il me semble souvent que notre époque en manque.

Chacun a la sienne propre, différente de celle des autres, unique, personnelle, sacrée.

Elles se contredisent, s’opposent, ces éthiques concurrentes.

La question n’est pas là, la mienne n’est pas forcément meilleure que la tienne.


Car chacun a la sienne.

Et chacun la trahit.


Oh, bien sûr, tout un chacun s’imagine en parangon de vertu ! On s’excuse à soi même ce qu’on condamne chez autrui.

On trouve des raisons. On atténue, on rejette ailleurs la faute qui nous incombe pourtant. On trouve toujours quelque chose ou quelqu’un sur qui déverser l’opprobre qui nous revient.


Si on sait que c’est mal, si c’est trop évident, et bien… qu’importe ! Est-ce si grave ?


L’individualisme de notre temps, son égocentrisme exacerbé nous conduit à nous masquer l’évident, à créer des mensonges qui nous abusent nous-même, à dépraver nos âmes.


« Je l’ai fait, c’est mal, mais bon, tout le monde le fait ! »


C’est pas une raison.

Nos actes sont immortels.

Chaque ride de nos visages, chaque cicatrice de nos âmes en est la preuve.

Dorian Gray.

Chaque regard détourné du miroir.


Le monde est dégueulasse.

L’être humain est vil.

OK.

Bien.

Et alors ?

Est-on obligé de le pourrir encore plus ?


Des explications à nos erreurs, d’accord.

Des excuses à nos péchés, jamais.

L’erreur assumée fait avancer.

Le péché sans contrition nous enchaine.

On est toujours seul à en payer le prix, à la fin.


J’en connais, moi le premier, qui perpétuent sans cesse un crime unique, sous divers déguisements. Tous le font, à un degré ou un autre.

Quelque chose de contraire à soi-même, mais toujours pardonné avant même d’être commis.

Sommes-nous donc tous forcés de nous conformer à certaine image que nous et/ou les autres avons de nous-même ?


« Je suis comme ça, j’y peux rien. »


Et on change d’éthique.

On s’accommode.


C’est pourtant faux.

Mais tellement plus facile.

Éthique ?

Trouve la tienne.

Tiens-y toi.


Et ferme ta gueule.

Debout et seul

12 septembre 2011

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Dans la lumière, en face

Dans la joie d’un silence

En arrière, en retrait, caché, pourtant là

Dans la foi portée haut

Si loin, mais si proche


Debout mais seul


Dans la gêne ou la grâce

Dans le manque et l’absence

Cette peine, en secret portée, cache-la

Tu la planques, il le faut

Un refus s’accroche


Debout mais seul


Ne laisse aucune trace

Ne crois pas en la chance

Prend ta plume et, ancré dans ta fierté, combat !

Blessé, las, vivant, beau

Le destin s’approche


Seul, mais debout

W.

10 septembre 2011

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Encore un vieux truc que je ne me souvenais même plus avoir écrit avant de tomber dessus à l’arrière d’un cours de Littérature comparée (je sais, c’est pas bien…) Retravaillé un poil ce soir, et posté dans la foulée, c’est un peu maladroit, mais j’aime bien le thème quand même.

Il regarde la Terre de son œil unique, et il contemple une étrangère.

Trop de choses ont changé, ce n’est plus sa Terre. Il sais pourtant que son devoir sera de la défendre une dernière fois et d’y perdre sa trop longue vie.

Il est seul, à présent, ils sont tous partis. Tous.

L’ennui.

Lui seul reste dans son majestueux palais désormais bien vide et poussiéreux. Prêt à tomber en ruine quand il en partira. Un palais désormais rempli seulement par le vol des corbeaux, souvenirs bruissant dans un battement d’ailes, réminiscences d’un temps passé où sa cour de guerrier faisait résonner les halls et les couloirs de chants paillards et d’invectives festives. De défis et de disputes, d’exclamations avinées et de bruyants exploits contés pour la millième fois.

Tous, ils sont partis.


Il se souvient encore du départ de son fils, le brutal, le fier, l’impétueux, un matin d’hiver.

Son fils aussi regagna cette Terre étrange qui ne voulait plus d’eux.

Il se rappelle les temples en flammes de cet étrange dieu crucifié, qui lui rappelait tant son autre fils, Baldr, le lumineux, le beau, le doux.

Des siècle de haine coulant dans les veines de cet autre fils empli de violence, le tonnerre dans la voix, les éclairs dans les yeux.

Il se rappelle les pillages qu’il observait de ce palais, de ces guerres et de ces massacres sans buts. Il se rappelle le crime impardonnable commandé par cette haine, résumé en deux lettre jumelles sur un uniforme. SS.


Il se souvient aussi du fier combattant, le gardien du pont menant à l’entrée de sa forteresse.

Des siècles d’attente. Plus personne ne venait.

La folie.

Le saut dans le vide sous le soleil couchant, éclairé par l’arc-en-ciel.

La chute fut longue, mais son esprit était déjà tombé depuis longtemps bien plus bas.


Il se souvient des anges de la guerre, les vierges sacrées, à présent prises au piège de trop de batailles, tombant une à une sous le feu d’armes qu’elles ne comprenaient pas.

La plus belle d’entre elle, la meilleures, la dernière, était tombée loin à l’est, sous un feu gluant et nauséabond tombant du ciel.


Il se souvient aussi de son armée de héros qui, fatigués d’attendre, s’étaient éparpillés sur la surface de cette planète pour y mourir une seconde fois, en lâches. Certains s’étaient suicidé, d’autre étaient tombés dans l’alcool ou la drogue.

Cette Terre-là n’avait pas besoin d’eux.


Mais lui, il attend toujours.

Les corbeaux s’assurent qu’il n’oublie pas, qu’il pense encore à ce qu’il a à faire.


Ils lui ont murmuré à son oreille sans âge que même le petit peuple était parti, décimé par un monde qui ne croyait plus en eux.

Pourtant, lui, il attend.

Il était le plus grand d’entre eux, il était leur roi.

Il ne règne plus que sur des couloirs vides.

Il pense à ses ennemis, qui n’ont pas pris les formes auxquelles il s’attendait.

Rien ne s’est passé comme il était écrit.


Il se souvient de ce mot ancien, devenu avec le temps synonyme de délivrance.

Ragnarok.


Et il attend.

Crash-test #7

4 septembre 2011

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Qui suis-je ?


Quand il lui a dit qu’il pensait sérieusement à se faire interner, elle a répondu : « Tu peux pas ME faire ça ». Conasse.


« Qu’est-ce qu’on attend pour la faire, cette putain de révolution ?

- Mais tout le monde s’en fout, de la révolution. Ce que les gens veulent, c’est le dernier I-Phone, la nouvelle saison de Secret Story, à la limite des clopes moins chères. »


Un larsen, c’est quand un micro capte directement le son issu de la baffle qui diffuse le son que le-dit micro a capté auparavant, et donc ça tourne en rond, même si plus aucune note n’est jouée. Ça peut faire péter la baffle.

Un larsen, c’est quand ton cerveau capte des émotions issues du passé, même si rien n’est plus là pour les justifier ou les entretenir. Ça n’est pas réel, mais ton cerveau peut quand même exploser.


HELTER SKELTER, NANANANANANANAAAAAAAAA…


Ses tatouages se déplaçaient sur son corps. Il ne se détachait pas vraiment des ombres qui l’entouraient. Il y avait du sang sur ses lames, et de la tristesse dans ses yeux.


I feel your cheek on my skin,

Smell your air inside of me,

Feel the needle in my arm,

Feel the fire in your eyes.

Fell the spike, feel the blade,

Feel this love, feel your faith,

Blood, opiate and semen…

These are my fluids, give me yours.

We’ll never be higher.

Don’t you believe we’re one ?

I love you, so…


Je suis désolé, mais j’en connais qui étaient bien plus perdus qu’il ne l’est aujourd’hui quand ils ont trouvé leurs femmes. Je vois pas pourquoi il devrait attendre d’avoir réglé certains trucs avant de penser à se caser.


« Tu vois, t’es trop la tête dans le guidon, je pense. Prend du recul. Fais pause. Tu me dis que des deux principaux problèmes, c’est cette incapacité à faire correctement ton taf et ces sentiments qui devraient être morts. Je dis que tes deux principaux problèmes, c’est ton rapport à ce que tu imagines que la société attend de toi, et ce que toi, tu attends d’une relation sentimentale. C’est pas CE taf, CETTE meuf, qui sont des problèmes. Ils ne sont que des symptômes. »


Elle me tourne autour. Je sais que c’est un mauvais plan. Je sais que c’est un aimant à emmerde. Mais elle a quand même un très beau cul.


Le type, je sais pas comment, arrive à manipuler l’entropie autour de lui. Si tu veux, il est cap’ de traverser l’autoroute sans regarder, sans accélérer ou diminuer son pas, sans faire de détour, et de s’en sortir sans une égratignure. Et il joue même pas au loto, ce con.


Ils m’auront pas.

Je vous le dit.

Ils m’auront pas.

Wendigo

30 août 2011

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J’étais persuadé d’avoir posté de texte ici il y a déjà plusieurs mois, mais je viens de me rendre compte qu’en fait non. Comme je l’aime beaucoup, le voici.

 

 

« Celui qui vénère Râ ne peut qu’être fasciné par Apophis ».

Ian Tombstone, Le Manifeste des Intouchables, 1981.


Confusion. Synesthésie involontaire, désagréable. Douloureuse. C’est un feu glacial qui court dans mes veines, un sommeil conscient qui alourdit mon âme et caresse mes nerfs. Plus vivant que jamais, plus mort que d’habitude. C’est un état subtil, un sentiment amer, une impression obscure, qui se définissent d’abord par ce qu’il ne sont pas. Sevrage. Vide. Absence.


Il existe un froid plus intense que tout ce que le climat peut imposer au corps. Une couche de givre électrique et tenace qui paralyse les neurones, court-circuite les synapses, rend l’âme bleue et vide. Ce n’est pas la solitude. La solitude, ce n’est qu’un aspect de ce néant primordial et innomé, ce sentiment premier qui règne sur l’humanité de façon aussi certaine et absolue que peuvent le faire l’Espoir, le Désir, la Foi et toute leur famille. C’est le grand frère bâtard, mis au ban de la famille, qui poussent les hommes à vivre et à mourir tout autant que les autres, mais qui fonctionne en négatif, qui se définit par l’absence dans un esprit de tout le reste. C’est cet état que vous connaissez bien, quand vous êtes trop fatigué pour même considérer le suicide comme une option éventuelle. Ça vous demanderait trop d’effort.


C’est l’absence d’Espoir et de Désespoir, d’Amour ou de Haine, de Désir ou d’Ascèse, de Foi ou de Sacrilège. C’est la Paresse ultime, l’Absence de tout, le Gel de l’âme.


J’étais pris dans un tel blizzard. J’ai toujours eu une certaine tendance masochiste consistant à me laisser engourdir par la tempête, la tentation de disparaitre dans une bourrasque tout en restant immobile, mais ça ne marche pas comme ça. J’ai beau considérer l’Absence comme le Mal ultime, j’ai beau affirmer préférer que des calamités s’abattent sur moi plutôt que rien du tout, ce Rien m’attire et me fascine. C’est mon plus cher ennemi, ma Némésis ultime, mon désert de glace. Et j’avais tellement froid.


Peu importe la durée de l’hiver, tant que l’été revient.


« Elle » fut moins qu’un été, mais bien plus qu’une flamme. « Elle » fut de ces brasiers dont on fait les bûchers, une tornade inattendue de flammèches innombrables, un torrent de lave en fusion. J’avais eu tellement froid… Quand on a tant subi l’air glacé et tranchant, on ne redoute plus les brûlures. Voire, on les désire, on va à leur devant comme on va au combat, on les étreint, on les embrasse, on les aime. On s’en nourrit, on s’en repait, on se couche sur les braises pour en recevoir les baiser et les caresses. Aujourd’hui, ces brûlures sont tout ce qu’il me reste pour lutter contre l‘air glacé.


Corps contre corps, esprit contre esprit, âme contre âme.

Feu contre feu.


C’est une vieille histoire. Les feux les plus ardents sont ceux qui s’éteignent le plus rapidement. Aujourd’hui, il n’en reste que des braises. Et les cloques cramoisies des brûlures. Mais, au moins, j’ai eu chaud.


J’aimerais, par moment, rallumer ce feu, si je le peux encore. Mais serait-ce souhaitable ? Je n’en sais rien. Vraiment. J’ai moi-même choisi, voyant le feu mourir, de laisser les cendres recouvrir les braises, de laisser les flammes disparaitre dans le vent. C’est mieux ainsi. Nul ne peux de lui-même ni raviver, ni éteindre ce genre de feu. Il vaut mieux les regarder mourir, se frotter les blessures, en être fier et heureux, et verser une larme sur ce qui aurait-pu être.


Mais il m’arrive, parfois, quand le froid me saisit, quand le noir glacé de ma chambre hurle contre « son » absence, quand le rien polaire à mes côtés pleure « sa » chaude présence enfuie, quand la neige se remet à tomber, il m’arrive, disais-je, de rêver que le vent se lève, balayent les cendres et ravive les braises.


Et ensuite, j’ai froid.

Crash-test #6

28 août 2011

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Enfin, l’été est terminé. C’est pas trop tôt.


Il savait qu’il avait un défaut rédhibitoire, à savoir son manque affligeant de confiance en lui-même et ses capacités. Mais mis à part ça, il savait également valoir bien plus que ce type, avec sa belle gueule, ses belles paroles et son sourire de beau gosse de merde.


Demain, il pleut.


La nuit n’a pas de fin. Le jour lutte, mais les volets clos lui interdisent de pénétrer dans la petite chambre en désordre. La poussière danse dans le bâillement d’un rayon pâle.

Livres et cartons s’entassent dans les recoins assombris. Deux mouches se disputent au plafond. L’homme est à son bureau, encombré de papiers, de crayons, de paquets de cigarettes vides et de tasses de café séché. Le visage éclairé par l’écran de l’ordinateur, il fixe d’un regard fiévreux un flacon de délicat cristal.


« Si on suit ton raisonnement, tout ceux qui sont pas né au Darfour ou en Afghanistan ont qu’à fermer leur gueule ?

  • Exactement. »


Elle espérait encore qu’il continuait de temps en temps à passer sur son facebook, sur son blog, à demander de ses nouvelles à leurs amis communs.

Elle espérait qu’il en avait encore quelque choses à foutre.


L’esprit humain est prévisible, analysable, observable. Il est aussi trompeur, tortueux et incompréhensible.


« Mais t’attends quoi d’elle, en fait ?

  • Je sais pas. Peut-être qu’elle se décide enfin à tomber amoureuse, histoire que je sois obligé de passer à autre chose.

  • Mais c’est que tu l’aimes toujours, ou tu veux juste la sauter ?

  • En quoi l’un empêcherait l’autre ?

  • C’est une réponse ça ?

  • On s’en fout des réponses, la vérité imprègne les questions. »


I won’t be drinking anymore…

I won’t be drinking anymore…

I said it once… Said it a thousand times before…

I won’t be drinking anymore…

It’s not a lie,

A drunkard promise,

It’ll just take some time…

Take some time…

Take my hand

And bring me to the end

Of this tears I hate to love.


« Ben tu comprends, pour draguer, j’ai connu mieux. Bonjour mademoiselle, vous faites quoi dans la vie ? Moi, je suis nettoyeur de scène de crime. »


Albrecht était un gnome des plus ordinaires. Il était issu de la branche cadette de la famille Boggan par sa mère, qui avait épousé un épicier de la Cité, bon sujet d’Obéron et épicier dans le souk des jardins suspendus. Il avait d’ailleurs hérité de la boutique de son père, qu’il avait fait prospéré en se spécialisant dans l’approvisionnement de diverses liqueurs, alcools, drogues et psychotropes venus des quatre coins des réalités.


Il était une fois un petit électricien. Son travail consistait à fabriquer des petits interrupteurs sur le cœur des gens quand ils tombaient amoureux. Comme ça, même quand cet amour disparaissait, qu’il fallait le mettre sur off, l’interrupteur était toujours là. À jamais.


Demander de l’aide est tout autant une preuve de faiblesse que de force.


Essaye, essaye, essaye encore, et n’oublie pas de mourir.

 

Encore un pas

26 août 2011

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Le soleil lui tombe sur les épaules comme le sommeil sur les paupières des amants épuisés. La soif le brûle, les cendres emplissent sa gorge. Le sable brulant et les cailloux s’insinuent partout, de ses chaussures usées à ses ongles cassés. Ses pieds sont en sang.

Mais il continue à avancer, malgré la fatigue et la douleur..

S’arrêter, c’est mourir.

Ses articulation lui font un mal de chien. Chaque pas lui coute mille coups de poignard dans les rotules.

Ses larmes sèchent presque instantanément. De toute façon, elles sont trop salées pour être bues.

Son chemin avait été long à travers le désert hostile, il est perdu, il le sait, mais peu importe.

Il faut continuer à avancer.

 

Les oasis et les mirages s’étaient succédé.

Il avait inutilement fait s’évaporer des forces et une énergie précieuse en courant vers des arbres à l’ombre illusoire, des ruisseaux asséchés, des sources taries.

Dans les rares oasis qu’il avait trouvé sur sa route, ses muscles endoloris avaient été massés, sa gorge incandescente apaisée, ses plaies bandées.

Il s’était abandonné dans le courant d’un oued, dans des bras aimants, dans des destinations qui n’étaient pas la sienne.

Toujours, volontairement ou non, il avait dû repartir.

 

Parfois, rarement, il pleuvait. Le temps d’un battement de cils. Alors, il s’allongeait sur le sable et se laissait tout entier submerger par ce bonheur éphémère.

Il sentait le sol autour de lui se gorger d’eau, il voulait s’y fondre, ne faire qu’un avec le liquide. Mais c’était un piège. Il le savait.

Alors, il se remettait debout et reprenait son interminable marche.

 

Il marche.

Encore un pas.

Puis un autre.

Ne pas s’arrêter.

Surtout pas.

Les vautours tournent au dessus de lui, dans le soleil aveuglant, dans l’air sec et coupant.

Mais il marche.

 

Ça fait longtemps qu’il n’avait pas croisé de mirage.

Il en vient presque à les regretter.

Son esprit, tout aussi harassé que son corps, veut du changement.

Autre chose que le bleu oppressant du ciel, que le jaune fade des dunes.

Mais il sait qu’il se ment à lui même.

Il ne peut plus se permettre de se tromper de route.

Même s’il ne sait pas où il va, il a appris à repérer certains des chemins traitres, certaines des illusions attirantes et mortelles.

 

Il marche.

Ne pas s’arrêter.

Continuer.

Laisser la rage remplacer la volonté, s’il le faut.

Encore un pas.

Un caillou de plus pour lui lacérer la plante des pied.

Les tendons à vif.

Marcher.

Encore un pas.

 

Serrer les poings à en saigner.

Serrer les dents, garder la tête haute.

Pleurer pour supporter la douleur.

Tant qu’il a mal, il sait qu’il est vivant.

Apte à se battre.

Capable de continuer à marcher.

Les pieds dans la poussière, mais le regard sur l’horizon.

Les larmes aux yeux, mais les poings serrés.

Encore un pas.

Encore un pas.

Encore un pas.

Rêves et réalités.

25 août 2011

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Il y avait longtemps qu’un rêve ne m’avait tiré du lit en pleine nuit.

Un petit bail, en fait.

Il faut savoir que mes activités oniriques restent en général relativement nébuleuses une fois l’éveil atteint. Je n’en garde que des impressions, des ambiances.

Rien à voir avec les cauchemars qui parfois m’assaillent et me tourmentent.

Ce n’est pas non plus le genre de rêve trop beau pour que le monde de veille n’en paraisse pas gris et vide.

C’était juste un rêve.

Reflets d’aspirations passées et de futurs improbables.

Avertissements muets sur des événements à venir ?

Possible.

Tordu, mais possible.

Il y a des émotions qu’on traine comme un mauvais rhume, comme des sinus malades, comme un foie fatigué.


Les deux types discutent. Ils semblent s’apprécier. Leur conversation porte sur un conflit éventuel qui pourrait les opposer. Ils fuient les mots exacts, comme si verbaliser certaines choses les rendrait réelles.

Comme si les entendre ne leur permettait plus de les ignorer.


La question est : pourquoi j’en ai quelque chose à foutre, de ce qui m’a tiré du lit ?

Es-tu bien sûr que tu ne caches pas la jungle derrière un arbre minuscule ?

Ça doit être ça.

Certaines aspirations humaines ont besoin d’être mises au jour.

Certaines soifs doivent être étanchées, même si un désert doit être traversé.

La raison n’a rien à voir là-dedans.

Mais la raison, dans certain cas, et surtout dans ceux qui ne la regardent pas, est parfois le seul recourt possible.


D’autres amis sont présent. Ils semblent observer un combat à naitre.

Ce n’est pas qu’ils s’en délectent, mais le débat semble intéressant.

Rien n’est dit.

Mais tous savent.


Et donc.

Quoi faire ?

Quand on vit tous les jours en partant du principe qu’on ne se souvient jamais de ses rêves, la moindre réminiscence prend une certaine importance, du moins au niveau du symbolique.

Alors, être réveillé par un rêve ! Pensez donc !

Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que ça ne veut rien dire de plus qu’un rêve m’a tiré du lit.

Peut-être est-ce juste le premier d’une longue série, accompagnant un processus d’évolution que j’ai moi-même engagé.

Peut-être suis-je trop focalisé sur certains aspects de ma vie au détriment des autres, et que je dois y faire quelque chose.

Peut-être que je sais déjà tout et que j’ignore le savoir.

Peut-être est-il juste temps de faire face à la réalité.

Cryptopornographie

21 août 2011

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Il ne fait plus grand chose.

Chaque jour ressemble au précédent. Il n’est plus qu’une feuille de papier au texte illisible que le vent a emporté. Il se prend dans les branches qui le déchirent, il subit la pluie, il est souillé de boue et d’encre noire.

S’il se lève le matin, c’est parce que le sommeil terminé fait place à des méditations morbides que seul le café peut canaliser.

Sinon, il resterait couché.

Les rêves sont douloureux quand l’éveil survient.

Il n’est plus très sûr de penser correctement. Ses agissements le surprennent parfois. Il ne comprend pas tout.

Il est fatigué en permanence. Il se nourrit mal, alors l’énergie lui fait défaut.

Il boit trop.

Il prend des décisions, commence à y travailler, puis abandonne sans s’en rendre compte.

Il se connait trop peu, mais suffisamment pour savoir que les sentiments qu’il ressent sont factices. Il voudrait aimer mais se l’interdit, pour des raisons bonnes et mauvaises. Il s’est piégé lui-même. Effet larsen, le passé récent défonce la porte. Mais ce n’est qu’une tentation mortifère de plus. Il ne veut pas se faire avoir.

Il s’en veut.

Il s’en veut de s’en vouloir.

Il tient le coup.

Pour l’instant.

Il s’est rasé le crâne, ce matin. Ça a quelque chose à voir avec l’idée de pénitence.

Mais il ne sait pas de quoi il se punit.

Ou alors, c’est un complexe du Christ.

Il télécharge beaucoup de porno, en ce moment. Une addiction chasse l’autre.

La clope lui file la gerbe, mais il reste à deux paquets par jour.

Il écoute en boucle Janis Joplin, en ce moment.

Il a mal au bide.

Il n’ose plus demander.

Il n’ose plus appeler.

Il a mal, comme tout le monde.

Il est unique, comme tout le monde.

Il attends.

Encore une semaine.

Tenir une semaine.

Et il demandera.

Réveil

16 août 2011

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Ceci est une tentative d’écriture de sonnet réalisé il y a un peu plus d’un an. J’en ai écrit quelques uns à l’époque, mais le résultat ne s’est pas avéré très probant. Sauf pour celui-ci, que je viens de relire et qu’en fait j’aime bien. Enjoy !

 

Réveil

 

C’était une évidence, une escale, un ancrage

J’en ai rêvé souvent, l’ai vécu d’autant moins

Que le rêve en question, dont j’étais le témoin

Je vis d’autre le vivre et j’en pleurais de rage.


Mais la nuit fut bien courte et le réveil est lent

Mon âme libérée, de retour dans sa cage

Confortable et connue, étriquée et sans âge

Me laisse fatigué, déçu par le présent.


Il est plus difficile de survivre au bonheur

Que de vivre sans lui, mais, malgré tout, la peur

De ne l’avoir connu me paralyse encore


Mes yeux encore froissés par le rêve éveillé

D’un destin enviable, de chemins pavés d’or

Refusent de s’ouvrir pour encore essayer.

Crash-test #5

14 août 2011

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 Entendu tout à l’heure dans Dr. House : « Vous avez du talent. Ne le gâchez pas parce que vous êtes malheureux. »

 

Dans une mégapole cyberpunk, un nettoyeur de scène de crime accroc au porno tombe par hasard sur un implant neuronal générateur de réalité virtuelle décodant l’inconscient de son porteur pour bio-simuler ses fantasmes personnels.

 

De l’influence des réseaux sociaux sur l’évolution des rapports humains, ou : la dépression facebook, mythe ou réalité ?

 

La pièce était remplie de clés, partout. Sur les étagères : des cartons pleins de petites clés brillante. Des trousseaux entier étaient accrochés aux murs. Une douzaine de clés imposantes, en vieux métal noirs, longues de plusieurs centimètres, reposaient dans une corbeille. Des clés jouets en plastique vert et rouge trainaient sur le sol. Et pourtant, à cette pièce, il n’y avait qu’une seule porte.

 

« My lover

My dead-end street

You’re my favorite perversion

My lover

Save my soul

Everyone is waiting for the dawn.

 

Wait for the sun to burn our sins

Wait for some light into this pit.

 

Crucified

Parricide

Now you can nail me down… »

 

Je crois que le mot que tu cherches, c’est stase. C’est pas bon, ça. T’arrêtes d’évoluer, d’apprendre, de vivre. Il faut sortir de cet état de stase. Je crois que le mot que tu cherches, c’est extase.

 

Des trolls feignants, des vampires buveurs de jus de myrtille, des loups-garous bedonnants, des elfes plus fragiles qu’ils ne le pensent.

 

Au bout du compte, dans la pénombre d’une chambre à coucher, tous les corps finissent par se ressembler. Seules les âmes demeurent sensuelles, attirantes, excitantes. L’absence d’âme n’est pas un problème. C’est physiologique. Mécanique.

 

Il s’est endormi sans que personne ne le remarque. En même temps, il a toujours tout fait sans que personne ne remarque rien.

 

« J’ai plus de souvenir que si j’avais mille ans…

  • En même temps, tu AS mille ans.

  • Ah oui, j’oublie tout le temps. »

 

Les masques finissent par émousser les visages qu’ils recouvrent. Certains n’en ont d’ailleurs plus.

 

Je ne sais plus lire.

 

Il était une fois un petit garçon perdu dans la forêt. Ce dont il avait le plus peur, ce n’était pas du loup vicieux tapi dans l’ombre. Ce n’était pas des ombres rampant à travers les feuillages. Ce n’était pas les bruits innombrables, branches cassés, grognements, trépidations. Ce dont il avait le plus peur, c’était du fait même de se savoir égaré.

 

Je n’attends rien. Mais j’espère beaucoup.

Dans l’oeil du cyclone

13 août 2011

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Au centre du cyclone, au cœur de son œil, il n’y a plus de vent.


Les vents de la confusion rugissent. Rien n’est sûr, rien n’est garanti.

Tout est mouvant, en devenir, tout se construit puis pourrit.

La voix d’une femme m’enjoint de ne pas confondre bonheur et plaisir.

Le corps d’une autre échappe à mes doigts mais s’accroche à ma testostérone.

Des bonheurs qui s’imposent, des joies qui m’insupportent.

Une infinité de « moi » potentiels se disputent les uns les autres le droit d’exister.

Rien n’est réel. Tout est vrai.


Une ballade irlandaise résonne. La voix porte en elle mille ans de solitude. La guitare est désaccordée et le violoniste n’est pas très juste, mais qu’importe ?


Des corps tatoués. Des besoins impérieux. Des jeux interdits. Des regrets. Des larmes. Des râles de plaisir. Une femme aux milles visages.


Le signe de Caïn sur son front, es-tu sûr de l’avoir vu ? Parfois, on se trompe. L’erreur est humaine, indispensable, douloureuse.


Gâche tout, gamin, gâche tout et soit en fier. Porte ça comme un drapeau à la gloire de la Grande Inutilité Métaphysique de nos Êtres.


Dans l’œil du cyclone, les images et les sons se déforment. On entends des odeurs, on touche la saveur du café. On goûte l’image des amants enfuis.


Tout arrêter. Recommencer. Reboot. Nettoyage du disque.


Une maison à la campagne se prélasse au soleil comme un lézard géant. Un jardin sauvage descend de la terrasse jusqu’au bord d’un ruisseau. Je lis au soleil, allongé dans un hamac, une canette pas bien loin. Le vent emporte tout.


Quel but ? Avoir un but est arrogance.

Quel plan ? Avoir un plan est puéril.

Quel idéal ? Pour quoi faire ?

Quelle raison ? Il n’y en a pas.


JE trouve un sens. Il n’y a pas d’autre sens que celui que JE trouve. Encore faut-il savoir ce que JE veux en faire.


Et ça bouge, et ça rampe, et ça court. Partout, dans les rues sales comme dans les avenues chics, dans les maisons usées par la pollution, dans les placards, dans les temples.


Certains meurent. D’autres naissent. Certains sont juste en vie. Allez trouver un sens à tout ça !


Au centre de l’ouragan, les visages se succèdent et se mêlent.

Les futurs avortés s’envolent avec les débris de souvenirs perdus, d’histoires non-racontées.

Dans l’œil du cyclone, je ne sais plus rien.

Et c’est reposant.

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