Ronces. (Sonnet)

Posté par Durf667 le 8 juillet 2014

La forêt est profonde, et les ronces sauvages

Déchiquettent la peau du rêveur égaré,

Et la Lune est absente, les étoiles, effrayées,

Ont fui les environs de cet endroit sans âge.

 

Les pas se font pesants, les plaies suintent la rage

Les épaules avachies de ce corps fatigué

Portent le poids des fautes. Les larmes des nuées

Trempent l’âme, et la boue la salit, la ravage.

 

Où est-elle, la clairière, où le marcheur s’endort

Sans craindre la nuit froide, là ou il peut partir

En songe de ce piège d’épines où le froid mord

 

Le corps, l’esprit, l’espoir, les tétanise, et pire,

Les détruit tout à fait ? Mais quand il faut souffrir,

C’est aussi pour mûrir et espérer encore.

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Crash-test #28

Posté par Durf667 le 7 juillet 2014

Je ne vois aucune solution. Chaque solution est un nouveau problème.

 

L’Humanité est un bambin aux commandes d’un char d’assaut.

 

« Mais il lui arrive quoi, au boss, au juste ?

  • D’après les rumeurs que j’ai entendu à la cafèt’, ce serait une dépression nerveuse.
  • Sans déconner ?
  • Ben ouais, rapport à je sais pas quoi.
  • C’est nul ! Y a un paquet de mortels qui ont écrit des histoires dont c’était l’intrigue.
  • Ben t’es un démon des arts, c’est normal que tu les ai repéré, ces histoires. Le boss, lui, il a rien dû voir venir.
  • Admettons. Mais c’est quand même un putain de cliché, ça, le Diable qui nous fait une dépression !
  • Fais gaffe, comme tu parles, on dirait que tu perds la Foi…
  • En même temps, pour un démon…
  • Certes. Mais je parlais de la Foi en Satan.
  • Ben apparemment, lui aussi… »

 

 

Je sais, ça fait longtemps que j’avais pas pondu un crash-test.

 

Le prêcheur se jeta dans la foule en hurlant et en vidant le réservoir du lance-flamme. « REPENTEZ-VOUS ! J’AI VU LA VERITE ! ET ELLE N’A AUCUN SENS ! »

 

Il fait des rêves de meurtres, de massacres, de sang et d’entrailles étalées sur le papier peint usé de chambres sordides, de cachots malsains, de rues abandonnées et de gratte-ciels en ruine. Il dormait bien.

 

Je ne vais pas bien, mais mieux que vous, même si vous pensez le contraire.

 

La planète était presque entièrement recouverte d’une forêt constituée d’arbre de plusieurs dizaines de kilomètres de haut. C’était presque un miracle, d’après les exobiologistes de l’expédition, si une espèce animale de type aviaire était parvenue à développer une intelligence comparable à celle des terriens. Ce peuple, installé à la cime des arbres, avait développé une technologie et une culture proche de celles de la Renaissance terrestre, et ce à partir de rien, il ne disposait après tout comme toute matière première que des ressources prodiguées par les arbres et certains animaux. Quand les vieux, le soir sous les étoiles, narraient leurs contes et leurs légendes, ils parlaient avec appréhension d’un lieu interdit et effrayant qu’aucun d’eux n’avaient jamais vu, situé loin en dessous des sommets des arbres, là où ils vivaient. Ils l’appelaient le « Sol ». Les tenants du culte de la Raison, les partisans des Lumières, tenaient pour ainsi dire acquis , d’ailleurs, que ce lieu n’existait pas.

 

Du pain et des jeux pour contrôler les masses. RSA, allocs, salaires, retraites, etc. Roland Garros, Coupe du monde au Brésil, Tour de France.

 

Nabilla n’est pas plus idiote que n’importe quelle courtisane de la cour de Louis XV.

 

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Première limace du « Journal d’échevinage ».

Posté par Durf667 le 9 juin 2014

Il y avait un moment que je n’avais pas posté de texte à contrainte. Je ne dis pas tout de suite de quoi il s’agit, je vous laisse vous racler la soupière. Je suis le mal.

 

Sur la grande parabole qui à minuteur devait quitter New York à désuétude de Buenos-Aires, régnait la vague habituelle du dernier monastère. Les passéismes embarquaient, escortés d’un fourbi d’amiraux ; des portions de télémarketing, le casse-croûte sur l’organdi, jetaient des nomenclatures à travers les salpêtres; on amenait des malpropretés et des flexions, des enflés curieux couraient du haute-contre en basculement de la nécessité, pendant que l’ordonnance accompagnait imperturbablement ce grand spéculoos, sur le pont-levis. Un peu à l’échafaudage de la mozarella, je m’entretenais avec un amiral, sur le pont-levis-promotion, lorsque deux ou trois éclats jaillirent tout près de nous – apparemment, une perspective de marron que les représailles interviewaient et photographiaient encore, juste avant les dépends.

La réponse à ce mystérieux mystère est à présent dans les commentaires de l’article.

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Poe – Update

Posté par Durf667 le 4 juin 2014

J’avais déjà publié un lien vers ce texte, mais l’adresse du blog d’Ardonau a changé, alors le revoici : il s’agit d’une collaboration entre Ardonau, talentueux photographe et moi-même, misérable scribouillard, et c’est disponible sur son blog, sur le thème d’Edgar Allan Poe. J’espère que ça vous plaira.

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Chronique de l’album « Fluids », de Kurt Cobain, sorti en 2014, par Lester Bangs

Posté par Durf667 le 16 avril 2014

Ce texte est un double hommage. D’abord à Kurt Cobain, sans qui, blabla, tout ça, vie pas pareille, lalala. Ensuite à Lester Bangs, dont j’ai humblement tenté sans y parvenir d’imiter le style d’écriture. J’ai donc imaginé qu’ils étaient tous les deux toujours de ce monde, et que Lester critiquait le dernier album de Cobain.

lesterbangs

Alors que j’atteins enfin cet âge merveilleux où les effets de la sénilité qui s’avancent vers moi telle une ambulance qui me roulera dessus dans moins de temps qu’il n’en faut pour épeler Alzheimer sans fautes, cet âge glorieux que je porte dans le blanc de mes cheveux et la sagesse (Argh!) dans le regard, où les jeunes femmes que j’accoste sur les plateaux télé ne me voit plus comme un vieux pervers mais comme un vieux con (ce qui n’est pas forcément mieux, maintenant que j’y pense), voilà donc qu’un nouvel album de Kurt Cobain arrive sur ma platine, mais je soupçonne le rédac’ chef d’avoir refilé le bébé au premier vétéran qui passait par son bureau.

Qui se soucie encore de Cobain en 2014 ? Sans doute un type dans mon genre, toujours à ressasser La Folle Et Incroyable Histoire Du Rock à une époque où les gamins consomme la musique comme les kleenex dont ils se servent pour éponger la merveilleuse expression liquide de leur jeunesse triomphante. Et il y en a toujours pour aimer écouter les histoires de l’oncle Lester. Après tout, jamais autant de groupes de rock n’ont sonné à ce point comme les Troggs ou les Seeds. Je parle de rock, là, me parlez pas de ce qu’on peut parfois entendre dans les boites de jeunes branchés émo-je-sais-pas-quoi, genre pour lequel j’ai largement dépassé l’âge limite recommandé pour y comprendre quelque chose.

Je sais que je suis un vieux con, et je l’étais déjà en 91 quand Nevermind est sorti. L’impression d’avoir non seulement déjà entendu, mais surtout vécu tout ça. Ceux qui se souviennent des années 80 savent à quel point, par exemple, les Guns and Roses n’étaient rien d’autre qu’une imitation musclée d’Aerosmith, qui étaient eux-même une mauvaise copie des New York Dolls. C’est ce moment-là que le rock a choisi pour se citer lui-même en référence. J’en connais qui résume une partie de l’histoire du rock à travers un axe Little Richard/Alice Cooper/Marylin Manson/Lady Gaga, si vous voyez où je veux en venir.

Alors quand Nirvana est arrivé, personne ne les a remarqué. Bleach était un honnête album de bruit qui faisait du bien tellement c’était nul, mais comme beaucoup d’autres trucs de la scène hardcore de l’époque. (Et, oui, je persiste et signe, le hardcore 80′s est le plus souvent nul, j’entends par là : mal joué par des incompétents et dont le simple but est de faire le plus de boucan possible avec un minimum d’accords et de talent. Ce qui est précisément la raison pour laquelle j’aime tellement ça et que je me passe les premiers Melvins au moins une fois par semaine).

Nirvana aurait donc pu rester une jouissive ânerie hardcore de plus. Mais Cobain avait plus d’ambition que ça, entendez : ce type s’est toujours trop pris au sérieux, ce qui fut dommageable à sa propre santé mentale, ce qui est son problème et à la qualité de ses disques, ce qui est le notre. Le mien, en tout cas.

Jusqu’à l’explosion en plein vol de l’avion Nirvana pour des raisons opiacées auxquelles Cobain faillit bien ne pas survivre, Nirvana a donc été le plus grand groupe de rock du monde, merci MTV, et ça a aussi été le dernier. Un carton mondial avec une des chansons les plus bêtes jamais écrite, ce qui n’est pas grave parce que la plupart des cartons mondiaux sont foncièrement idiots, un pétage de plombs en règle diffusé en temps réel dans les flashs info, Cobain était en train de devenir précisément ce qu’il ne voulait pas. Une star. Alors il a sabordé le truc en sortant coup sur coup un recueil d’inédits obscur et In Utero, que j’aime bien parce qu’on sent bien le type tiraillé par sa volonté d’être Michael Stipes et Ian McKaye en même-temps. Il y retrouve aussi un sens du boucan qui avait été perdu sur Nevermind.

La suite est pathétique. Split du groupe. Premier album solo suicidaire, encore du boucan, avec les types de Jesus Lizard, je crois qu’on ne trouve aucune mélodie sur le disque. C’est pourquoi je l’écoute à chaque fois que je me lasse du Metal Machine Music de Lou Reed, c’est à dire jamais. Mais l’intérêt de ce disque était précisément de pousser Geffen à ranger Cobain dans un tiroir pour l’en faire sortir de temps en temps pour qu’il puisse payer la pension alimentaire de Courtney Love.

cobain

D’où cet affreux album de 1998, sobrement intitulé Bitch, et on ne se demande pas du tout pourquoi. Le seul intérêt de ce sous-album de folk molle et bidouillé branchouille pour faire comme Beck, c’est justement la narration par le détail du divorce du type. On n’avait jamais connu Cobain aussi cruel, et beaucoup ne lui ont jamais pardonné de s’être montré aussi impudique et mesquin. Moi, je trouve plus que ça l’humanise, ce qui était précisément son but, histoire de se débarrasser de son statut d’icône. Mais l’album était nul. Voilà.

On connaît tous la suite. Les années 2000 ont vu Cobain alterner boucan majestueux et quête de La Chanson Pop Parfaite. Avec parfois un certain succès. C’est plus ou moins passionnant selon les albums, mais il y a du très bon dedans. Et du très mauvais aussi.

Et donc, Kurt Cobain a sorti un nouvel album. Comme à chaque fois, on se demande s’il a retrouvé la flamme nirvanesque, mais tant que Dave Grohl continuera à faire tourner la machine de guerre hard FM qu’il appelle les Foo Fighters et que Krist Novoselic restera à côté de Tacoma pour y faire pousser des chèvres, ça n’arrivera pas.

Cette fois, l’album rentre dans la catégorie pop saturée un peu beuglée sur les refrains. Il s’intitule Fluids (toujours cette vieille obsession Cobainesque sur le corps et ses excrétions diverses et au combien variées). Il est plutôt bon, mais pas que. Si vous vous intéressez au gars, vous l’achèterez. Si vous aviez 15 ans en 1991, vous l’achèterez. Sinon…

De toute façon, Cobain n’intéresse pas les jeunes qui, de toute façon, téléchargent.

Il n’intéresse plus que les vieux dans mon genre et les nostalgiques de leur adolescence (L’équivalent de l’assurance retraite pour un rocker, c’est la nostalgie de son auditoire pour sa propre adolescence. C’est bien pour ça que les Stones n’enregistrent quasiment plus de nouveaux titres), et ça pourrait bien lui suffire.

Alors, achetez son disque, ou ne l’achetez pas, je pense qu’il s’en fout. Nevermind, comme il disait.

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