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À propos de Durf667

Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

Crash-test #5

14 août 2011

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 Entendu tout à l’heure dans Dr. House : « Vous avez du talent. Ne le gâchez pas parce que vous êtes malheureux. »

 

Dans une mégapole cyberpunk, un nettoyeur de scène de crime accroc au porno tombe par hasard sur un implant neuronal générateur de réalité virtuelle décodant l’inconscient de son porteur pour bio-simuler ses fantasmes personnels.

 

De l’influence des réseaux sociaux sur l’évolution des rapports humains, ou : la dépression facebook, mythe ou réalité ?

 

La pièce était remplie de clés, partout. Sur les étagères : des cartons pleins de petites clés brillante. Des trousseaux entier étaient accrochés aux murs. Une douzaine de clés imposantes, en vieux métal noirs, longues de plusieurs centimètres, reposaient dans une corbeille. Des clés jouets en plastique vert et rouge trainaient sur le sol. Et pourtant, à cette pièce, il n’y avait qu’une seule porte.

 

« My lover

My dead-end street

You’re my favorite perversion

My lover

Save my soul

Everyone is waiting for the dawn.

 

Wait for the sun to burn our sins

Wait for some light into this pit.

 

Crucified

Parricide

Now you can nail me down… »

 

Je crois que le mot que tu cherches, c’est stase. C’est pas bon, ça. T’arrêtes d’évoluer, d’apprendre, de vivre. Il faut sortir de cet état de stase. Je crois que le mot que tu cherches, c’est extase.

 

Des trolls feignants, des vampires buveurs de jus de myrtille, des loups-garous bedonnants, des elfes plus fragiles qu’ils ne le pensent.

 

Au bout du compte, dans la pénombre d’une chambre à coucher, tous les corps finissent par se ressembler. Seules les âmes demeurent sensuelles, attirantes, excitantes. L’absence d’âme n’est pas un problème. C’est physiologique. Mécanique.

 

Il s’est endormi sans que personne ne le remarque. En même temps, il a toujours tout fait sans que personne ne remarque rien.

 

« J’ai plus de souvenir que si j’avais mille ans…

  • En même temps, tu AS mille ans.

  • Ah oui, j’oublie tout le temps. »

 

Les masques finissent par émousser les visages qu’ils recouvrent. Certains n’en ont d’ailleurs plus.

 

Je ne sais plus lire.

 

Il était une fois un petit garçon perdu dans la forêt. Ce dont il avait le plus peur, ce n’était pas du loup vicieux tapi dans l’ombre. Ce n’était pas des ombres rampant à travers les feuillages. Ce n’était pas les bruits innombrables, branches cassés, grognements, trépidations. Ce dont il avait le plus peur, c’était du fait même de se savoir égaré.

 

Je n’attends rien. Mais j’espère beaucoup.

Dans l’oeil du cyclone

13 août 2011

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Au centre du cyclone, au cœur de son œil, il n’y a plus de vent.


Les vents de la confusion rugissent. Rien n’est sûr, rien n’est garanti.

Tout est mouvant, en devenir, tout se construit puis pourrit.

La voix d’une femme m’enjoint de ne pas confondre bonheur et plaisir.

Le corps d’une autre échappe à mes doigts mais s’accroche à ma testostérone.

Des bonheurs qui s’imposent, des joies qui m’insupportent.

Une infinité de « moi » potentiels se disputent les uns les autres le droit d’exister.

Rien n’est réel. Tout est vrai.


Une ballade irlandaise résonne. La voix porte en elle mille ans de solitude. La guitare est désaccordée et le violoniste n’est pas très juste, mais qu’importe ?


Des corps tatoués. Des besoins impérieux. Des jeux interdits. Des regrets. Des larmes. Des râles de plaisir. Une femme aux milles visages.


Le signe de Caïn sur son front, es-tu sûr de l’avoir vu ? Parfois, on se trompe. L’erreur est humaine, indispensable, douloureuse.


Gâche tout, gamin, gâche tout et soit en fier. Porte ça comme un drapeau à la gloire de la Grande Inutilité Métaphysique de nos Êtres.


Dans l’œil du cyclone, les images et les sons se déforment. On entends des odeurs, on touche la saveur du café. On goûte l’image des amants enfuis.


Tout arrêter. Recommencer. Reboot. Nettoyage du disque.


Une maison à la campagne se prélasse au soleil comme un lézard géant. Un jardin sauvage descend de la terrasse jusqu’au bord d’un ruisseau. Je lis au soleil, allongé dans un hamac, une canette pas bien loin. Le vent emporte tout.


Quel but ? Avoir un but est arrogance.

Quel plan ? Avoir un plan est puéril.

Quel idéal ? Pour quoi faire ?

Quelle raison ? Il n’y en a pas.


JE trouve un sens. Il n’y a pas d’autre sens que celui que JE trouve. Encore faut-il savoir ce que JE veux en faire.


Et ça bouge, et ça rampe, et ça court. Partout, dans les rues sales comme dans les avenues chics, dans les maisons usées par la pollution, dans les placards, dans les temples.


Certains meurent. D’autres naissent. Certains sont juste en vie. Allez trouver un sens à tout ça !


Au centre de l’ouragan, les visages se succèdent et se mêlent.

Les futurs avortés s’envolent avec les débris de souvenirs perdus, d’histoires non-racontées.

Dans l’œil du cyclone, je ne sais plus rien.

Et c’est reposant.

Crash-test #4

17 juillet 2011

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C’est l’histoire d’un petit garçon qui était persuadé d’être né sans jambes.


Je te jures, je te cramerais c’te baraque, ça règlerait pas le problème, mais ça serait bon pour mes nerfs.


Vises-y l’œil !


Les hasards de la vie lui avaient mis dans les mains La montagne magique, de Thomas Mann, pile au moment où la tentation de l’exil, de la retraite, s’insinuait dans son âme comme le sentiment amoureux s’attaque à l’esprit d’un adolescent submergé par les hormones.


Rhôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôô !


« These are my fluids, give me yours »


Chacun d’en nous est effectivement un flocon de neige merveilleux et unique. Mais tous les autres flocons s’en foutent.


Rien à foutre des pom-pom girls.


Il était lui-même surpris de se sentir aussi bien. Après tout, il était malheureux depuis si longtemps, son mal-être était si habituel, que tout en lui semblait résonnait en permanence d’un deuil indéterminé mais constant. Aussi, quand par extraordinaire son ciel s’éclaircissait, il y voyait presque un mauvais présage. Au centre du cyclone, il n’y a plus de vent.


La merde, l’erreur fatale, la connerie fondamentale, c’est la sédentarisation.


Sans doute le locataire précédant avait-il commis une erreur en procédant à son changement d’adresse, car, les premières semaines, il lui arriva de recevoir quelques lettres et colis qu’il s’empressait de renvoyer à l’expéditeur. Néanmoins, il en ouvrit par erreur un dont le contenu l’intrigua beaucoup. Ce fut un de ces amis qui dût lui expliquer qu’il s’agissait d’un vagin artificiel destiné à la masturbation masculine.


et quand il ouvrit la porte, elle était encore là.


« Fais moi confiance. La colère d’Obéron est rare. Rarissime. Mais t’as pas envie de la provoquer. Fais moi confiance. Maintenant, rend-moi mon œil, s’il te plait. »


Plouf.

Proie

6 juillet 2011

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Ceci est un texte un peu ancien sur lequel je suis retombé en faisant le ménage dans mon ordi. L’idée était d’écrire une histoire en utilisant uniquement des phrases d’un seul mot. J’ai piqué l’idée à Richard Christian Matheson, qui a utilisé ce procédé dans une nouvelle que je ne parviens pas à retrouver. Considérez ça comme une tentative oulipesque.

 

Proie
Par Krist Morningstar (2008)

Nuit.
Samedi.
Non.
Dimanche. Matin.
Night-club. Musique. Electro.
Odeurs. Sueur. Alcools.
Vacarme. Foule. Moi.
Partir. Sortir.
Rue. Fraîcheur.
Humidité. Buée.
Néons. Lampadaires. Vitrines.
Flashes.
Moi. Éblouie.
Flou.
Passants.
Hommes. Femmes. Adolescents.
Fatigue.
Ivresse.
Psychotropes.
Tituber.
Errer.
Rentrer.
Chemin ?
Frisson. Se retourner.
Passants.
Hommes. Femmes. Adolescents.
Téléphone. Appeler. Marc.
Répondeur.
Merde.
Marcher.
Clope. Briquet. Chaleur.
Fumer. Inhaler. Poumon. Brûlure.
Nausée.
Impasse. Mur. Appui.
Vomir.
Bile. Rhum. Quick.
Abdominaux. Douleur.
Nuque. Picotement.
Sursaut.
Homme.
Trentaine.
Costaud.
Sourire.
« Bonsoir »
Approche.
Vite. Trop.
Là.
Crier ?
Choquée. Muette.
Lui.
Odeurs. Sueur. Alcools.
Silence. Personne. Lui. Moi.
Lui. Lourd. Moi.
Mur.
Douleur.
Ventre.
Couteau…
Crier… Essayer…
Odeurs.
Sang. Fer.
Douleur.
Ventre.
Suffoquer.
Crier… Prier.
Lui. Lourd.
Sueur. Sang.
Couteau. Bouger.
Douleur.
Lui. Respiration. Haleine.
Vodka. Cigarette.
Sang.
Douleur…
Ventre…
Faible… Fatiguée…
Lui. Rire.
Couteau. Bouger.
Douleur.
Trop.
Lui. Lourd. Fort.
Moi.
Faible…
Tellement…
Faible…

Arcane VIIII : L’Hermite

5 juillet 2011

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lhermite.jpg

 

 

Parfois

L’extérieur agresse.

Je suis tellement mieux chez moi.

Le soleil tape, le ciel est bleu, mais je ne le sais pas.

Les stores resteront fermés.

Dehors blesse.

Ici, à l’intérieur, il n’y a que moi,

Et c’est bien suffisant.


J’étais loin. Ailleurs.

On ne peux pas rester loin longtemps,

C’est comme un phénomène de marée.

Ça va, ça vient, ça avance, ça reflue.

Là-bas, rien n’attaque, mais on peux quand même s’y blesser.

On ne sait jamais ce qu’on va y trouver.

C’est là,

Ou pas.

Et il faut faire avec.



* *

*


Elle se dit que le ciel est le même partout, qu’il suffit de le regarder pour se rapprocher spirituellement de ceux qui nous manquent, pour se dire qu’ils regardent peut-être le même ciel. Après tout, il n’y en a qu’un, de ciel.

Son corps reste assis dans fauteuil, un rayon de soleil lui cuit l’épaule, mais peu lui importe. Le ciel appelle son esprit, là où ce qu’elle n’a pas se trouve. L’odeur du café, la fumée de sa gauloise, la chaleur sur son épaule, le bleu dans la fenêtre l’entraine ailleurs, vers un lieu peut-être imaginaire, mais pourtant bel et bien réel.



* *

*


Je cherche qui ? Quoi ? Est-ce que je cherche, d’ailleurs ? Qui suis-je ? Que suis-je ? Suis-je quelque chose ? Pourquoi ? Comment ? Est-on sensé être quelque chose ? Quelles sont les réponses ? Suis-je prêt à les entendre ? Est-ce que ça servira à quelque chose ? Que faire d’autre ?



* *

*


Il y a une lumière, loin, là-bas, à l’intérieur. Elle éclaire tout. Elle dit tout.

Certains l’ignorent, et passe à coté, ne sauront jamais, le royaume des cieux leur appartient.

Certains la voient, et cherchent à l’atteindre.

Certains ne la trouvent jamais.

Certains ne supportent pas ce qu’elle met en évidence.

Certains ont peur de voir.

Certains sont aveugles.

Et moi, je ne sais plus si mes rétines sont brûlées ou si je n’ai jamais vu.



* *

*


Parfois

L’extérieur agresse, mais le dehors existe pourtant.

Je suis mieux chez moi, pour l’instant, mais ça ne durera pas.

On ne fuit pas éternellement.

Dehors blesse, parfois, mais dehors apporte bien d’autre chose que la douleur.

Ici, à l’intérieur, il n’y a que moi,

Et c’est suffisant, pour l’instant.

Mais « moi » n’est intéressant que face ou aux cotés des autres.


J’étais loin. Ailleurs.

Et je reviens.

On ne peux pas rester loin longtemps,

C’est comme un phénomène de marée.

Ça va, ça vient, ça avance, ça reflue.

Là-bas, rien n’attaque, mais on peux quand même s’y blesser.

Je ne suis pas sûr de ce que j’y ai trouvé.

C’est là.

Et il me faut faire avec.


Le combat reprend.

J’en sais plus.

Je crois.

En tout cas ce qui fait « moi »,

Aussi confus que ce soit,

Je l’ai entraperçu.

Je serai toujours « ça », « moi ».

Quoi que ce soit.

La lanterne éclaire le chemin.

L’Hermite sait, mais ne dis rien.

Il indique le chemin.

C’est déjà ça.



* *

*


Ce n’est pas une source constante de lumière. Plus un flash qui éclaire ce qui est dans l’obscurité. Il faut être attentif pour bien saisir ce qu’il dévoile. Il faut le chérir, ce que tu vois, car c’est « toi ». ou du moins une partie. À présent, je ne suis pas certain de ce que j’ai vu cette fois-ci.

Je ne suis pas sûr que ça me plaise.

Mais c’est là.

Mon chemin est moins sombre.

Je suis de retour.

Dialogue intérieur

29 mai 2011

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« HEY ! CONNAAAAAAAAAARD !

- Hein, quoi ?

- HOOOO ! TU M’ÉCOUTES ?

- Arrête de gueuler, déjà…

- Ouais ben quand je te parle normalement, tu m’écoutes pas.

- Oh, ta gueule, hein, vu le week-end de merde que tu m’as fait passer, je crois avoir plutôt bien saisi ton message, enculé.

- Descend d’un ton, s’il te plait, si tu m’écoutais plus souvent, j’aurais pas eu à te faire chier.

- Qu’est-ce que j’ai fait encore ?

- Tu le demandes ? T’as vu comment tu me nourris ? Comment tu me maltraites ?

- Plains-toi ! Il me semble que je t’ai mis au sport, récemment.

- Ouais, une petite demie-heure deux fois par semaine, ouaaaah, bonne perf.

- T’es de mauvaise foi, c’est quand même toi qui peut pas en faire plus.

- Admettons.

- Putain ouais, t’as intérêt à admettre.

- C’est pas pour ça que t’as arrêté de fumer… Et tu picoles bien un peu de temps en temps.

- Ouais, bon, si bien te traiter signifie me faire chier, je vois pas l’intérêt.

- Parce que tu t’es pas fait chier, peut-être, ce week-end, juste parce que j’étais mal en point, à gueuler pour réclamer un peu de respect et de repos ?

- Bonne remarque.

- Je ne mens jamais. En tout cas, rarement.

- Je dois le reconnaître. Mais quand même.

- Quand même quoi ?

- C’était obligé d’être ce week-end ? Précisément celui-là ?

- Je choisis pas.

- Mais merde, ça m’a couté un road-trip avec des potes pour aller voir mes vieux lotois que je vois une fois tous les mille ans. Et le lendemain, une teuf d’anniv’ d’un gars que j’aime bien, avec des gens avec qui je passe pas tant de soirées que ça, à mon grand regret.

- Ben assume.

- Pfff…

- Ah mais, merde, c’est quand même pas ma faute si tu me considère comme quantité négligeable. À part quand il s’agit d’être opérationnel pour un plan cul. Ah ça, tu m’aime, quand il s’agit d’obtenir cette fameuse décharge d’endorphine !

- Oh la mauvaise foi ! Comme si t’appréciais pas ! J’y crois pas, là !

- Bon, ok, je reconnais.

- Et puis arrête de croire que t’es le seul à être pas bien. Moi-même, tu sais, je suis pas particulièrement en bon état.

- Et alors, ça t’oblige à me foutre en l’air ?

- Non, bien sûr. Mais… Laisse tomber.

- Non, vas-y, je t’en prie…

- Non…

- Quoi ?

- Pas envie d’en parler.

- Allez…

- C’est pas contre toi, tu sais?

- Je me doute, mais ça n’empêche pas.

- Bon, je te promet d’essayer de faire gaffe.

- Encore…

- Ouais, je sais, c’est pas la première fois.

- Non.

- Mais bon.

- Oui

- Bon, ce soir, on va rester cool, déjà.

- Merci.

- De rien. Moi aussi j’en ai besoin.

- Ça fait plaisir de t’entendre reconnaître tes conneries. Mais essaie de pas les faire, dèjà, enfin, pas trop et pas des trop grosses, ce sera déjà pas mal.

- Ok, promis. Ça te dis qu’on aille geeker ? Histoire de se vider la tête ?

- D’accord, Esprit, faisons ça.

- Allons-y, Corps. Mais avant, je vais aller poster ce qu’on vient de se dire sur le blog.

- Hé hé ! »

EGO

16 mai 2011

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Bas les masque. Qui suis-je ? On peut passer sa vie à tenter de répondre à cette question, et il me semble à présent que ce serait en vain. Mais il en est de la vie comme des voyages, le trajet est plus important que la destination. Celui qui ne se pose jamais cette question est un piètre être humain.

 

sanstitre2.jpg

 

 

Je suis un homo sapiens mâle, de type caucasien.

Je suis un hétérosexuel plus croyant que pratiquant.

Je suis un occidental judéo-chrétien.

Je suis européen, français, occitan, limousin/lotois.

Je suis fatigué, là.

Je suis un littéraire.

Je suis éternellement insatisfait.

Je suis amoureux de l’idée d’être amoureux, ce qui ne suffit pas, au contraire.

Je suis dépressif et bipolaire.

Je suis un écrivain, en tout cas j’essaie.

Je suis bassiste dans un groupe de punk. Donc pas vraiment musicien, hé hé.

Je suis attiré par les gens intéressants, et donc potentiellement dangereux pour moi.

Je suis émotionnellement perturbé.

Je suis accroc à mon mal-être.

Je suis attiré par l’auto-destruction, mais je me soigne.

Je suis seul, comme vous tous.

Je suis trop maigre.

Je suis en relative bonne santé, mais bon, hein, n’est-ce pas ?

Je suis souvent insomniaque.

Je suis un irrécupérable gauchiste de cœur.

Mais en fait, profondément, je suis nihiliste.

Je suis un mystique.

Je suis encore amoureux de toutes mes ex. Et oui.

Je suis un handicapé administratif.

Je suis bordélique.

Je suis un sale con, quand je m’y met.

Je suis réfractaire à toute autorité.

Je suis un contemplatif.

Je suis profondément écoeuré par la façon dont le monde fonctionne.

Je suis déçu de l’être humain. Des êtres humains. De tous les êtres humains, moi y compris.

Je suis un type bien, il paraît.

Je suis de passage, uniquement.

Je suis un sale punk.

Je suis fataliste.

Je suis relativement cultivé.

Je suis un bon coup, il paraît, mais bon, j’ai aussi appris à ne plus croire les compliments.

Je suis décevant sur le long terme.

Je suis intelligent, original et mystérieux. Ça, ou alors psychotique, bizarre et asocial. Mais c’est pareil.

Je suis pas du matin.

Je suis tolérant. Sans doute trop, d’ailleurs.

Je suis anti-tout.

Je suis en dérangement.

Je suis très, mais alors très pâle.

Je suis encore plus con que ce vous croyez.

Je suis pas un connard, mais je commets des erreurs, donc, c’est pas une excuse.

Je suis trop indulgent avec les cons, ça me perdra.

Je suis un faux calme.

Je suis un vrai anxieux.

Je suis dans le doute.

Je suis tout ça.

Et bien d’autre chose encore.

C’est comment qu’on freine ?

7 mai 2011

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C’est ce genre de journées improductives au possible, quand la démotivation le dispute au rejet global de toute tentative de même essayer de se motiver à quelque action que ce soit. Au départ, j’étais parti, je voulais, j’avais l’intention de rédiger un article sur le nihilisme, le pessimisme et le cynisme. J’avais rassemblé la doc, étayé mes argument, préparé mes exemples, mais en fait, non. Je le garde sur l’oreille, je le fumerai plus tard. L’idée était justement de prouver que ce n’est pas parce que l’on adopte des options philosophiques qu’on pourrait qualifier de pessimistes, voire de morbides, qu’on ne peut pas en dégager un chemin de vie finalement pas si noir que ça. L’abandon de l’espérance n’est-il pas un des premier pas essentiel de la démarche bouddhiste vers le nîrvana ?


Enfin, c’était l’idée, vous voyez le genre.


J’ai passé la nuit à me réveiller toutes les heures, tiraillé par un malaise non-identifié encore, mais bel et bien présent, sinon réel. J’étais tiraillé entre l’envie de dormir et celle de griller un bon gros fusible. Je n’ai finalement fait ni l’un, ni l’autre.


Et je me traine depuis ce matin, depuis ce moment où les idées noirâtres (si encore elles avaient pu se décider à s’obscurcir complètement ! Mais non…) occupèrent trop de mon esprit pour ne pas y macérer en un magma gluant de conneries oiseuses à peine dignes d’un ado en pleine crise pseudo-lautréamontaise. Je me traine, mon corps refuse de s’éveiller, mais mon esprit ne veut pas se décider à s’endormir. J’ai faim, mais j’ai la gerbe. J’ai envie de voir du monde, mais je pressens que la présence d’un autre être humain dans mon entourage me serait potentiellement insupportable. En tout cas pour l’instant.


Il me reste l’écriture. Je n’ai rien à dire. J’ai essayé de continuer la lecture de ce bouquin de Stefan Zweig que j’ai commencé hier, mais non, mon cerveau refuse de s’intéresser à quoi que ce soit. Ouvrons les vannes.


J’ai envoyé ma psy se faire foutre. J’ai encore les médocs sur le bureau qui me regardent fixement au moment où j’écris. Sur une échelle de 1 à 10, 1 étant le moment où on se retrouve, par exemple, à se taillader le bras avec un couteau, ou pire, à regarder des séries AB en bouffant des bretzels à longueur de journée sur le canapé, et 10 représentant ces moment de grâce où le monde entier vous appartient, où la femme que vous aimez depuis deux ans en secret s’abandonne enfin dans vos bras, où que vous soulevez la coupe d’Europe devant des milliers de spectateurs ; sur une échelle de 1 à 10, donc, mon humeur avait un peu trop tendance à varier de 2 ou 3 à 7ou 8, et les oscillations commençaient à devenir dangereuses. D’où la psy. Mais là, ça fait un peu trop longtemps que je me traine à un niveau de 5 perpétuel. Et je m’emmerde. Et j’ai donc envoyé la psy se faire foutre. Je sais pas si c’est la décision la plus intelligente ou la plus stupide que j’ai prise récemment. En tout cas, c’est soit l’un, soit l’autre.


Parmi les changements qui se sont produits en moi pendant la période où elle me suivait, il en est un qui me laisse dubitatif. Je crois avoir totalement abandonné l’idée de faire fonctionner un jour un couple dont je serais l’un des deux éléments. Ça m’apparait aujourd’hui comme une impossibilité scientifique. Je me sens comme un alchimiste qui, après avoir lu un traité de Lavoisier, aurait enfin compris qu’il ne changerait jamais le plomb en or. Il y a encore quelques mois, ce constat, vrai ou erroné, m’aurait plongé, au mieux, dans d’interminables débats intérieurs et inspiré une profonde tristesse, voire une révolte sincère. Aujourd’hui, à l’extrême limite, je me demande si j’en ai vraiment quelque chose à foutre. Ça n’arrivera pas, point-barre. Je ne sais pas si c’est un signe de sagesse ou de stupidité.


Je me suis pris en pleine gueule l’absolue inutilité de toute tentative de faire quoi que ce soit de sa vie. Est-ce que j’aurais trop lu Cioran et Schopenhauer ? Mais bon, tant que je suis pas mort, il faut bien passer le temps.


Le suicide n’est pas une option. Ça, c’est une certitude. Dans un monde aussi pourri que celui dans lequel nous vivons, je ne m’oppose pas à l’auto-annihilation radicale d’un point de vu moral ou éthique. Non. C’est juste que si je me flingue, c’est eux qui gagnent. Je serais bien emmerdé pour définir ou nommer ces « eux », mais je ne vois pas comment mieux l’exprimer. Le monde est dégueulasse, mais je ne vois pas en quoi le laisse entre « leurs » mains et en me foutant en l’air pourrait le rendre meilleur. Et puis, il y a tellement de cons heureux de leur petits bonheurs satisfaits de connards bouffis de leurs certitudes que ça me fait plaisir de rester là, et de leur balancer mes doutes, mon éthique et ma tristesse en pleine gueule, même si ça ne sert, finalement, à pas grand chose. Mais rien ne sert à rien.


Qu’est-ce que je vais faire de mon samedi soir ? Il est prévu que je vois certaines personnes, mais ça devrait aller. Celles-ci, tout comme moi, portent le signe de Caïn sur le front. Nous serons entre nous. Je vais sans doute me faire engueuler d’avoir arrêté la psy. Ou peut-être pas. On verra.

Je vais sans doute avoir envie de tenter d’oublier ma solitude métaphysique dans les bras d’une petite. Et, comme d’habitude, je vais sans doute rentrer chez moi seul avant même le coup d’envoi officieux de la soirée, trop misanthrope pour supporter longtemps les apparences de joie et de bien-être affichés par les noctambules. Trop timide et asocial pour ne serait-ce qu’oser offrir un verre à qui que ce soit. Mais on ne sait jamais.


Je repense à une chanson de Bashung. « C’est comment qu’on freine ? J’voudrais descendre de là… »

Ouais. Si seulement il étais possible de descendre de la planète juste cinq minutes, histoire de souffler, de savoir ce qu’on y fout, avant de remonter. Mais bon. Ça ne marche pas comme ça.

L’antre, où le chaos déborde de ma tête.

6 mai 2011

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Thomas Mann, Lambrusco, feuille d'impôtCoca, chaise, rangers.Bureau, café, clopes.Fringues, télé, Metallica.Bouquins, carton, petite monnaie.Vestes, cartons, étagère.Sonic Youth, portrait, Björk.Skeuds, où est le chien ?

Crash-test #2

17 avril 2011

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Krist Morningstar

Les mioches, c’est comme la lèpre. C’est plus rigolo chez les autres.

 

La clairière est plongée dans la nuit. Tous les premiers nés sont réunis. La femme projette son corps nu en une danse frénétique autour du feu. Adam se tient les côtes. Ce qui se passe dans son abdomen le dépasse. Le fruit sur l’arbre attend.

 

Le marin respire et se demande où a bien pu passer la mer. Le cri des mouettes lui manque. Les navires échoués gisant sur le sol boueux ressemblent à des cathédrales après un séisme.

 

Oh ! Un précipice ! Ça tombe bien, ça fait longtemps que je m’étais pas cassé la gueule.

 

Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance. On devrait écrire ça dans les services de néonatologie, si seulement les bébés savaient lire.

 

Je mordrais sa peau comme un fruit d’été longtemps désiré quand l’hiver mangea les mois d’ordinaire dévolus au printemps.

 

Je l’imagine toujours en prêtresse d’Ishtar, incendiant les carcasses mâles d’un simple regard.

 

Parfois, mon plus grand désir serait de simplement m’étendre sous un frêne un jour de soleil et de laisser Yggdrasil me raconter le printemps.

 

« It’s OK if I can watch.

Everything went black.

It’s OK if I can stay with you for a while.

It doesn’t matter anymore,

The game is over,

We both know what’s the score.

It’s over when we decide it is…

Stuck in here together now…

Testosterone kills. »

 

Donc ça doit aller avec le dimanche, je vois que ça.

 

Elle écrasa mal sa cigarette à demie fumée qui continua à se consumer péniblement dans le cendrier et se tourna vers son amie :

« Il faut que tu comprennes, ce mec, Dieu le fout sur mon chemin à des moments bien précis de ma vie, à des croisements. Il doit un peu être le diable, pour se retrouver systématiquement à des carrefours de ma vie. Il est systématiquement un piège séduisant, une tentation dangereuse. Et toi, t’es arrivée au milieu de tout ça, et t’as foutu ton grain de sel dans un merdier qui te regarde absolument pas. T’as compliqué un bordel qui l’était déjà bien assez. Je sais bien que t’en avais pas l’intention, mais tu l’as fait. Bon, maintenant, c’est fait, et puis, j’ai ma part de responsabilités. Je crois qu’il va falloir que je me résigne à passer une nuit avec lui. Au moins, ce sera fait. Et puis, ça fait des années que j’en ai envie. »

 

Si j’avais vécu au XIXème siècle, ouais, il y a de grande chance que j’ai fini par mourir de la tuberculose ou de la syphilis. J’aurais préféré la syphilis, à tout prendre.

 

Homme, 30 ans, en relative bonne santé physique (analyse de sang récente sur demande disponible), non fumeur, 180 cm, 75 kg, propose son corps pour chef-cuisinier avant-gardiste aimant les expériences inédites, sous réserve que l’abattage se fasse sans douleur. Écrire au journal.

 

Mouais. Ça m’a quand même l’air d’un sacré piège à cons.

 

Sans déconner, mais ils ont rien d’autre à foutre de leurs minables petites vies de gamins pathétiques, à part se foutre sur la gueule pour des raisons aussi ridicules ?

 

Le vieillard borgne reposa bruyamment sa choppe sur la table de bois brut.

 

Ce fut encore une journée parfaite pour perdre son temps.

Strip – Un peu d’humour ne fait pas de mal…

14 avril 2011

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Strip créé à partir de stripgenerator

Crash-test #1

10 avril 2011

2 Commentaires

 

Demian S. Coyote


 

Le problème, c’est pas les réponses, c’est les questions.


Plus de clopes, dimanche, la flemme de se mettre en quête d’un tabac ouvert. Pas ouvert les volets. Il fait gris, de toutes façons.


Un plan cul ne vaut JAMAIS les emmerdement potentiels qu’il peut t’apporter.


Il est fatigué d’être malheureux. Mais il sait plus comment on fait.


Le jeune homme se réveille enfin et s’aperçoit qu’il possède dans les tréfonds de sa mémoires les souvenirs de quelqu’un d’autre.


Une seule pilule vous manque, et tout est dépeuplé. Stylnox, mon amour. Trois semaines d’insomnie, ça laisse des traces bien gluantes sur les vitres.


L’important, c’est pas « pourquoi ? », c’est « comment ? ».


Pourquoi quand il fait beau toute la semaine, il pleut toujours le dimanche ?


J’ai grave, mais grave, envie de baiser.


La vérité est un leurre. La réalité est malléable. L’amour est un mensonge collectif.


Un ange de métal pleure des larmes incandescentes dans une impasse obscure, derrière la boutique du forgeron. Une araignée mécanique les recueille dans de petites fioles que les junkies de la cités se paient par tous les moyens. Un décret d’Obéron en interdit le commerce, mais la rumeur dit que même Titania est accroc.


La techno moldave, c’est de la merde.


Qu’est-ce que je vais faire de mes lundis soirs maintenant que Top Chef est terminé ?


Si c’était pas la copine de mon pote, je te jure, parce qu’enfin bon, merde, ses nichons, quoi !


J’aime bien, quand mes ongles ont un peu poussé, en enfoncer un juste sous un autre.


C’est moi ou il est con ?


Non en fait, je me disais aussi, j’en ai rien à foutre, en fait.


L’oniromancien la rejoignait toute les nuits, et elle ne comprenait pas pourquoi elle rougissait quand elle le croisait à la machine à café tous les matins.


Y a un cadavre sur le canapé.


Qu’il est con ce chien, qu’il est moche ce bébé.


En principe, quelques temps après la rupture, le danger, c’est quand la testostérone te fait croire que t’as encore des sentiments. C’est une saloperie, la testostérone.


Les loups hurlèrent, ce soir-là, mais personne ne comprit pourquoi.


Un bouquin de Cioran vaut mieux qu’une pathétique lettre de suicide.


Est-ce que les déesses de l’amour déchues dansent vraiment dans les club de strip-tease ?


Je veux bien tout détruire pour tout reconstruire, mais je suis pas très sûr de ma motivation concernant le deuxième aspect de cette proposition.


Encore eût-il fallut que j’eusse l’occasion d’en placer un, de subjonctif !


« Nooooooooooooooon ?

- Si. »


Vous n’avez jamais eu l’impression que Dieu se foutait de votre gueule ?

Auto-définition

7 avril 2011

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Don Nihil Apsarà

 

 Nihiliste, asocial, anhédoniste subversif, misanthrope contrarié, névrosé narcissique, pessimiste indocile, mystique chaotique, excentrique décentré, élitiste marginal, utopiste désespéré, solitaire empathique, esthète blasé, humaniste déçu, terroriste mental, être humain.

 

 

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Truth is a myth : A patchwork

5 avril 2011

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Demian S. Coyote et M. Pantomime (2002 / 2006)

 

They arrested her for giving me a kiss / Give me one night then you can die / Tell me something I don’t know /We’re animals after all / I won’t be drinking anymore / I ate the lotus anymay / It blurred my soul and made me wanna go / I’m down with another sad song / You just want more but you can’t / I’m stoned.

 

Hit me now / The crowd doesn’t care / You know I need to kneel / The danger in the dream / It’s not what you did, it’s not what you said / Cause everything you lost was worth the pain / I don’t walk I run, I stumble and fall / The match burnt fast, I can’t control my hand / The ghosts are dancing all around.

 

Now you can nail me / You’re so beautiful when you’re smiling / You come to me and we scream « fuck off » / You can’t refuse the headache / Been done before, been done before / If you were my medecine, I sure would take this pill / I don’t think I can handle the truth alone / So fight and still fight and don’t forget to die / Could I come, if you still want some news ?

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