Sysiphe

Posté par Durf667 le 30 mars 2013

 

Sysiphe dans Nouvelles franz_von_stuck_-_sisyphus-214x300

 

0

 

Il n’ a pas crié tout de suite. Comme s’il avait déjà tout compris. Mais c’est sans doute juste une coïncidence. Ouais. Ça peut être que ça, pas vrai ?

 

5

 

Peur. Le mot, c’est peur. Pas terreur, hein ? Pas le truc qui te paralyse. Il ne sait pas pourquoi, mais il a peur. Une appréhension. Mal faire, mal parler. Alors, il ne fait rien. Il ne dis rien. Sauf quand on lui indique quoi faire. Quoi dire. En attendant, il observe et il pense. Il apprend.

 

 

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Ennui. Altérité. Différence. Le moment où il se rend compte que tout ce qu’on lui a enseigné, tout ce qu’il a appris, dans le monde « réel », ne sert à rien. Le mot « escroquerie » au bord des lèvres. Injustice ? Peut-être pas. Solitude ? Sûrement.

 

 

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Il comprend pas tout ce qui se passe. Le décalage semble s’accentuer. Là où la plupart découvre la Vie, il est fasciné par la Mort. Encore ce sentiment de s’être fait avoir. Il réfléchit. Amène les bonnes réponses à de mauvaises questions. Il apprendra plus tard qu’il est plus difficile de s’interroger correctement que de s’apporter des solutions. Que le chemin est plus important que la destination.

 

 

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Arrogance. Certitude d’avoir raison. Une certaine forme de haine. Mal digérée, la haine, mal contrôlée. Comme un flingue chargé et trop lourd, dont le canon revient sans cesse entre ses deux yeux. Plus tard, il comprendra qu’il y avait plus simple que chercher à se servir du flingue. Il suffit de le poser au sol. Bonnes réponses, mauvaises questions, encore.

 

 

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Il n’en finit plus de ne pas comprendre ce qui reste au bord de l’évidence. C’est là, mais il ne le voit pas. Alors il tourne en rond en attendant de trouver ce qu’il ignore chercher. Des couloirs s’éclairent, mais il ne sait pas par où commencer. Des réponses arrivent, encore, mais cette fois, aux bonnes questions. Il ignore juste quelles sont ces questions. En attendant, il saigne. Il paie le prix.

 

 

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Il tourne en rond depuis trop longtemps pour ne pas avoir les pieds en sang. Il est prêt à abandonner, même s’il s’en défend. Il n’a plus peur. C’est parce qu’il croit avoir enfin tout compris. Il a tord, comme souvent. Mais il commence enfin à percevoir les seules choses qui sont toujours vraies. Et il comprend que s’il n’a pas fini de chuter, quelque part, il y a un endroit où il pourra se reposer.

 

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Dans l’ordre. Fatalisme. Peur. Ennui. Incompréhension. Arrogance. Douleur.

Les ennemis sont identifiés.

Le combat continue.

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Chloe-Nihilish

Posté par Durf667 le 21 janvier 2013

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Rappel :

Entretien avec un autre vampire

Agression is Art

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Le récif

Posté par Durf667 le 7 janvier 2013

De petits reflux acides lui rongent les os du crâne

Un larsen inaudible caresse le cuir

Le déchire

Des lambeaux de peau sous les ongles

Les yeux dans les paumes

Effrayé par la lune ironique qui le scrute du haut de son estrade

Ah ! Qu’elle est belle la statue bien posée sur son socle !

La lumière est chargée de poussière

Poussiéreuse aussi, la caboche électrique

C’est d’un rien qu’il s’étonne

Il s’étire comme un chat écorché

Le violon sans corde s’éclate sur le lino

Copeaux de sons fantômes

De chansons non jouées

D’histoire non racontées

Tout continue pourtant

L’os est rongé, strié

Par les loups et les ombres

La moelle coule sur ses genoux à vif

Des limaces écarlates

Le visage caché par les coraux

Il s’endort sous la pluie

Il attend que le vent change

Et quand enfin la nuit l’embrasse et le console

Ce n’est pas le sommeil qui vient

Mais l’oubli.

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L’Imposteur

Posté par Durf667 le 16 octobre 2012

L’Imposteur, c’est toi. C’est moi.

Nous voulons être.

Nous voulons être ce que nous ne sommes pas.

Nous voulons être ce que nous devrions vouloir devenir.

Nous faisons semblant.

Nous faisons semblant d’y être arrivé.

Nous faisons semblant d’avoir entamé le chemin.

Mais nous avons peur.

L’Imposteur, c’est celui qui sait.

Nous, nous croyons.

Nous espérons.

L’Imposteur croit déjà savoir.

Il a tort.

Nous essayons.

Nous échouons.

L’Imposteur dit avoir déjà réussi.

L’Imposteur ne supporte pas d’être démasqué.

L’Imposteur se présente comme il n’est pas.

L’Imposteur nous empêche de devenir ce qu’il dit être.

L’Imposteur est une des cause de nos échecs.

Il faut être, pas vouloir être.

L’Imposteur nous ment.

L’Imposteur tient la lame sur nos poignets.

L’Imposteur attend nos échecs.

« Essaie, tu l’es déjà ! Essaie ! Échoue ! Meurt ! »

N’essaie pas. Soit.

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Ils

Posté par Durf667 le 28 juin 2012

Perdus dans un chaos de sentiments agglomérés à leurs égos et si suintants qu’ils glissent dessus, ils se fendent les os et appellent ça la vie.

Ils réclament un dû virtuel, imaginaire et vain.

Aucun effort n’est consenti, tout fut promis, tout fut trahi, mais qui a dit que quoi que ce soit devait être juste ?

Ils pensent vivre, mais ils consomment,

Ils croient jouir, mais ils empruntent, pour une nuit, une heure, ces corps fébriles trouvés au fond d’un verre.

Ils croient aimer, mais ils s’imposent les illusions et les modèles trouvés au fonds des rêves d’autres qu’eux.

Ils veulent tout, exigent tout, ordonnent qu’on leur cède, sans prendre le temps de prendre des coups.

Sans prendre le temps d’apprendre des coups.

Ils confondent révolte et provocation, ils réclament le respect, ils croient qu’on le leur doit.

Tout doit leur être donné, leurs blessures leur semblent plus profondes. Il n’apprennent plus, ils coulent, ils se noient dans les néons, les écrans, les fosses communes de l’information, les autoroutes remplies de milliards de véhicules vides.

Ils baisent en croyant faire l’amour.

S’ils le pouvaient, ils achèteraient des émotions sous cellophane, saines et inoffensives.

Aimer sans prendre le risque d’un coeur piétiné, se souler sans gueule de bois.

Ils ne comprennent pas que la valeur de toute chose est aussi dans son prix.

Le monde est remplis de contraintes et leurs révoltes indignées se cachent dans les replis de ce qui leur résiste.

Ce qui les insupporte.

Comment le monde ose-t-il ne pas se plier à leurs volontés ?

Alors, ils boivent, alors ils dansent, alors ils se jettent les uns sur les autres, se carambolent, se télescopent, chacun est la blessure de l’autre.

Alors ils votent non pas pour un candidat, mais contre la terre entière, ulcéré par l’idée de ne pas être tyrans eux-même.

Alors ils se gavent de molécules, ils se masturbent sur leurs salaires, ils font des gosses comme on joue au sims.

Ils n’ont pas à évoluer, on leur a toujours dit qu’ils étaient déjà parfaits. Du moins, c’est ce qu’ils ont compris.

Ils sont, comme nous tous, des flocons de neiges uniques et merveilleux. Mais ils n’ont rien à foutre des autres flocons.

Alors ils fondent, seuls, et laissent dans leur tombe une flaque négligeable qui n’arrose qu’une boite vide.

Alors, ils reviennent au néant, et le court épisode de leur vie n’aura servi à rien.

Elle ne fut importante que pour eux-même.

Une vie n’a de sens que celui qu’on lui donne.

Et ils n’ont jamais rien donné.

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